jeudi 19 juillet 2012

EN-VOILEMENT SOUS PRESSION SOCIALE

Paru dans : Agoravox

Le système d'oppression le plus efficace, est celui qui réussit à convaincre l'opprimé 
du bien-fondé de son oppression !

Se voiler,  c'est l'inconscience de celles qui n'ont pas lutté pour avoir leurs droits ... 
qui vont jusqu'à se jeter dans les bras de leur pire ennemi : 
les islamistes ! 

LES DROITS DE LA FEMME : RIEN N'EST DÉFINITIVEMENT ACQUIS
Leur ennemi, n'est pas toujours celui que l'on croit.

Quand on combat l'esclavage, ce sont les esclaves dont il faut se méfier car souvent c'est eux qui luttent pour son maintien.


Cette oeuvre intitulée "DISPARITION
est de l'artiste yémenite Bouchra Almutawakel.
Par petite touche, la femme finit par devenir invisible ... ce qui est le rêve des wahhabites !
En discutant avec quelques Tunisiennes de la raison "subite" de leur en-voilement, il est curieux d'entendre leurs réponses :
- Certaines, biens qu'universitaires (pharmacienne, médecin, avocates ...), ont adopté le voile sans conviction particulière; juste pour le qu'en-dira-t-on, de leurs voisins et de leur famille où certaines femmes peu instruites mais voilées, incitent leurs "sœurs" à se voiler pour cacher un corps " aw'ra " (indécent), persuadées que le voile est un critère " religieux " de leur bonne moralité et de leur " pureté ", comme le leur ressassent et l'assènent les " barbus " ! 
Comme disent les Tunisiens, " khoudh el ilm, min ras el fkaren " - خوذ العلم من راس لفكارن / instruis-toi auprès de cerveaux aussi petits que lents, que ceux des tortues " !) (Proverbe traduisant à la fois l'étroitesse d'esprit et le retard civilisationnel des obscurantistes). 
Au lieu que ce soit les " instruites " qui éduquent les non instruites, en leur ouvrant l'esprit et les yeux; c'est l'inverse qui se produit; puisque les non instruites entraînent les instruites à l'en-voilement avec des arguments obscurantistes, qu'elles semblent gober pour certaines, avec conviction !
- Certaines, pourtant étudiantes, l'ont porté sans conviction non plus, mais sous la pression et la menace de leurs camarades et collègues " barbus " qui investissent de plus en plus l'Administration Tunisienne et les Universités. Comme celle de Kairouan tombée dans les mains des islamistes qui y dictent leurs lois aux étudiantes; et par l'intimidation, l'insulte, la violence, finissent par les " convaincre " de se voiler !
- Des deux types de femmes récemment envoilées sous " pression ", aucune n'a réfléchi sérieusement aux conséquences de leur acte; sur elle-même d'abord mais aussi sur le statut de la femme en général en Tunisie !
Après discussion, elles ont compris qu'elles étaient utilisées comme porte-étendard d'un mouvement politique qui les abuse de leur faire croire qu'il est le défenseur de la foi, de la religion et de la moralité.
- Certaines me disent porter le voile depuis des années par conviction religieuse. 
Après discussion, elles ont compris qu'il n'y a rien de religieux dans ce chiffon. Ce ne sont que les hommes qui lui donnent une " valeur " religieuse qui n'est en réalité que politique ! 
Une m'a dit qu'elle réfléchira et finira surement par le retirer, mais pas tout de suite, car elle se sentirait nue si elle le retirait du jour au lendemain ! Ce qui démontre l'impact psychologique de l'accoutrement " religieux ", au point que les femmes finissent par se sentir nues sans leur voile !
- Une autre travaillant dans l’Administration avoue avoir retiré le voile du jour où ses collègues qui l’ont poussée à le porter, commençaient à la harceler de recommandations " haram " (illicite, interdit) et de " halal " (licite), à propos de tout : ses faits, ses gestes, sa conduite, sa façon de parler …; comprenant subitement l’endoctrinement dans lequel elles veulent l’enfermer !

- Certaines m'assurent que bien qu'elles soient envoilées, elles ne cautionnent pas le Frère musulman Ghannouchi, qu'elles disent " loin " de leur vraie foi islamique. 
Une, lui reproche même d'instrumentaliser la religion à des fins politiques, en divisant la société en " bons musulmans " et en " mauvais musulmans ", se prenant pour Allah pour juger les hommes ! Ce qui est " haram ", dit-elle !
- D'autres disent adopter le voile sans conviction religieuse, juste pour qu'on leur fiche la paix dans l'espace public, entendez qu'on ne les drague pas, ou pour pouvoir postuler à un job de vendeuse pour se faire bien voir par leur patron mais surtout par la clientèle de plus en plus adepte du wahhabisme importé par Ghannouchi à la faveur de la fumeuse révolution du printemps !
- Une jeune fille qui ne portait pas le voile trouva un poste de vendeuse dans un magasin. Lassée par les attouchements de son patron qui lui frôle les seins et les fesses avec insistance, a démissionné. Après une bonne déprime qui dura un an, et en perspective d'un nouveau poste chez un autre commerçant, elle a décidé de mettre le voile, convaincue qu'il la préservera de son nouveau patron et de ses collègues mâles. Ce qui selon ses dires s'est avéré vrai que le voile inspire le respect et tient à l'écart les hommes de toutes velléités d'attouchements.  

- Certaines complexées, parcequ'elles ne se trouvent pas belles ou se croient laides, se sentent mieux sous ces accoutrements qui les préserve des regards moqueurs des autres, du moins le croient-elles. En somme, elles portent le voile telle une béquille psychologique pour " soigner " leurs complexes physiques.

