lundi 30 avril 2018

Vous avez dit imans modérés ?

إِنَّ اللَّهَ لا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّى يُغَيِّرُوا مَا بِأَنْفُسِهِم

Allah ne transforme pas un peuple
avant qu’il ne se transforme lui-même

Sourate 13 – Le Tonnerre, verset 11

L'islam tout comme les deux autres religions monothéistes qui l'ont précédé, porte dans son texte fondateur sa part de violence et de rejet des autres. De par son histoire, il s'est trouvé confronté aux juifs de Yathrib (l'actuelle Médine). De nombreux versets du Coran relatent les rapports difficiles puis conciliants et à la fin belliqueux qu'a dû avoir Mohammed avec eux. Si durant des siècles musulmans et juifs ont pu cohabiter parce que "gens du Livre", cependant un fond d'antisémitisme persiste chez les musulmans pour cause de trahison par les juifs du pacte qui les liait à Mohammed, tout comme il persiste aussi chez les chrétiens pour cause de peuple déicide. La recrudescence de l'antisémitisme depuis la chute du mur de Berlin est consécutive au déploiement du wahhabisme et sa lecture littéraliste du Coran, encouragé par les américains pour contrer le communisme leur bête noire. 
Or si les catholiques et les juifs ont pu se réformer, il n'est pas impossible aux musulmans d’en faire autant. A la condition qu'ils le veuillent réellement ! Mohamed Arkoun disait que la réforme de l'Islam ne pouvait se faire dans les pays "arabes" aux régimes totalitaires. Sa seule chance d'être réformé, le sera par les musulmans vivant dans les pays démocratiques et plus particulièrement par les Français musulmans dans le pays des Lumières.
R.B

