vendredi 15 décembre 2017

Les femmes, rempart contre les intégrismes

Depuis que les Frères musulmans sont rentrés de leur exil pour chevaucher la révolution des tunisiens qui réclamaient LIBERTÉ, DIGNITÉ et TRAVAIL, les tunisiennes se sont retrouvées aux premières lignes pour défendre des acquis que les islamistes leur contestent. Leur espoir fut Béji Caïd Essebsi et son parti Nidaa Tounes qu'elles ont portés massivement au pouvoir pour leur servir de rempart contre les nahdhaouis ... mais très vite elles ont déchanté quand elles ont découvert la trahison de celui qui jurait tous ses dieux ne jamais s'allier à leur pire ennemi, Ghannouchi !
Et depuis, elles ne peuvent plus compter que sur elles-mêmes et sur ce qui reste de progressistes parmi les hommes; puisque la majeure partie de la classe politique de tous bords semblent s'être laissée corrompre par les Frères musulmans et ceux qui les soutiennent : Qatar, EU & UE !
Quant à Maya Ksouri, elle a raté une occasion rêvée pour la Tunisie, pour dénoncer l'hypocrisie de la France et de l'UE, qui prétendent préserver les acquis des tunisiennes alors qu'ils soutiennent les Frères musulmans et vantent leur islamisme modéré, ignorant (ou faisant semblant d'ignorer ?) que le wahhabisme fonde tous les islamismes, celui des Frères musulmans compris; et se déchargent sur les femmes pour jouer le rôle de rempart contre les intégristes !
R.B
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La chroniqueuse et avocate Maya Ksouri a prononcé la semaine dernière un discours au Sénat français lors de l’Université d’automne des femmes tunisiennes et françaises


Tel que présenté, le thème de ce panel pourrait être le prétexte idéal pour des tirades auto satisfaites et pérorantes dans le parfait prolongement des discours politiquement corrects nourrissant les applaudissements de décideurs qui ont, pour le mieux, failli dans le maniement des intégrismes.

Les femmes remparts contre les intégrismes…
Les femmes ont-elles le choix ?
D’abord en tant qu’éternelles prolétaires du prolétaire, subissant toujours plus durement les misères de ce monde et ses maladies.
Et ensuite ont-elles vraiment le choix face à une mouvance qui les vise en premier et pour laquelle elles ne sont qu’Eve tentatrice, une mouvance qui mobilise en diabolisant le corps des femmes, leur chevelure, leur voix et la longueur de leurs jupes ?

Cependant, il faut relativiser l’absolu contenu dans cette assertion : « Femmes remparts contre les intégrismes » car les femmes ne sont pas toutes hostiles à l’intégrisme et si un million de femmes (sur les 1.731.529 voix qu’il a récolté) a voté pour l'actuel président tunisien, comme il aime tant à le rappeler, ce même président défend aujourd’hui un règne consensuel avec les islamistes tunisiens, au motif justement qu’une partie très conséquente des Tunisiens, donc des Tunisiennes, a opté pour le parti Ennahda.

Pourquoi ces femmes votent-elles pour un parti dont l’ADN intégriste, demeuré inchangé malgré ses nouveaux oripeaux, est de les réifier sous-couvert de les protéger ?
Telle est la question qui appelle des réponses culturelles, sociologiques, économiques et politiques sur lesquelles on a beaucoup glosé et auxquelles je ne pense rien ajouter… 

Mais ces femmes considèrent-elles aujourd’hui cet islam politique, représenté par un parti comme Ennahdha, comme un intégrisme ? Le monde libre, ses hommes et ses femmes, considèrent-ils ces partis identitaires comme des partis intégristes ? Considèrent-ils ces partis dont toutes les élues sont voilées comme intégristes ? 
Là est la question. Aussi, mais surtout.
Car, par un certain glissement, niais pour les uns, opportuniste pour les autres, l’islam politique n’est plus considéré comme un intégrisme par principe. Aujourd’hui on « distingue », comme le jésuite Berthier de Voltaire; et pour mieux asseoir le distinguo, on a inventé cette hérésie d’islam modéré.

