samedi 18 mai 2019

Salah Ben Youssef le putschiste ...

Salah Ben Youssef, pan-arabiste par opportunisme, espérait par le putsch militaire organisé par Gamel Absel Nasser, éliminer Bourguiba qui leur faisait de l'ombre aux deux ! Putsch que Tartour le youssefiste, alias Moncef Marzougui, va rééditer pour venger celui qu'il estime victime de Bourguiba alors qu'il n'est victime que de sa vanité ! Mais la haine et la vengeance, sont les lots des complexés de l'Histoire; puisque même les peuples ont fini par rejeter leur lubie. C'est ce qui est arrivé au pan-arabisme et c'est ce qui finira par arriver au pan-islamisme, actuellement soutenu par des pétromonarques qui pensent pouvoir dominer le monde musulman par la diffusion du wahhabisme grâce à leurs pétrodollars !
Pour cela, Ben Youssef était passible de la Cour Martiale pour haute trahison et intelligence avec des forces étrangères (l'Egypte), tout comme doivent l'être Tartour et Ghannouchi qui collaborent avec le Qatar pour déstabiliser la Tunisie et détruire sa république !
R.B
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Tunisie : mission non accomplie

Le 7 mars 2016 fera probablement date dans l'histoire de la Tunisie et comptera dans celle de la région.

L’événement prévisible et qui devait arriver d’une semaine à l’autre est survenu à l’aube de ce jour-là ; il a été sanglant et a eu pour théâtre la petite ville de Ben Guerdane (60 000 habitants), située dans le sud du pays, à quelques kilomètres de sa frontière avec la Libye.

Dans les pages du n°2879, Jeune Afrique décrit dans le détail et commente cet acte de guerre, en dévoile la signification et les aspects opérationnels peu connus.

La tentative jihadiste de s’implanter à Ben Guerdane intéressera, au-delà des Tunisiens, les autres lecteurs africains de Jeune Afrique, qu’ils soient au nord ou au sud du Sahara.

Reste à la situer dans le temps et dans l’espace. Je me propose de le faire ci-dessous : vous verrez que l’événement n’est pas sans précédent historique et que ses implications sont énormes.

Pays africain de 11 millions d’habitants, la Tunisie a ouvert en mars 1956, avec le Maroc, le bal des indépendances de l’après-guerre. Elle fêtera donc, dans quelques jours, le 20 mars, les soixante ans de vie indépendante et mouvementée qu’elle vient de traverser.

En 2015, elle a été la cible de trois attentats terroristes perpétrés par des jihadistes tunisiens, qui ont fait une centaine de tués ; deux de ces attentats visaient le tourisme du pays, qu’ils sont parvenus à réduire à la portion congrue.

Plusieurs autres ont été déjoués, et une tentative d’instaurer un maquis au jebel Chaambi a fait long feu.

Le commando de cent hommes – Tunisiens du Sud lourdement armés et fortement motivés – qui s’est infiltré de Libye par vagues successives est, lui, une petite armée. Il a séjourné à Ben Guerdane – clandestinement et sans être dénoncé ! – avant de tenter, à un signal donné, de l’occuper, de rallier à lui la population contre le gouvernement central et de proclamer un émirat sécessionniste.

Il s’agissait, ni plus ni moins, d’instaurer à Ben Guerdane une filiale de l’État islamique qui aurait été le pendant de celle en cours d’installation depuis plusieurs mois dans la ville libyenne de Syrte et ses alentours.

L’objectif était de soulever ensuite, de proche en proche, le Sud tunisien dans son ensemble contre le Nord, de conquérir sa capitale, Gabès. Et de là, pourquoi pas, remonter jusqu’à Tunis pour y renverser « le gouvernement impie » et transformer la Tunisie en État islamique sur le modèle de celui qui, en Syrie, a pour « capitale » Raqqa et règne en Irak sur Mossoul.

Cela peut nous sembler chimérique, voire insensé, comme le sont ses auteurs, jeunes et peu instruits, dont le projet a échoué en quelques heures et qui pour la plupart d’entre eux ont été tués ou capturés.