- Le plus étonnant, est de voir souvent des femmes en groupe ou en binôme, souvent maquillées outrageusement, parfois se tenant par le bras, l'une envoilée l'autre pas; comme pour être garante de la moralité de l'une pour l'autre : aux yeux de leurs détracteurs islamistes, pour les non voilées; à ceux des bourguibistes, pour les voilées. 
Serait-ce une stratégie trouvée par ces femmes qui n'ont pas le courage d'assumer leur choix vestimentaire dans une Tunisie déchirée par une crise identitaire induite par les Frères musulmans, depuis qu'ils se sont emparés de la " révolution " tunisienne ? 
- Une mère qui venait de perdre dans un accident tragique sa fille, la veille de son mariage, a cru devenir folle de douleur. Inconsolable, des " âmes charitables " du service caritatif des Frères musulmans d'Ennahdha de son quartier, l'ont entourée de leur " affection ", voyant en elle une proie facile pour la rallier à Ghannouchi. Les centres caritatifs islamistes ayant pour rôle de " quadriller les quartiers " et " offrir " leurs " aides " aux habitants nécessiteux, entendez leur inculquer les bonnes pratiques de l'islam wahhabite, condamnant les pratiques ancestrales (malékite, hanafites, soufies, ibadite ...) qui ne sont que " bidaa " (innovation/hérésie) selon les islamistes; et ce, dans leurs fêtes (circoncision, fiançailles, mariage, petit et grand pèlerinage à la Mecque ...) comme dans leur deuil (cérémonies funéraires, toilette des morts, enterrement ...) !
Et très vite, de coquette qu'elle fut jusque-là, elle s'est transformée du jour au lendemain en bigote, portant le voile. 
Elle s'est convertie au wahhabisme qui fonde l'action politique de ce parti que diffusent dans le quartier ses nouvelles " copines "; et suit avec assiduité les prêches de l'imam du coin, lui inculquant le b.a.-ba de cette obédience mortifère; elle l'analphabète qui ignorait tout de la religion qu'elle pratiquait par tradition familiale sans plus. 
D'adepte au wahhabisme, elle va devenir une fanatique jusqu'à se transformer en gourou au sein de sa famille. Elle va convertir son mari, ses enfants, son frère, sa soeur et bien d'autres personnes de son entourage à force de " halal " et de " haram "; répétant bêtement ce que lui inculque l'imam dont elle suit les " conseils " depuis qu'elle est devenue pilier de sa mosquée ... allant jusqu'à vouloir divorcer son frère et son fils, parceque mariés à des chrétiennes !
- Certaines par déception amoureuse, ont cru pouvoir trouver l'homme de leur vie parmi les " islamistes ", réputés plus intègres.
Une jeune fille jolie et coquette, esthéticienne par métier, désespère de trouver un garçon fiable à épouser; jusqu'au jour où sa cousine lui annonce avoir trouvé la perle rare sur un site de rencontre " islamiste ". 
Aussitôt dit, aussitôt fait : elle s'est envoilée et s'est laissée entraîner dans une religiosité de pacotille, poussant le zèle jusqu'à houspiller les filles " nues ", entendez non voilées, sur sa page FB, la transformant en page de propagande religieuse avec moult vidéos de " récitateurs " du coran et de prêchi-prêcha ... faisant campagne pour Ennahdha et pour le Frère musulman Ghannouchi, gage de sa conversion au wahhabisme qui fonde l'action politique de ce parti.
Elle s'est inscrite sur un site de rencontre pour islamistes et sa photo attira les candidats " pieux ", comme des mouches ...
Son choix s'est arrêté sur un franco-tunisien vivant à Paris, beau garçon et beau parleur. Elle est très vite tombée sous le charme du pieux religieux qui se gargarise de citations de coran et de hadiths à tout bout de champ.
Très vite la décision est prise de conclure un mariage, béni par les deux parents des futurs mariés, eux-mêmes convertis au wahhabisme et par l'imam du quartier de la mariée.
Au bout d'un an de mariage et d'une grossesse, la dame découvre qu'elle avait affaire à un mari violent, déjà marié avec un enfant et divorcé pour cause de violence ... toutes ces choses que le mari et sa famille lui avaient cachées !
Déçue par cette expérience douloureuse, elle a fini par divorcer ... et par retirer son voile pour redevenir la coquette personne qu'elle était avant de tomber dans le piège de l'islamisme. Puis un jour, elle a pris ses cliques et ses calques, choisit de vivre en France, pays de liberté; pour élever seule son enfant !
- Plus grave encore, certaines ont été utilisées comme moyen de pression et de vengeance par Ghannouchi qui coopte ses victimes et s'en sert contre ses ennemis !                                                      
Des amis m'ont présenté la fille d'un haut responsable sous Bourguiba, chargé des dossiers des islamistes, dont le mouvement naissant sous la houlette de Ghannouchi pratiquait déjà les méthodes des sectes par l'infiltration de leurs opposants et par l'endoctrinement de leurs proches... par cooptation !
A l'âge de 12 ans, elle et sa sœur ont été " approchées " par un groupe de " religieux " pour les convaincre d'adopter leur islam, " le vrai ", les assuraient-ils ! L'aînée rebelle, les a envoyés paître et la seconde ayant des problèmes relationnels avec son père, s'est laissée convaincre et les a suivis.
Ils l'ont convaincue d’abandonner l'école, de se contenter de fréquenter la mosquée et d'apprendre le coran uniquement. Ce qu'elle a fait ! Et de manière assidue, elle assistait aux prières à la mosquée de l'Ariana, " placée " deux à trois rangs derrière Ghannouchi en personne... ce qui flattait son ego ! 
Très vite l'endoctrinement à coup de " halal " (licite) et de " haram " (illicite), d'interdits, de paradis et d'enfer, a porté ses fruits. Puisqu'elle a fini par s'isoler de sa famille perçue comme " mécréante " et impure à ses yeux; et qu'elle a très vite porté le voile au grand dam de son père !
Ses nouveaux " amies " ne lui laissaient pas de répit jusque chez elle, dans sa chambre pour l'endoctriner et veiller à sa " bonne " éducation et surtout pour veiller à ce que ses parents ne la " récupèrent " pas ! 
Evidemment tous ces changements n’étaient pas du goût du père qui faisait la chasse aux islamistes. L'adolescente vivant sa crise existentielle, jubilait de cette contrariété paternelle.
Au bout de quelques années de " wahhabisation " assidue, dont elle ignorait jusqu'au nom de cette doctrine, elle a commencé à observer ses nouveaux " amis " décelant leur supercherie, leur hypocrisie, leurs mensonges et leur tartuferie.
Un jour elle décide de les quitter et s'isole, dégoûtée de s'être laissée duper et d'avoir gobé leurs discours lignifiant sur la religion et la moralité " religieuse ".
Après une déprime et une crise d'identité doublée d'une crise mystique, elle a compris que l'Islam n'est pas ce que ses " amis " lui inculquaient.
Par réaction, elle a retiré les voiles et a cessé de fréquenter la mosquée pour ne plus les revoir.
Devenue adulte, elle a réalisé qu'elle était manipulée pour servir d'instrument de vengeance pour Ghannouchi qui voulait piéger son père chargé des " dossiers " des islamistes, en semant le poison wahhabite qu'il était censé combattre; et ce, en l'introduisant jusque dans sa famille. Elle réalise qu'à son insu, elle était l'instrument de vengeance de Ghannouchi de l'homme qui le pourchassait, lui et ses sympathisants.
Des années plus tard, elle a regretté d'avoir quitté l'école à 12 ans mais pugnace, autodidacte, elle a " suivi " des cours de droit en plongeant dans ceux de son fils inscrit à la fac de droit.
Ce qui m'a fait plaisir, c'est que la plus part de ces Tunisiennes, m'ont semblées convaincues de la nécessité de retirer leur chiffon, et même certaines ont franchi le pas et ont retiré leur voile; dont une m'a dit : " Ouf, je respire(au sens propre comme au figuré : ce jour là, il faisait 36 °), en le retirant devant moi. Quand je lui ai expliquée le sens de son " ouf " et de son geste qui pouvaient aussi dire : " Je me libère du carcan que les barbus m'imposent pour me soumettre à leurs lois prétendument divines dans un but politique de prise de pouvoir, se servant de moi de porte étendard de leur parti politique "; elle a souri et m'a remercié de lui avoir ouvert les yeux.
Devant la vague de wahhabisation, il revient à tous les progressistes d'éclairer les femmes victimes du poids social et de la peur qu'instaurent les islamistes ! Car si les femmes refusaient de jouer leur jeu, moins grande sera leur " visibilité " par l'étendard qu'ils leur font porter dans la société tunisienne. Ce qui limitera leur influence et réduira la taille des quartiers qu'ils contrôlent. 
Si elles pouvaient comprendre qu'il y va de leurs intérêts de refuser de porter cet " étendard " et faire de leur refus un acte de résistance à l'obscurantisme et à la soumission aux hommes, elles éviteront de couper la branche sur laquelle elles sont assises et éviteront à leurs sœurs, filles et mères de perdre leurs précieux acquis, uniques dans le monde dit " arabo musulman ", qu'est Le Statut de la Femme que leur confère le Code du Statut Personnel, voulu et instauré par Habib Bourguiba !
Que les Tunisiennes se rappellent ce qu'il est advenu des Iraniennes qui ont joué le jeu des ayatollah, en portant le tchador comme étendard de contestation du Shah d'Iran et de sa dictature. Mal leur en a pris car une fois le Shah parti, les ayatollah leur avaient interdit de retirer leurs tchadors sous peine d'amende ou de coup de poignard par des fanatiques, pour les plus récalcitrantes, pour obliger les femmes à se voiler !
Plus de 30 après, elles ne savent comment faire ni à quel saint se vouer, pour se défaire de leur tchador et de tous les symboles qu'il représente pour elles. Une prise de conscience tardive, d'un piège où elles se sont laissées prendre avec leur consentement irréfléchi.
Les Tunisiennes seront-elles plus intelligentes que les Iraniennes ?

