lundi 1 juillet 2013

A QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON

 Ci-GÎT Le MOUVEMENT DES Frères Musulmans
Né le 22 mars 1928
mort le 30 juin 2013

Certains se lamentent et regrettent que les révolutions aient permis l'arrivée au pouvoir, des islamistes. Ils ont tort.
Les « printemps arabes » ont eu, au moins, un mérite, et il n’est pas mince, c’est d’avoir ouvert les yeux aux peuples concernés mais aussi partout dans le monde, sur l’islam en politique, autrement dit sur l'islamisme.

Il est bon, qu’à la suite du renversement des dictateurs en Tunisie et en Egypte, des islamistes aient été élus et qu’ils aient accédé au pouvoir à la faveur de majorité absolue ou relative et, dans certains cas, grâce au soutien de prétendus démocrates comme cela a été le cas en Tunisie où Messieurs Moncef Marzouki et Moustapha Ben Jaâfar, trahissant l’engagement qu’ils avaient pris devant leurs électeurs, ont permis à Ennahdha d’accéder à la majorité.

Que cela a été une bonne chose, ce n’est évidement pas pour le pays lui-même car, en quelques mois, ces islamistes dont certains prétendument "modérés", ont conduit leurs pays à une réelle régression, notamment, économique et sociale. Il suffit de voir l’état de la Tunisie aujourd’hui et l’état de l’Egypte pour voir, sans être expert, la régression provoquée en si peu de temps.

Ces islamistes dit "modérés", ont renoué très rapidement, aussitôt devrait-on dire, avec les pratiques des dictateurs chassés : le népotisme ou la nomination des parents et amis sans aucune référence aux capacités, l’affairisme et la corruption, l’instrumentalisation de la justice et les atteintes aux libertés !

Tout cela a donc été un mal réel pour les pays, mais cela a été aussi un bien majeur car les peuples ont pu se rendre compte de ce que les islamistes faisaient du pouvoir et ils ont compris que ces « hommes pieux » étaient des ambitieux hypocrites; et que ce qui les intéressaient avant tout ce n’était pas l’intérêt supérieur de leurs pays mais le pouvoir, l’argent, l'affairisme et favoriser leurs parents et proches. Ceux qui les ont cru "honnêtes craignant dieux", ont découvert à quel point ils sont aussi cupides que stupides et des hommes sans foi ni lois !

Eh bien je dis que cette leçon partout, est une excellente chose.
Si les islamistes n’avaient pas obtenu le pouvoir, ils auraient continué à se présenter en victimes et les peuples auraient pu continuer à croire aux miracles qu’ils promettaient.
Les peuples les ont vu aux manettes ! Et c’est très bien.

Les peuples ont pu également comprendre, et cette leçon laissera des traces très importantes, que lorsqu’un parti s’appuie sur la religion, il ne peut pas être modéré ni admettre les libertés; et qu’il a, nécessairement dans sa nature profonde, une tendance totalitaire; puisqu’il est censé appliquer la parole de Dieu ... en ce basant sur la chariâa qui, selon les islamistes, en est le prolongement, des "savants" ayant explicité le Coran ! Et comme telle, la chariâa est aussi immuable que le coran !
Ce qui est une absolue hérésie d'associer la parole de l'homme à celle d'Allah !
Les peuples ont, enfin, compris, qu’utiliser la parole de Dieu pour exercer le pouvoir était la pire des choses.

Ces islamistes par leurs incompétences, leurs abus en tout genre, ont aussi montré à une frange de plus en plus large des peuples que la religion ne doit pas intervenir en politique et qu’elle doit rester là où elle aurait dû demeurer : dans le cœur des hommes et dans les mosquées !

Finalement les islamistes auront, à leur cœur défendant, fait progresser comme jamais l’idée de laïcité dans les pays dits "arabes".

Les peuples ont aussi bien mesuré que l’Islam qu’il prenait pour un tout, comportait des obédiences diverses et variées et que, notamment, le Wahhabisme, mal connu en Afrique du Nord, qui fut rejeté en son temps, était un cancer mortel, propagé à coup de milliards par les pétro monarques d'Arabie et du Qatar !

Ces peuples ont ouvert les yeux et ont compris que le Wahhabisme était en réalité un système politico religieux machiavélique, une idéologie totalitaire instrumentalisant la religion pour mieux asservir les peuples et les rendre plus facilement colonisables !
C'est pourquoi les patriotes les plus pieux, ont commencé à comprendre et à se révolter contre ce nouveau colonialisme et ceux qui le permettent : les islamiste "Frères musulmans" au pouvoir aussi bien en Egypte qu'en Tunisie.

Qui dira, après cela que les printemps arabes n’ont pas été bénéfiques ?
L’islamisme, j’en suis convaincu, sera vaincu, éliminé sans violence par les urnes, ou par la violence s’il ne s’incline pas devant la volonté populaire; et il ira mourir de la mort des idéologies inhumaines. On le retrouvera dans le cimetière des grandes idéologies liberticides : le nazisme, le fascisme, le communisme, le pan arabisme et le pan islamisme.

N'assiste-t-on pas, déjà, aux prémices de ce déclin avant coureur de la chute finale ?
Il semble - l'avenir nous le dira plus clairement - que le changement d’Émir au Qatar n'est pas seulement un changement d'homme mais un refus clair de soutenir aveuglément les islamistes de tout bord.