Comme a échoué – mais de justesse et parce que l’armée française a été appelée à la rescousse en janvier 2013 pour l’empêcher – un projet similaire des jihadistes maliens.
Ils ont occupé Tombouctou, Gao et Kidal, proclamé l’indépendance de l’Azawad et tenté de soulever le nord du Mali contre le sud, où siège, à Bamako, capitale du pays, le gouvernement de la République.

Ils ont profité de la porosité des frontières algérienne et libyenne, de l’extrême facilité avec laquelle on peut puiser des armes dans l’imposant arsenal laissé à sa chute par le régime Kadhafi.

Le nord du Mali et le sud de la Tunisie se ressemblent d’ailleurs à plus d’un titre. Tous deux sont vastes et sous-peuplés : moins de 10 % de la population de chacun des deux pays y vit. Elle est pauvre et s’estime mal aimée, voire méprisée par le reste du pays, en tout cas par le gouvernement central, et négligée par ce dernier.

S’agissant de la Tunisie, ce désamour s’est manifesté avec éclat lors de l’élection présidentielle du 21 décembre 2014 : le Sud dans son ensemble a voté contre l’actuel président de la République, Beji Caïd Essebsi, élu par le Nord (et ses femmes), tandis que le Sud et les islamistes plébiscitaient son adversaire Moncef Marzougui.

Ce dernier n’a pas été élu, et je doute que les populations du Sud tunisien se sentent bien représentées par M. Essebsi et son gouvernement.

De là à acclamer les jihadistes, il y a un pas qui, fort heureusement, n’a pas été franchi et, à mon avis, ne le sera pas.

La très grande majorité des 11 millions de Tunisiens sont nés après l’indépendance ou étaient trop jeunes en 1956 pour se souvenir de ce moment historique ou, a fortiori, de la période coloniale.

Ces hommes et ces femmes de moins de 70 ans ne savent donc pas, ou à peine, que leur pays avait déjà été agressé, à partir de la Libye, par des jihadistes tunisiens, ancêtres du commando du 7 mars. Il me paraît opportun de leur rappeler qu’il y a un précédent historique de taille à ce qu’ils vivent ou observent aujourd’hui.

Il s’est produit en 1956, dans les tout premiers mois de l’indépendance, a connu des hauts et des bas, s’est effiloché peu à peu et a fini dans l’échec.

Je fais partie des quelques milliers de Tunisiens encore en vie qui ont eu la possibilité et l’honneur de participer aux dernières phases de la lutte pour l’indépendance qui a abouti à une incontestable victoire contre la colonisation, remportée par le Néo-Destour et son chef, Habib Bourguiba, érigé en « combattant suprême ».

Et nous sommes quelques-uns, encore en vie, dont Ahmed Mestiri et Mohammed Masmoudi, à avoir participé aux négociations qui ont conduit à l’autonomie interne en 1955, puis, dans la foulée, à l’indépendance en 1956.

Devenu président du Conseil sous la monarchie, puis président de la République lorsque celle-ci a été créée en 1957, Bourguiba a fait de nous ses ministres.

J’ai pour dernière caractéristique d’être moi-même originaire de ce sud de la Tunisie qui, déjà en 1956, se sentait négligé, partiellement exclu de la modernisation du pays. La sensibilité des Sudistes tunisiens et leur psychologie me sont donc familières.

Et c’est un Sudiste, né à Jerba comme moi (et dans le même patelin), qui allait brandir l’étendard de la révolte et tenter, à partir de la Libye, de conquérir le sud de la Tunisie à la tête d’une « armée de libération de la Tunisie » qu’il avait constituée (avec l’argent des services spéciaux égyptiens dirigés alors, pour l’Afrique du Nord, par Fathi al-Dib, qui se prenait pour le proconsul du Maghreb arabe).

Si le sud de la Tunisie avait obtempéré à ses injonctions, il l’aurait utilisé pour déstabiliser le régime central de l’époque, qui, dans ses premiers mois, n’avait encore ni armée ni garde nationale.

Le Sudiste en question s’appelait Salah Ben Youssef. Il avait été le numéro deux du Néo-Destour, son secrétaire général et son premier négociateur avec la France. Mais, égocentrique et trop ambitieux, il voulait accaparer tout le pouvoir et en écarter Bourguiba par tous les moyens.

L’autonomie interne était selon lui « un pas en arrière », et l’indépendance n’était, avec Bourguiba, qu’un « trompe-l’œil ».