Rachid Barnat



Elisabeth Badinter : AUX IDIOTES, PORTE-DRAPEAU D'UN ISLAMISME QUI LES MÉPRISE 

Vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. 

Subversion, provocation, ou ignorance, le scandale est moins l'offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos sœurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez. 

C'est aujourd'hui votre choix, mais qui sait si demain vous ne serez pas heureuses de pouvoir en changer. 

Elles, ne le peuvent pas ! 

Pensez-y.

mardi 17 juillet 2012

Nos chers amis les Qataris


Ce matin-là, François Hollande a rendez-vous avec l'un des hommes les plus riches du monde. Hamad ben Jassem al-Thani est arrivé la veille à bord de son Airbus A330 personnel. "HBJ", comme on l'appelle, est à la tête du puissant fonds souverain qatari qui, depuis dix ans, rachète la France par morceaux. Le petit émirat a dépensé des milliards pour entrer dans le capital de nos fleurons industriels : Lagardère, Veolia, Vinci, mais aussi Total, LVMH, France Télécom. Propriétaire des plus beaux joyaux immobiliers de la capitale, il vient d'acquérir pour 400 millions d'euros l'immeuble Virgin des Champs-Élysées. La monarchie du Golfe s'est aussi offert la prestigieuse course hippique de l'Arc de triomphe et, récemment, le club de football du PSG.
Homme d'affaires mais aussi Premier ministre du Qatar, HBJ est comme chez lui à Paris. C'est d'ailleurs en "territoire qatari", au Royal Monceau, propriété de l'émirat, qu'il a passé la nuit. Une infidélité à son hôtel particulier favori de la rue Saint-Dominique. Ce petit palais du XVIIIe siècle, racheté à l'État pour la moitié de sa valeur fin 2006, a vu défiler la plupart des grands patrons français et nombre d'hommes politiques. François Hollande, lui, n'a jamais eu l'occasion d'admirer les plafonds classés de la magnifique demeure actuellement en travaux. Ses deux seules rencontres avec l'homme fort du Qatar se sont déroulées rue de Solferino, au siège du PS, lorsqu'il était premier secrétaire du parti, puis dans un discret hôtel parisien durant la primaire. "Entre le président normal et le Berlusconi du désert, qui mène de front sa carrière de diplomate et d'homme d'affaires, le courant a du mal à passer", s'amuse un observateur privilégié des relations franco-qataries.
À l'Élysée, le 7 juin, HBJ a dû se contenter d'une audience express de quarante-cinq minutes, calée entre deux rendez-vous avec Hervé Morin et Cécile Duflot. Une douche froide pour ce Premier ministre habitué aux effusions d'un Nicolas Sarkozy, grand ami du Qatar. Avec François Hollande, on est loin des débuts enthousiastes du précédent quinquennat. À l'époque, l'émir avait été le premier chef d'État arabe reçu au Château. Un mois et demi plus tard, on le retrouvait à la tribune présidentielle pour le défilé du 14 Juillet. Des marques d'attention qui avaient fait jaser dans les capitales arabes. Désormais, c'est en France que cette proximité fait grincer des dents. L'omniprésence des Qataris, dans notre économie comme notre diplomatie, inquiète. Sous Sarkozy, les relations entre les deux pays se sont enchevêtrées de manière inextricable. Pour le meilleur ou pour le pire ? Enquête sur une drôle d'histoire d'amour et d'argent.

Lune de miel

"Il y a quarante ans, pour les Français, le Qatar était juste un tas de sable avec un peu de pétrole, se souvient un diplomate. L'émirat, qui venait d'arracher son indépendance aux Britanniques, se cherchait un protecteur. Giscard a sauté sur l'occasion et en a profité pour équiper leur armée de pied en cap." La lune de miel s'est poursuivie avec Mitterrand, même si au départ les Qataris - plutôt conservateurs - craignaient l'arrivée de la gauche. "Lors de leur première rencontre, ils ont bloqué sur le costume bon marché du nouveau président, mais ont fini par s'y habituer", raconte un témoin de l'époque. Tous les étés, l'émir passe prendre le thé à l'Élysée avant de rejoindre la Côte d'Azur. Jusqu'en 1995, où il est débarqué par son fils, le prince héritier ! Jacques Chirac, qui s'était lié d'amitié avec le vieux cheikh, traîne des pieds pour reconnaître le nouveau souverain. Un retard à l'allumage qui vaudra à la France d'être mise à l'index des grands contrats durant presque une décennie.
HBJ, qui a 36 ans à l'époque, fait partie des conjurés. Ministre des Affaires étrangères du père, il a fait allégeance au fils, Hamad ben Khalifa al-Thani, que tout le monde surnomme " HBK ". Sa mission : avertir en sous-main les chancelleries qu'une révolution de palais se prépare. Il faut s'assurer que le puissant voisin saoudien - qui considère le Qatar comme une de ses dépendances - ne saisira pas ce prétexte pour envahir la péninsule. Ben Jassem va négocier discrètement le soutien du lobby juif américain contre un premier pas vers la reconnaissance d'Israël. Le jour J, Bill Clinton appelle le roi d'Arabie saoudite avec un message clair pour lui dire que les États-Unis approuvent le changement. Le nouvel émir a trouvé son âme damnée. Il sait qu'il peut compter sur le machiavélique HBJ pour orchestrer sa diplomatie secrète.

"Soft power"