Si l'expulsion du cheikh Youssef Qaradaoui, celui par qui le malheur est arrivé dans le monde dit "arabo musulman" quand il pondait les "fatouas" contraires à l'esprit et à la philosophie même de l'Islam, pour appuyer et servir la politique hégémonique de son maître l'émir du Qatar, se confirmait; ce serait bien un signe sérieux que l'islamisme va vers sa chute. Ce qui se passe en Egypte avec le mouvement "tamarroud" (rébellion) contre les islamistes, est un autre de ces signes.

Je prends date, ici, et je prédis la chute de l'islamisme politique, demain, après demain, dans quelques années, probablement dans la douleur ? Je ne sais. Mais une idéologie aussi liberticide, aussi mortifère, aussi régressive et qui n'apporte strictement rien à l'humanité en terme de progrès, ne peut avoir d'avenir !

Alors gare à ceux qui, par ambitions personnelles où parce qu'ils ne sont pas à la hauteur de ce que l'histoire attend d'eux, feraient des alliances contre nature avec les islamistes.

Les peuples et l'histoire ne le leur pardonneront pas.

Outre le malheur de l'islamisme qui s'est abattu sur "le printemps arabe" à la faveur d'une révolution que les islamistes n'ont pas faite mais qui ont su récupérer, et tant mieux qu'ils soient parvenus au pouvoir pour montrer au monde entier leur incapacité à gérer un pays; 

il en est de même des pétromonarchies qui ont cru surfer sur le printemps arabe pour étendre leur hégémonie sur des peuples qui ne leur demandaient rien. 
En s'invitant dans les révolutions tunisienne, égyptienne, libyenne, syrienne, yéménite et bahreïnite ... les pétro monarques ont permis au monde entier de découvrir leur triste réalité : cupides, stupides, arrogants, sans foi ni loi maniant la traîtrise entre frères ennemis (Qatar et Arabie...), et dont le système de gouvernance repose sur un système-politico religieux théocratique, totalitaire et archaïque inculquant l'obscurantisme et "l'ignorance sacrée" aux peuples pour mieux les dominer ! 

Rachid Barnat

Les appels au jihad du mufti du Qatar Yûsuf al-Qaradhâwî et le silence assourdissant de ses zélateurs

Haoues Seniguer
Enseignant chercheur 
à Sciences Po Lyon
Sur la question sensible du "terrorisme" dans l'Hexagone, il y a le problème préoccupant du départ de concitoyens musulmans vers la Syrie. Ils partent faire le djihad, de leur propre point de vue et celui des gourous qui les y encouragent. Ceci, à très juste titre, inquiète aussi bien les autorités de notre pays que des parents ou citoyens. Bien sûr, l'écrasante majorité des musulmans de France vit en parfaite harmonie avec les autres sociétaires, dans une observance stricte des valeurs de la République laïque. Cette majorité ne se reconnaît aucunement en l'idéologie islamiste.
L'expression "autoradicalisation" parfois invoquée, aux fins de décrire spécifiquement les dérives violentes isolées de certains musulmans, est néanmoins ambivalente. Un tel concept, à savoir l'autoradicalisation, fait effectivement l'impasse sur les doctrines ou déclarations de certaines autorités théologico-politiques, à l'instar de Yûsuf Al-Qaradhâwî, télé-prédicateur vedette d'Al-Jazira, auteur, une fois de plus, d'une nouvelle saillie qui fait froid dans le dos: "Le djihad en Syrie est désormais un devoir qui incombe à tous les musulmans (...) Le consentement parental n'est pas nécessaire dans ce cas."
Le mot djihad, on le sait en tant qu'arabisants, est évidemment polysémique. Mais est-il bien prudent de l'agiter dans un contexte de guerre ou de conflits sanglants qui touchent aujourd'hui le monde islamique, à l'image de la Syrie, de la Libye ou de l'Irak? Ce même Y. al-Qaradhâwî déclarait encore il y a peu que "les alaouites sont plus mécréants que les juifs et les chrétiens"! D'un coup d'un seul, il se fait judéophobe, christianophobe et partisan de l'accentuation du clivage confessionnel entre chiites et sunnites. Il n'est du reste pas à son premier coup d'essai.
Y. Al-Qaradhâwî, mufti du Qatar, est le parrain du CILE (Le Centre de recherche pour la Législation islamique et l'Éthique) que dirige le prédicateur Tariq Ramadan? Faut-il rappeler également que le théologien qatari, épinglé à plusieurs reprises pour judéophobie caractérisée et appels répétés au crime, est le maître spirituel de Nabil Ennasri, président du Collectif des Musulmans de France (CMF). Ce dernier n'a de cesse de faire la chasse à ceux qui disent du mal du Qatar. Dans une conférence intitulée "La situation actuelle à Gaza et en Palestine" qu'il a donnée le 4 juin 2011 à la mosquée de Guitard au Puy-en-Velay [1}, le militant rendait un vibrant hommage à Y. al-Qaradhâwî qu'il considère comme l'un des plus grands Savants de l'islam. Ceci explique sans doute l'indulgence dont il fait preuve à l'endroit du cheikh. Jamais il ne remet ouvertement en cause le prédicateur qu'il tient en haute estime! En fait, on ne peut comprendre la qatarophilie du "qatarologue" que par son islamistophilie. C'est l'auteur de L'Énigme du Qatar en personne qui écrit : "L'utilisation de la figure du Cheikh Al Qaradhawi offre, dans cette optique, le double avantage d'exprimer la spécificité du Qatar en des termes religieux et de soutenir la politique de libéralisation promue par l'émir et son épouse; "en adoptant une posture religieuse qui souhaite intégrer les acquis positifs de la modernité occidentale au sein du corpus juridique islamique, le dignitaire donne naissance à un nouveau courant de pensée qui exprime l'expression modérée de l'islam politique". Le président du CMF, lequel a soit dit en passant été évincé depuis peu du centre islamique Tawhid de Saint-Denis, précisément pour complaisance à l'égard de l'émirat, offre une lecture eschatologique et hautement confessionnelle de la tragédie syrienne. Il donne dans un prophétisme messianique dont il est coutumier.
N. Ennasri est le produit le plus abouti de la duplicité inhérente à une forme d'islam politique qui encourage les vertus de la dissimulation (al-taqiyya) et du double discours. En effet, le président du CMF utilise deux comptes Facebook: l'un, sous une dénomination officielle (Nabil Ennasri), à destination du grand public, notamment des journalistes, l'autre, sous un pseudonyme (En mode Crsept Aze), comme l'a récemment révélé Jacques-Marie Bourget, au moyen duquel le militant français de l'islam politique exprime ses véritables convictions idéologiques et ses aspirations métaphysiques. Il magnifie effectivement l'idéologie des Frères musulmans. Par ailleurs, il reprend à son compte les accents messianiques de L'Union Mondiale des Oulémas Musulmans et n'hésite pas à rallier la lecture eschatologique et confessionnelle du conflit fratricide syrien.