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Zineb El Rhazoui

Cachez cet antisémitisme musulman que je ne saurais voir

Zineb El Rhazoui, journaliste franco-marocaine, auteur de "Détruire le fascisme islamique" (Ring), présidente du jury du Prix de la Laïcité 2015. 30 avril 2018
"Zineb El Rhazoui, également connu sous le nom de plume Zineb, est l’une des femmes les plus protégées de France. Cette ex-journaliste à "Charlie Hebdo" est aujourd’hui militante des droits de l’homme et théologienne. En exclusivité pour "l’Obs", elle réagit à la publication du "manifeste contre le nouvel antisémitisme"."
"Lorsque j’ai entendu le mot "Yhoudi" (juif) pour la première fois, il y a plus de trente ans au Maroc, il sonnait comme une insulte. C’était dans un large rassemblement familial, le genre de réunions où les adultes profitant des retrouvailles s’irritent de leur marmaille qui court dans tous les sens. Quelqu’un venait de traiter son enfant de "Yhoudi ould lyhoud" (juif fils de juifs) pour lui dire qu’il était un vilain garnement. J’allais avoir l’occasion d’entendre cette "insulte" sous différentes formes au cours de ma vie au Maroc, un pays dont j’ai pourtant appris plus tard qu’il était le moins antisémite du monde arabe. 
"Hachak" (sauf votre respect) est un mot que les Marocains, très soucieux de la politesse verbale, accolent à tout terme infamant. Ainsi, un Marocain dira "la poubelle hachak" ou "l’âne hachak". Mais plus étonnant encore, beaucoup de Marocains diraient "une femme sauf votre respect" ou "un juif sauf votre respect". D’ailleurs, la légende ne raconte-t-elle pas qu’avant l’extinction des lions de l’Atlas, en des temps immémoriaux, le voyageur qui craignait une attaque des fauves devait s’entourer de Juifs, un gibier si vil que le roi des animaux ne s’abaisserait pas à le chasser ?
Un peu plus tard à l’école primaire Al-Amani à Casablanca où j’apprenais des rudiments d’arabe, de français, et beaucoup de cours religieux, il se murmura dans la cour que la maison mitoyenne était habitée par des Juifs. Nous-nous crûmes alors autorisés, nous autres petits écoliers d’un établissement privé plutôt bourgeois, à balancer des insultes et des détritus depuis les fenêtres de nos classes. La propriétaire s’en plaignit au directeur, un lauréat de l’université théologique d’Al Azhar au Caire et docteur en littérature arabe, qui, furieux, nous administra une punition exemplaire. Pour la première fois, les antisémites en herbe que nous étions venaient d’apprendre que haïr les Juifs était quelque chose de mal. Ironie du sort, c’était M. Fahmi Shanti, un brillant intellectuel palestinien réfugié au Maroc où il avait fondé notre école, qui nous l’a appris. 
Cette leçon, je n’allais jamais l’oublier. J’en retins que l’antisémitisme -n’en déplaise aux détracteurs de George Bensoussan- est bel et bien un atavisme que l’on a de fortes chances de téter du sein de sa mère pour peu que l’on reçoive une éducation islamique standard. Un atavisme, certes, mais pas une fatalité. J’en retins également que la cause palestinienne ne peut être prétexte à l’antisémitisme, même pour ceux qui ont en personnellement fait les frais comme M. Shanti. J’en retins surtout que tout théologien d’Al Azhar qu’il était, le directeur de l’école tenait avant tout à avoir des relations de bon voisinage. Si lui parvenait à vivre ensemble avec ses voisins juifs, pourquoi en France nous n’y parviendrions pas ? 
Haines
L’antisémitisme musulman, le mot est lancé
Dans un "Manifeste contre le nouvel antisémitisme" publié dimanche 22 avril dans "Le Parisien", 300 personnalités politiques, médiatiques et du monde des arts tirent la sonnette d’alarme quant à l’inquiétante recrudescence des crimes antisémites commis en France par des islamistes. Pour ceux qui les perpètrent, ces actes ont un nom : le Jihad. Afin de faire cesser ces ordalies au rabais qui envoient tout droit leurs auteurs auprès des Houries de l’Éden et qui contraignent les Juifs de France à migrer plus prosaïquement vers des cieux ou des quartiers plus sûrs, les signataires du manifeste exhortent les autorités théologiques islamiques de France à frapper du sceau de l’obsolescence les versets du coran appelant au meurtre des Juifs, des Chrétiens et des incroyants.
D’aucuns ont d’abord réagi au texte en pointant sa partialité, car le fait même d’évoquer un antisémitisme islamique serait "stigmatisant" pour toute une "communauté". Les auteurs du manifeste se sont ainsi vus sommés de mentionner tous les antisémitismes ; celui de la fachosphère française et celui qui sévit eu Europe de l’Est, sous peine de se voir accuser de façon à peine voilée d’"islamophobie". Cette même dialectique de l’intimidation enjoint à toute personne qui s’exprime sur l’intégrisme islamique de valider d’abord "qu’il y a des intégristes dans toutes les religions". L’argument en apparence équilibré n’est qu’une technique de réfutation qui permet de diluer le propos sans jamais en discuter le fond. 
Toutefois, ce sont les principaux intéressés eux-mêmes qui mettent fin à ce début de polémique stérile pour amorcer le seul véritable débat qui compte : la part de responsabilité des textes islamiques dans ces crimes antisémites et l’opportunité de procéder à un toilettage du texte coranique pour l’expurger de ses versets violents. "Des Imams au service de la République française", publié dans "Le Monde" du 25 avril, est rédigé par Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, et signé par 30 imams qui dénoncent "le terrorisme et les crimes antisémites" et les qualifient de "situation intenable". Si la démarche a le mérite d’entériner à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, les imams républicains ne vont pourtant pas jusqu’à accéder à la requête qui leur est faite de revoir leur copie du coran.
L’"imam modéré" ? Un mythe médiatique
L’expression est à la mode. Ou comment un oxymore se ferait presque passer pour un pléonasme. Lors de la polémique sur le burkini qui a empoisonné le débat estival en 2016, les imams français dits modérés ont magistralement raté l’occasion de prouver que "modérés", ils l’étaient vraiment. Quasiment tous ont défendu la "liberté" de ces anti-Mariannes des plages à s’afficher en tenue wahhabite, déplorant pour la plupart cette "islamophobie" si française, à une heure où la France n’avait pas encore fini d’enterrer les victimes des attentats de Nice. S’il y avait, certes, matière à débattre du bien-fondé des décrets préfectoraux interdisant le burkini, il aurait suffi qu’un seul de ces imams lève le petit doigt pour dire que l’on peut parfaitement être musulmane et porter le maillot de bain pour qu’il mérite authentiquement son étiquette de "modéré". Aucun ne l’a fait.
Le traditionnel ballet des "condamnations" de ces imams fait maintenant partie du décorum post-attentats. Pourtant, il y aurait lieu de se questionner sur l’opportunité de plébisciter des théologiens qui se contentent de condamner des crimes qui le sont déjà par la loi au lieu de condamner les textes qu’ils prêchent dans leurs mosquées et qui justifient ces mêmes crimes.
Dans le cas précis des attentats visant les citoyens de confession juive, il aura fallu des années depuis le forfait de Merah pour que les imams lâchent le mot "antisémitisme". Mieux vaut tard que jamais. Toutefois la noblesse de l’intention affichée masque à peine l’affront ressenti par les imams face à ces 300 illustres profanes qui les somment d’amender leur livre saint. Demander à un musulman croyant, imam de surcroît, de changer l’emplacement d’une virgule dans le coran, c’est comme demander au Louvre de repeindre la gorge de la Joconde en noir parce que les islamistes trouvent son décolleté trop affriolant.
Maladroite, certes, et même "ignare" comme l’a sous-entendu Tareq Oubrou, l’injonction faite aux responsables musulmans de se justifier sur les versets criminogènes contenus dans le coran a tout de même le mérite de sonner le glas d’une mystification. D’abord, à travers ce manifeste, 300 signataires d’horizons très divers affirment ne pas être dupes. Sauf à faire preuve d’une extrême mauvaise foi, plus personne ne croit à l’antienne répétée en chœur par les Imams de France et de Navarre face au fléau terroriste. Non, la succession des crimes idéologiques perpétrés à coups d’"Allah Akbar" n’est ni l’œuvre hasardeuse de détraqués mentaux mystérieusement inspirés par le même génie profane, ni le fruit amère d’une civilisation occidentale intrinsèquement raciste et oppressive pour "une communauté musulmane" dont la jeunesse désœuvrée exprimerait ainsi de façon ultime son extrême désespoir. Si tel avait été le cas, on ne compterait pas les victimes du terrorisme islamique par milliers sous les cieux où règne l’Islam.
Ensuite, la proposition faite par les Imams signataires de l’appel des 30 de remédier au fondamentalisme en enseignant le "bon" islam - le leur - ne résiste pas non plus à l’analyse. En refusant encore une fois toute critique de fond des textes islamiques, parce que l’Islam serait foncièrement vertueux et mal interprété, Tareq Oubrou qui s’est fait connaître pour son projet très louable de régénérer l’islam de France, un islam qui selon lui doit être nourri de l’esprit des Lumières, semble ne pas se donner les moyens de ses ambitions. Comment réformer l’islam sans le critiquer, sans le pousser dans ses retranchements, sans le questionner sur la nature du coran, créé ou incréé , et sur la question du Salut dans la foi musulmane ? En effet, l’imam et ses comparses usent et abusent du postulat éculé de "l’islam religion de paix et d’amour" victime à la fois de "stigmatisation" de l’Occident et de mauvaise interprétation de la part de ceux de plus en plus nombreux qui commettent des crimes de masse en son nom.