Le tandem HBJ-HBK a de grandes ambitions pour le petit émirat. La manne gazière doit permettre au Qatar de peser sur la scène internationale. Le micro-État souffre du syndrome de Lilliput. Sur 2 millions d'habitants, on compte moins de 200 000 nationaux. "Ils vivent dans l'angoisse de disparaître. Cette crainte dicte toute leur stratégie, analyse un diplomate. Avec son armée de 15 000 hommes, le Qatar ne résisterait pas à un éternuement de ses deux puissants voisins. Pour sa survie, il a misé sur le soft power, autrement dit l'influence économique et médiatique plutôt que militaire." En lançant Al-Jazeera, le CNN arabe, en rachetant les clubs et de grands événements sportifs, en décrochant l'organisation de la Coupe du monde de football, le Qatar cherche à se façonner l'image d'une monarchie éclairée. Un plan réfléchi de longue date par l'émir.
Sous son air indolent accentué par une imposante corpulence, le souverain dissimule un caractère trempé. C'est lui qui, dès son arrivée au pouvoir, a décidé d'exploiter l'or bleu de North Field, le plus grand gisement de gaz naturel au monde. Pour extraire et transporter ce trésor enfoui au large, Hamad ben Khalifa a investi des sommes colossales. "Un risque que son père n'avait pas osé prendre et qui a valu au Qatar une période de vaches maigres", commente un expatrié de la première heure. En 2000, lorsque le prix du baril s'est effondré, l'émirat n'arrivait plus à boucler ses fins de mois. Le pays le plus riche du monde a été sauvé de la banqueroute par Total, qui a accepté de lui faire une avance. Depuis, les cours sont remontés, et le Qatar, devenu 2e producteur mondial de gaz, s'est offert 4 % du pétrolier français. Une goutte d'eau dans l'océan de ses participations. Gorgé de devises par son industrie gazière, le Qatar rachète le monde.
La scène se passe en avril à Doha, dans le hall de l'immense centre des congrès qui accueille pour trois jours le World Investment Forum. Questionné sur son pays, un businessman qatari en keffieh et dishdasha blanche, attaché-case à la main, explique : "Pour nous, tout va bien. On a racheté la moitié de l'Italie et maintenant on rachète la moitié de l'Espagne. Mais moi, ce que je préférerais, c'est qu'on rachète le Barça." Un souhait qui pourrait bientôt être exaucé. Le petit émirat a déjà obtenu, moyennant 30 millions d'euros, le droit d'apposer le nom de la Qatar Fondation sur les maillots du mythique club catalan.

Compte à rebours

Pourquoi une telle frénésie dépensière ? Les Qataris vivent dans l'angoisse de la fin de l'or bleu. D'ici une cinquantaine d'années, le fantastique gisement de North Field sera à sec. "Ce compte à rebours influence leur politique d'investissement, commente un banquier spécialiste des fonds souverains. Le Qatar n'est pas, comme ses voisins, une éponge à pétrole. Il n'a connu l'opulence qu'après en avoir sué pour récupérer son gaz au fond de la mer." Les anciens pêcheurs de perles, qui se rêvent aujourd'hui en Singapour du Golfe, veulent perdurer dans le monde post-pétrole. "Dès 2030, les revenus de nos placements étrangers vont dépasser notre rente gazière et pétrolière", assure un haut fonctionnaire qatari. L'objectif fait sourire les investisseurs, notamment ceux de la City, qui ont en tête certains bouillons financiers comme l'OPA ratée de Doha sur la chaîne de supermarchés Sainsbury.
"Contrairement à ce qu'ils affirment, la rentabilité n'est pas leur obsession. Leurs investissements s'inscrivent dans la stratégie de soft power voulue par l'émir", décrypte un expert de la péninsule Arabique. Pas étonnant que l'on retrouve HBJ, l'homme qui tire les ficelles de la diplomatie, aux manettes de la Qatar Investment Authority, une tirelire de 100 milliards de dollars créée en 2003. Le pactole investi en France représente près de 10 %. "L'argent leur sert à nouer des liens avec les élites. Quand ils achètent le PSG ou le Prix de l'Arc de triomphe, ils s'offrent aussi un accès privilégié au Tout-Paris, friand des invitations en loge", observe un habitué de ces rendez-vous mondains.
Pour harponner les Français qui comptent, HBJ s'appuie sur l'ambassadeur du Qatar, son homme lige à Paris. Ce dimanche midi, le très urbain Mohamed al-Kuwari, qui a longtemps été directeur de cabinet du Premier ministre, accueille lui-même le millier d'invités qui se presse au palais d'Iéna. Pour fêter ses quarante ans d'indépendance, le Qatar a annexé un palais de la République. Le siège du Conseil économique, social et environnemental, la troisième assemblée de France, a été privatisé pour l'occasion. On y croise, coupe de champagne à la main, plusieurs ministres de Sarkozy comme David DouilletJeannette BougrabThierry MarianiMaurice Leroy, mais aussi Jean Tiberi. La plupart sont des habitués du 1 rue de Tilsitt, la nouvelle ambassade. Le splendide hôtel particulier de la place de l'Étoile voit défiler les people, qui, pour certains, ne repartent pas les mains vides. Prix Richesses dans la diversité ou prix Doha capitale culturelle arabe, toutes les occasions sont bonnes pour "récompenser" les amis du Qatar. Des dizaines de personnalités, à l'instar des anciens ministresRenaud Donnedieu de Vabres et Jack Lang ou de l'ancien président du CSA Dominique Baudis, se sont vu distinguer avec, pour certains, un chèque de 10 000 euros. C'est aussi le cas de Yamina Benguigui, qui vient de faire son entrée au gouvernement. Pour mener à bien sa mission de grand chambellan des relations publiques, l'ambassadeur du Qatar dispose d'une voiture diplomatique équipée d'un gyrophare.
On ne compte plus les politiques qui ont fait le déplacement à Doha, devenue sous Sarkozy une destination à la mode. "Beaucoup voyagent gratuitement sur Qatar Airways, la compagnie nationale dont le président n'est autre que HBJ", persifle un parlementaire français. Parmi les habitués du Paris-Doha, Dominique de Villepin. L'ancien Premier ministre fréquente assidûment le Qatar depuis qu'il a dirigé le Quai d'Orsay. Sa particule et son élégance naturelle ont tout de suite séduit l'émir et son épouse, la cheikha Mozah. Une amitié généreuse qui ne s'est jamais démentie. Aujourd'hui avocat d'affaires, Villepin a pour client le Qatar Luxury Group, fonds d'investissement personnel de la femme de l'émir. C'est avec cette cassette que la cheikha a pris le contrôle du célèbre maroquinier Le Tanneur implanté en Corrèze, fief de François Hollande. Un pied de nez à son ennemi HBJ, le favori de la sarkozie. Cette relation particulière avec le couple royal, Villepin la défend jalousement. Témoin, cet incident : en 2008, lors d'un dîner de gala en marge d'une conférence, Dominique de Villepin quitte la table avec fracas lorsqu'il découvre que Ségolène Royal, candidate défaite à la présidentielle, occupe la place d'honneur. L'élue de Poitou-Charentes est assise à côté du Premier ministre qatari alors que lui doit se contenter du vice-Premier ministre chargé du pétrole...

