jeudi 3 août 2017

Youssef CHAHED POURRAIT ÊTRE LE MACRON TUNISIEN ...

Article publié dans : Kapitalis


En Tunisie le régime politique choisi par les Frères musulmans, n'est ni présidentiel ni parlementaire : il est bâtard et permet les compromis boiteux paralysant l'évolution du pays ! Il est entre les deux. Il ne reste au président, que peu de pouvoir : il dirige la politique étrangère, il est le chef des armées et il peut dissoudre l'assemblée nationale.

Les prochaines élections en Tunisie, sont les municipales en 2017 ; puis les législatives, suivies de quelques mois par les présidentielles, en 2019.
Inutile de dire que les municipales, sont absolument essentielles car beaucoup de choses du quotidien se jouent dans les municipalités : la propreté, les constructions anarchiques, l'utilisation du domaine public c'est à dire de la rue et des places ; et par ailleurs, le pouvoir municipal a un contact direct avec la population. Dès lors, imaginez que les islamistes gagnent les municipales comme c'est malheureusement assez probable ... si les tunisiens ne se mobilisent pas !
Pour gagner la première des prochaines élections, cela se joue sur un nom : celui d'un candidat, charismatique de préférence et de l'équipe qui l'entoure. 
Et ceux qui gagneront les mairies, seront évidemment un tremplin pour le reste !

Il n'est pas nécessaire d'avoir un grand parti pour cela. Macron a créé son mouvement politique "En Marche !" en partant de rien. Il a attiré sur son nom des personnalités politiques d'envergure mais aussi des inconnus de la société civile auxquels il a tenu un discours clair pour les mobiliser. Il a gagné les élections présidentielles, puis les législatives avec une majorité confortable à l'assemblée nationale ; et tout cela réalisé en quelques mois seulement !

Or YC bénéficie d'un capital sympathie immense depuis qu'il a déclaré la guerre à la corruption qui mine et gangrène le pays. Il a compris que les tunisiens en sont écœurés, d'autant qu'ils avaient dégagé ZABA et sa belle-famille Trabelsi pour cause de corruption et de népotisme ! 
Un mécontentement similaire chez les français déçus de leurs responsables politiques, qu'avait compris Macron qui s'est donné pour objectif de renouveler la classe politique ! Ce qu'il a fait avec brio.

YC peut donc attirer sur son nom une majorité présidentielle qui réunira les dissidents de Nidaa Tounès et autres démocrates, des membres de la société civile heureux de rejoindre son mouvement car trop déçus des querelles intestines de leur parti, des trahisons à répétition et de l'absence de chef charismatique.

En politique, ce qui compte c'est l'appui populaire ; le reste se fait et se défait en fonction de cette donne. Il suffit de se rappeler la fulgurance avec laquelle BCE est arrivée au pouvoir, tout comme celle de Macron. Le tout est de savoir mobiliser en s'adressant à l'intelligence des hommes et non en pratiquant le populisme qui n'est que mépris pour les électeurs.

Comme les élections législatives se déroulent avant les présidentielle, il serait bon quelques mois avant les législative que YC crée son propre parti comme l'ont fait avant lui BCE et Macron. Un parti qui récupère tous les progressistes déçus de BCE, de Nidaa Tounes et autres partis qui se disent "démocrates".
Ce qu'a fait Macron en transformant son mouvement politique "En Marche !" en un parti politique "En Marche Pour La République !"

Pour rassembler "large", il faut que YC annonce la couleur clairement :
- Instauration de la LAÏCITÉ ,
- Reprise de la voie progressiste voulue par Bourguiba ;
- Libéral en économie mais avec un volet social clairement assumé et détaillé ; choix retenu par le pragmatique Macron ;
- Rejet de toute ALLIANCE avec les Frères musulmans ni avec l'islam politique, sous toute ses formes !

Il n'aura pas de mal à attirer tous ceux qui aspirent à la laïcité et refusent l'islamisation rampante de la Tunisie ; autrement dit, tous ceux qui refusent l'obscurantisme et la régression de la Tunisie si jamais les Frères musulmans restaient au pouvoir ! Et ils sont majoritaire en Tunisie à vouloir poursuivre l'oeuvre de Bourguiba, et maintenir la Tunisie dans la modernité !

Quant à Nidaa Tounes et ses petits chefs, ils finiront par mourir de leur belle mort comme sont morts le CPR & Ettakattol. Car la sanction tombera vite lors des prochaines élections. Les progressistes laïcs les quitteront et les tunisiennes qui ont cru en BCE et l'ont porté au pouvoir massivement, s'en détourneront pour la même raison : parceque leurs chefs ont trahi leurs électeurs en pactisant avec les islamistes alors qu'ils juraient tous leurs dieux qu'ils ne le feraient jamais !

Si pour Macron il y a eu un alignement des planètes pour lui permettre de réaliser l'exploit que le monde entier salue, il faut dire que la donne internationale est favorable pour la Tunisie et pour celui qui saura saisir l’opportunité de remplir le vide béant que nous constatons aujourd’hui en matière de leadership politique.

Si 2011 et son fameux "printemps arabe" ont permis l'émergence des Frères musulmans que soutenaient les pétromonarques mais aussi un Occident cupide, ce dernier se réveille et se rend compte de son immense erreur de les soutenir, d'autant qu'il découvre la réalité de l'islamisme "modéré" d'Erdogan, comme celle de Ghannouchi qui a fait de la Tunisie le premier pays exportateurs de terroristes dans le monde ... mais surtout aux portes de l'Europe !

Ce que Macron a fait, d'autres peuvent le faire ! Il y a aujourd'hui une fenêtre de tir pour YC. Saura-t-il la saisir ? Une grande partie des tunisiens progressistes est prête à l'aider et le contexte international devrait le servir depuis que les Frères musulmans et le Qatar sont mis à l'index et que l'Occident et particulièrement l'UE, critiquent de plus en plus le régime d'Erdogan et son totalitarisme. Or faut-il rappeler que Ghannouchi prend pour modèle Erdogan et se rêve président lui aussi ! 

YC a montré sa capacité à faire bouger les lignes mais a-t-il suffisamment d'ambition politique pour lui et pour son pays, comme Macron ? Aura-t-il l'audace nécessaire pour s'affranchir des deux vieux devenus un boulet pour les tunisiens ? Entre le premier qui a trahi ses engagements électoraux en faisant alliance avec les obscurantistes, et le second que rejette une majorité de tunisiens, il y a peut-être cette voie !

C'est là la question essentielle car l'opposition des vieux politicards, sans réelles convictions et qui n'agissent qu'en fonction de leurs petits intérêts immédiats, n'aura aucune influence, comme elle n'en a pas eu sur le parcours de Macron.


Rachid Barnat

1 commentaire:

  1. YC DOIT S'ATTAQUER AUX FINANCEMENTS OCCULTES,
    ET SÉVIR CONTRE CEUX QUI PERÇOIVENT DE L'ARGENT DE L'ETRANGER !

    Les partis politiques qui reçoivent de l'argent de l'étranger doivent être interdits et leurs chefs traduits en cours martiale pour haute trahison !

    Il y va de sa crédibilité pour en finir avec la corruption. Il sait qu'il a le soutien des tunisiens qui en ont ras le bol des corrompus d'autant qu'ils ont dégagé ZABA et les TRABELSI pour cause de corruption !!

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