Pourquoi diable N. Ennasri ne met-il pas autant d'entrain à dénoncer, sans ménagement aucun, la confessionnalisation du conflit par son mentor Qaradhâwî ? La réponse ne fait l'ombre d'aucun doute. Ce militant, omniprésent sur les réseaux sociaux et quelquefois visible dans les médias, est, au plan idéologique, un Frère musulman; il en a le droit le plus strict ; il est le zélateur des mouvements islamistes (il lui est ainsi arrivé de comparer Morsi, issu des Frères musulmans égyptiens et actuel président de l'Égypte, à De Gaulle [2]) ; il est d'une insigne complaisance à l'égard du Qatar et pourfendeur de tous ceux qui ont l'outrecuidance de critiquer islamisme et monarchie du Golfe. Ce n'est pas un crime d'être sympathisant de l'islam politique, et l'avocat de l'émirat, mais il faut simplement en aviser ses interlocuteurs et ne pas le dissimuler. Il est effectivement permis en France d'être très orthodoxe au niveau de la pratique religieuse à la condition expresse de respecter le pluralisme, la différence et la divergence, en évitant en particulier de parler à propos de la France "de démocratie de merde" :


Démocratie de merde : 2 mecs passent leur temps à s'insulter pr gagner un poste tout en étant grassement payé par un peuple qui souffre.
Nabil Ennasri déplore que les plus virulents pourfendeurs du Qatar soient frustrés de n'avoir pu bénéficier des largesses économiques de l'émirat au point de chercher, par vengeance ou dépit, à régler des comptes. Toutefois, le militant se gardera bien, lui, de rendre publique sa collaboration (rémunérée?) avec le think tank Al-Jazeera Center for Studies, organisme totalement sous contrôle du régime de Doha, qui publie en règle générale les travaux de chercheurs acquis à l'islamisme, à l'instar de Abdessalam Rafik, de son vrai nom Bouchlaka, gendre de Rached Ghannouchi et membre tunisien d'Ennahda.
Pendant ce temps-là, qu'attendent Tariq Ramadan, Nabil Ennasri et d'autres qatarophiles patentés tel que Mathieu alias Moez Guider le tunisien, coach du frère du nouveau émir du Qatar à Saint Cyr ... pour prendre publiquement position sur les derniers discours enflammés et haineux du cheikh au sujet de la Syrie, en rédigeant à cet effet un démenti public ? Ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas. C'est une responsabilité morale et sociale de premier ordre, qui plus est dans le contexte mondial actuel. Les religieux ont le devoir impérieux de sagesse et de paix.

vendredi 28 juin 2013

Malek Chebel : « Les femmes font trembler le monde arabe »

Malek Chebel, 
Intellectuel, spécialiste de l’Islam

" Faire entendre la voix des musulmans laïcs "
Guerre civile en Syrie, attentats au Pakistan, en Irak, en Afghanistan, charia, printemps arabes à la dérive... La liste des affres provoquées ou subies par les populations du monde arabo-musulman ne cesse de s’allonger. Lueur d’espoir en ces heures sombres, une nouvelle revue baptisée « Noor » (lumière) vient éclairer cette actualité chaotique. Délibérément placée sous le signe des Lumières qui, à l’aube de la Révolution française, ouvrirent l’Europe à la démocratie, cette revue est née à l’instigation de l’anthropologue, psychanalyste et philosophe Malek Chebel. Son but ? Faire entendre la voix des musulmans laïcs pour qui la pensée doit être libre et la parole tout autant. Feu de paille ou prémices d’une émancipation des intellectuels arabes ?
ELLE. Il y a dix ans, vous disiez que l’un des problèmes du monde arabo-musulman, c’était l’inexistence de la figure de l’intellectuel. Est-ce toujours le cas ?
Malek Chebel. Oui, l’Islam fabrique des communautés, des croyances, des systèmes lourds, mais il est à la peine avec les sujets. Les allégeances, les structures familiales, politiques ou religieuses enferment les êtres. Et les sécurisent suffisamment pour ne pas les pousser vers la critique ou l’autocritique.

