lundi 26 septembre 2016

L'islamisme est beaucoup plus pernicieux qu'on ne le croit

Elisabeth Schemla sait de quoi elle parle, elle qui a vu les ravages de l'islamisme en Algérie ! L'Algérie qu'elle a visitée à la sortie des années noires et qu'elle décrit si bien dans son journal de voyage " Mon journal d'Algérie : novembre 1999 - 2000 ", montre beaucoup de similitude sur le plan politique et social avec la Tunisie dont les dirigeants reproduisent les mêmes erreurs que les algériens, quand le pouvoir en place a cru bon de pactiser avec le FIS la branche algérienne des Frères musulmans ! Ce qu'ont fait Bouteflika et Béji Caïd Essebsi.
R.B  
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Rapport El Karoui : la frontière entre islam et islamisme est plus poreuse qu'on ne le disait

Il est affligeant de constater ce que la plupart des médias ont principalement retenu du rapport de l'Institut Montaigne intitulé «Un islam français est possible», disponible en ligne et dont le JDD vient de publier des éléments. Un: les musulmans ne seraient pas 5 ou 6 millions comme le prétend le ministère de l'Intérieur, toujours suspect, mais entre 3 et 4 millions. Deux: la majorité des musulmans, 46%, sont «soit totalement sécularisés, soit en train d'achever leur intégration». Ah le soulagement, dans les rangs médiatiques! D'accord, plus d'un quart des musulmans, 28%, beaucoup de jeunes, sont des radicaux en rupture totale de la République, adeptes du niqab, de la burka, de la polygamie, mais inutile de s'y arrêter trop longtemps. Quant à l'analyse de l'ensemble des propositions du rapport pour structurer enfin correctement un islam français, trop ennuyeux, pas assez vendeur pour en parler! Bref, pour qui aurait cru discerner un problème avec l'islam et s'intéresserait à sa résolution, la preuve estampillée par un sérieux think tank serait apportée qu'il n'y en a pas, ou presque pas.

Pourtant, ce volumineux document dresse un passionnant état des lieux de la France musulmane. Elle est entre-deux, et c'est autour d'elle que tout va se jouer. L'auteur, Hakim El Karoui - signataire de l'appel des 41 fin juillet, «Nous, Français et musulmans, sommes prêts à assumer nos responsabilités», en a bien sûr sa propre interprétation. Mais au-delà, on y trouve la reconnaissance quasi scientifique, calme - et constructive, avec un plan d'action - de ce que quelques-uns s'évertuent depuis si longtemps à analyser, à dire, à proposer, prêchant dans le désert, vilipendés, accusés de toutes les tares idéologiques. Le travail rigoureux dirigé par El Karoui, qui s'appuie sur un complexe sondage IFOP, met en effet en lumière une histoire subtilement à l'œuvre. Très dérangeante pour la société française, ardue à maîtriser: la réislamisation des musulmans et l'islamisation des non-musulmans.

Pour faire comprendre ce qu'est la réislamisation, il y faut une définition de l'islamisme. La plus exacte est celle que donne l'un de ses très fervents supporters, le conseiller d'État Thierry Tuot, l'un des trois magistrats choisis pour trancher cet été dans l'affaire du maillot intégral, ce que l'on s'est bien gardé de nous avouer. L'islamisme, écrit-il, est «la revendication publique de comportements sociaux présentés comme des exigences divines et faisant irruption dans le champ public et politique». À l'aune de cette définition, le rapport Al Karoui fait apparaître que l'islamisme s'étend inexorablement. La comparaison avec les sondages et enquêtes parus au fil des années, facilement consultables sur Internet, en témoigne. D'abord, sur les 1029 personnes représentatives sondées pour l'Institut Montaigne, 155 seulement, soit 15 %, quoiqu'ayant au moins un parent musulman, s'affirment sécularisées. Ensuite, la majorité silencieuse elle-même, les 46% du panel, n'est pas homogène. Une bonne partie des musulmans qui la composent par exemple, tout en appréciant la laïcité pour la liberté qu'elle autorise et en reconnaissant la prévalence des lois de la République, sont néanmoins favorables à l'expression religieuse sur le lieu de travail.

