lundi 4 décembre 2017

LE DANGER DU CONSENSUS

Article paru dans : Kapitalis

On a vu apparaître l'idée du consensus au lendemain des premières élections libres en Tunisie, augurant un nouveau type de démocratie que certains tunisiens qualifient de démocratie au rabais. Idée soutenue par les EU & l'UE et à laquelle les responsables politiques progressistes en Tunisie, semblent s'être résignés; puisque même l'UGTT, l'UTICA, la LTDH et l'Ordre des avocats, ont été célébrés par un prix Nobel de la paix, pour s'y être ralliés. 
Il faut pourtant, malgré la sorte d’unanimité qui a salué cette idée, se poser la question de sa pertinence. Et ce n’est pas parce qu’elle a été saluée unanimement, parce qu’elle arrangeait à la fois certains partis et l’Occident, qu’elle est utile au pays.

Peut-être a-t-elle eu un mérite celui de faire baisser la tension qui était créée par les islamistes dont on sait, par expérience, qu’ils n’hésitent pas à recourir à la violence et au terrorisme ne reculant pas devant les assassinats politiques. Mais c’était une façon de céder à leur chantage car même si elle a joué son rôle d’apaisement, elle a très vite montré ses limites tout en discréditant les "démocrates".

Pourtant l’idée du consensus n’est pas neuve en politique. Un pays comme l’Allemagne ou une institution comme l’Europe, fonctionnent sur ce mode qui consiste à discuter et à trouver des solutions acceptables par le plus grand nombre. En ce qui concerne l’Europe, on voit que cette manière de procéder a crée de grandes difficultés et une désaffection des citoyens qui ne comprennent pas les demi-mesures, les accommodements et en général le plus petit dénominateur commun qui bloque l'achèvement de la construction de l'UE. Encore qu'en Allemagne et en Europe ceux qui discutent et qui ont des idées contraires, partagent des valeurs essentielles comme les droits de l’homme, la défense des libertés, l’idée d’une certaine justice sociale et donc d’une redistribution. Ce qui n'est pas le cas des islamistes que l'Occident veut maintenir au pouvoir par tous les moyens et notamment en proposant le consensus qui trouve son origine dans "el ijma'â", concept auquel recourent les théologiens pour clore un débat difficile mais qui convient parfaitement aux Frères musulmans qui ne sont démocrates qu'avec ceux qui sont d'accord avec eux ou qui cèdent à leur pression, à leurs menaces voir à leur terrorisme; puisqu'ils sont passés maîtres dans le dévoiement des concepts : "ennahdha" (renaissance), démocratie, consensus, "ijma'â" (accord unanime), "tawafuq" (consensus) ... qu'ils ont vidés de leur sens !

Le professeur Yad Ben Achour fait une analyse théorique complète de cette idée de compromis. Il a fini par admettre que ce genre de démarche aboutit à dire souvent le tout et son contraire* : Nous sommes bien, devant un compromis qui maintient les contradictions, « en attendant que... », chacun attendant selon ses propres ambitions et espoirs. ", conclue-t-il.

Le problème en Tunisie est que, quelques soient les déclarations destinées à amadouer le peuple, on est en présence de deux systèmes de valeurs totalement et irrémédiablement opposés. D’un côté des partis qui acceptent clairement l’idée de démocratie et l’idée de liberté et notamment de conscience. D’un autre côté, des partis qui instrumentalisent la religion et veulent appliquer la chariâa et qui sont de fait contre la démocratie et contre la liberté, notamment de conscience. Si on les laissait faire, ils iraient très rapidement, comme l’expérience l’a montré, à la dictature au nom de Dieu. Que l’on se souvienne de l’exemple iranien et de celui des Frères musulmans en Egypte et à Gaza.

Dés lors, il faut clairement se poser la question : quel consensus peut-on trouver entre ces ceux conceptions ? Est-ce sérieux de seulement y penser ? 

Certes la réponse peut sembler difficile dans la mesure où les islamistes, conscients des rapports de force, font pour le moment profil bas, adhèrent en parole à l’idée démocratique, aux libertés tant qu’ils ont une part du gâteau. Mais qui peut croire réellement qu’ils renoncent à leur vrai projet ? Et qui peut croire que ce projet est compatible avec la démocratie et les libertés ? Il suffit de voir Erdogan à l'oeuvre depuis 2002 en Turquie pour en finir avec la laïcité instaurée par Kamel Atatürk et installer un régime totalitaire.