"Citoyens aussi, nous voulons proposer notre expertise théologique aux différents acteurs qui sont confrontés aux phénomènes de la radicalisation dans les prisons, dans les établissements publics, fermés et ouverts, afin de répondre à des aberrations religieuses par un éclairage théologique lorsque les arguments avancés par ces jeunes sont d’ordre religieux. Une expertise que seuls les imams peuvent apporter", écrivent-ils. Autrement dit, à chaque fois que le texte coranique leur est opposé, et bien qu’il soit d’une très grande clarté quant au sort des Juifs, des chrétiens, des incroyants et des femmes, les imams éluderont en évoquant des complexités exégétiques qui ne sont en réalité qu’un écran de fumée. Ils renverront leur interlocuteur à son ignorance supposée du contexte, de la langue arabe ou des subtilités exégétiques pour s’affirmer comme seuls à pouvoir comprendre l’Islam. Les seuls donc à pouvoir sauver la France et le monde d’une menace idéologique pourtant contenue dans la foi qu’ils prêchent. Le tour de passe-passe est remarquable.
En réalité, s’adjuger le monopole de la compréhension du coran revient à mettre à l’index le corpus textuel islamique pour n’en distiller au public que ce qui en lustre l’image et paraît convenable pour les oreilles de la République. Les imams s’instaurent ainsi en clergé ad hoc, mais ils refuseront de se reconnaître comme tels à chaque fois qu’ils seront sommés de réformer leur dogme. En effet, comment toucher aux textes saints lorsque chacun sait qu’en Islam, il n’y a pas de clergé ?
L’antisémitisme, une science islamique ?
Si les imams reconnaissent à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, ils le décrivent volontiers comme une regrettable conséquence de l’ignorance de certains musulmans. Ces "ignares" qui n’ont pas pu profiter des Lumières des imams "modérés" de France se seraient ainsi formés à l’antisémitisme auprès de sombres réseaux anonymes sur Internet. Encore une mystification, pour ne pas dire un pur mensonge. Si n’importe quelle personne sachant lire l’arabe comme moi peut accéder à une riche bibliographie antisémite en effectuant une simple recherche sur Internet ou dans n’importe quelle bibliothèque du monde musulman, nos imams éclairés de France ne peuvent ignorer l’existence de tels "travaux". Contrairement à ce que prétendent ces imams plus soucieux de lustrer leur image que de dire la vérité, les écrits antisémites ne sont pas toujours l’œuvre des prédicateurs autoproclamés des sous-sols. Citons quelques exemples !
Abdul Rahim Shareef, Doyen de la faculté de Charia à l’Université de Zarqa en Jordanie, titulaire – entre autres - d’un doctorat en exégèse coranique à l’Université de Damas en 2006, est l’auteur d’une recherche intitulée "Les caractéristiques des Juifs dans le coran". En s’appuyant sur plus de 13 versets coraniques que sa qualité de docteur en exégèse habilite parfaitement à interpréter, il en sort que les juifs présentent huit caractères majeurs : le non partage de la sagesse, l’avarice, la cupidité, la couardise, la trahison, le mensonge, le vandalisme et le crime (ils assassinent les prophètes).
Voilà donc à quoi ressemble un travail académique en sciences islamiques dans un pays comme la Jordanie.
Les imams de France ne peuvent l’ignorer, l’étude des juifs semble même obséder les "savants" de l’Islam. Un autre universitaire, Abdullah Ben Radi Al Shamri, docteur en Charia mention Fiqh, professeur de théologie à l’Université de Hail en Arabie Saoudite, écrit sur le sujet : " Nous ne pourrons comprendre les Juifs que grâce à la description que Dieu en fait dans le coran. La raison de notre faiblesse face à eux, de l’humiliation qu’ils nous infligent et de notre sang qu’ils font couler, c’est que nous nous sommes éloignés des enseignements coraniques sur notre combat face à eux et que nous les avons substitués par une législation internationale et des considérations politiques (….) Les Juifs que nous voyons aujourd’hui sont les mêmes que Dieu a maudits depuis le septième ciel, ils ne sont pas différents de leurs ancêtres. Ils combattent même l’islam avec des moyens encore plus pervers (…)". L’auteur de ces lignes compte à son actif plusieurs conférences en Europe, dont une en France, une à la faculté islamique de Bruxelles, une à Barcelone, et d’autres au Canada et ailleurs dans le monde.
Pour finir, l’auteure libanaise Salam Al Haj, diplômée en communication et en démographie à l’Université libanaise, ancienne journaliste du quotidien Al-Safîr, dénombre 24 caractéristiques des Juifs dans son étude " Qui sont les Juifs et quelles sont leurs caractéristiques dans le coran ? ".
Selon elle, aux huit tares citées plus haut, les Juifs se caractériseraient en outre et non exhaustivement : par leur cruauté, leur insolence, et par leur idolâtrie de l’argent. Les "études" comme celles-ci sont légion dans les universités islamiques. Nier leur existence soulève la question de la sincérité des Imams de France lorsqu’ils proposent de promouvoir un islam des Lumières, compatible avec les valeurs républicaines.
De la contextualisation sélective 
La seule posture acceptable de la part de Tareq Oubrou et de ses cosignataires, c’est non seulement la condamnation la plus ferme de ce type de travaux produits par leurs condisciples, mais surtout la réfutation absolue de ces thèses sur le plan intellectuel et théologique. Ils pourraient le faire, si seulement ils sortaient de leur posture identitaire. Non, Messieurs les Imams, vous n’êtes pas des ambassadeurs de l’Islam, vous n’avez pas un rôle de représentation, vous n’êtes pas la voix des musulmans de France, car ces derniers - ne vous en déplaise - ne sont pas une communauté, mais des individus. Des individus qui ne vous ont jamais élus.
L’Islam de France est-il à ce point devenu l’otage du paradigme identitaire qu’il en est devenu impensable d’en discuter le fond ? Qui oserait parler d’un catholicisme des Lumières devant un concert de rock irlandais, une exposition d’un artiste italien ou un défilé de mode d’un créateur français, simplement parce que les protagonistes sont nés dans des familles catholiques ? Pourquoi leurs congénères nés d’origines tunisienne, algérienne ou marocaine seraient-ils condamnés à être qualifiés et évalués par le spectre d’une identité religieuse monolithique aussi chimérique que dangereuse ?
Ceux parmi les musulmans éclairés qui s’évertuent à nous expliquer que les Musulmans peuvent être des personnes fréquentables ne nous apprennent rien. Nous autres Français de toutes origines avons suffisamment de sagesse politique et de valeurs humanistes pour nous permettre de critiquer ce fascisme qui se développe au sein de l’Islam sans en faire porter la responsabilité à tout individu né musulman, qu’il soit croyant ou pas, qu’il pratique la religion de ses pères ou qu’il ait choisi de s’y convertir. Ceux qui, par le déni de l’évidence, tentent de nous faire croire que l’Islam ne souffre aucun soupçon d’antisémitisme nous mentent. Nous n’avons pas besoin de leur discours infantilisant pour puiser en la civilisation islamique ce qui nous permettra de vivre avec nos concitoyens juifs.
Pour ma part, je n’ai jamais oublié la leçon de Fahmi Shanti, et je n’oublie pas non plus qu’il fut un temps où les cieux musulmans de l’Empire ottoman étaient bien plus cléments pour les Juifs que n’importe quel pays chrétien. Et pendant les temps les plus sombres en Europe, il valait bien mieux être juif à Alger, Fès ou Alexandrie qu’à Paris ou Berlin. 
Expurger le coran n’est pas une hérésie, mais un contresens
Faut-il pour autant faire l’ablation de tout ce qui dans le coran ne correspond pas aux valeurs de la République ? Sans craindre d’offenser les musulmans, je suis en droit de me demander s’il en resterait alors grand-chose. Faire de l’archéologie coranique est nécessaire, mais vouloir l’expurger de ses versets barbares pour le rendre plus adapté à notre époque revient à en reconnaître le caractère législatif. Or, c’est bien parce que le coran est vu comme une constitution par une large partie de musulmans qu’il pose problème. Pas moins de 8 versets coraniques affirment que la terre est plate.
La science a-t-elle attendu pour autant que M. Oubrou et ses comparses les frappent d’obsolescence pour établir l’évidence ?
Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé. L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incréée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams.
Ce qui se joue à travers cette bataille des pétitions, c’est que l’omerta qui a entouré le dogme islamique pendant des siècles, usant de coercition et de violence contre tous les esprits éclairés qui ont osé induire le doute, est en train de céder à l’esprit critique et anticlérical français. Ce qui a été protégé à coup de lois anti blasphématoires ailleurs ne saura résister longtemps à la liberté du débat en France. Les crimes antisémites ou les attentats de "Charlie Hebdo" doivent être compris pour ce qu’ils sont : une ultime tentative de semer la terreur pour masquer la faillite intellectuel du dogme islamique tel que défendu par ses imams aujourd’hui."