Prenons maintenant l'un des marqueurs principaux de la vie musulmane, il est alimentaire: le halal. 70% des sondés déclarent acheter toujours de la viande halal, 22% parfois, 6% jamais. Quelle qu'en soit la raison, du respect de la tradition à la volonté de «licite» et de «pureté» en passant par le repère identitaire, la consommation de halal fait donc la quasi-unanimité. Mais elle la fait aussi dans le désir de débordement sur le champ public et laïc: 80% de ces musulmans pensent que les enfants devraient pouvoir manger halal dans les cantines scolaires, une bonne partie le revendique même clairement.
Autre marqueur, vestimentaire celui-ci, le hidjab, le foulard. Une autre affaire. Il est plus clivant parce que les musulmans et les musulmanes savent, eux, quelle conception des rapports hommes-femmes il recouvre, ce qu'il implique, ce qu'il signifie par rapport à nos lois. Malgré tout, il suscite l'adhésion de 65% de cette population, de religion ou de culture musulmane. Là encore, difficulté pour la laïcité, 60% de celle-ci souhaite que les filles puissent porter le hidjab dans les établissements scolaires.
Travail, école: on voit bien à travers cette étude que l'espace privé est très majoritairement considéré par les musulmans comme devant s'élargir aux sanctuaires de l'espace public. La vitalité de leur religion, l'ardeur de leur pratique cultuelle pousse certainement les musulmans dans cette direction. Aujourd'hui, 40% d'entre eux fréquentent une mosquée, une fois ou plusieurs fois par semaine, une petite minorité chaque jour. Et la moitié des 60% qui se rendent exclusivement pour les fêtes dans un lieu de culte, ou jamais, pratiquent pourtant les cinq prières quotidiennes, chez eux. Le rapport Al Karoui y note «le développement d'une religiosité importante mais relativement indépendante des institutions, des lieux de culte et des structures musulmanes, tout en aspirant à une piété forte et à la reconnaissance de pratiques religieuses ayant trait à l'organisation de la vie collective au quotidien.»
Face à la réislamisation des musulmans, l'islamisation des non-musulmans. Les convertis, hommes et femmes français bien sûr, représentent 7,5% des sondés. Le rapport juge que ces «entrées» sont plus que contre-balancées par les «sorties» ( les sécularisés ou en voie de sécularisation), ce qui de fait les neutraliserait. C'est sans doute l'un des rares points contestables de cette étude. Il l'est parce qu'il faut comparer l'ampleur des conversions aujourd'hui à ce qu'elle était il y a quinze ans. Tout simplement négligeable alors. De plus, la séduction exercée par l'islam va s'amplifiant auprès des générations nouvelles, celles qui vont prendre la relève. La population convertie est jeune, très jeune, radicale, très radicale, mêlant religion vague, haine de la laïcité, de la France et des autres Français, violence politique, besoin d'héroïsme, inculture et, vis-à-vis des femmes, une inacceptable barbarie. On retrouve ces convertis dans le bloc des 28% de radicaux dangereux qui imposent progressivement dans banlieues et quartiers leur loi selon la charia, et sont curieusement appelés ici «autoritaires». Leur rôle, leur poids, leur influence sera d'autant plus déterminante que si l'ensemble des musulmans se caractérise par une pauvreté répandue, des difficultés sociales, un très fort chômage et l'absence trop souvent de compétences professionnelles, c'est encore plus vrai des jeunes, convertis ou pas, qui s'inscrivent dans cette mouvance. Hakim El Karoui trouve une excellente formule pour les résumer: «l'islamisation de la radicalité et la radicalité de l'islamisation.» Toute la question est de savoir, sur fond de lente mais certaine glissade de la majorité des musulmans vers l'islamisme, si l'autorité politique va enfin se décider à agir vite et bien pour structurer un islam français. En tout cas, elle a avec ce rapport de l'Institut Montaigne absolument toutes les données pour s'atteler réellement à la tâche. Mais par-delà les effets de manche et de voix, le veut-elle vraiment?
* Journaliste et écrivain, Elisabeth Schemla a été grand reporter, rédactrice en chef du Nouvel Observateur et directrice-adjointe de la rédaction de L'Express. Elle est aujourd'hui conseillère municipale de Trouville. Elle a notamment publié Islam, l'épreuve française 