Le plus curieux c'est que les responsables politiques occidentaux qui ont "poussé" Nidaa Tounes dans les bras d'Ennahdha, se verraient mal faire alliance avec les partis d’extrême droite, chez eux ! 

Dés lors le consensus n’est qu’une duperie et ne permet que la coexistence des contraires laissant le champs libre aux islamistes de s’infiltrer partout et de distiller leur idéologie mortelle pour, un jour, prendre le pouvoir.

Dans cette politique dite du "consensus", il y aura tôt ou tard un perdant. Le perdant évident c’est d’abord le pays lui-même, empêché de progresser réellement par des mesures fortes et claires. Mais ce sera aussi, n’en doutons pas, les progressistes qui seront balayés lorsqu'ils auront laissé se diffuser suffisamment les idées arriérées des islamistes qu'ils laissent s’infiltrer un peu partout dans les rouages de l'Etat. Il sera alors trop tard pour s’y opposer car les Frères musulmans contrairement à ce que raconte Ghannouchi, n'ont pas changé d'idéologie ni de projet. C'est le cas de la Turquie où Erdogan est entrain de faire le ménage dans l'administration turque mais aussi celui de l'Algérie où le FIS s'est bien implanté et dicte sa loi aux militaires qui gouvernent pour le moment mais pour combien de temps encore.

Enfin il est clair que ce consensus qui donne le pouvoir à une coalition molle entre Nidaa Tounes et Ennahdha finira par installer une sorte de dictature soft, empêchant l’alternance. Consensus qui est entrain de décourager les citoyens qui ne se retrouvent pas dans cette politique qui, par ailleurs, a complètement échoué sur de nombreux terrains.
Tout cela ne marche que parce que les deux grands partis ont adopté l'idée du "consensus mou" dans lequel le jeu de dupe profite aux islamistes qui par la menace parviennent petit à petit à leurs fins face à des progressistes tétanisés par la peur du terrorisme. Ces deux partis se contentent de gérer-mal-le pays qui ne cesse de reculer sur tous les plans.

Il est clair que cette situation ne pourra pas durer. 