EN TUNISIE, LES ISLAMISTES INFILTRENT AUSSI LES CLINIQUES !

Article paru dans : Kapitalis

Deux amis viennent de se faire opérer à quelques jours d'intervalle dans des cliniques bien connues à Tunis : la première, à la clinique des Jasmins ; le second, à la clinique Ibn Zohr.

Si les deux sont satisfaits du personnel médical, les deux rapportent cependant des comportements anormaux de la part des infirmiers, pour ne pas dire leur manque de professionnalisme !

1° - Au lendemain de son opération, la dame ne se sentait pas bien. Tôt le matin, elle a appelé à plusieurs reprises l'infirmier censé s'occuper d'elle. La surveillante de l'étage la rassurait à chaque appel, qu'il ne saurait tarder pour venir la soigner. Il ne viendra qu'à 21 h ! Il entre en colère et demande sur un ton autoritaire à la sœur de la patiente, bien que médecin, de sortir ! La patiente refuse que sa sœur sorte et demande à l'infirmier de parler sur un autre ton à sa sœur médecin.

Elle a passé une mauvaise nuit et le lendemain elle a attendu en vain la visite de l'infirmier. Visiblement il ne souhaite pas avoir à faire à une femme, qui plus est émancipée, fille de Bourguiba comme elle le proclame. Serait-il de ces nouveaux convertis au wahhabisme ? Un bigot zélé qui refuse de soigner les femmes ? Elle se le demande.

A 11h, sa sœur vient lui rendre visite et l'aide à aller à la salle d'eau pour faire sa toilette; puisque l'infirmier n'est toujours pas passé. Elle perd connaissance. Sa sœur s’inquiète et va voir la surveillante de l'étage. Celle-ci rassure la sœur médecin et exclue la chute de tension, puisque celle que l'infirmier avait consignée censée être prise le matin, était normale !

La sœur médecin rassure sa sœur que sa tension est normale. Celle-ci s'en étonne et affirme qu'elle n'a vu personne de toute la nuit et encore moins le matin ; et que personne n'est venue prendre ni sa tension ni sa température ! 
Alors la sœur médecin a demandé à la surveillante de prendre la tension de sa sœur. Elle s’avère trop basse ! La sœur médecin réalise la gravité de la légèreté de l'infirmier qui, non seulement n'avait pas contrôlé la tension d'une personne opérée la veille, mais en plus il en indique une fictive sur le registre. 

Porter sur le registre de la surveillante une tension qu'il n'avait pas prise, est une faute professionnelle grave de la part de l'infirmier et criminelle, conclue la sœur médecin. 

La patiente écœurée de tant de négligence, a demandé à voir un responsable. Ce sera l'anesthésiste et la surveillante de l'étage. Ils confirment que l'infirmier en question est connu pour ses négligences à répétition mais comme les patients n'ont jamais dénoncé ses pratiques, la direction n'a pas jugé utile de le renvoyer !

Elle a tenu bon en affirmant qu'elle déposera une plainte contre l'infirmier auprès de la direction de la clinique. De peur que leur complicité silencieuse ne se retourne contre eux, l'anesthésiste et la surveillante ont devancé la patiente et saisi la direction. Le directeur a chassé le jour même le fantasque infirmier pour faute grave !

2° - Le jour de son opération, le patient ayant été opéré tôt le matin, une fois revenu dans sa chambre, sa plaie a commencé à saigner. Inquiet, à midi il appelle l'infirmière ... qui ne viendra qu'à 19 h !

Le lendemain sa sœur venue lui rendre visite, s'étonne de le voir se lever seul en titubant, pour vider la poche reliée au drain chirurgical. Elle s'en est inquiétée à l’infirmière "foulardée" affectée au service de son frère, à laquelle elle demande de voir la plaie et au besoin de changer le pansement de son frère. Elle traîne à s'exécuter.

La sœur inquiète, demande alors à un autre infirmier de faire le nécessaire. Il accepte mais il lui faut l'aide de sa collègue "foulardée", qui finit par venir mais refuse de voir la plaie située au niveau du sexe du patient, arguant que sa religion lui est interdit de voir l'intimité d'un homme !

Après que les infirmiers soient sortis, la sœur découvre le sol de la chambre et le  drap du lit souillé de bétadine. Elle demande une explication à l'infirmier. Sa réponse l'a totalement choquée : il a dû diriger par la voix l’infirmière qui devait lui verser la bétadine car elle refusait de regarder la plaie. Elle versait la bétadine à l'aveuglette en en mettant partout !

La sœur en colère, rappelle que le rôle de l'infirmier est de soigner les malades et leurs plaies et non de s'en détourner au prétexte d'une quelconque pudibonderie religieuse !

Elle demande pourquoi l’infirmière foulardée est-elle affectée à soigner les hommes, si elle refuse de les regarder ? La réponse de l'infirmier l'a sidérée : tout le personnel et la direction en premier, savent que l’infirmière "foulardée" leur fait du tort mais personne n'y peut rien car elle serait pistonnée par un membre du parti Ennahdha !

Voilà deux cas où des infirmiers font courir des risques aux patients au nom d'une idéologie qui devrait rester aux vestiaires quand on se destine à soigner les gens. En effet, l'infirmier semble réticent à soigner les femmes et l’infirmière est réticente à soigner les hommes, les deux visiblement par "conviction religieuse" ! Faudrait-il en arriver à créer des ailes réservées aux femmes avec un personnel exclusivement féminin et d'autres qui seraient réservées uniquement aux hommes, interdites à tout personnel féminin ?