ELLE. Conséquence, quand un intellectuel comme vous prend position, il prend des risques.
Malek Chebel. C’est le rôle de l’intellectuel. Il doit penser contre lui-même, mais là où cela se complique, c’est que du même coup je pense contre les autres. Je suis accusé d’être un mécréant, un ennemi de Dieu. Je me présente comme un laïc, jamais comme un musulman laïc. Je préfère me dire anthropologue spécialiste de l’Islam. Cela ne plaît pas à tout le monde. Cela dit, quand j’ai traduit le Coran en français, mes adversaires ont changé d’attitude. Ils ont vu dans ce travail un retour sur la foi, un sursaut, un réveil. Mais ils ne m’ont pas lu, ni avant ni après.

ELLE. Arabe, musulmane, islamique, arabo-islamique... comment définir cette population ?
Malek Chebel. C’est une part du problème. Quand on n’arrive pas à se définir soi-même, on a plus de mal encore avec les autres. Le jour où le monde arabe aura des États-nations, des Etats de droit, démocratiques, alors, ce problème sera résolu. Les individus, qu’ils soient femme, homme, berbère, kurde, sunnite, chiite, se définiront comme Égyptien, Tunisien, Syrien. Ils seront sujets d’un Etat et accessoirement croyant, sunnite, chiite ou laïc. Mais aujourd’hui, avec tous ces régimes non démocratiques, ces théologies avortées, les individus se réfèrent à la tribu, au clan, aux communautés, à l’ethnie, à la langue ou à l’appartenance religieuse.

ELLE. Est-ce l’Islam qui empêche l’avènement des démocraties ?
Malek Chebel. Non, nous sommes sortis du califat, la domination turque, en 1923 ! Il y a moins d’un siècle. Nous cherchons un système nouveau. L’horizon n’est pas bouché, cela bouge. On aimerait que les pays arabes s’orientent vers le modèle grec athénien devenu le modèle occidental. En fait, le choix est simple, où les gens adhèrent par la foi à une communauté musulmane mal défi nie, ou alors ils comprennent que la religion doit rester une affaire privée et ils décident de vivre leur citoyenneté dans la politique et dans le cadre d’un État-nation démocratique.

ELLE. Vous êtes optimiste, en dépit de ce que l’on voit en Egypte, en Tunisie ?
Malek Chebel. Il n’est pas dit que dans quelques années le mouvement Ennahda au pouvoir en Tunisie ne soit dégagé à son tour. Ils n’ont qu’un mandat. Ils vont se battre pour conserver le pouvoir alors les laïcs et les démocrates doivent s’unir et les battre. Le monde change. Il y a maintenant des musulmans laïcs de France, le MLF !

ELLE. Transition idéale, le monde arabo-musulman n’a-t-il pas un problème fondamental avec les femmes ?
Malek Chebel. Non. Il a un problème avec leur être politique. Les femmes sont une puissance alternative et les hommes en ont peur. Ils craignent qu’elles ne prennent le pouvoir. Car les femmes sont compétentes, plus diplomates que les hommes, et tous les misogynes en tremblent.

ELLE. Quand on voit, dans les pays arabes, ces cafés où ne se prélassent que des hommes, on se dit que, si la société était plus mixte, les rapports entre les sexes seraient moins tendus.
Malek Chebel. Largement. Mais le misogyne travaille d’instinct. Contrôler l’espace, c’est contrôler la société. Voiler la femme, c’est la cantonner, car c’est un adversaire potentiel. La brimer, c’est éteindre toutes velléités de prise de pouvoir.

ELLE. Vous reconnaissez alors que, pour les musulmans, la femme, ce n’est pas une partenaire, mais une ennemie ou au moins une concurrente ?
Malek Chebel. Pire. Ils la tiennent pour un être impur. Mais je suis tout de même invité à faire des conférences sur la sexualité partout dans le monde arabe. J’ai parlé d’érotisme récemment à Agadir, des positions de la femme enceinte, du voile comme élément de séduction.

ELLE. Vous avez étudié la psychanalyse. C’est une discipline qui a beaucoup de mal à pénétrer le monde arabo-musulman.
Malek Chebel. Bien sûr. Elle est suspectée de tous les maux, d’être un appel à la liberté, d’être une science révolutionnaire. Mais jusqu’à peu, et dans nombre d’universités du monde musulman, même la philosophie était interdite.

ELLE. Avec votre revue que pesez-vous face aux puissances financières du Golfe ?
Malek Chebel. Notre arme, c’est la force des idées. Ils ont l’argent, les magouilles, nous, les mots. Les potentats qui ne veulent pas nous écouter découvrent notre puissance quand ils voient leur fille se dévoiler, se maquiller ou sortir avec des copains et des copines.