Rachid Barnat

La chose et son contraire, par Yadh Ben Achour 
Le compromis constitue rarement le signe de la synthèse ou de l'harmonie. Instrument politique, relevant plutôt de la tactique que de la stratégie, il est destiné principalement à éviter les confrontations et les crises dont personne n'est certain de sortir vainqueur. Il crée, par conséquent, des situations d'attente dont chaque acteur espère une issue favorable. S'il est une condition de réussite en politique, il n'en est pas moins porteur d'idées contradictoires souvent accolées les unes aux autres. Il en est ainsi dans la Charte du dialogue national global yéménite que nous avons déjà citée. Dans la partie relative à « l'identité de l'État », le point 10 intitulé « la religion de l'État » englobe deux points. Le premier définit l'islam comme la religion de l'État et la langue arabe comme la langue officielle du Yémen. Le deuxième stipule que : « le Yémen est un État fédéral, civil, démocratique, indépendant et souverain, fondé sur l’égale citoyenneté, la volonté du peuple et la souveraineté de la loi. Il constitue une partie de la nation arabe et islamique. » Ainsi, d'un côté il est fait référence à l'islam en tant que religion de l'État, ce qui ne fait que consacrer logiquement les principes constitutionnels déjà inscrits dans la Charte, tels que le principe de la « charia comme source du droit », ou encore les institutions historiques indépendantes admises par le fiqh, comme l'autorité de consultation, iftâ,  la zakât ou les awqâf (biens de main morte). Mais, d'un autre côté, on affirme néanmoins la souveraineté du peuple, de la loi et du législateur, la démocratie et les droits de l'homme, la primauté du droit international, en particulier la Déclaration universelle des droits de l'homme et les deux pactes onusiens, la promotion quasiment inconditionnelle des droits de la femme, ce qui ne s'inscrit pas dans la même logique que celle de la révélation de la loi par le texte sacré et les dires du Prophète, les droits de Dieu et la jurisprudence dérivée d'une intention religieuse.
La constitution égyptienne remaniée proclame dans le préambule : « Maintenant, nous rédigeons une constitution parachevant la construction d'un État démocratique moderne dont le gouvernement est civil ». « Nous rédigeons une constitution qui confirme que les principes de la charia islamique sont la source principale de la législation et que la source autorisée de son interprétation est constituée par les règles de la Cour constitutionnelle dans ce domaine ». Ainsi, la Cour constitutionnelle, organisme moderne d'inspiration européenne, acquiert une habilitation inattendue à interpréter la loi sacrée.
La constitution tunisienne est certainement la plus sécularisée du monde arabe. Cependant, par le jeu de compromis successifs, notamment au sein de la « Commission des consensus », lajnat atawâfuqât [17] , elle n'échappe pas aux ambiguïtés et contradictions. Si cela n'apparaît qu'en filigrane dans le préambule et entre l'article premier et l'article 2 de la constitution, cet aspect va se révéler d'une manière très claire dans certains articles de la constitution, comme l'article 6 ou l'article 39. Considérons le seul exemple de l'article 6, plus proche de notre sujet. Ce dernier est ainsi rédigé : « L’État protège la religion, garantit la liberté de croyance, de conscience et de  cultes. Il assure la neutralité des mosquées et des lieux de culte de toute exploitation partisane.
L’Etat s’engage à diffuser les valeurs de la modération et de la tolérance et à protéger le sacré de toute atteinte. Il s’engage également à prohiber et empêcher les accusations d’apostasie, ainsi que  toute incitation à la haine et  à la violence ».
En vérité, comme il est aisé de le constater, cet article constitue un véritable pot-pourri constitutionnel. Il est le résultat de confrontations objectives, profondes et multiples entre les tenants conservateurs d'une constitution protectrice de l'islam et de son rôle dans la société et dans l'État et les tenants d'une séparation de la politique du droit, de l'État et de la religion sociale. Pour ces derniers, la religion doit demeurer dans le cercle de la foi, du culte et des mœurs, mais ne doit pas aller au-delà. Cet article a provoqué une véritable secousse tellurique au sein de l'opinion puisque, en consacrant la liberté de conscience, huriyyat adhamîr, il s'inscrit dans une perspective résolument moderne et révolutionnaire, en totale rupture avec le shar’ classique qui ne reconnaît pas, pour le musulman, la liberté de quitter sa religion. Dans cette perspective, l'article revendique la liberté de religion, la tolérance et la modération, la neutralité partisane des mosquées et des lieux de culte, condamne tout appel à la violence ou au meurtre des hérétiques et apostats. Mais, d'un autre côté, il fait de l'État le protecteur de la religion, ce qui ne signifie rien d'autre que la religion islamique, et l’engage à protéger le sacré contre toute atteinte. Il faut reconnaître qu'il sera bien difficile de concilier le rôle de l'État en tant que protecteur de la religion et du sacré et son rôle en tant que garant de la liberté de conscience. Nous sommes bien devant un compromis qui maintient les contradictions, « en attendant que... », chacun attendant selon ses propres ambitions et espoirs.




10 commentaires:

  1. LES FRÈRES MUSULMANS AU POUVOIR, TOMBENT LE MASQUE :

    - En Turquie, le monde entier découvre le "démocrate" Erdogan et son islamisme modéré !
    - A Gaza, le Hamas traîne les pieds pour remettre le pouvoir au Fatah.
    En 10 ans de domination totale sur les gazaouis, les Frères musulmans ont islamisé (wahhabiser) les palestiniens qui commencent à étouffer sous leur dictature.

    Les tunisiens en tireront-ils la leçon ?
    Vont-ils croire Ghannouchi qui se dit démocrate et protecteur des libertés ??

    RépondreSupprimer
  2. Le FMI SAIT A QUI S'ADRESSER : à ceux qui détiennent le pouvoir, c'est à dire aux Frères musulmans ... puisque BCE & Nidaa Tounes le leur abandonnent !

    http://www.businessnews.com.tn/les-representants-dennahdha-et-du-fmi-sentretiennent-a-montplaisir,520,76556,3

    RépondreSupprimer
  3. BCE EST-IL DUPE DU JEU DE GHANNOUCHI ?

    Comme le sont tant d'intellectuels, de journalistes et d'hommes politiques qui croient en la rédemption des "Frères musulmans" qu'ils soient devenus démocrates et patriotes ... pour admettre le consensus et gouverner avec eux !

