Je veux
honorer aussi la mémoire des femmes qui ont poussé leurs enfants dans leurs
études, étant souvent elles-mêmes illettrées, en contribuant à leur manière à
la lutte contre l’obscurantisme qui a favorisé le colonisation; outre ma mère à
laquelle je rends hommage ici pour m'avoir toujours encouragé à étudier, je
vais rapporter ici une anecdote révélatrice du rôle joué par la mère de mon ami
Hammouda, qui en faisait partie.
Elle avait mis à la disposition de son fils, une
pièce dans sa grande maison dans la " M’dina el arbi " de
Tunis pour réviser ses cours. A la fin des cours au Collège Sadiki, Hammouda et
moi nous allions faire nos devoirs dans cette pièce, où elle nous faisait
servir un petit goûter.
Cette femme veillait à ce que ses fils et filles
étudient sérieusement. Elle vivait presque seule avec ses enfants, le mari
exploitant agricole, étant souvent retenu à la ferme.
Elle tenait à vérifier par elle-même que ses
enfants avaient fait leurs devoirs et appris leurs leçons et
autres récitations par cœur.
Elle les prenait un à un et leur faisait réciter
leurs devoirs. Si le récitant hésitait ou oubliait un mot, elle le renvoyait
reprendre son texte pour l'apprendre par cœur. Celui ou celle qui butait
sur un mot ou une phrase, avait beau supplier qu'elle l’aide en lui soufflant
le mot… rien à faire, elle le gronde et le renvoie reprendre son texte jusqu’à
ce que sa récitation par cœur se fasse sans hésitation !
Ce n’est qu’avec l’âge, devenus un peu plus
grands, que les enfants ont découvert le subterfuge de leur mère et pourquoi
tant de sévérité de sa part pour refuser de leur souffler le moindre mot : elle
était illettrée, ne sachant ni lire ni écrire !
L'année du bac probatoire j'ai été ajourné. Je
n’oublierais jamais combien elle m’a consolé et surtout encouragé pour que je
révise durant l’été, m’assurant que je l’obtiendrai pour m’avoir vu réviser
régulièrement chez elle, avec assiduité au côté de son fils.
Ces femmes souvent illettrées, ont été derrière
les hommes et les femmes qui ont bâti la Tunisie moderne. Comme on dit :
derrière chaque grand homme, il y a une femme... en l’occurrence sa mère
!
On peut
énumérer tant et tant de noms de grands hommes qu'a connus la Tunisie et qui
ont contribué à libérer le pays et à construire la Tunisie moderne, qui doivent
beaucoup à leurs mères, dont Habib Bourguiba qui, reconnaissant pour toutes les
femmes qui l'ont élevé parcequ'il était orphelin, a tenu à leur rendre hommage
en leur accordant des droits uniques dans le monde dit
"arabo-musulman", en promulguant le Code du Statut Personnel (CSP).
Ce Code fut son premier acte politique majeur pour rendre leur dignité aux
tunisiennes qui ont formé et qui formeront les bâtisseurs de la nouvelle
République.
Par ce Statut, Bourguiba a libéré les femmes en leur accordant des droits que
l'Islam ne leur accordait pas !
Bravo à toutes ces femmes dont ma mère, qui ont
permis l'émancipation de leurs filles pour donner à la Tunisie la génération de
"hrayers tounes", ces femmes libres et fières de se considérer filles
de Bourguiba !

13 Août 1956, Signature du Code du Statut personnel
Et dire que certaines femmes d’aujourd’hui, bien que instruites et cultivées dans les écoles de Bourguiba, admettent le retour à la case de départ de leurs arrière-grand-mères en retirant leurs enfants de l’école de la République pour les confier aux écoles coraniques des islamistes ...
Elles se laissent séduire par Ghannouchi et ses Frères musulmans jusqu'à se convertir au wahhabisme et admettre le nouveau colonialisme politico-religieux qu'il sous-tend; puisque Ghannouchi veut remettre la souveraineté de la Tunisie entre les mains de ses amis turcs & qataris; Erdogan se voyant déjà en Calife, héritier de l'Empire Ottoman !
Et voilà comment des femmes incultes ont poussé leurs enfants à s'instruire et à découvrir tous les savoirs et d'autres bien qu'instruites et souvent diplômées d'université, poussent leurs enfants vers l'obscurantisme et les écoles coraniques où le seul livre qui leur est proposé est le coran qu'ils doivent ânonner jusqu'à finir par le réciter par cœur. Tant pis s'ils n'en saisissent pas l'esprit; puisque le meddeb, lui-même n'en connait pas grand chose !
Comment expliquer une telle aberration, que des femmes instruites contrairement à leurs aïeules, orientent leurs enfants vers l'instruction religieuse au dépens de l'instruction générale ?
En réalité c'est qu'elles ont été depuis des années la cible de propagande idéologique venue des pays du Golfe et d'Arabie et qu'elles ont succombé à cette propagande entretenue sur e terrain par les islamistes depuis le 14 janvier 2011.
C'est à l'Etat civil que revient le rôle de protéger cette jeunesse en revalorisant l'instruction publique qui doit devenir une priorité nationale de premier plan en contrôlant les écoles coraniques, comme les mosquées; propices à la diffusion du wahhabisme, ce cancer du siècle.
HOMMAGE AUX FEMMES ... par Grand Corps Malade
RépondreSupprimerMerci à Pierre Blanco.
https://www.youtube.com/watch?v=TC7aA1WIkyQ&feature=youtu.be&fbclid=IwAR04GJLEn8rA6netgkFPJHD4mdZYbhP9B8-FuU8prsLE_iTUDlDI5O8MCEA&app=desktop