ELLE. Vous êtes tout de même moins entendu que les imams.
Malek Chebel. Oui, on perd toujours sur le court terme. Et le combat n’est pas facile. Pour fabriquer un intégriste, il faut trois semaines, parfois moins. Quand il ne s’agit que de fabriquer une bombe, Internet suffit. Mais, pour fabriquer un intellectuel, il faut trente ans. Pourtant, je crois que nous sommes la perspective. Et nous gagnons face aux imams incultes, ces commerçants devenus imams. Ils ne sont pas crédibles. Leurs vues médiévales sur les femmes suscitent des oppositions jusque dans les mosquées.

ELLE. Les femmes tiennent-elles une part importante dans la revue « Noor » ?
Malek Chebel. Elles la pilotent. Qu’elles soient musulmanes ou non. « Noor » s’écrit avec les deux O entremêlés, comme l’union de l’Orient et de l’Occident.

ELLE. Vous avez défendu la loi contre le voile ?
Malek Chebel. Et comment ! Je suis contre le voile et radicalement opposé à la burqa. Et je salue le combat d’Amina, la Femen tunisienne. Ce qu’elle a fait est très courageux. Son procès est important pour l’avenir, et son sort dépend des rapports de force en Tunisie. On va juger de la puissance respective d’Ennahda et de la société civile. Soit les intégristes, pour mater les femmes et leur faire peur réussiront à la faire condamner, soit la partie laïque sortira vainqueur. C’est ce que je souhaite. Un peu de lumière !

jeudi 27 juin 2013

LE SEXE A LA CARTE CHEZ LES ISLAMISTES !

LES ISLAMISTES VOUS ASSURENT VOULOIR MORALISER LA SOCIÉTÉ EN RÉGENTANT LES RAPPORTS SEXUELS, PUISQUE TOUT LEUR PROGRAMME (OU PLUTÔT LEUR OBSESSION !) EST LA FEMME ET SON SEXE !! 
Mais pour ces tartufes, toutes les pratiques déviantes d'une société bien constituée sont admises, il suffit d'y mettre la forme pour que ce qui est illicite dans une société "ordinaire" devienne licite dans une société "islamiste" ... et que cela obéisse à des "fatouas" (jurisprudences) anciennes puisées dans la chariâa (l'opuscule regroupant les jurisprudences des 4 premiers siècles de l'islam) ou "modernes", pondues par des théologiens autoproclamés ... comme le grand hypocrite Youssef Qaradaoui vedette d'Aljazeera TV de l'émir du Qatar !

Exemples : 
- "faire cocu son mari" est "haram", mais le "terras" (le cocufiant) est "halal" pour reprendre une épouse "répudiée par trois fois" !
Car il suffit que le mari lui dise à trois reprise qu'il la divorce, pour que le divorce devienne effectif à ses torts ! 
Et pour que le mari tempétueux puisse reprendre sa femme, il faut qu'elle le "cocufie" avec le "terras" pour qu'elle redevienne "halal" pour lui ... lui qui l'avait divorcée dans un moment de colère !

- le "concubinage" est "haram", mais le "mariage "ôrfi" (coutumier) est halal : En usent et abusent les étudiants et les jeunes désargentés qui jettent leur gourme à moindre frais ... 
Car dans la société tunisienne traditionnelle, il faut présenter patte blanche et promettre un mariage (ruineux pour des jeunes souvent désargentés) en bon et due forme, avant de pouvoir consommer la "promise" !
Or chez les islamistes, il suffit que les tourtereaux en présence de deux témoins affirment oralement vouloir contracter un mariage "ôrfi" pour que leur mariage soit effectif ! 
Ni contrat, ni engagement écrit ne sont nécessaires pour "consommer" licitement. 
Tout est dans l'oralité : une simple "fatiha" (une sourate introductive) suffit pour que le mariage devienne effectif et consommable de suite ... pas de chichi ... ni de dépenses inutiles ! 
Le mec peut quitter la fille aussitôt "consommée", sans qu'elle n'ait de recours possibles contre lui ... 
Comme elle peut se retrouver enceinte sans preuve pour elle de la paternité de son mec, qui peut les abandonner elle et son gosse quand bon lui semble ... sans être inquiété outre mesure !! 

- la "prostitution" est "haram" mais le "jihad nikah" est "halal" !
Cette notion de "jihadistes du nikah", est une perversité de Youssef Qaradaoui pour inciter les jeunes à guerroyer pour le compte de son patron, l'émir du Qatar, en les proclamant "jihadistes" (soldat d'une guerre sainte), candidats à la mort qui leur ouvre le paradis où les attendent 70 "houris" (vierges éternellement !) ... 
Et pour les appâter et leur donner un avant goût du paradis, que mieux que de mettre à leur disposition des filles à soldats ... en proclamant "halal" la prostitution de ces "jihadistes du sexe" !

Rappelez-vous, pour que l'OTAN ait pu intervenir en Libye, il a fallu une "fatoua" que le tartufe Qaradaoui s'est empressé de pondre pour rendre "halal" une guerre de chrétiens contre des musulmans, menée par son patron l'émir du Qatar !

Elle est pas belle la vie dans la société des tartufes islamistes ?
Les tenants du pouvoir auront toujours à leur service des imams et autres prédicateurs autoproclamés ... pour leur pondre les "fatouas" qu'il leur faut pour "appuyer" leur politique !!

Rachid Barnat


mercredi 26 juin 2013

L'ogre qui soutenait l'islamisme s'en va .... est-ce le début de la fin des islamistes ?