Elle ne serait vraie qu’avec lui.
Le document que je reproduis ci-dessus, daté du 9 avril 1956, est authentique, et j’en détiens, depuis soixante ans, un autre, de la même eau, émis de Tripoli en mai 1956, sous le même en-tête et portant la même signature : Salah Ben Youssef, commandant en chef de l’Armée de libération de la Tunisie.

Le « généralissime » y répartit les commandements, révoque ou récompense. Et se voit porté par ses troupes jusqu’à Tunis, où le pouvoir lui échoirait naturellement.

Mais le Sud tunisien ne s’est pas soulevé, Ben Youssef et ses soutiens égyptiens, qui brandissaient alors non pas l’étendard de l’islam mais celui de l’arabisme, en ont été pour leurs frais.

N’ayant pas réussi à renverser le gouvernement de l’indépendance, Salah Ben Youssef tentera de faire assassiner Bourguiba et finira lui-même assassiné dans une chambre d’hôtel de Francfort par ceux-là mêmes qu’il avait commissionnés pour éliminer Bourguiba.

Ce dernier et son ministre de l’Intérieur, le regretté Taïeb Mehiri, les avaient retournés contre lui*.

Fondé sur l’arabisme, porté par la popularité de Gamal Abdel Nasser, le discours de Salah Ben Youssef a eu, à l’époque, une certaine résonance. Mais l’homme n’a pas été suivi et a mal fini, car la Tunisie des années 1950 et 1960 avait en Bourguiba un président dans la force de l’âge, très bon stratège, voué à la modernisation du pays.

Et dans ses premières années, l’autocratisme de Bourguiba et ses tendances dictatoriales étaient encore supportables.

Madrés et politiques ou bien radicaux et violents, les islamistes d’aujourd’hui trouvent, à leur tour, un large écho en se réclamant de l’islam originel. Ils seront plus sûrement rejetés en Tunisie, au Mali et ailleurs s’ils trouvent, en face d’eux, des dirigeants intègres, soucieux d’unité nationale et de bonne gouvernance.

Quant à l’équipée jihadiste du 7 mars à Ben Guerdane, elle a montré :
• aux islamistes qu’il ne suffit pas d’accepter de mourir pour gagner les cœurs et les batailles qu’on livre,
• aux Tunisiens, aux Africains et au reste du monde que ne succombent devant les jihadistes que des sociétés tellement malades qu’elles trouvent en eux la seule voie vers la guérison.


* La mémoire de Salah Ben Youssef ne s’est pas éteinte avec lui. Un autre Sudiste, Moncef Marzougui, qui a accédé à la présidence de la Tunisie à titre transitoire pendant la période où les islamistes d’Ennahdha dirigeaient le pays, a cru bon de mettre sa photo sur son bureau présidentiel.

Nul n’a compris ce qu’il essayait de montrer par ce geste aussi déplacé que si un président français avait, par antigaullisme, mis celle du maréchal Pétain sur le sien.


LEQUEL DE BEN YOUSSEF OU DE BOURGUIBA ÉTAIT LE TRAÎTRE ?

Article paru dans : Kapitalis

"J'avais en face de moi, un lutteur, un politique, un homme d'Etat, et un visionnaire, dont l'envergure dépasse les dimensions de son pays. "
Ainsi parlait le général De Gaulle de Habib Bourguiba

Voilà deux destouriens dont la stratégie pour libérer la Tunisie a divergé !

En effet, leur politique pour l'indépendance a divergé quand :
- Salah Ben Youssef préconisait une libération immédiate et totale de tout le territoire tunisien, par la force grâce à "jaich el arab" (armée arabe) que lui proposait Gamel Abdel Nasser ; autrement dit avec une armée de mercenaires à la solde d'un étranger dont il deviendra nécessairement le vassal !
- Alors que Bourguiba en procédant par étape selon sa fameuse politique dite "siésit el marahel", privilégiait la diplomatie à la force, ne comptant que sur les tunisiens pour libérer leur pays en jouant la carte politique internationale, ONU comprise !!

Et en réalité ce qui différencie ces deux hommes c'est que Bourguiba avait une ambition pour son peuple et Ben Youssef avait une ambition démesurée ... pour lui même !