Passions

Il y a cinq ans, la plupart des Français étaient incapables de situer le Qatar sur une carte. Aujourd'hui, il suffit de prononcer le nom du micro-État pour déchaîner les passions. Le Qatar aura été l'invité surprise et tape-à-l'oeil du quinquennat écoulé. C'est lorsqu'il est ministre de l'Intérieur que Sarkozy rencontre pour la première fois les Qataris. En décembre 2005, il est à Doha, officiellement pour parler de Milipol, le grand Salon international des forces de police, que le Qatar doit accueillir l'année suivante. Toute "la firme" - comme on appelle sa garde rapprochée - est du voyage : Laurent Solly,Pierre CharonFranck Louvrier et Michel Gaudin. Son directeur de cabinet à Beauvau, Claude Guéant, a oeuvré en coulisse pour ouvrir les portes du palais à son poulain, déjà en course pour la présidentielle. L'éminence grise de Sarkozy, qui a récupéré une partie des réseaux Pasqua, s'affaire pour trouver des soutiens hors de France. Cette fois, c'est un homme d'affaires israélien formé à Sandhurst, comme le prince héritier Tamim, qui a joué l'entremetteur. "Le Moyen-Orient était alors la chasse gardée de l'Élysée. L'année d'avant, Sarkozy avait dû sur ordre de Chirac annuler un voyage en Arabie saoudite au cours duquel il devait signer un énorme contrat de sécurisation des frontières", rappelle un connaisseur de la région.
Sitôt Sarkozy élu, le Qatar fait une entrée fracassante sur la scène politique française. Quinze jours après l'investiture du nouveau chef de l'État, l'émir signe à l'Élysée un contrat de 16 milliards de dollars portant sur l'achat promis de 80 Airbus. Puis vient l'affaire des infirmières bulgares sorties des geôles de Kadhafi contre une caution de 350 millions d'euros payée par le Qatar. Au dernier moment, le guide libyen a fait monter les enchères. Pour trouver l'argent, Nicolas Sarkozy a tout de suite pensé à son nouvel ami. Et l'émir a chargé son Premier ministre de régler le problème. "C'est moi en personne qui ai négocié, se souvient l'ambassadeur, appelé en pleine nuit par HBJ. Je suis arrivé à Tripoli le 24 juillet à 5 heures du matin. À 6 heures, j'étais dans le bureau du Premier ministre libyen pour signer le chèque. Deux heures plus tard, les infirmières étaient libérées." Dans les chancelleries européennes, il se murmure que le Qatar n'aurait jamais revu sa caution...
C'est le début d'une relation décomplexée entre Ben Jassem et Sarkozy. Même génération, même côté bling-bling : les deux hommes étaient faits pour s'entendre. "Le richissime Ben Jassem, qui possède un yacht de 119 mètres et l'immeuble le plus cher de Londres, a très vite compris qu'il pouvait être le Hariri de Sarkozy", glisse un initié. Une allusion à peine voilée aux intérêts cachés qui unissaient l'ancien Premier ministre libanais et Jacques Chirac. Lorsqu'il est à l'Élysée, Sarkozy voit tous les mois son ami HBJ. Au menu des discussions, les emplettes de la Qatar Investment Authority en France. Le Château se met en quatre pour satisfaire la fringale d'achats de l'émirat. La convention fiscale qui lie les deux pays est toilettée pour exonérer d'impôt sur les plus-values tous les investissements immobiliers réalisés par les Qataris dans l'Hexagone. Dans le même temps, on les laisse entrer sans sourciller dans le capital d'entreprises aussi stratégiques que le pétrolier Total, le géant de l'eau et des déchets Veolia, ou Lagardère, acteur incontournable des médias et de l'aéronautique. Il s'en faut de peu pour que l'émirat mette aussi la main sur les mines d'uranium d'Areva.
Pour les Qataris, Sarkozy a été un allié précieux sur la scène internationale. En les associant à la politique étrangère de la France au Moyen-Orient - on se souvient de l'irruption du Qatar lors de la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit -, en les enrôlant dans la guerre de Libye, il les a fait exister comme puissance diplomatique. Est-ce en retour pour faire plaisir à Sarkozy que le prince héritier a remis en selle le PSG, club de foot fétiche du président ? Difficile à dire, car Tamim, qui a vécu à Paris, est un fervent supporter du PSG. C'est également le prince héritier, élevé au rang de grand officier de la Légion d'honneur par Sarkozy, qui a récupéré à la barbe de Canal + une partie des droits de retransmission des matchs de foot. Un coup dur pour la chaîne cryptée, dont l'humour grinçant tapait sur les nerfs de l'ancien chef de l'État. Le Qatar a enlevé une autre épine du pied de Nicolas Sarkozy. Quand la France s'est retrouvée en 2011 avec des millions de vaccins antigrippe A dont on ne savait que faire, il a signé sans hésiter un chèque pour 300 000 doses. Pendant cinq ans, la drôle de relation entre la France et le Qatar a nourri la machine à rumeurs. Jusqu'à toucher l'une des plus proches ministres de Nicolas Sarkozy. À l'époque où elle était garde des Sceaux, Rachida Datienchaînait jusqu'à trois allers-retours Paris-Doha par mois. Il n'en fallut pas plus pour que certains désignent le procureur général du Qatar comme le père de son enfant. Malgré les démentis, la rumeur ne s'est jamais éteinte. Peut-être parce que Rachida Dati avait récupéré comme conseiller Place Vendôme l'ambassadeur en poste au Qatar et que sa soeur, elle, travaillait auprès du haut magistrat qatari.

Victime collatérale

Finalement, qu'aura rapporté à la France sa soudaine passion pour le Qatar ? "On leur a fait la courte échelle sur la scène diplomatique. Mais, en retour, à l'exception des Airbus, les Qataris ne nous ont quasi rien acheté, déplore un industriel. Pire, en fondant nos intérêts avec ceux du Qatar, frère ennemi de l'Arabie saoudite, on s'est fermé les portes du plus gros coffre-fort de la région." La France est aujourd'hui la victime collatérale de la politique ambiguë dont l'émirat a fait sa marque de fabrique. Après avoir donné aux printemps arabes un porte-voix avec sa chaîne Al-Jazeera, le Qatar est aujourd'hui soupçonné de soutenir un islam radical pour placer ses pions en Tunisie, en Libye et aujourd'hui en Syrie.
Désormais, tout ce qui vient de Doha est suspect. Même en France, on leur prête des arrière-pensées. Quand on annonce que l'émir investit 50 millions d'euros dans un fonds pour les banlieues, le voilà aussitôt accusé par Marine Le Pen de "financer le fondamentalisme". "Les élus locaux sont venus nous voir en râlant : pourquoi le Qatar, qui investit des milliards dans les fleurons du CAC 40, n'aide pas les petits ? On a dit oui pour un fonds d'investissement destiné à toutes les PME, pas spécifiquement aux banlieues", explique l'ambassadeur, trop poli pour raconter la suite. Les hommes politiques de gauche ont accouru... tout en reprochant à Sarkozy de sous-traiter au Qatar la politique de la ville. Que fera François Hollande de cet ami encombrant mais bien doté qu'il a trouvé dans la corbeille de l'Élysée ? Pour son premier voyage officiel, aux États-Unis, le président français a apporté en cadeau à Michelle Obama un sac Le Tanneur. À Doha, on veut y voir un bon présage...
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Le patrimoine immobilier du Qatar à Paris

- L'hôtel Lambert
(ci-dessus) sur l'île Saint-Louis, propriété du frère de l'émir, qu'il a acheté en 2007 à la famille Rothschild pour environ 60 millions d'euros.
- L'hôtel Kinski, rue Saint-Dominique. Il appartient au Premier ministre HBJ. Acheté à l'Etat français en 2006 28 millions d'euros, la moitié du prix estimé.
- L'hôtel Landolfo-Carcano, place de l'Etoile. Une des propriétés les plus chères de Paris, achetée par le Qatar pour y installer son ambassade.
- L'immeuble Virgin, sur les Champs-Elysées, acheté 400 millions d'euros à Groupama.

2e pays

le plus riche du monde selon le PIB par habitant (le Qatar est derrière le Luxembourg).

102 700 dollars

dollars PIB par habitant.

100 milliards de dollars

c'est la tirelire du Qatar pour investir dans le monde via son fonds souverain (voir ci-dessous).