L'émir du Qatar s'en va : 

Le palais du Qatar a annoncé lundi soir que le prince héritier, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, allait être nommé émir et a appelé les citoyens à lui prêter allégeance.
L'Emir Tamim du Qatar, succède à son père 

Sauf retournement de dernière minute, le dégagement politique de l’Emir du Qatar, par voie de l’évacuation sanitaire, a été programmé, contraignant le souverain à céder son trône, en pleine gloire, en pleine force de l’âge, à son fils cadet, le prince Tamim, une transmission de pouvoir inédite dans les annales des pétromonarchies gérontocratiques du Golfe.
L’Emir, né en 1952, a réuni lundi 24 juin 2013 la famille régnante au lendemain de la «conférence des amis de la Syrie», en compagnie des «sages» de la principauté, pour une mise au point final du dispositif d’abdication.
Présentée par ses nombreux communicants comme répondant au souci du souverain de procéder à un rajeunissement du pouvoir dans les gérontocraties du Golfe, cette transition inhabituelle du pouvoir au Qatar, dans un pays théâtre de deux coups d’états dynastiques au cours de ses 40 ans d’indépendance, devrait, dans la foulée du «printemps arabe», servir d’exemple pour les générations futures en matière de transfert de pouvoir dans les monarchies arabes.
Une destitution comparable à celle décrétée par les Anglais dans la décennie 1950 à l’encontre du Roi Talal de Jordanie, en faveur de son fils Hussein, plus sensible aux intérêts de la couronne britannique; comparable à celle décrétée par les Anglais en 1970 à l’encontre du Sultan Saïd d’Oman oncle du Sultan Qabous.
Une opération d’exfiltration perçue dans de larges couches de l’opinion internationale, quoiqu’on en dise, comme un dommage collatéral majeur du conflit de Syrie. Plus précisément, la sanction de l’échec d’un trublion qui aura plus que quiconque assuré la promotion du djihadisme erratique, exacerbé l’antagonisme religieux inter musulman (sunnite-chiite), accentué la défragmentation du Monde arabe et sa soumission à l’impérium atlantiste, tout en plaçant le monde au bord d‘une conflagration régionale.
Au même titre que l’Arabie saoudite, sauf que la dynastie wahhabite dispose d’un coupe-feu absolu, La Mecque et Médine, à valeur dissuasive absolue qui explique le fait que l’Irak, -et non le royaume saoudien-, a payé le prix de la participation de quinze saoudiens au raid contre l’hyperpuissance américaine, le 11 septembre 2011.
Selon les indiscrétions de la presse arabe, l’éviction de l’Emir constituerait la sanction de ses trop graves dérives tant en ce qui concerne son ferme soutien au djihadisme que sa boulimie affairiste dans ses investissements occidentaux. Le souverain se serait en effet vu notifier son ordre d’évacuation du pouvoir par un haut responsable de la CIA, dépêché spécialement par Barack Obama pour lui signifier l’ordre présidentiel américain après la découverte dans la cache d’Oussama Ben Laden de documents attestant que le financier du chef d’Al Qaida serait un citoyen du Qatar, cousin du ministre de la culture, Hamad Al Kawari (1).
Sous la plume de son directeur Oussama Fawzi, ancien haut fonctionnaire du ministère de l’information du Qatar, Arab Times en date du 24 juin, précise que «la cellule qataritote proche de Ben Laden était composée de Salim Hassan Khalifa Rached al Kawari, qui a déjà été livré aux Américains, ainsi que du koweitien Hasan Ali Ajami, un djihadiste combattant en Syrie, du syrien Ezzdine Abdel Aziz Khalil ainsi que d’Omid Mohamad Abdallah. Les transferts d’argent se faisaient via des institutions financières qatariotes. Les soupçons sur le Qatar pesaient depuis l’invasion de l’Irak au point que le président Georges Bush jr n’a pas hésité à bombarder le siège d’Al Jazira à Bagdad et s’apprêtait à en faire de même sur le siège central de la chaine transfrontière arabe à Doha».
L’Oukaze américain, «non négociable», aurait prescrit un dégagement simultané de l’Emir et de son premier ministre, Hamad Ben Jassem. Le processus de transition devrait commencer l’été 2013 de manière à coïncider avec le début de la période du jeûne du mois de Ramadan et s’achever fin Août, date de la reprise des activités du calendrier diplomatique international. Selon la version de la presse arabe, le délégué de la CIA aurait offert le choix suivant à l‘Emir, soit le gel des avoirs financiers de l’Emirat dans le monde, soit sa destitution. Autrement dit, la mort financière de l’Emirat ou la mort politique de l’Emir, motivant cette sanction par le fait que le tandem avait «outrepassé son rôle en Syrie et dans son soutien au djihadisme», de même que son soutien tonitruant aux néo islamistes au pouvoir en Tunisie et en Egypte.
Sans surprise, la manœuvre d’étranglement de l’Emir avait été engagée, dès l’été 2012, avec les indiscrétions fuitées dans la presse française sur le rôle déstabilisateur du Qatar dans le pré carré africain de la France, particulièrement le Mali, via la filière caritative du djihadisme qatariote «Ansar Eddine», contraignant Paris, en pleine tourmente financière, à engager une couteuse opération de reconquête du septentrion malien en janvier 2013. Qui explique l’absence de visite officielle de François Hollande au Qatar, pendant la première année de sa mandature, en dépit du volumineux portefeuille financier qatariote en France.