Quand Bourguiba a négocié et pu obtenir de la France l'autonomie interne le 3 juin 1955, Salah Ben Youssef en profitera pour se repositionner en leader du parti lui qui en était le n° 2. Il va dénoncer cet accord et accuser Bourguiba de traîtrise ! Il s'est rapproché alors des pan-arabistes et de leur chef, le raïs Gamel Abdel Nasser. Sur le conseil de ce dernier, Salah Ben Youssef devait assassiner Bourguiba, pour traîtrise à la "cause arabe"; ce qu'il s’apprêtait à faire pour éliminer un rival et soigner son ego !

Or le traître dans cette affaire, c'est bien Salah Ben Youssef qui a trahi les destouriens en s'alliant aux pan-arabistes dont l'idéologie est antinomique du nationalisme qui anime les destouriens; tout comme ceux d'aujourd'hui dont Béji Caïd Essebsi, qui se sont alliés aux pan-islamistes, ennemis jurés des destouriens ... ou s'apprêtent à le faire !!

En fin de compte, l'Histoire a donné raison au stratège Bourguiba ! Cet homme visionnaire a su construire une nation nouvelle respectée parmi les nations, moderniser le pays et faire des tunisiens ce peuple évolué que beaucoup de pays arabes envient. Il a sorti la Tunisie de son état de colonisable en développant et en imposant l'instruction du peuple. Ceux-là mêmes adeptes du pan-arabisme et du pan-islamisme, qui lui vouent de la haine parcequ'il a toujours combattu leurs idéologies qui condamnent les tunisiens à être à nouveau colonisés; lui doivent leur instruction et d'avoir pu accéder au savoir ! 
Mais l'ingratitude des hommes ... 

On a du mal à imaginer ce que serait la Tunisie si Salah Ben Youssef avait réussi son coup ! On aurait devancé certainement l'Algérie dans sa régression, depuis qu'elle s'est empêtrée dans l'arabisme et son pendant l'islamisme que le FLN cautionne s’il n’adoptait pas officieusement ; et qui font beaucoup de dégâts chez nos voisins algériens !!
Le plus étonnant c'est que des lubies telles le fascisme, le nazisme, le communisme, le pan-arabisme ont totalement échoué; et il se trouve malgré cela, des nostalgiques qui voudraient réécrire l'histoire. Puisque les pan-arabistes vouent encore un culte à leur rais Gamel Abdel Nasser et veulent faire de Salah Ben Youssef un martyr du pan-arabisme ! 
Les tunisiens se souviennent encore de la honte qu'ils ont vécue et du ridicule auquel s'était livré tartour (alias Moncef Marzougui), cet autre pan-arabiste farouchement youssefiste; quand son maître l'émir du Qatar le traitait comme un moins que rien !

La Justice mascarade qui est en train de juger les morts, va-t-elle faire état de cette trahison de Salah Ben Youssef avec le concours d'un pays étranger et par la force de mercenaires à la solde de l'Egypte où va-t-elle laisser cela dans l'ombre en se discréditant un peu plus ?

Car lorsqu'on accepte de prendre les armes avec le concours de pays étranger contre son pays ce n'est plus du militantisme et ce n'est plus la liberté de penser autrement; c'est de la haute trahison passible de Cour Martiale ! Car un pays ne peut pas accepter les traîtres.

Or cet homme a trahi son parti et sa patrie !

Rachid Barnat

vendredi 17 mai 2019

La Tunisie est un pays génial : sa Justice juge les morts !