    RépondreSupprimer
  4. QU'Y A-T-IL DE COMMUN ENTRE COMMUNISME, NAZISME ET ISLAMISME ?

    - 3 doctrines qui méprisent l'homme et rejettent qu'il soit au centre du pouvoir et du monde, comme le voulaient les philosophes du siècles des Lumières en développant l'individualisme initié par Jean Jacques Rousseau qui donne à l'homme le droit d'exister en tant qu'individu !

    - Les 3 prétendent faire le bonheur des hommes malgré eux et par la force, en développant une société idéale où l'individu est noyé dans la masse; que les islamistes appellent "la oumma islamiya" dans laquelle tout le monde doit pratiquer le wahhabisme qui fonde leur islamisme.

    - Une dictature au nom d'une idéologie totalitaire :
    ° dictature prolétarienne, chez les communistes,
    ° dictature militaire, chez les nazis,
    ° dictature religieuse chez les islamistes d'inspiration nazie; puisque Hassan El Banna était un grand admirateur d'Hitler.

    - Si dieu est écarté dans les 2 premières et remplacé par le culte du chef (Staline, Hitler ...); Allah est omniprésent dans l'islamisme puisque tout est fait en son nom par des hommes qui se sont auto-proclamés ses défenseurs et de sa religion.

    - Les 3 ne peuvent fonctionner que sur le modèle dictatorial où le pouvoir central passe par les petits chefs qui tentent d'exister en persécutant leurs subordonnés ... ce qui devient le règne de l'arbitraire et l'expression des complexes de ces petits chefs, qui ne sont autres que les petits émirs dans l'islamisme, faisant office de chef de milice au service du calife !

    RépondreSupprimer
  5. LES ISLAMISTES SE JOUENT DE TOUS LES CONCEPTS "POSITIFS" ...

    Ennahdha, ou renaissance, est devenue synonyme d'obscurantisme et de régression chez Ghannouchi !

    Omar el Khayem, cet hédoniste amoureux de la vie et des joies qu'elle procure, un chef jihadiste l'a choisi comme nom de guerre !!

    Voilà jusqu'où va la morgue des islamistes pour ceux qu'ils exècrent, jusqu'à moquer leur concepts "positifs" pour les vider de leur sens !!!

    RépondreSupprimer
  6. BCE & GHANNOUCHI DIVORCENT ?

    Une nouvelle posture du vieux renard ??

    C'était fatal ! Un tel couple ne pouvait fonctionner.
    Tout les oppose..

    Mais c'est trop tard : le mal est fait !

    Nidaa s'est discrédité totalement; et par sa faute, les Frères se sont implantés dans le paysage politique et médiatique tunisien et ont profité de cette alliance pour répandre l'islamisme et le wahhabisme qui le fonde dans la société tunisienne.

    Quel gâchis tout de même que BCE & Nidaa n'aient pas su fructifier l'élan populaire et national qui les a portés au pouvoir pour dégager Ghannouchi et sa bande !

    Leur trahison ne leur sera jamais pardonnée.

    Nidaa finira comme ont fini Ettakattol & CPR : aux oubliettes de l'histoire !
    C'est le sort de ceux qui trahissent leurs électeurs.

    NB : Le gagnant dans cette affaire, c'est malheureusement encore Ghannouchi qui a discrédité Nidaa comme il avait discrédité Ettakataol & CPR !
    Les autres partis tireront-ils une fois pour toute la leçon ?

    http://www.businessnews.com.tn/Nidaa-officialise-sa-rupture-avec-Ennahdha,520,77127,3

    RépondreSupprimer
  7. LA JEUNESSE TUNISIENNE EST A BOUT !

    Tous ses espoirs nés le 14 janvier 2011, sont déçus à cause de contre-révolutionnaires (pan islamistes & pan arabistes) et autres opportunistes, qui se sont emparés de leur révolution ... et de leur révolte !

    Boutheina Ben Abdallah :

    Un grand coup de gueule ce soir qui va déplaire à plusieurs de mes amis, mais j'en ai marre de ces discours qui condamnent les manifestations contre le pouvoir et insultent nos jeunes qui bravent tous les dangers et ont le courage de dire stop !

    Je suis certes contre les opérations de pillage, contre l'attaque des institutions des services publics, contre l'agression des agents de l'ordre mais peut-il y avoir de révolte et contestation sans ces dommages collatéraux ?

