mardi 14 novembre 2017

Voltaire, censuré par le tartufe Ramadan


La Suisse a hébergé Hassan El Banna fondateur des Frères musulmans. Son petit-fils Tariq Ramadan y joue les censeurs ... avec l'aide du protecteur de la confrérie, l'émir du Qatar.
Et voilà comment les islamistes s'installent insidieusement dans le paysage politique en Occident !
R.B

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Voltaire, Tartuffe et Tariq Ramadan

« Le Fanatisme ou Mahomet, le Prophète », célèbre œuvre de Voltaire a connu quelques déboires à Genève en raison notamment de l’intervention d’un certain Tariq Ramadan. Vanessa de Senarclens, spécialiste de littérature française du XVIII siècle à la Humboldt-Universität zu Berlin, souhaite que Genève rouvre ses portes à une pièce qui dénonce le fanatisme et l’imposture
« On avoue », note Voltaire dans une préface à sa tragédie « Le Fanatisme ou Mahomet, le Prophète » (1742), « que la comédie de Tartuffe, ce chef-d’œuvre qu’aucune nation n’a égalé, a fait beaucoup de bien aux hommes, en montrant l’hypocrisie dans toute sa laideur. Ne peut-on pas essayer d’attaquer, dans une tragédie, cette espèce d’imposture qui met en œuvre à la fois l’hypocrisie des uns et la fureur des autres ?»

La lettre de Ramadan

Depuis le XVIIIe siècle, la pièce qui propose une version satirique du personnage historique de Mahomet suscite de vives polémiques. Après trois représentations à Paris, elle est interdite pour « scélératesse, irréligiosité et impiété ». On y lit, en effet, une critique à peine voilée des autorités chrétiennes et de l’intolérance religieuse, surtout à l’endroit des protestants.
Comme Montesquieu dans ses Lettres persanes, Voltaire ferait le détour par l’altérité orientale pour dénoncer des déviances occidentales. A la suite de l’interdit de la pièce, l’auteur ne se le tient pas pour dit et parvient à contourner la censure au moyen d’une dédicace flatteuse au pape Benoît XIV, qu’il apostrophe comme vicaire du « dieu de vérité ». Le pape l’accepte et la carrière de cette tragédie est lancée, dont le succès ne se démentira pas jusqu’au début du XXe siècle en France, mais aussi en Allemagne grâce à la traduction Mahomet, Trauerspiel in fünf Aufzügen qu’en donne Goethe en 1773.
En 1993, puis en 2005, les tentatives du metteur en scène Hervé Loichemol de rejouer cette pièce à Genève, dans le contexte des festivités du 300e anniversaire de la naissance de Voltaire, échouèrent sous les pressions politiques.
Dans une lettre au Journal de Genève, Tariq Ramadan argumentait alors en faveur de l’interdiction de la pièce, en invoquant moins son caractère blasphématoire contre le prophète des musulmans que les sensibilités malmenées et blessées d’une minorité religieuse : « Aux abords des espaces intimes et sacrés, ne faut-il pas mieux parfois imposer le silence ?» demandait-il. Le silence s’est depuis durablement imposé, en partie grâce à l’influence de Ramadan sur les autorités politiques et culturelles genevoises. Il est de plomb et fait le consensus au vu d’une actualité toujours plus violente et polarisée.

L'imposture dénoncée

Personne ne prend le risque de jouer cette pièce dans laquelle Voltaire faisait, de son propre aveu, pour sa démonstration des méfaits du fanatisme, Mahomet « plus méchant qu’il ne l’était ». Or, chez Voltaire, le personnage du Prophète n’est pas un fanatique comme pourrait le laisser entendre le titre de la tragédie, mais un imposteur, «un fourbe» comme le note Rousseau dans un texte d’éloge.
Le sujet de la pièce jugée inopportune par Ramadan est moins la religion chrétienne ou musulmane que l’imposture, le sectarisme et la haine qui en découle. Elle se clôt sur le monologue du protagoniste voltairien : « J’ai trompé les mortels, et ne puis me tromper… Mon empire est détruit si l’homme est reconnu. »

A quand le retour de Voltaire à Genève ?


Le fanatisme, au même titre que les sectarismes idéologiques, dissimule sous des vérités révélées la volonté de puissance et les pulsions. Il serait bon qu’à Genève, on se souvienne de la tradition critique et éclairée qui fut un temps la sienne, et qu’un projet de représentation d’une pièce de Voltaire, fût-elle une radicale critique du fait religieux, ne soit pas enterré sous un silence apeuré et que l’espace public puisse être le lieu de vivants débats.

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