Le président français a programmé sa visite pour coïncider avec la conférence des «amis de la Syrie», en un pâle remake de la cérémonie d’adieu de Fontainebleau, sauf que le «Field and Air Marshall» du Qatar ne dispose pas, loin s’en faut, du génie militaire du vainqueur d’Austerlitz et de son prestige. Un enterrement en grande pompe, un égard que l’Otan réserve généralement à ses plus fidèles serviteurs (2).
Groupant onze membres, dont les trois membres permanents occidentaux du conseil de sécurité (Etats-Unis, Royaume Uni, France) et l’Allemagne, les six pétromonarchies du golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Koweït, Qatar et Oman) ainsi que les puissances régionales sunnites, la conférence a annoncé avoir décidé « une aide urgente en matériel et en équipements » à la rébellion afin de lui permettre de faire face aux « attaques brutales du régime, indiquant que « toute aide militaire sera canalisée » par le Haut Conseil militaire syrien relevant de l’Armée syrienne libre (ASL), principale faction de l’opposition armée. Selon l’AFP, le chef de la diplomatie du Qatar, Cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, soutenant activement l’opposition, a en outre affirmé que les participants avaient pris « des décisions secrètes » pour renverser l’équilibre sur le terrain.
En d’autres termes, remettre en selle l’opposition syrienne après ses revers militaires et la propulser à une posture crédible en prévision d’éventuelles négociations de paix. Quoi qu’il en soit, selon toute vraisemblance, le chef de la diplomatie qatariote ne serait plus en poste «le jour de gloire arrivé».
Par sa présence au Qatar, le 22 juin 2013, François Hollande aura ainsi scellé, dans l’ordre symbolique, un discret passage de témoin entre l’Emir et son fils, au cours d’un diner privé dont il espère, à terme, des retombées en matière commerciale à l’effet de compenser les coûts de l’opération Serval au Mali.
Le coup de semonce contre le duo du Qatar avait précédé ces péripéties protocolaires destinées à sauver la face. Intervenu très exactement, en avril 2013, en plein débat de l’opposition syrienne atlantiste en Turquie, visant à la constitution d’une délégation commune de l’opposition à la conférence de Genève II. Ulcérée par la cacophonie qui régnait au sein des diverses factions de l’opposition, l’Arabie Saoudite, chef de file de la confédération des pétromonarchies arabes, se serait livrée à une action d’éclat contre les opposants islamistes émargeant sur le budget du Qatar, en les plaçant sous la coupe du grand wahhabite.
Un acte d’autorité qui est apparu comme un geste d’exaspération à l’égard des turbulences qatariotes et de l’impuissance de l’opposition pro atlantiste. Il s’est accompagné d’une surprenante déclaration du prédicateur de l’Otan, le milliardaire égypto-qatariote, Youssef al Qaradawi, sur la chaîne saoudienne «Al Arabyia» reconnaissant la prééminence de la hiérarchie cléricale saoudienne, dans une démarche qui a retenti comme une forme d’allégeance déguisée.
Une reprise en main accompagnée de l’annonce de la fourniture par l’Arabie saoudite de missiles anti aériens à l’opposition islamiste syrienne; une annonce faite le 18 juin en plein sommet des G8 en Irlande consacré à la possibilité d’instaurer une zone d’exclusion aérienne à la Syrie.
Le coup de grâce a été porté en juin avec la succession des fuites dans la presse occidentale et arabe. Arab Times, le plus important site arabophone d’Amérique du Nord, de même que le journal libanais As Safir, le 11 juin 2013, révélaient dans les détails la démarche américaine.
Son successeur, Cheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, né en 1980, prince héritier depuis 2003, soit depuis dix ans, est diplômé de Sandhurst (1997-1998), la célèbre académie militaire britannique qui compte parmi ses prestigieux pensionnaires le Roi Abdallah II de Jordanie, le prince William, 2me dans l’ordre de succession au trône britannique, et son frère le prince Harry ou encore le chanteur James Blunt. Le prince de 33 ans est crédité d’une maitrise parfaite de l’anglais, de l’allemand et du français. Tennisman à ses heures perdues, commandant en chef des forces armées du Qatar, Président du Fonds d’investissement du Qatar et président du Comité Olympique, Tamim passe pour être proche des Frères Musulmans.
Son frère puiné, Jouhane, qui signifie l’affamé en arabe, est, quant à lui, diplômé de l’Ecole militaire française de Saint Cyr, avec comme interface l’islamologue Mathieu Guidère, le tunisien. 
Jouhane s’est signalé à l’attention de l’opinion mondiale dans la rubrique des gazettes mondaines en s’offrant une luxueuse voiture d’une valeur de 3,4 millions de dollars avec des diamants sertis sur les phares et de l’or dans l’habitacle,
Pour la voiture du prince Jouhane (l’affamé) de Qatar, cliquez sur ce lien : http://oumma.com/15996/fils-de-lemir-qatar-soffre-voiture-plus-chere-monde
Evacuation sanitaire ou purge politique?