En parallèle, si la question de la burqa demeure posée, toute critique du voile islamique est désormais taxée d’islamophobie. Alors que le fondement du voile est le même que celui de la burqa. Pas de différence de nature mais seulement de degrés arbitrairement fluctuants…
Et dans les développements qui ont précédé, on peut remplacer le mot voile par islam modéré et le mot burqa par intégrisme.

Or, si les politiques des états libres et démocratiques fraient avec l’islam politique (et même avec le terrorisme de « Jabhat Annosra » syrienne) par opportunisme ou par cynisme et si leurs leaders d’opinion, comme Monsieur Plenel, défendent le « Burkini » et considèrent le voile comme étant « un vêtement comme un autre » par les magiques ressorts de ce nouveau tiers-mondisme qu’est l’islamo-progressisme qui n’est en fait qu’une condescendance qui nous est infligée.
Or, si tel est l’état des choses, voilà qu’elles sont bien seules, au fond, ces femmes qui ont choisi d’être un rempart contre l’incursion du religieux dans la chose publique … et privée.

Ces femmes qui vivent au quotidien cet intégrisme insidieux qu’est l’islam politique dont les recrues, issues d’un traditionnel fond de misogynie et de machisme patriarcal, les lynchent pour une tête découverte lors de l’adieu à un très proche au cimetière musulman réservé aux hommes ou pour leur verbe jugé trop haut ou encore pour un baiser amoureusement et publiquement échangé avec un ami … ces femmes dont certaines sont obligées de subir une escorte policière car l’islam politique, en intégrisme qu’il est, a bien expliqué à ses ouailles, que le critiquer est une apostasie passible du genre d’exécution qu’a subi Chokri Belaïd … C’est ce même islam politique dont les leaders font patte blanche quand ils s’adressent au « monde libre ».

Les voilà bien seules ces femmes remparts contre l’intégrisme …
Je parle bien entendu de solitude intellectuelle et humaniste, car ces femmes ne quémandent pas, aussi, une aide logistique étrangère.
Redéfinir l’intégrisme, est ainsi une priorité pour le vaincre à long terme. Une redéfinition à l’aune des principes universels et non pas à celle des immédiats intérêts sonnants et trébuchants … qui se sont révélées à bien d’égards, contre productifs … ils se sont révélés ainsi dans le sang du Bataclan, de Charlie et de Ozar Hatorah.

Revoir ses classiques, le sens de la laïcité qui n’est pas le communautarisme serait la seule démarche à même de stopper à long terme la gangrène, se ressaisir des thèmes qui ont fait la grandeur de la France, patrie des lumières, et qui sont aujourd’hui livrées en pâture à votre extrême-droite. Et ceci sans faux-semblants ni complexes, qui font, par exemple, qu’aujourd’hui le titre de notre panel soit « intégrismes » au pluriel alors que l’intégrisme qui sévit aujourd’hui, est un.

Renoncer à ce combat contre la perte de sens, nous condamnera, nous femmes tunisiennes, jouissant d’une ambiance démocratique, juste à une solitude intellectuelle pour faire barrage à l’islamisme au quotidien mais quid des Afghanes qui se font encore décapiter pour être sorties seules faire du shopping ? Si nous, femmes tunisiennes, avons encore cette possibilité de faire rempart, à quel prix, ces Afghanes peuvent-elles faire rempart ? Quel prix vont-elles payer leur combat quand des femmes évoluant dans certaines cités de France, laissées à leur communautarisme, n’arrivent pas à faire rempart et se voilent pour avoir la paix ?

La bien-pensance est certes lénifiante, mais dans le cas de l’islam politique elle ne sera qu’une insulte à notre combat, nous les femmes qui avons choisi de faire rempart contre l’intégrisme islamiste.


2 commentaires:

  1. UNE TUNISIENNE QUI REFUSE QU'ON LUI COLLE UNE IDENTITÉ ARABE !

    Maya Ksouri (avocate de formation et chroniqueuse de ''Klem Ennas'' sur Ettounissia TV ) a déclaré :

    " Je ne suis pas arabe. Je suis peut-être la petite-fille de la reine Amazigh Dihya, ou la petite-fille de la reine Didon, ou peut-être la petite-fille du général carthaginois Hannibal, mais je ne suis certainement pas de la communauté de la pisse de chameau.

    " Ma grand-mère avait un tatouage amazigh sur son front.