Dans certains hôpitaux, la direction a ouvert deux guichets d’inscription aux consultations, obligeant les patients à se scinder en deux files : une pour les femmes, l'autre pour les hommes !
Dans celui de Menzel Bouzalfa, la direction a décrété que les certificats d'arrêt de travail seront délivrés après examen par une femme pour les femmes et par un homme pour les hommes !
Les Tunisiens auraient-ils intégré cet islamisme rampant qui s'est infiltré jusque dans leurs structures médicales ? Jusqu'où ira leur passivité devant ce wahhabisme envahissant ?

Voilà le genre d'aberrations introduites par les Frères musulmans d'Ennahdha !
Tout fout le camp dans les hôpitaux , les cliniques, l'enseignement ... depuis qu'ils ont infiltré les administrations tunisiennes aussi bien publiques que privées; jusqu'aux cliniques, pourtant bénéficiant d'une bonne réputation auprès des tunisiens pour la compétence de leur personnel médical, avant un certain 14 janvier 2011 !

Mais se plaindre ne suffit pas. Il faut interpeller les autorités et les contraindre à agir avec la fermeté absolument nécessaire face à ces dérives scandaleuses. Le Ministre de la santé, les Directeurs d’Hôpitaux et des Cliniques ne peuvent pas faire mine d'ignorer ces problèmes induit par l'islamisme que répandent les Frères musulmans dans la société tunisienne. 
Ces lieux de soins doivent rester neutres !

Personne ne pourra dire "je ne savais pas" ! Les patients, eux-mêmes, doivent réagir avec fermeté devant ces comportements imbéciles et non professionnels.

Les Tunisiens ne diront pas merci à Béji Caïd Essebsi & Nidaa Tounes qui les ont trahis en cédant le pouvoir à Gannouchi et à ses hommes, alors qu'ils étaient censés les en préserver !

Rachid Barnat




lundi 16 avril 2018

L'islamisation rampante de la Tunisie se poursuit avec l'aval de Nidaa Toune

Jusqu'où va le populisme des Frères musulmans nahdhaouis ?
Ils se sont attaqués au malékisme et ses pratiques pour les remplacer par le wahhabisme et ses pratiques ... en instrumentalisant la religion !

Ils se sont attaqués aux femmes pour les obliger à porter leur étendard en s'enveloppant dedans et le porter tel un voile ... voilà qu'ils courtisent les femmes "en cheveux" et les inscrivent sur leurs listes électorales !

Ils se sont attaqués à l'image de Bourguiba dans l'espoir de l'effacer de la mémoire collective des tunisiens. 

Mais devant l'échec, ils se sont mis à flatter sa mémoire et à s'en revendiquer pour les plus culottés d'entre eux .... pour séduire les bourguibistes, majoritaire dans le pays !

Ils se sont attaqués aux juifs en saccageant leurs synagogues et leurs cimetières .... voilà qu'ils les courtisent et intègrent l'un d'eux sur leurs listes électorales !
Ils se sont attaqués aux homosexuels que "leurs policiers" et "leurs juges" pourchassaient et emprisonnaient ... voilà qu'ils les courtisent en prenant un homosexuel sur leurs listes électorales !
Ils se sont attaqués aux soufisme et à ses saints encrés dans la culture tunisienne, au point de saccager et brûler leurs mausolées .... et voilà qu'ils les honorent et organisent même des fêtes pour rendre hommage à Sidi bou Saïd, dont ils avaient brûlé le mausolée !
Et pour ce faire, ils recourent à ce qu'ils interdisaient jusque-là à savoir la musique et à la danse ... pourtant interdits dans le wahhabisme !!
Et pour passer la pilule de la supercherie auprès des habitants de Sidi Bou, que mieux que de faire appel à un "baldi" * de chez eux pour berner les "baldis" de la banlieue chic de Tunis .... à savoir le caméléon Mourou !! 
Où s'arrêteront-ils ? 
Les Tunisiens tomberont-ils dans leurs pièges ? Il leur suffirait de voir la dictature s'installer de jour en jour en Turquie, avec le Frère musulman Erdogan modèle pour Ghannouchi !
R.B
* Baldi : gens de la ville, plutôt aisés.

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Ikhlas Latif

Une islamisation rampante menace les libertés

Un metteur en scène agressé, un DJ britannique condamné par contumace à un an de prison, des appels à la fermeture de débits d’alcool… L’image de la Tunisie tolérante, ouverte et progressiste relèvera bientôt du mythe, dénonce cette chroniqueuse tunisienne.

Il fallait frapper fort. Il y avait urgence. C’est que ça ne pouvait pas attendre, l’affaire est gravissime car il en allait de la sécurité nationale. Chose due, chose faite : la justice tunisienne n’a pas failli et a prononcé son verdict sans délai. Le dangereux criminel qui a porté atteinte aux sentiments des Tunisiens, se voit condamné par contumace à un an de prison. Délivrance ! Justice est enfin rendue, l’honneur est sauf et la religion est protégée.
C’est bel et bien le verdict surréaliste rendu [le 6 avril] par un tribunal tunisien à l’encontre du DJ britannique qui a mixé, dans une discothèque [à Hammamet, dans le cadre du festival de musique Orbit Festival, du 31 mars au 1er avril], l’appel à la prière. 
L’artiste est accusé d’outrage public à la pudeur, d’atteinte aux bonnes mœurs et à la morale publique. Comme la cabale menée sur les réseaux sociaux, le harcèlement et les menaces de mort à l’encontre du DJ ne suffisaient pas, le gouverneur, un nidaiste [du parti au pouvoir Nidaa Tounès] notoire, s’est vu investi de la noble mission de défendre la foi bafouée.