    Sans la présence d'intrus qui profitent du chaos pour discréditer toute forme de manifestation, des intrus manipulés par des gens malveillants et mal intentionnés ?

    Mais de là à assimiler tous les manifestants à des bandits, des casseurs, des voleurs ! ça relève d'un mauvais discernement et de la mauvaise foi !

    Nous sommes à longueur de journée, sur Facebook à nous lamenter sur la situation du pays, depuis le gouvernement de la Troïka, en passant par l'alliance diabolique des deux cheikhs (vieux); nous nous plaignons tout le temps de ces choix politiques qui ont conduit notre pays à la faillite, des mesures qui sont exclusivement en faveur d'une seule classe sociale dominante et hégémonique, en faveur de quelques rares régions favorisées, et au détriment d'autres souvent marginalisées, au détriment des laisser-pour-compte, des oubliés de ce pays !

    Une injustice qui commence à s'étendre et à toucher la classe moyenne, les fonctionnaires, les petites entreprises ... et quasiment toutes les couches sociales !

    A-t-on une autre solution pour faire face à ces pratiques mafieuses, à part descendre dans la rue et contester et dire stop à cette avidité sans limites de ceux qui nous gouvernent ? !

    On va attendre quoi ? Qu'ils lisent nos statuts sur nos murs de lamentation de Facebook et qu'ils nous disent qu'ils sont désolés, qu'ils nous donneront notre part du gâteau ? De garder l'espoir que les partis qui nous gouvernent vont se ressaisir ? Et qu'ils vont prendre conscience que ce pays part à la dérive et qu'il n'y a plus d'autre solution que leur départ de ce navire qui coule ? !!

    Vous comptez encore laisser votre pays entre les mains de ces rapaces qui ne seront jamais rassasiés et chercheront encore à vous déplumer ?

    Ces jeunes n'ont plus aucun espoir à part contester et faire face à cet ennemi nuisible ! ils ont tout à gagner, rien à y perdre, ils sont déjà désespérés et à bout de tout !

    Alors, si vous n'avez pas le courage d'accompagner leurs actions, au moins taisez vous et gardez vos insultes pour ceux qui les méritent, ceux qui ont poussé votre pays dans l'impasse !

    RépondreSupprimer
  8. MUNICIPALES : Les jeux sont faits ?

    Hedi Mohamed :

    À voir le nombre de listes, présentées jusque-là, par l’un et l’autre des deux partis qui dominent la scéne politique, on comprend mieux pourquoi ils travaillent de pair et qu’ils soint en parfaite harmonie.

    Les deux vieux ont choisi la voie de la « sagesse », celle de la collaboration et du « tawafuq » (consensus).
    Visiblement, ils maîtrisent l’opération de A à Z; et dans ses moindres détails.

    On peut donc dire d’avance, et avec un peu de fraudes, qu’ils vont rafler tout et qu’ils vont écraser tous les concurrents, exceptés ceux qu’ils garderaient pour un semblant de démocratie.

    Ceux qui veulent rêver, peuvent le faire !
    Moi je ne me fais plus d’illusions sur les résultats.

    Je comprends pourquoi on a laissé traîner le Code des municipalités et des localités civiles. Maintenant, ils peuvent y mettre tout ce qu’ils voudront et ils le voteront aisément.

    Perdre les municipales, est une évidence en ce qui concerne les autres partis.
    Continuer à jouer le jeu, dans pareilles circonstances, relève de la naïveté et de la stupidité politique.

    Pire encore, les choses sont plus dramatiques qu’on ne le pense, parce que les résultats désastreux des municipales augureront de ceux des prochaines législatives. Là aussi, on comprend pourquoi avoir ajourné les municipales par deux fois : On voulait les rapprocher le plus possible des législatives pour faire d'une pierre, deux coups !

    De même, on comprend mieux pourquoi la mise en place du Tribunal Constitutionnel qui traîne depuis des années, tout à coup "ils" nous annoncent, qu’il verra le jour en mars prochain après élection de ses membres !

    Ainsi la boucle est donc bouclée, le piège est fermé et toutes les portes sont verrouillées.

    Voilà où on en est réellement et voilà où nos bougres, nous ont conduits.

    Que faire ?