3 commentaires:

  1. MOSSUL EST EN PASSE DE TOMBER ... et les terroristes de fuir comme des rats !

    Certains retourneront à leur pays d'origine et feront ce qu'avaient fait les "afghans", ceux qui sont rentrés d'Afghanistan après leur coup de main à Ben Laden, comme en Algérie et les sinistres années noires qu'ont connues les algériens !!

    L'Europe va enfin découvrir le véritable islamisme, que jusque-là ses responsables pisolitiques se plaisaient à distinguer entre "islamisme dur" et "islamisme modéré"; faisant semblant d'ignorer que le wahhabisme fonde tous ces partis néo-salafistes; poussant le cynisme jusqu'à soutenir les Frères musulmans dont l'islamisme modéré est compatible avec la démocratie, assuraient-ils aux tunisiens !

    Attitude irresponsable qui n'a de but que de ne pas fâcher leurs amis pétromonarques qui soutiennent les néo-salafistes et alimentent le terrorisme; or noir & pétrodollars obligent, croient-ils !!

    Ce qui n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, puisque les Frères musulmans les prennent au mot et veulent imposer leur islamisme "modéré" aux européens aussi !!!

    Il me tarde de voir comment réagiraient les européens; puisque les tunisiens n'ont trouvé aucun soutien dans leur lutte contre les Frères musulmans, que les dirigeants européens leur imposent, malgré leur rejet à maintes fois réitérés que ce soit dans la rue comme dans les urnes !!!!

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  2. ENTRE AUTRES EFFETS DE LA WAHHABISATION DE LA FRANCE : L'AUTOCENSURE PAR LES FEMMES !

    Dans certains quartiers et dans certaines villes de France, les femmes s'interdisent la coquetterie, le port de jupe, le port du short, le maquillage, de s'installer aux terrasses des cafés, de prendre un café au café du coin .... optent pour des vêtements amples, long, moins voyants plutôt ternes, se faisant le plus discrètes possibles de peur d'être prises à partie par des grands frères "islamisés", jouant les caïds des lieux .... certaines poussant l'autocensure jusqu'à se couvrir les cheveux avec foulards et autres fichus ... et s'affubler de hijeb et de burqa pour se cacher !

    Exactement ce qui s'est produit en Tunisie dans les années 80, quand les Frères musulmans sont passés à l'offensive pour occuper le terrain au nez et à la barbe de Ben Ali !!

    Comment réagiront les autorités françaises dont les responsables politiques n'ont cessé de vanter l'islamisme "modéré" des Frères musulmans, protégés de leur grand ami l'émir du Qatar, qu'ils "recommandent" aux tunisiens ??

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  3. LES RAVAGES DE L'ISLAMISME DES FRERES MUSULMANS SUR LA SOCIETE ALGERIENNE : ce qui s'est produit en Algérie, est en train de se produire en Tunisie ... si les responsables politiques progressistes continuent à laisser faire !

    “ La bigoterie est aujourd’hui omniprésente, le discours des jeunes en permanence teinté d’islam, de religiosité. ”

    http://television.telerama.fr/television/fipa-2017-le-documentaire-algerien-enquete-au-paradis-remporte-le-prix-telerama,153086.php#t0PRzLBZ1rWjSOf2.01

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