Interdits au nom de la religion

En à peine quelques jours, notre justice, pourtant si indolente d’habitude, s’est empressée de réparer l’offense. Maintenant, il ne reste plus à nos autorités qu’à contacter Interpol et à lancer un avis de recherche international contre le vil criminel. Lorsqu’il s’agit de protéger le sacré contre les “profanateurs”, de préserver la moralité contre les dépravés, la machine se met en marche rapidement pour condamner le coupable. On jette au trou des jeunes par centaines pour avoir fumé un joint, on pratique un test anal sur des homosexuels qui n’ont rien demandé d’autre que de vivre leur vie comme tout un chacun. Les autres affaires de terrorisme, de viol ou de meurtre .... peuvent attendre !
Et qu’en est-il de la liberté de création artistique ? Une notion obscure dans nos contrées, frappées par un vent d’inquisition de plus en plus persistant, frappées par les interdits au nom de la morale, du respect d’une identité crispée, frappées par les interdits au nom de la religion. Si les autorités s’érigent en protectrices du sacré, si les autorités jouent aux inquisiteurs et interviennent pour censurer ou suspendre une œuvre artistique, pour fermer un débit d’alcool légal, pour farfouiller dans l’anatomie d’un citoyen .... quelle est la différence avec une théocratie ?
Pourquoi s’étonner alors si des voyous cassent la gueule au metteur en scène d’une pièce de théâtre [Nejib Khalfallah] jugée blasphématoire [notamment à cause de son titre, qui reprend une partie d’un verset coranique, “Alhakom Al-takathor”, littéralement “Vous êtes distraits par la procréation”, le titre en français étant “Fausse couche”] ou s’ils s’attaquent à un bar-restaurant ?
Le message que renvoient les autorités n’est-il pas dangereux et n’ouvre-t-il pas la porte à tous les dépassements au nom de la foi et des bonnes mœurs ? Faudrait-il qu’un syndicat des imams [proche du parti islamiste Ennahdha], avec à sa tête un obscurantiste nommé Ridha Jaouadi, fasse la loi ?
D’ailleurs, l’affaire du DJ a été une aubaine pour cette bande de rétrogrades, qui a exigé, dès l’annonce du verdict, la fermeture immédiate de toutes les discothèques et de tous les bars en Tunisie. Ce qu’ils veulent c'est un tourisme en conformité avec la charia. Fêtards et touristes n’ont qu’à s’y résigner, ils n’ont qu’à fréquenter les mosquées pour éviter les lieux de dépravations.
Serait-il exclu que ce syndicat ait un jour gain de cause ? Jeudi 6 avril a été la journée des premières. Outre la condamnation du DJ, la justice a décidé de retirer deux exercices du manuel de grammaire de la 9e année, sur la base d’une plainte déposée par ces pieux imams. Ces deux exercices porteraient atteinte au Coran et contiendraient des reproductions faussées de certains versets selon les plaignants.
Fallait-il que la justice s’en mêle ? Le tribunal a jugé bon de supprimer les exercices incriminés, le syndicat des imams a réussi son coup en révisant un livre scolaire. Bientôt, on pourra déposer plainte contre une partie du programme de philosophie jugé impie, ou demander la suppression d’un auteur qualifié de mécréant du programme de littérature, ou peut-être interdire l’enseignement de la théorie de l’évolution, celle du Big-Bang ou le chapitre sur la reproduction humaine… Qui sait !

Le mal qui ronge ce pays

Un sit-in pour la fermeture d’un bar-restaurant à Jerba; des manifestations pour fermer un point de vente d’alcool à El Jem [ville de l’est du pays]; des imams appelant à la fermeture de tous les bars; une thèse de doctorat prétendant que la terre est plate, s’appuyant sur des arguments religieux; un artiste tabassé à cause du titre de sa pièce de théâtre; un DJ qui se retrouve condamné à un an de prison pour avoir mixé un appel à la prière dans une discothèque; deux exercices supprimés des manuels de grammaire pour atteinte au Coran; encore des imams appelant à la fermeture, cette fois, de toutes les boîtes de nuit…
C’est une série d’événements sans liens en apparence, mais qui révèle le mal qui ronge ce pays. Cette image de la Tunisie tolérante, ouverte et progressiste s’approchera bientôt du mythe. Face à une islamisation rampante et pernicieuse de la société, face au danger que cela représente, les autorités laissent faire. 
Cela ne se passe pas sous la troïka [coalition au pouvoir de 2012 à 2014] menée par les islamistes, mais sous un gouvernement d’union nationale [au pouvoir depuis janvier 2015] censé être mené par [Nidaa Tounes] un parti moderniste…


mardi 3 avril 2018

Venise : visite guidée

2-2018-03-21-195


Visite guidée de la tour de l'horloge de la place Saint Marc à Venise par 
Claudio Boretto

Voir aussi : 

BALADE NOCTURNE À SAN MARCO, VENISE

BB : La fée des animaux

Descartes avait théorisé l'animal-machine, insensible bête de somme .... dommage que les philosophes du siècle des Lumières soient passés à côté de l'animal !
R.B
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A quand des droits de l'homme pour ... les animaux ? 




Et si Brigitte Bardot avait inventé l’antispécisme ?

A 83 ans, la mythique actrice du "Mépris" raconte son engagement aux côtés des animaux dans "Larmes de combat". Et, après avoir été beaucoup raillée, apparaît comme une pionnière.

Un livre de Brigitte Bardot sur les animaux ? Les ricaneurs ricanent, mais tout est normal. Il est d’usage depuis des années de se moquer d’elle et de sa maison de pêcheurs tropézienne transformée en arche de Noé, puis de rappeler, cette fois à juste titre peut-être, son soutien à Marine Le Pen (récemment, c’était à Jean-Luc Mélenchon : tout dépend du discours sur la question animale) et les déclarations publiques calamiteuses qui l’ont menée plusieurs fois au prétoire avec son chignon à fleurs pour incitation à la haine raciale.
Pour autant, être froissé par ses manières n’interdit pas d’avoir de l’estime pour des combats menés sous la bannière de l’éthique animale avec une exceptionnelle persévérance, laquelle sera peut-être au siècle prochain saluée par des philosophes de premier plan. Qu’on nous autorise aussi à penser que ces accès de fièvre misanthrope drainent un chagrin existentiel profond qui ne date pas d’hier. Quoi qu’il en soit, l’impossible BB arrive en librairie.
« Larmes de combat » est le récit de quarante-cinq ans d’un engagement ininterrompu auprès des animaux, au nom de la Fondation qui porte son nom et à laquelle Brigitte Bardot donne chaque jour de sa vie. Réveillée à 9 heures dans cette Madrague mythique où des touristes du monde entier continuent d’affluer, elle quitte le grand lit où chiens et chats s’étirent à l’unisson pour téléphoner à ses troupes parisiennes selon un rituel immuable.
Que la personnalité française la plus connue au monde après De Gaulle (qu’elle aimait beaucoup et réciproquement) ait choisi en 1973 de descendre du firmament pour consacrer jours et nuits à la création d’une structure qui permettrait de défendre les lapins martyrisés de l’industrie cosmétique ou de sauver l’hippopotame en dépression dans un camion du cirque Zavatta, lui a valu tous les sarcasmes. Sans doute la petite misogynie ordinaire de ces années-là et les envies mauvaises provoquées par sa beauté souveraine n’ont-elles rien arrangé. Au printemps 1987, elle s’est installée chaque matin sur un marché de Saint-Tropez pour vendre à la criée les dernières reliques de sa vie princière.