L'argent du Qatar dans le monde

Via la Qatar Investment Authority (QIA), fonds souverain créé en 2003, le Qatar dispose d'une force de frappe de plus de 100 milliards de dollars. Ses investissements sont répartis à part égales entre l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord.
Etats-Unis
- Miramax Films
- General Motors
- Tiffany - Co
Allemagne
- Porsche
- Volkswagen
Espagne
- Club de foot de Malaga  Iberdrola
Suisse
- Credit Suisse
Grande-Bretagne
- Terrain du village olympique londonien
- Harrods
- Intéressé par le circuit automobile de Silverstone
- Shell
- Cadbury Schweppes
- Supermarchés Sainsbury
- London Stock Exchange
- Banque Barclays
Monaco
- Société des bains de mer

Les emplettes du Qatar en France

- Lagardère
Entrée : 2003
Participation : 12,83 % en 2012
- Suez Environnement
Entrée : 2008
Participation : 0,98 % en 2010
- Cegelec
Entrée : 2008
Sortie : 2009 sous forme d'une
participation dans Vinci pour 1,2 milliard
- Vinci
Entrée : 2009
Participation : 5,6 %
- Veolia
Entrée : 2010
Participation : 5 %
- Le Tanneur
Entrée : 2011
Participation : 85 %
- LVMH
Entrée : 2011
Participation : 1,03 %
- Total
Entrée : 2011
Participation : 4 %
- Vivendi
Entrée : 2011
Participation : 1,53 %
- France Télécom
Entrée : 2012
Participation : 1 %.

A l'assaut de Canal +

Avec le coup d'envoi de l'EuroFoot, Al Jazeera Sport, via sa déclinaison française BeIN Sport, se lance à l'assaut des abonnés de Canal +. Une simple bataille commerciale ? Pas vraiment. Nasser al-Khelaïfi, l'émissaire sportif du prince héritier Tamim al-Thani, commence à mesurer la difficulté politique de l'aventure et s'en inquiète. C'est qu'en foulant les plates-bandes de la chaîne cryptée sur le terrain des droits sportifs, l'opulent émirat réveille la vigilance du cinéma français, le meilleur protecteur de Canal + depuis sa naissance. Un lobby culturel qui fonctionne comme une machine politique, connectée depuis toujours au sommet de l'Etat.
Nasser al-Khelaïfi cherche donc à se concilier le monde fermé du septième art. Après tout, s'il faut financer des films tricolores pour se faire accepter, pourquoi pas ? François Hollande a lui-même indiqué que ce nouveau contributeur du cinéma serait le bienvenu si d'aventure le chéquier de Canal + n'y suffisait plus. Al-Khelaïfi consulte, se renseigne... " Le cinéma ? Mauvaise idée ! lui répondent certains de ses conseillers.Les producteurs français te prendront 200 millions d'euros et continueront à te casser du sucre sur le dos. "
Autre solution : trouver un terrain d'entente avec Canal +. Bertrand Méheut et Rodolphe Belmer, les deux têtes du groupe français, sont très demandeurs. Sur le long terme, ils savent qu'ils ne pourront lutter face à cet adversaire aux poches si profondes. Lors du Festival de Cannes, des contacts discrets s'établissent via des émissaires. Méheut, et au-dessus de lui, Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi, piaffent de signer l'armistice. Mais Nasser al-Khelaïfi pose des conditions dilatoires et inadmissibles pour Canal +... " C'est un jeu de dupes. Nasser prend ses ordres auprès du prince Tamim, qui n'a aucune intention de pactiser ", confirme une source en contact avec la famille régnante à Doha.
Et, pendant ce temps, BeIN Sport amasse les droits sportifs. L'escarcelle des événements sportifs est déjà bien remplie, avec plus de 400 millions d'euros. Chez Free, BeIN Sport, commercialisée à 11 euros par mois, aurait déjà conquis plusieurs dizaines de milliers d'abonnés...
L'objectif n'est pas économique, mais diplomatique. En 2022, quand le Qatar organisera la Coupe du monde de football, il faudra que le prince Tamim ait accédé, de manière irréversible, à un trône qui fasse de l'émirat la première puissance mondiale du sport. La France n'est qu'une étape. " Je ne vois qu'un seul point faible : le danger d'un excès d'arrogance ", conclut l'un des conseillers du futur souverain.

Les maîtres du jeu des relations avec la France

Le tout-puissant.
Le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, " HBK ", émir du Qatar.
L'influente.
Son altesse la cheikha Mozah, première dame du Qatar.
Le Talleyrand.
Hamad ben Jassem al-Thani, " HBJ ", Premier ministre du Qatar.
Le rival.
Tamim ben Hamad al-Thani, le prince héritier.
Le communicant.
Mohamed al-Kuwari, ambassadeur du Qatar à Paris.

samedi 14 juillet 2012

HOMMAGE à ma tante JEMILA

" Une vieille personne qui décède, 
c'est comme une bibliothèque qui brûle "; 
dit un dicton africain.
Panier de roses roses 

Ceci est vrai de ma tante Jemila dont la mémoire jusqu'au bout est restée intacte; puisqu'à chacune de nos retrouvailles elle me racontait des tranches de vie des miens et des siens avec des détails époustouflants quant aux noms des personnes, les liens de parenté entre elles, les dates des événements, des événements eux mêmes... bref une véritable bibliothèque et un humour intact malgré l'âge et la maladie.

Ma tante Jemila est décédée ce matin. Elle avait 84 ans.

Le souvenir que je garderais d'elle, c'est sa bonne humeur et son sourire qui sont sa façon pudique d'affronter les vicissitudes de la vie qu'elle a du subir sa vie durant. 

Avec courage elle affrontait les difficultés. Orpheline de mère très tôt, dés l'âge de 4 ans, son père s'étant remarié, mes parents l'adopteront et ma mère sera pour elle une seconde mère. 
Habiba la seconde mère de Jemila

Au décès de son mari parti un peu tôt, elle a du élever seule ses enfants, très vite aidée par une de ses filles professeur des écoles que la misère a très vite mûrie pour lui faire prendre conscience de sa responsabilité envers sa mère mais aussi envers ses frères et sœurs qu'elle va aider à poursuivre leurs études. Devoir dont elle s'était acquittée merveilleusement bien. Elle est la fierté de ma tante, à juste titre.

C'est une femme qui n'a pas eu de chance, puisque son frère aîné égoïstement l'avait privée de sa part d'un héritage immense légué par mon grand père maternel Ayed Bassalah qui a crée une fortune  immense par son savoir faire. C'est lui qui a crée en Tunisie ce que plus tard nous appellerons les "Drog-Stores", sorte de "supérettes" souvent installées à proximité des gares ferroviaires en plusieurs villes tunisiennes; dont la plus grande fut celle en face de la gare centrale à Tunis. 

Son frère aîné a préféré la voir réduite à la misère plutôt que de voir son mari profiter de son héritage, lui qui n'appréciait guère son beau frère, chauffeur de taxi de son état; spolié lui aussi de son héritage paternel à Jerba, par son frère aîné, dont le Menzel Bourguiba leur maison paternel, qu'il transforma un "Menzel typique" qu'il fait visiter aux touristes ! Elle se rappelait avec amertume la phrase de Mahmoud, l'un de ses frères à propos de la part qui lui revenait de l'héritage de son père mais qu'elle n'avait jamais obtenue : " Tout brûler, plutôt que de voir les beaux frères en profiter " !

Malgré les injustices que le sort lui a réservées, elle a gardé l'âme belle comme son nom (Jamila = belle), ni aigrie ni aigreurs envers ceux qui lui ont fait du tort. 
Devant le malheur, ma tante est devenue philosophe, croyant au "mektoub" ("C'est écrit" - "Le destin" ...) ! 