Salah Ben Youssef, ce loser dont se revendiquent les pan-arabistes, et dont le procès contre Bourguiba s'ouvre aujourd'hui à Tunis ! 
Quand Salah Ben Youssef a vu le leadership du Néo-Destour lui échapper ayant face à lui un Bourguiba plus charismatique et visionnaire, par opportunisme il s'est tourné vers le pan-arabisme en vogue en ces temps-là en se rapprochant du leader de ce mouvement : le raïs Gamel Abdel Nasser dont il espérait l'appui pour le débarrasser de Bourguiba. Ce faisant, il allait à l'encontre même de l'idéologie qui fonde le Néo-Desrour : le nationalisme ! Le raïs lui recommande alors d'éliminer physiquement Bourguiba ! La suite on la connait : Bourguiba ayant eu vent de ce deal, l'a devancé pour éliminer son rival Salah Ben Youssef.
Léopold Sedar Senghor disait que deux vieux crocodiles ne peuvent cohabiter dans la même mare ... il faut que l'un élimine l'autre ! 
L'Histoire a bien donné raison à Bourguiba quand on voit ce que sont devenues les idéologies mortelles pour les peuples : le fascisme, le nazisme, le communisme, le pan arabisme, le pan islamisme ... 
Mais voila, ceux qui n'ont pas digéré leur petite histoire, veulent réécrire l'Histoire en s'adressant aux juges plutôt que de laisser les historiens faire leur travail ... à moins qu'ils ne cherchent à l'instrumentaliser à l'approche des élections, n'ayant plus rien à proposer aux tunisiens de crédible !!
R.B
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Comme chacun le sait, la Tunisie va bien. Son économie fait merveille, son dinar est au plus haut, ses prix sont contenus, sa sécurité est totale, son éducation nationale et sa santé publique sont un modèle et les Tunisiens sont, dans l’ensemble, absolument ravis des politiques menées et heureux d'avoir la meilleure constitution du monde.

C’est sans doute pourquoi le pays a décidé d’innover et il a décidé (tout le reste allant parfaitement bien) de juger les morts.

Je dois dire que lorsque j’ai pris connaissance de ces informations sur l’ouverture devant un Tribunal d’un procès concernant les auteurs de l’assassinat de Salah Ben Youssef, j’ai d’abord cru à des informations parodiques car tous les protagonistes de cet assassinat survenu en 1961 sont morts et enterrés. Mais non c’était vrai !

Ma première réaction en ma qualité de juriste a été de rechercher s’il y avait des précédents, si déjà dans l’histoire, de l’antiquité à nos jours, une Institution judiciaire avait jugé des morts ! Ai-je suffisamment et bien cherché ? J’attends qu’on me le dise mais je n’ai trouvé aucun exemple de ce type et c’est en cela que je trouve les Tunisiens géniaux.

Je me suis dit aussi que certes le Président Bourguiba avait commis des méfaits qui n’enlève d’ailleurs rien à son bilan extrêmement positif pour son pays ; mais qu’à côté de certains c’était un petit bras. 
C’est ainsi que j’ai recherché si on avait fait un procès judiciaire à Hitler ou à Franco à côté de qui Bourguiba est un véritable enfant de chœur ! Eh bien non. Voyez-vous, personne n’a été aussi génial que les Tunisiens ni en Allemagne ni en Espagne, pour juger ces criminels morts.

Le grand procès de Nuremberg destiné à juger les crimes nazis n’a jugé que des vivants qui étaient dans le box des accusés et pouvaient donc se défendre. Les procès de Moscou, pas connus pour leur grande objectivité, concernaient aussi des vivants, même s’ils avaient de la peine à pouvoir se défendre.

Je pensais, assez naïvement, que pour les morts il y avait peut-être une autre Justice, divine si l’on y croit. Les Tunisiens ont mis toutes ces certitudes par terre grâce à leur génie !

Qu’avec des morts, tous les grands principes du procès pénal, le contradictoire, les droits de la défense que tout cela soit écarté n’a pas inquiété, un instant, les autorités judiciaires puisque ne s’est pas trouvé un Premier Président, un Procureur Général, une assemblée de magistrats pour s’élever contre cette façon de procéder, d’instrumentaliser de manière choquante l’Institution qui va y perdre le peu qui lui restait de respectabilité.

J’ai déploré aussi que parmi les politiques, seule une femme courageuse et de conviction, Abir Moussi, ait élevé la voix contre cette mascarade et que la société civile qui sait bien ce qu’elle doit à Bourguiba, ne se soit pas levée pour protester contre cette farce judiciaire !

Tout cela a été initié par la fameuse Commission Vérité et Réconciliation, commission qui porte un très beau nom mais qui semble à la fois ignorer la Vérité pour ne soutenir que « Sa vérité » et qui pour réconcilier les Tunisiens estime qu’il faut rouvrir les veilles blessures !

Cette Commission dont certains juristes disent, qu’elle n’a plus de pouvoir et dont les dépassements ont défrayé la chronique, a donc réussi à créer cet ovni judiciaire : le procès des morts !