Certes, une lourde pathologie peut entraver le libre exercice du pouvoir. Diabétique, l’Emir l’est depuis longtemps qui explique partiellement son embonpoint. Son désir de départ pourrait se justifier dans ce contexte. Mais pourquoi alors avoir demandé le dégagement du tandem responsable des campagnes atlantistes de Libye et de Syrie? Pourquoi ne pas avoir maintenu en poste le premier ministre durant une période intermédiaire, permettant la transition en douceur du pouvoir? L’évacuation sanitaire masque-t-elle une purge politique?
Le premier ministre HBJ qui siège au sein de la Brookings Institution, aux côtés de Tzipi Livni, ancien agent du Mossad et ministre des Affaires étrangères au moment de l’offensive israélienne contre Gaza (décembre 2008), a tenté de faire de la résistance arguant de ses sympathies pro israéliennes.
Mais l’homme le plus riche du Qatar, le célèbre HBJ de sinistre mémoire, qui en pleine crise de mégalocéphalite aigue, avait menacé l’Algérie de connaitre le même sort que la Syrie pour son opposition à l’exclusion de la Ligue arabe de cet ultime pays du champ de la bataille face à Israël, ne parait pas avoir trouvé grâce auprès de son Maître américain. Sa destination finale devrait être Londres, l’ancien tuteur de son pays du temps où le Qatar relevait de la côte des pirates.
Ce dégagement sans ménagement constitue une claire démonstration du statut mineur des souverains du Golfe par rapport à leur tuteur américain. Par ricochet, il parait devoir constituer un signal adressé à la dynastie wahhabite lui enjoignant implicitement d’emprunter le chemin de son cadet du Qatar et d’opter pour un saut générationnel dans la transition du pouvoir aux petits fils du fondateur du Royaume.
L’élection d’un modéré à la tête de l’Iran, Hassan Rohani, le 15 juin, tranchant avec l’hermétisme des pétro monarchies, a constitué un camouflet majeur au camp atlantiste en ce que la désignation d’un dirigeant par voie électorale dans un pays théocratique, a frappé d’obsolescence le discours occidental sur son combat pour l’avènement de la démocratie dans le Monde arabe, le contraignant à reconsidérer ses positions. Une modulation sur fond de contestation populaire Place Taqsim du premier ministre turc Reccep Tayyeb Erdogan, des dérives mortifères du djihadisme en Syrie à coups de cannibalisme et de prédation sexuelle des pubères syriennes, enfin des incertitudes politiques au Maghreb avec la convalescence prolongée de l’algérien Abdel Aziz Bouteflika et du Roi de Maroc.
Bête noire d’une bonne fraction de la communauté diplomatique internationale pour sa morgue et sa suffisance, le leadership du Qatar a pu servir de fusible en guise de solde de tout compte pour un épisode peu glorieux de la diplomatie occidentale en ce que son alliance avec la frange la plus obscurantiste de l’Islam contre des républiques à régime séculier a révélé au grand jour, aux yeux de l’opinion internationale, sa duplicité en même temps que son opportunisme.
Le fusible Qatar pourrait ainsi apparaitre rétrospectivement comme un geste de bonne volonté à l’égard des autres protagonistes du conflit syrien, particulièrement le groupe BRICS, avec lequel le camp atlantiste se doit impérativement de procéder à une redistribution des cartes sur la scène internationale en vue de sa stabilisation, alors que les Etats-Unis opèrent un redéploiement vers le Pacifique, leur terrain de compétition majeur du XXI me siècle, avec leur grand rival chinois. Avec l’espoir de demander à la Russie un geste équivalent concernant le président syrien. Un renvoi dos à dos Khalifa-Bachar, un jeu à somme nulle… en somme, sauf pour ses victimes de ce jeu de massacre transrégional.
Quoiqu’il en soit, force est de constater qu’un claquement de doigt américain a mis un terme à la lévitation du «Air and Field Marshall du Monde arabe», l’incubateur des prédicateurs islamistes, l’égyptien Youssef Al Qaradawi et le tunisien Rached Ghanouchi, le prescripteur d’Al Jazira.
Renvoyé dans ses pénates, le «Deus ex Machina» de la révolution arabe est désormais réduit au rôle de Pater familias d’une Smalla de trois épouses et de vingt-quatre enfants, dont 11 garçons et 13 filles (4), premier Haroun Poussah du Monde arabe à bénéficier des joies de la RTT (réduction du temps de travail) et de la civilisation des loisirs, subissant à son tour les effets corrosifs du mot d’ordre du soulèvement populaire arabe «Erhal, dégage», qu’il a détourné des rives inflammables du Golfe (Bahreïn, Yémen) vers le versant républicain et séculier de la Méditerranée (Libye, Syrie).
So long Hamad et ses qatarologues de circonstance, ses intellectuels médiatiques et ses universitaires cathodiques, toute cette cohorte d’orientalistes de pacotille et de ses arabes de service, orphelins d’une courte euphorie, orphelins de sa manne financière, en ce que la destitution de l’Emir du Qatar devrait sonner le glas des expéditions post coloniales occidentales en terre arabe, dont la bataille de Syrie aura marqué la fin de l’unilatéralisme atlantiste dans la détermination de la politique internationale.
Particulièrement la France, dont les contre-performances en Libye avec la talibanisation du Nord Mali et en Syrie, avec sa mise sur pied d'un attelage claudicant de bi-nationaux franco syriens à la tête d’une opposition off-shore, auront marqué le début du compte à rebours de son déclassement dans l’ordre des puissances planétaires.