    Casser toutes leurs stratégies en refusant ces élections.
    Les raisons et les prétextes ne manquent pas :
    Ce serait plus efficace, si nos bougres retirent leurs listes d'une compétition suicidaire. Pour l’instant, tels des autruches, ils ont la tête enfoncée dans le sable : Ils ne voient rien et n’entendent rien !

    Vendredi prochain, quand le dépôt des candidatures sera définitivement clos, ils seront bien obligés de sortir leurs têtes du sable et de voir leurs aveuglement où il les a conduits !

    NB : Je dois rappeler que dans ces élections :
    - Il n’y aura pas le truc des « meilleurs restes », comme dans les élections précédentes.
    - Une liste gagne en totalité ou perd en totalité.
    - Il n’y aura pas de mosaïque, comme certains le disent ou le pensent.

    PS : Diaboliques les deux vieux : ils ont fait des deux élections (municipales et législatives) une arme redoutablement efficace pour éliminer tous les autres pour régner sans partage !
    On s'acheminera alors vers une nouvelle dictature.

    RépondreSupprimer
  9. LE CONSENSUS, CE MONSTRE A DEUX TÊTES !

    Hedi Mohamed​ :

    On dit que l’histoire n’est qu’un perpétuel recommencement.
    Ce que nous vivons, avec le départ de Youssef Chehed, s’est déjà vu, avec celui de son prédécesseur Habib Esside.

    À quelques détails près, c’est la même mise en scène pour leur éviction, avec les mêmes acteurs, les mêmes méthodes et les même objectifs.
    Pas de raison donc pour qu’il n’y ait pas la même fin !

    Pour rafraîchir les mémoires : Habib Esside collaborait à la pièce de théâtre de son départ, pendant que la moitié du pays le soutenait et se faisait de la bile pour lui.
    Ne soyons donc pas naïfs et ne nous arrêtons pas aux apparences, car elles sont souvent trompeuses.

    Tous les scénarios sont possibles, excepté celui qu’on est en train de nous présenter car il est faux !

    Au point où on est, c’est la crise politique, mais une crise parfaitement contrôlée :
    Un petit jeu très malin, conduit par les deux vieux, avec partage des rôles très intelligent et très habile : L’un joue le méchant et l’autre joue le gentil.

    Le départ de Youssef Chehed ne tient qu’à un petit marchandage sous la table.
    À l’heure qu’il est, je pense qu’il est déjà conclu : La municipalité de Tunis et/ou IVD sont des poids suffisamment lourds, pour contrebalancer le départ du gouvernement ! Tout le reste n'est que de la poudre aux yeux.

    La « crise » sera transférée au parlement, qui pour la trancher, nous fera son cinéma habituel autour du consensus qui sauvera la situation !

    Ainsi le gouvernement partira "démocratiquement", comme le stipule la constitution et on ouvrira une nouvelle page vierge, avec du sang frais…
    Tout le monde sera content et le tour est joué.

    Ce que nous vivons actuellement, n’est qu’un coup de brosse que les vieux donnent au « consensus » pour le redorer; puisqu'il constitue la base de leur alliance; et dont ils jouent comme d'un joker !

    Car ils ne tiennent que par le consensus, ne respirent que par consensus et ne peuvent évoluer que dans le consensus.
    Promouvoir le consensus est la seule chose qui compte pour eux.
    Ils le défendront par tous les moyens.

    C’est en tout cas, ce que désirent les « patrons » (EU, UE, Qatar ...)

    A ce petit jeu malin, les deux vieux font d'une pierre plusieurs coups !

    Ils dupent tout le monde, y compris leurs partisans, leurs électeurs et leurs sympathisants.

    RépondreSupprimer
  10. LE CONSENSUS : SOURCE DE PARALYSIE POLITIQUE EN TUNISIE ....

    Une nouvelle constitution s'impose !

    Or l'idée première d'Abir Moussi est de contester la nouvelle constitution puisqu'elle considère qu'il n'y a pas eu de révolution mais plutôt un coup d'Etat ourdi par le Qatar; et donc de revenir à la constitution de 1959 en en retirant les ajouts faits sur mesure pour Bourguiba et pour Ben Ali !

    https://directinfo.webmanagercenter.com/2018/06/30/tunisie-abir-moussi-annonce-le-lancement-dune-campagne-pour-proposer-une-nouvelle-alternative-politique/

    RépondreSupprimer