En conclusion je dirai que cette procédure qui a tout d’une mascarade, qui déshonore les Juges qui s’y prêtent, fera, n’en doutons pas, l’objet de nombreuses recherches et qui ouvrira, peut-être une voie nouvelle à la Justice Internationale qui, non contente de juger les criminels vivants, pourra aussi s’attaquer aux morts !

Vaste programme.

jeudi 16 mai 2019

APRÈS 8 ANNÉES D'ISLAMISME, LES TUNISIENS FONT LE POINT ...

Le 14 janvier 2011 après le départ de Ben Ali, l'espoir d'une réelle démocratie, de plus de liberté ... a fait vibrer tout un peuple !
LE PEUPLE TUNISIEN ENTRE DEUX RÊVES : La Troisième République ou le Sixième Califat !

Mais très vite sa prétendue révolution sera chevauchée par Ghannouchi et ses Frères musulmans en toute logique ; puisque le coup d'Etat ourdi par leur sponsor l'émir du Qatar avec l'aval de ses maîtres américains, avait pour but de les installer au pouvoir. Ghannouchi et ses hommes se présentaient alors comme les chevaliers blancs de l'intégrité, de l’honnêteté, des hommes pieux craignant Allah, des pauvres  au service des pauvres; instrumentalisant pour cela la religion, l'identité "arabo-musulmane", les femmes pour en faire leur porte-étendard, la misère intellectuelle, la pauvreté, jusqu'à la cause palestinienne ... 
Mais très vite les tunisiens qui les ont suivis en toute bonne foi, découvrent qu'ils n'ont ni foi ni loi, sinon celles de l'argent; et que leur "révolution" n'était qu'un coup d'Etat orchestré par le Qatar; puisque les "révoltes" dans de nombreux quartiers populaires du nord au sud de la Tunisie, se sont déclenchées à la même heure et avec les mêmes moyens : pneus brûlées et cocktails Molotov, comme obéissant à un chef d'orchestre !

Après huit années de galère et de régression sinon de chaos, les tunisiens comparent la Tunisie de Ben Ali à ce qu'en ont fait Ghannouchi et ses Frères musulmans, et se posent la question si ce n'était pas mieux avant le 14.01.2011. C'est légitime de se poser des questions. C'est une question de bon sens, pour peu qu'on soit honnête intellectuellement !

Le seul acquis de cette "révolution" est la liberté d'expression. Est-ce qu'elle va durer ? Rien n'est moins sûr avec Ghannouchi ! Il suffit de voir ce qu'en fait son modèle Erdogan qui emprisonne à tour de bras ses opposants, muselle les médias et jette en prison les journalistes et autre blogueurs. Quant aux libertés individuelles, les tunisiens ont vu à l'oeuvre la police nationale infiltrée par des islamistes, devenue "police religieuse" d'Ennahdha pour poursuivre les amoureux pour un baiser, les homosexuels, les non-jeûneurs de ramadan ... alors qu'elle laisse courir les terroristes ! 
Un député islamiste propose même une loi pour mettre en prison les non-jeûneurs.