Cette injustice faite à ma tante m'a révoltée et m'a fait prendre conscience du sort fait aux femmes tunisiennes, soumises aux abus des hommes de leur famille, sans possibilité pour elles de réagir ! 

Je crois bien que mon féminisme date de cette prise de conscience. C'est, ce contre quoi je me suis révolté et veille à ce que cela ne se reproduise plus; du moins dans ma famille proche, pour épargner mes sœurs.

Malheureusement mon frère aîné reproduit les mêmes abus des aînés de ses oncles ...
Puisque mon père de son coté s'est vu abusé, lui aussi, par son frère aîné ! 
Et les biens immobiliers que nous a laissés mon père, ont été la cause de la dispersion d'une fratrie exemplaire; du moins le croyais-je, jusqu'à ce que mon frère aîné en décide autrement par cupidité et par stupidité ... prenant modèle sur les frères aînés de nos parents ! 

Il paraît que c'est très courant encore en Tunisie que les aînés, impunément, abusent leur fratrie lors du partage de l'héritage du père. 

La faute serait due à l’inexistence du testament ou du moins de sa non validité devant la justice tunisienne, car contraire à la chariâa !

Il y a encore une révolution à faire contre de telles pratiques, pour redonner leurs droits pleins et entiers aux femmes face à l'héritage. 

Reposes en paix, chère tante.

Ton neveu Rachid 




lundi 9 juillet 2012

LE DISCOURS DE MARZOUKI

Article paru dans : Kapitalis

Après le couac provoqué par l’extradition de l’ex premier ministre de Kaddhafi devenu l’affaire Baghdadi, qui s’est transformée en affaire d’état dans laquelle les deux têtes de l’exécutif tunisien se renvoyaient la responsabilité de l'initiative, les  tunisiens attendaient les explications du président provisoire. Marzouki par deux fois a annulé le rendez-vous pris pour donner son point de vue sur cette question ; pour finir par faire un discours dont le fond soulève des questions.

Avant cela, il faut rappeler quelques événements que tous les tunisiens ont en tête et qui les ont sérieusement préoccupés pour ne pas dire inquiétés et révoltés.
Depuis l’arrivée au pouvoir de la troïka dominée par Ghannouchi et ses hommes, les exactions de la milice d’Ennahdha, que les tunisiens appellent faussement les salafistes, se sont multipliées.
Il y eut d’abord les événements dans les universités de Sousse, de Kairouan et de Mannouba avec agression du corps enseignant; les attaques des journalistes et des médias ; il y a eu l’attaque contre l’UGTT et ses locaux; à nouveau, après l’affaire « Persépolis » et l’attaque de la chaine Nessma TV, une autre attaque en règle contre la télévision nationale et ses journalistes; l’attaque des intellectuels et des artistes dont la dernière en date, celle de la Marsa, a failli mettre à feu et à sang tout le pays ; un grand nombre de mosquées ont été prises en main par les salafistes sans que le pouvoir en place ne s’en émeuve, bien au contraire celui-ci autorise la venue de prêcheurs étrangers connus pour leur obscurantisme et leurs discours haineux pour diffuser des messages violents et attentatoires aux principes de la démocratie et des libertés, et même à plusieurs reprises des appels au meurtre qui ne  semblent pas déranger le gouvernement Ghannouchi.

A travers toutes ces attaques, il est très clair qu’Ennhadha s’attaque aux libertés qu’elle cherche à limiter ou mieux encore, à contrôler pour imposer aux tunisiens un mode de vie venu d’Arabie et du Golfe.

Face à ce qui s’est passé et que personne ne peut ignorer, le discours du président n’est qu’une entreprise de tromperie, un rideau de fumée ou un mauvais plaidoyer pro-domo.

Ce discours révèle, en réalité, l'impuissance du président provisoire. Car de deux choses l'une : 

- ou Ghannouchi ne le consulte en rien et lui impose tout; ce qui serait « normal » puisqu’il lui doit d’avoir été élu et lui doit son poste de président comme ils en avaient convenu depuis leur exil en France. Ou pire,

- il le consulte et a son feu vert pour tout ce qu’il a entrepris pour détruire la nation tunisienne et effacer l’identité tunisienne qu’elle soit religieuse ou nationale ! Puisque Marzouki affirme que la démocratie fonctionne au sein de la troïka. Si c'est le cas, comment peut-il prétendre encore être progressiste, démocrate …. qu’il est pour la préservation des libertés et des droits de l'homme... alors qu’il est d’accord avec Ghannouchi qui n'a cessé de malmener ces valeurs et bafouer ces principes ?


Où était-il quand Ghannouchi s’en prenait aux journalistes, aux médias, aux syndicalistes, aux artistes, aux enseignants…. Nous ne l’avions pas entendu condamner Ghannouchi et ses hommes quand ils livraient le pays aux prédicateurs obscurantistes et transformaient notre institution nationale la Zitouna en un sanctuaire du salafisme wahhabite; comme on ne l’a pas entendu protester contre la wahhabisation de la société tunisienne par les prêches en nos mosquées et par l’introduction de la burqa dans nos rues jusqu’à dans nos universités ! Bien au contraire jouant de la langue arabe, il n’a rien trouvé de mieux que de stigmatiser les femmes libres, émancipées en les désignant par un mot savant « safirat » parce qu’elles refusent de porter « voiles et burqa » symboles de l’asservissement de la femme par les hommes !

Pourtant Marzouki lors de son alliance contre nature avec Ghannouchi, et comme pour la justifier, assurait qu’il serait le garant des libertés, des droits de l’homme et du statut de la femme ; en veillant à ce que son grand frère ne franchisse jamais les lignes jaunes. Or toutes les lignes rouges ont été franchies sans que Marzouki et ses hommes n’aient levé le petit doigt !
Marzouki s’est bien gardé également de s’expliquer sur sa décision d’ouvrir les frontières de la Tunisie à tous « ses frères arabes » algériens, marocains, libyens, mauritaniens … voulant, par une décision manifestement improvisée, forcer l’Union du Maghreb et au-delà réactiver le pan arabisme.
Les Etats voisins concernés ont été, et c’est le moins que l’on puisse dire, peu enthousiastes, face à cette décision qui n’est pas de celle que l’on impose unilatéralement et qui ne doit être que la conséquence ultime de négociations et d’échanges.
Le Président s’est bien gardé de s’expliquer et notamment d’expliquer aux nombreux chômeurs tunisiens ce qu’ils ont à gagner de cette ouverture des frontières !
Acte précipité, une fois de plus, confirmant un amateurisme très dangereux !
Et tous les discours de Marzouki n’y changeront rien !

Marzouki et ses homme ont toujours minimisé toutes les atteintes à l’identité des tunisiens aussi bien nationale que religieuse ! Et pour calmer leur colère devant la vague de wahhabisation organisée par Ghannouchi et ses hommes, ils  trouvaient même des excuses, voir justifiaient qu’il n’y avait pas de quoi s’offusquer puisque notre identité est et restera « arabo musulmane », jouant sur les mots et surtout d’une notion vague dont beaucoup de tunisiens n’en saisissent pas le sens politique !
De qui se moque-t-on ? Il faut bien voir ce que cache cette notion bateau d’ « arabo-musulman » !