BB validée par la science

Tout ce qu’elle possédait de valeur fut mis aux enchères à la Maison de la Chimie à Paris – sa guitare, les bijoux de Gunter Sachs, la robe de son mariage avec Vadim, l’argenterie, les meubles. Mais le plus frappant dans ce récit plein de retours en arrière, quand la femme créée par Dieu rêvait déjà de grands espaces et d’oiseaux marins, c’est de constater à quel point ses préoccupations sont d’une scintillante modernité.

La dame a aujourd’hui 83 ans. En une étonnante convergence des luttes, toutes ses idées rejoignent celles des « antispécistes ». Pour ceux qui ne savent encore rien de ce groupe minoritaire mais fort, les antispécistes plaident pour que soit reconnues la continuité entre l’espèce humaine et les espèces animales, ainsi que l’universalité des émotions primaires – la peur, la tristesse, la honte, la surprise, le dégoût, la capacité à ressentir la douleur, les besoins sociaux, la joie. A ce titre, ils estiment que des garanties minimales doivent être accordées à tous les individus et qu’on doit penser le monde de façon à ce que veaux, vaches, cochons  puissent vivre dans un cadre compatible avec les besoins de leur espèce. (Contrairement à ce qu’on pense, les cochons sont très attachants : ils sont curieux et sociables (1), leur  intelligence est supérieure à celle du chien et ils sont tout aussi apprivoisables. Ils répondent à leur prénom.) 

Brigitte Bardot aura donc fait pendant quarante-cinq ans de l’antispécisme sans le savoir car, au fond, jamais elle n’a dit autre chose: 

L’amour que je souhaite porter aux êtres vulnérables ne tient pas compte des différences entre les espèces. La compassion n’a pas de frontières et ce n’est pas les ‘‘humaniser’’ que de dire que les animaux sauvages, domestiques, marins, ont des besoins vitaux; la vie est sacrée, il est impératif de tout faire pour la préserver, la respecter, la protéger, dans tous les domaines et d’ailleurs, j’utilise le même langage quand je parle de tout représentant d’une espèce. Pour moi, les cris de douleur dans les laboratoires d’expérimentation ne sont pas des ‘‘vocalisations’’ comme on peut le lire dans certains compte rendus scientifiques.»

Après avoir été longtemps méprisé, son discours-de-bonne-femme sur l’émotivité des bêtes a été peu à peu validé par la science. Ethologue, spécialistes de biologie évolutionniste ou neuroscientifiques sont unanimes. Les animaux sont dotés d’intelligence et de sensibilité. Ils ont les mêmes systèmes chimiques et neurobiologiques que les hommes. La détresse d’un chien qui a couru en vain après la voiture sur une bretelle d’autoroute (au début, il pense que c’est un jeu) ou d’une brebis qui cherche en vain son agneau est bien réelle – ce n’est pas de l’anthropomorphisme. La souffrance d’un animal saigné à vif n’est même pas imaginable. Ce sont des faits. Le procès en sensiblerie s’éteint.

Le jour du bébé phoque

Tout a basculé dans la vie de Brigitte Bardot en 1977, le jour où fut prise la photo célèbre, sur la banquise, avec un bébé phoque. Les blanchons sont des proies faciles car lorsque les mères partent pêcher, ils restent seuls dans la glace, emmitouflés dans leur belle fourrure blanche. Ce que l’actrice n’a pas supporté alors, ce sont les bataillons de chasseurs qui venaient déloger ces petites choses ravissantes et endormies avec un croc de boucher pour les traîner sur la neige, les matraquer avant de les dépecer, la plupart du temps vivantes. Elle a connu l’un des grands désespoirs de sa vie face à la détresse des mères phoques qui demeuraient plusieurs jours, tremblantes, à côté de leur petit décharné et sanguinolent, chacune s’épuisant en vain à vouloir l’allaiter et le réchauffer contre elles. 

Ce spectacle l’a dévastée. On a tourné en dérision sa douleur, ses protestations, son dégoût. Elle a continué de plus belle, encouragée par une certaine Marguerite Yourcenar qui lui avait écrit une lettre pour lui dire sa joie d’observer chez une même personne autant de bonté que de beauté. Marguerite Yourcenar, première femme à être admise à l’Académie française, végétarienne devant l’Eternel, qui un soir de tempête, alors qu’elle était invitée à dîner par Gaston Defferre à la mairie de Marseille, pria son chauffeur de faire un détour par Saint-Tropez. Brigitte Bardot se souvient du coup de sonnette dans la nuit, de Marguerite sous la pluie.

De cette année-là, de son voyage sur la côte ouest du Canada pour tenter de convaincre un aréopage d’hommes politiques placides de faire cesser le massacre des bébés phoques, datent la fêlure et le repli sur soi à venir d’un esprit définitivement blessé par l’invraisemblable cruauté humaine. Dans «Larmes de combat», elle écrit que sur la banquise, le nez dans la fourrure d’un petit animal vulnérable et confiant destiné à finir on ne sait où en Occident sur les épaules de Cruella, elle a scellé le pacte avec elle-même : mettre sa célébrité désormais, «dans ce court passage qu’est la vie», au service des animaux. Se battre pour qu’on ne les considère plus comme une vulgaire ressource dans ce monde «d’industrialisation forcenée» mais qu’on les considère tout court. Elle a 42 ans alors et sent une gravité nouvelle. La sensation de ne plus être ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Et Dieu, que le cinéma lui semble futile, et si ridicule toute «l’hystérie» autour d’elle.

"Antispéciste de corps et d’âme"

Heureusement, il y a Valéry Giscard d’Estaing, à l’évidence hypnotisé, pour interdire immédiatement l’importation des peaux de blanchon en France. L’année suivante, BB est au conseil de l’Europe, à batailler de nouveau. Le combat a duré trente ans. Le 5 mai 2009, un règlement européen a interdit l’importation et le commerce de tout produit à base de phoque.

On découvre aussi dans ce récit que, cinquante ans avant les caméras cachées de L124, Brigitte Bardot s’est inquiétée du sort des moutons et des veaux dans les usines à viande. Son ami, Jean-Paul Steiger, fondateur  du Club des Jeunes Amis des Animaux, s’était fait recruter dans un abattoir. Il fut hanté par les images d’animaux suspendus vivants, agonisant lentement, la gorge tranchée comme dans le film de Franju. Le premier combat de l’actrice fut d’obtenir l’obligation d’étourdissement préalable des bêtes avant la mise à mort. En 1962, dans «Cinq colonnes à la Une», face à un Pierre Desgraupes plutôt hermétique, elle montra à l’antenne un pistolet électrique et la possibilité pour les bêtes d’«une sorte d’anesthésie» avant la décapitation. Le décret fut publié en avril 1964. Une lanceuse d’alerte, dirait-on aujourd’hui.