Pour le reste, il il faut être aveugle pour ne pas voir :
- que le pays est ruiné ;
- qu'il croule sous des dettes contractées par Ghannouchi pour indemniser ses hommes de leur prétendu militantisme ;
- que la monnaie nationale ne vaut plus rien, comme le reconnaît BCE ;
- que la cherté de la vie a paupérisé une classe moyenne et réduit à la mendicité et à la charité les pauvres ; devenue proie pour la "charité-business" des barbus de tous poils;
- que plus rien ne marche dans aucun secteur de l'économie du pays ;
- que Tunisair cette belle compagnie, fleuron de l'industrie nationale, fierté de tout un peuple, bat de l’aile ; et comme elle, d’autres entreprises nationales jadis florissantes, sont en train de péricliter ;
- que les femmes sont réduites à défendre des droits déjà acquis parceque Ghannouchi les leur conteste ;
- que les jeunes fuient en masse l'enfer qu'est devenue la Tunisie gouvernée par "Montplaisir" (siège d'Ennahdha, le parti des Frères musulmans) ... s'ils ne sont expédiés comme chair à canon faire les guerres de l'émir du Qatar, souvent contre des pays amis de la Tunisie ;
- que les jeunes femmes sont envoyées pour le "jihad ennikah" (prostitution halale) ; soulager les enfants de Ghannouchi qui lui rappellent son terrorisme quand il avait leur âge;
- que les diplômés, tous secteurs confondus, partent en masse à l'étranger ;
- que les Frères musulmans ont démocratisé la corruption ;
- qu'ils ont généralisé l'insécurité ; et en prime ils ont instauré le terrorisme comme moyen de "gouvernance" avec son lot de morts qui se comptent par milliers !
- qu'ils pratiquent l'assassinat politique, pour éliminer leurs opposants (Chokri Belaid, Lotfi Naghedh , Mohamed Brahmi ... );
- qu'ils ont fait de la Tunisie le pays au triste record de premier exportateur de terroristes dans le monde ;
- qu'ils aspirent au VIeme Califat, autrement dit à ramener la Tunisie au stade de vassalité, pour redevenir une province sous tutelle d'un calife étranger (l'émir du Qatar ? Erdodan ??)
- qu'ils veulent remplacer la tunisianité des tunisiens par une identité importée d'Arabie en diffusant le wahhabisme et le model sociétal qui va avec (hijab, burqa ... )
- Etc ...

Si ce sont ceux-là les acquis "révolutionnaires" auxquels certains aspiraient en votant Ennahdha, et qui voudraient conserver les Frères musulmans au pouvoir, que grand bien leur fasse leur chef Ghannouchi !

Rachid Barnat

Abir MOUSSI L'OUTSIDER DES SONDAGES ...

Article publié dans : Kapitalis

Un article du Point sur les sondages devrait être lu par tous les Tunisiens car il fait remarquablement le point sur la situation du pays et sur le sentiment dominant dans le pays.

Le sondeur interrogé indique d’abord que la très grande majorité des Tunisiens est mécontente de la situation dans un très grand nombre de domaines, économiques, sociaux, de sécurité : au point que beaucoup, n’hésitent plus à faire état de leur nostalgie du temps passé, en l’occurrence le temps de Ben Ali, qui leur paraît meilleur que ce qu’ils ont obtenu depuis !

Cette constatation du sondeur rejoint le constat que chacun peut faire sur les réseaux sociaux ; et disons-le clairement : comment pourrait-il en être autrement en face des échecs du pouvoir depuis la Révolution ?

Ce que révèle aussi le sondeur mais que tout observateur peut faire, c’est que les Tunisiens imputent ces échecs à l’alliance contre-nature des islamistes d’Ennahdha et des prétendus progressistes de Nidaa Tounes. Ce rejet est très fort et la confiance n’existe absolument plus à l’égard de ces deux formations qui, à force de trahison et de mensonges, se sont coupées de la population. Quoi donc d’étonnant à ce que les sondages mettent en avant un refus clair et net de voter pour ces partis qui, non seulement ont trahi mais ont montré leur incompétence et l’impossibilité pour eux de mener une réelle politique de progrès. C’est même le contraire qui serait étonnant : voir les Tunisiens revoter pour Nidaa ou pour Ennahdha serait la démonstration d’un aveuglement dans lequel on prend les mêmes en sachant qu’ils ne valent rien et on recommence ; c'est-à-dire, que l’on continue la descente aux enfers !

Eh bien les Tunisiens montrent dans ce sondage, qu’ils ne sont ni bêtes ni suicidaires !

La deuxième partie de l’article est également intéressante car elle décrit ce que souhaite les Tunisiens.

Le sondeur nous dit qu’il y a trois personnes qui se situent aujourd’hui au haut de sondages : un populiste (Nabil Karoui), un « Robespierre » (Kaïs Saïd) et une « nostalgique » Abir Moussi.

Que faut-il en penser ?

Qu’il y ait dans le lot un populiste ce n’est guère étonnant et c’est le lot de pratiquement toutes les démocraties à ce jour ; et comme ce candidat a de l’argent, la maîtrise d’un puissant média et une forme de démagogie par la pratique de la charité, il surfe sur les frustrations d’une grande partie de la population.