Cette notion vague cache, en vérité, des utopies que Marzouki et Ghannouchi caressent depuis le début de leur militantisme et veulent imposer aux tunisiens pour réaliser leur vieux rêve ou plutôt leur vieille lune : le panarabisme  pour le premier et le panislamisme pour le second. Pour cela ils ont entrepris de déconstruire ce que Bourguiba a fait de mieux pour son pays : la nation tunisienne !
Il faut rappeler que Bourguiba clairvoyant, ayant compris l’origine du retard endémique dans lequel végétait le monde dit « arabo musulman » depuis des siècles et qui le prédisposait au colonialisme ; il a compris à l’instar de Kamal Atatürk la nécessité d’extirper la Tunisie à ce grand magma pour en faire une nation indépendante !

Or que font Ghannouchi et Marzouki de concert ? Le panarabisme et le panislamisme se donnant la main, ils remettent en question l’identité nationale tunisienne comme ils remettent en question l’identité religieuse des tunisiens. Pour les remplacer par une identité vague « arabo-musulmane », qui maintenait les peuples « arabes » des siècles durant dans une léthargie les rendant colonisables !
Et ce, au nom de deux utopies nées au 19 éme siècle :
- le panarabisme pour affirmer l’arabité des peuples sous domination ottomane face au turque qui dominait alors. Cette doctrine évoluera en d’autres courants comme le nassérisme (de Gamal Abdel Nasser), le youssefisme (de Salah Ben Youssef dont Marzouki et son père sont adeptes) ; mais qui se concrétisera dans le parti Baath (Irak, Syrie..) avec le résultat qu’on sait ! Et
- le panislamisme qui a l’origine se voulait un mouvement libérateur du colonialisme français et anglais, qui s’organisant, donnera naissance aux « Frères Musulmans » qui instrumentalisent la religion pour mieux résister aux colonisateurs.

Bourguiba lucide et clairvoyant a compris qu’il ne pouvait compter sur deux idéologies désuètes, et adopte le nationalisme. Pour cela il jettera les bases nécessaires pour construire une nation nouvelle : la Tunisie nouvelle ! Il va tout faire pour unifier ce peuple en affirmant l’identité tunisienne autour de valeurs communes et des symboles républicains forts tels que le drapeau national, l’hymne national, des fêtes nationales marquant une histoire commune propre au peuple tunisien : 9 avril (fête des martyres), 20 mars (fête de l’indépendance), 1er Juin (fête de la victoire) … et par les écoles républicaines qu’il a fait ouvrir à travers tout le territoire de la république avec une politique de  scolarisation massive et obligatoire pour tous les petits tunisiens !   

Or qu’attendre encore d’un président qui a avalé les couleuvres de son grand frère Ghannouchi sans brancher ou dont il partage les objectifs mais qui aura trahi ses électeurs quand il se prétendait défenseur des droits de l’homme et leur cachait son panarabisme ?

Les tunisiens le jugeront sur les faits; car ses belles paroles ils en ont soupé !

Et ce discours de « mise au point » n’est qu’une parade pour faire oublier le forfait de l’homme des droits de l’homme : Baghdadi Mahmoudi a bel et bien été remis à ses bourreaux en dépit des règles élémentaires qu’appliquent tout pays vraiment soucieux des droits de l’homme et que ce président ne peut ignorer puisqu’il met toujours en avant son militantisme droit-de-l’hommiste !
Qu’a-t-il fait devant le camouflet qui lui a été infligé ? Rien.

Marzouki semble se réveiller quand il nous énumère ce que doit faire ce gouvernement quand il évoque la nécessité de relancer l’ISIE et fixer les dates de remise de copie de la nouvelle constitution comme celle des élections ! Alors que des mois durant il n’en a pipé mot !
Que ne les a-t-il réclamés plus tôt pour permettre la concrétisation de la deuxième phase pour l’instauration de la démocratie, lui qui nous assurait devoir rester à son poste au moins 3 ans pour résorber les crises que traverse la Tunisie.
Goguenard et indécent, Marzouki claironnait qu’il est le premier président légitime de la république tunisienne. Ce qui a beaucoup choqué quand on sait qu’il n’est élu qu’avec 7000 voix qu’en tant que constituant et non comme président de la république ; poste d’ailleurs qu’il doit plutôt à son ami Ghannouchi qu’au suffrage des tunisiens !
Faut-il lui rappeler qu’à sa prise de fonction il demandait une trêve de 6 mois et qu’en cas d’échec il démissionnerait ? Or au journaliste qui lui a rappelé cet engagement et sa faillite, il assurait qu’il ne démissionnera jamais !
Que doit faire ce président provisoire ? De deux choses l’une :
- Ou il est un président potiche et sans pouvoir et il n’ a pas besoin de parler car ses discours n’auront aucun effet,                                                                                                                                                
- Ou il dispose de pouvoirs et il faut qu’il le montre non par des discours mais par des actes et qu’il mette un terme aux dérives du gouvernement et d’Ennahdha qui le domine.

Les discours en politique, chacun sait ce que cela vaut ! Que l’on se souvienne seulement du magnifique discours de Bouteflika devant le Parlement Français, du discours du Caire d’Obama adressé au monde arabe ou de celui de Ben Ali juste après sa prise de pouvoir ! 
On sait et les tunisiens sont bien placés pour le savoir, ce que ces belles paroles sont devenues dans les faits !

Alors de grâce, Monsieur le Président trêve de discours, des actes, si toutefois vous en avez le pouvoir !

Rachid Barnat

PS : REGARD DE Tahar HMILA sur MARZOUKI.

Dans l’émission, « hiwar khas » (conversation privée) sur la chaîne nationale « tounsia », l’intellectuel Tahar Hmila membre fondateur du CPR, parti du président provisoire Marzouki, dit de celui-ci :
- Qu’il n’est pas un homme politique. Il est plutôt idéaliste et droit-de-l’hommiste. Ce qui est incompatible avec la politique affirme le doyen de nos constituants !
- De même qu'il confirme son idéalisme car il est animé de revanches pour venger les youssefistes dont faisait parti son père qui n'a du son salut qu'à son exil au Maroc où il mourut. 
Tahar Hmila dit avoir essayer de convaincre Marzouki de dépasser ses ressentiments car ce n'est pas ainsi qu'il pourra faire de la politique. 
- Que Moncef Marzouki demande la tête de Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque centrale tunisienne, laisse perplexe Tahar Hmila. Il attend que Marzouki communique ses raisons pour ce changement de gouverneur auquel il tient tant. Apparemment aucune faute grave ne justifie de congédier ce gouverneur dont la compétence est saluée par ses pairs nationaux et internationaux. S'il s'agit de question de financement des programmes du gouvernement, cela est du ressort du gouvernement seul habilité à changer de gouverneur s'il n'est pas en accord avec Mustapha Kamel Nabli. S'il s'agit de problème personnel et donc de règlement de compte, cela choque Tahar Hmila, car cela relève du fait du prince; ce qui nous ramène aux pratiques de l'ancien régime.
Ce qui choquerait d'avantage Tahar Hmila et signerait de manière indélébile l'échec de Marzouki et de Jebali, c'est que Jebali sacrifierait Mustapha Kamel Nabli juste pour taire le courroux de Marzouki à propos de Baghdadi ! Un "donnant/donnant" qui n’élève pas l'action politique, bien au contraire !
D'autant que l'un et l'autre se passent de l'avis des parlementaires les réduisant à un rôle de figuration comme l'ont été leurs prédécesseurs.
Ce qui en dit long sur l’amateurisme de Marzouki mais aussi de Jebali !