Notre siècle est avec elle. Depuis dix ans, de plus en plus d’auteurs remarquables publient des essais qui vont dans le sens de ses engagements. Il y a eu Marc Bekoff et son beau travail sur  «les Emotions des animaux» (2007), Jonathan Safran Foer et sa question embarrassante: «Faut-il manger les animaux?» (2009), Aymeric Caron et son coming out «Antispéciste», (2015), et l’écrivain Martin Page devenu vegan à l’issue d’une double prise de conscience: les animaux sont des individus; ils désirent vivre (2). Ces jours-ci paraît la somme de Carl Safina intitulée «Qu’est ce qui fait sourire les animaux? Enquête sur leurs émotions et leurs sentiments». Un train passe. Brigitte Bardot le prend et se dit «antispéciste de corps et d’âme».

"Le luxe peut être symbole de cruauté"

Sans doute faudra-t-il reconnaître un jour la noblesse de son engagement et le prix à payer pour tous les films horribles archivés dans son esprit. «La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil», disait René Char. La grande brûlée de l’existence accepte d’affronter encore en 2018 et sur deux cannes, pour supporter ses hanches fragiles, ce que personne ne veut savoir et de «souffrir avec» - la définition de la passion en somme.

Qui voudrait être aux abattoirs à l’heure des cargaisons d’agneaux, voir l’affolement dans leurs yeux et les bêtes qui se cabrent devant le portillon – sa mort est proche, l’animal le sent, il ne veut pas. La boussole éthique de chacun s’affole face au traitement réservé aux animaux dits «de boucherie». Pourquoi l’agneau et pas le chaton? Et qui supporterait le détail de la mutilation des ours noirs du Vietnam, entravés à vie dans de minuscules cages, l’abdomen perforé afin de prélever la bile vendue à prix d’or pour ses vertus curatives et aphrodisiaques? Cette fois encore, «la fée des animaux», c’est ainsi qu’elle voudrait qu’on la présente une fois tirée sa révérence, s’active pour faire interdire ce commerce. Il faut avoir «le cœur bien accroché, écrit-elle, car chaque révélation atomise le coeur et l’esprit.»  

Parmi les actions en cours de sa Fondation, il y a aussi le million de signatures déposées en 2017 auprès du ministère de l’agriculture et à Bruxelles pour dénoncer les conditions du transport des bêtes à travers l’Europe, la réglementation n’imposant pas de limite de durée des transports ni de densité des chargements. Les fermes d’élevage productrices de fourrure, au sein de l’union européenne sont une autre cible:

Il est si contradictoire, si obsolète aussi de voir que le luxe peut être symbole de cruauté. Des centaines de fermes d’élevage fonctionnent aujourd’hui au sein de l’union européenne. Des visons, renards, lynx, ratons laveurs, chinchillas, sont prisonniers, exploités, dans des conditions dignes des plus grandes représentations de l’enfer. Des milliers d’autres sont piégés, blessés ou laissés à l’agonie, comme les coyotes dont la fourrure orne le col de nombreuses parkas. La France compte des dizaines de sites dédiés à l’élevage de visons (…) Ces martyrs de la mode sont entassés dans des cages minuscules, cohabitant avec leurs excréments et des congénères qui développent des comportements anormaux comme l’automutilation, espérant sortir de cet abîme.» 

Dans les élevages de fourrure comme dans les fermes industrielles, on observe souvent, à mesure que se prolonge la claustration, des réactions d’automutilation, signe de la souffrance psychique maximale d’animaux poussés au désespoir et la folie. Brigitte Bardot veut que tout cela se sache. Elle en pleure encore, sidérée par la capacité de l’homme d’administrer le mal banalement, presque distraitement.

Lettre à Nicolas Hulot

Son esprit solitaire et contemplatif a toujours préféré «l’émotion à la raison», mais sans doute sa vie aurait-elle été plus facile et sa solitude moins grande si elle avait marché main dans la main avec les sciences sociales. En 1975, elle n’a pas lu, «malheureusement» écrit-elle, «la Condition animale» de Peter Singer, philosophe australien qui, glacé par l’atmosphère concentrationnaire des abattoirs et la mise à mort industrielle, jetait magistralement les bases de la réflexion à venir sur le respect dû aux «animaux non humains».

Le spécisme, ce concept que Brigitte Bardot trouve paradoxalement un peu «compliqué», est calqué sur le racisme et le sexisme. Dans les trois cas, un même principe est activé : la maltraitance s’exerce au nom de barrières artificielles  qui ne tiennent pas la route scientifiquement.

A force d’avoir dénoncé d’avoir manifesté, d’avoir répété les mêmes choses, de m’être fait photographier avec quantité d’animaux, cela a fini par toucher les gens et entrer dans l’inconscient collectif. Quand je vois les associations accusant les cruautés des abattoirs, des militants s’infiltrant dans les arènes des corridas ou des foules venues empêcher l’arrivée d’un cirque dans une ville, je me dis parfois, sans prétention aucune mais avec tendresse et fierté, que toutes ces personnes sont un peu mes enfants.»

En 2010, sa Fondation a financé une mission de plusieurs semaines aux îles Féroé pour s’opposer au massacre, chaque année renouvelé, de centaines de globicéphales, au nom d’une tradition consistant à rabattre des bancs de dauphins migrateurs vers un rivage où les attendent  des hommes armés de couteaux et de crochets. Des centaines de ces mammifères marins pacifiques sont ainsi tués, femelles gestantes et petits aussi, alors même qu’ils sont protégés par la convention de Berne.

Autrefois destinée à nourrir la population, la séquence funèbre est aujourd’hui un divertissement et un concours de virilité, alors même que le niveau d’intelligence et de sociabilité du dauphin n’est plus à démontrer, ni sa propension à se porter spontanément au secours de l’homme. Brigitte Bardot a renouvelé l’opération en 2014 avec son ami Paul Watson, commandant du Sea Sheperd. Il y a peu, elle a écrit à Nicolas Hulot, ministre de l’écologie et parachevé sa missive de ce très personnel et intrigant :

Je vous embrasse, un peu fâchée, 
Brigitte Bardot »


Larmes de combat, par Brigitte Bardot, 
assistée de Anne-Cécile Huprelle, 
Plon, 250 p., 16, 90 euros.