Il faut cependant que les Tunisiens se disent deux choses : la première c’est que l’argent et la maîtrise d’un média n’a jamais fait une politique et que le personnage n’est pas très sûr car qu’il n’hésitera pas à faire alliance avec les obscurantistes pour parvenir à ces fins, ce qui aboutirait à recommencer comme avant et à perdre du temps.

Plus généralement les Tunisiens devraient constater que tous les populistes échouent et que leur échec apparaît très vite à l’usage du pouvoir et de ses contraintes. Il n’y a qu’a voir ce qui se passe actuellement en Italie et au Brésil par exemple où les électeurs tentés par le populisme sont en train de comprendre qu’ils échoueront et que rien ne sera réglé. Et que dire du Brexit que les populistes ont vendu aux anglais mais lâchement se sont retirés pour ne pas avoir à l’assumer laissant à une classe politique désemparée le soin de résoudre ce casse tête chinois qu'il est devenu pour tout le monde ! Autrement dit que les discours sont une chose et les actes une autre.

Le deuxième candidat qui émerge serait Kaïs Saïd un « Robespierre » amateur d’ordre ! Mais là encore les Tunisiens sont suffisamment informés pour savoir que ce personnage, au demeurant sans charisme - et il en faut en politique - est pan-arabiste donc proche des islamistes et qu’il serait, lui aussi, capable de renouer l’alliance désastreuse !

Reste Abir Moussi que le sondeur qualifie de « nostalgique » de l’ère Ben Ali. Cette qualification est un peu courte, ne tient pas compte de beaucoup d’éléments et devient fausse.

Que Abir Moussi ait été au RCD (avec un rôle très mineur au point que personne n’a pu l’accuser de faits graves ; ce qui n’aurait pas manqué si ces faits avaient existé !) fait qu’elle fait partie de ces très nombreux tunisiens nostalgiques d’un temps où tout allait mieux ; et qui réalisent que leur « révolution » a servi aux Frères musulmans pour mettre à genoux le pays avec en prime l’insécurité et le terrorisme avec ses milliers de morts depuis qu’ils ont débarqué en Tunisie tels des rapaces pour ruiner la Tunisie devenue leur butin de guerre. Par contre le temps a passé et une personne intelligente comme elle en a tiré, comme beaucoup, des leçons.

Abir Moussi a vu ses concitoyens profiter de la liberté d’expression, de la liberté de manifester, elle a vu le rôle important et souvent déterminant de la société civile. Il est clair (il n’y a qu’à lire son projet de Constitution) qu’elle ne songe pas un instant à rétablir une dictature ; ce qu’aucun tunisien n’accepterait.

Par contre elle est la seule à avoir analysé politiquement les causes des échecs actuels, de la régression du pays. Elle a démontré que ces échecs venaient, pour l’essentiel, d’une Constitution voulue par les islamistes et d’un régime électoral également voulu par eux pour rendre le pouvoir totalement impuissant.

Au point qu’aucun grand projet n’a pu voir le jour ; et que les politiques impuissants, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la Cour Constitutionnelle, pièce maîtresse de l’organisation politique, ni sur le projet d’égalité dans l’héritage. Et quand une institution existe, comme la Haica chargée de contrôler les dépassements dans l’audiovisuel, elle est empêchée d’agir ainsi que l’a clairement indiqué un de ces membres par cette même impuissance du pouvoir.

Elle a aussi montré que la présence des islamistes, adversaires en réalité de la démocratie, du progrès et des libertés, était un frein au développement du pays.

Elle a montré que la multiplicité anarchique des partis, l’absence de toute conviction sérieuse ne pouvait que conduire à la situation que déplore à juste titre, tant de tunisiens.

Et ce qu’elle veut ce n’est pas, contrairement à ce qui s’écrit ici ou là, le retour de la dictature mais une réelle démocratie non pas impuissante mais forte ce qui est constitutionnellement possible et qu’elle a inscrit dans son projet.

Il résulte donc de l’analyse des sondages que les tunisiens rejettent tous les hommes du système, c'est à dire ceux qui acceptent le "consensus" qu'impose Ghannouchi; et par conséquent, que Abir Moussi est indiscutablement la mieux placée et la plus sûre pour sortir le pays du désastre dans lequel il se trouve et que constate, chaque jour, les Tunisiens.

Rachid Barnat