    " Certains me demandent si je suis musulmane. Oui, musulmane je le suis.
    Mais l'islam n'est pas l'apanage des arabes.
    Même les turcs, les perses, les kurdes, les philippins, les indonésiens, certains européens ... qui sont musulmans, ne peuvent être assimilés aux arabes !

    " Tous les livres d'histoire ont reconnu que les berbères et les amazighs étaient les peuples autochtones de l'Afrique du Nord, envahie par les peuples Phénicien, Byzantin, Romain, Espagnol, Andalou, Ottoman, Français ....

    " Les conquêtes musulmanes du 7ème siècle étaient des invasions de guerre dirigées par des soldats sanguinaires; et n'étaient pas de simples migration de populations du Sahara vers l'Afrique du nord, comme on veut nous le faire croire.

    " C'est pourquoi je conseillerai aux tunisiens qui se prennent pour des arabes et se croient d'origine arabe, de chercher leurs vraies origines; plutôt que de se persuader d'une arabité qui fait sourire de mépris les bédouins d'Arabie qui tiennent à leur pureté ethnique !

    " Je peux vous dire que le Liban, la Syrie, l'Iraq, la Palestine, l'Iran ne sont pas des pays arabes; leurs civilisations ont été détruites par les hordes de bédouins d'Arabie.

    " La vérité, est que nous sommes loin de la culture des déserts d'Arabie et de ses tentes.
    Il n'y a qu'à voir nos monuments historiques en Tunisie et ceux des autres pays que je viens de mentionner pour constater qu'ils n'ont rien d'arabe.

    " Nous étions toujours des peuples libres, intelligents et sages, gouvernés par des Rois et des Reines à l'image de Dihya (Kahina).
    " Nos pays n'ont rien à voir avec la culture de la mort que préconise le wahhabisme qui gouverne les bédouins d'Arabie !
    " Ces gueux et les traîtres en Tunisie qui les suivent, veulent effacer notre civilisation trois fois millénaires et notre religion, pour nous imposer leur arabité et leur wahhabisme, sous prétexte que nous nous sommes éloignés de notre religion et de notre arabité !

    " Je suis une tunisienne libre, née d'une grande civilisation amazigh.
    Je ne permettrai pas que les arabes disent que je suis "awra" (une honte), "nakissatou aklin wé dine" (manquante d'esprit et de foi), démon, chienne .... pour me dominer et m'imposer leurs tenues vestimentaires tristes et leurs pensées obscurantistes.

    " Je ne suis pas raciste : je dis bienvenue aux arabes qui refusent l'obscurantisme et défendent les droits des femmes où qu'elles soient !

    " La religion est un choix personnel et moi je suis pour la liberté personnelle ! "

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  2. LA DOT : EST-ELLE ENCORE COMPATIBLE AVEC L’ÉGALITÉ HOMME/FEMME ?

    C'est la question que se pose une tunisienne qui refuse que son futur époux lui remette la DOT légale, prévue par le droit tunisien d'une valeur symbolique de 1 DT, que certains ont réévaluée à 5 DT; après avoir fait connaître publiquement son consentement devant l'officier de l'Etat (maire ou notaire) !

    Dot encore chargée de la symbolique traditionnelle de dédommagement économique de la famille de la promise, considérée comme une marchandise !

    Si Bourguiba l'avait réduite à 1 DT symbolique, pour ne pas heurter les conservateurs, n'empêche que le symbole y est : considérant que le mari monnaie sa future .... ce que certaines féministes assimilent à une prostitution légale.

    Du moment que les femmes sont instruites, ont accès aux diplômes, peuvent travailler et veulent jouir des mêmes droits que les hommes, pourquoi maintenir une tradition aussi symbolique soit-elle, qui entretient dans l'esprit des hommes que la femme s’achète comme n'importe quel autre objet ?

    L'égalité homme/femme doit nécessairement aboutir à l'abolition de la dot et tout ce qu'elle évoque; qui plus est, certaines femmes émancipées pour ne pas dire féministes, considèrent dégradante !

    Bonne question à poser à notre amie Bochra Bel Haj Hmida présidente de La commission des libertés individuelles et de l’égalité !

    http://www.gnet.tn/temps-fort/tunisie-que-propose-la-commission-de-legalite-sur-lheritage-la-dot-et-le-nom-de-famille/id-menu-325.html

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