jeudi 15 janvier 2026

Les Tunisiens sont-ils condamnés à l'autocratie ?

Les Tunisiens viennent de fêter leur 15éme anniversaire de leur "révolution" du 14 janvier 2011 : pour quel résultat ? Ils sont toujours en régime autocratique !

R.B


Quinze ans après la chute de Ben Ali, on se demande pourquoi ça n’a pas marché

Wahid Ferchichi, remet au centre l’essentiel : la liberté comme socle non négociable, en Tunisie comme dans le monde. Quinze ans après le 14 janvier 2011, son diagnostic est lucide - sur l’échec de la transition, l’amnésie démocratique, le recul du droit - mais sans résignation. Il rappelle une idée forte : la dictature n’est pas une fatalité.

Par Frida Dahmani - Publié le 14 janvier 2026 dans Jeune Afrique.
Avec son allure juvénile et son pas décidé, Wahid Ferchichi se fond dans la foule des étudiants de la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis. Mais il ne faut pas s’y tromper : à 55 ans, ce représentant de la tradition juridique tunisienne est depuis août 2024 le doyen de l’établissement. Professeur agrégé en droit public et co-fondateur de l’association tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLI), il a pour credo la liberté. Elle est selon lui le fondement non négociable qui nourrit aussi bien les droits humains que le droit international ou la question environnementale.
En ce quinzième anniversaire de la révolution de 2011, il évoque un début d’année mouvementé pour la communauté internationale et s’interroge sur l’évolution de la Tunisie depuis la chute du régime de Ben Ali.

Frida Dahmani : Droits humains bafoués, conflits sans fin comme la guerre menée par Israël en Palestine, offensive américaine au Venezuela, départ de feu au Yémen… Pourquoi le droit international peine-t-il tant à faire appliquer les règles du vivre-ensemble ?
Wahid Ferchichi : On présente souvent le droit international et son volet des droits humains comme une panacée mais à mon sens, il est perfectible. L’ensemble des normes internationales représente en fait une moyenne de ce que les nations acceptent ou accepteraient pour que chacun puisse faire des concessions. On aboutit ainsi à des textes moyens, parfois édulcorés, qui perdent leur dimension humaine alors qu’ils auraient pu permettre de transcender les difficultés. Les Etats-Unis d’Amérique, spécialistes de l’exportation des guerres, sont le pays qui ratifie le moins les conventions internationales, partant du principe que le droit américain est plus développé que ladite convention. Avec des variantes : cette attitude suprémaciste n’est pas nouvelle; elle est aussi adoptée par Israël.
Frida Dahmani : Sommes-nous aujourd’hui dans une période de droit international à minima ?
Wahid Ferchichi : Dans les faits, on est loin du minimum qui aurait permis, peut-être, une certaine cohabitation des nations. Le bât blesse en particulier dans l’application de ce droit. On se demande aujourd’hui à quoi il sert et à quoi servent les institutions internationales et nationales. Le droit est pourtant nécessaire aux plus faibles et il ne faudrait pas, parce qu’il est actuellement malmené, appeler par facilité, par ignorance ou par manipulation à ce qu’il n’existe plus.
On a oublié que le droit conférait à l’humain, même lorsqu’il est coupable de crimes contre l’humanité, une dignité. On a pu le voir lors du procès de Nuremberg [intenté de 1945 à 1946 contre des responsables du Troisième Reich]. Aujourd’hui, on assiste à un mépris de l’humain avec des prises de position publiques pour un retour des dictatures à la Saddam Hussein ou à la Kadhafi. Il y a de quoi être blessé par cette amnésie.
Il faut toujours rappeler que, même durant les pires moments de l’histoire, il y a toujours eu des hommes et des femmes qui ont dit non, que ce soit en 1933, en 1934, en 1939, en 1946, durant la guerre de Vietnam et à l’occasion d’autres conflits. Ces consciences existent, même si on ne leur donne que peu de moyens et qu’on tente de les museler et de les réduire.
Il y a des cycles, parfois on fait tout pour oublier, pour se protéger. À d’autres moments on fait dans la surenchère, toujours plus dans le spectaculaire et le déni sans que certaines questions ne s’imposent à partir d’un degré de prise de conscience et la nécessité de recentrer les problématiques. Cela relève de la même démarche qui fait que 15 ans après le 14 janvier 2011 et la chute de Ben Ali, on se demande : « pourquoi ça n’a pas marché ? »
Frida Dahmani : C’est le sujet de cette journée en effet : pourquoi les choses ont-elles tourné ainsi en Tunisie ?
Wahid Ferchichi : Beaucoup d’éléments n’ont pas aidé pour que ça marche. Mais l’essentiel est qu’au cours des 15 derniers siècles de notre histoire, nous n’avons jamais été, dans nos régions, des peuples qui ont connu la liberté ou qui ont été des citoyens. Le processus démocratique entamé en Tunisie n’a duré que quelques années, avec les entraves du terrorisme, le manque d’un certain développement économique et social. L’impact du processus n’a pas été ressenti individuellement dans un sens positif, les gens ne se sont pas reconnus dans cette démarche.
Il faut avoir fait l’apprentissage de la liberté pour pouvoir réagir à la dictature. Ce petit processus n’a pas produit de citoyens ni une masse de Tunisiens et de Tunisiennes qui croient en la liberté, en la démocratie comme un moyen parmi d’autres. Le coup qui lui a été porté le 25 juillet 2021 [lors du coup de force institutionnel du président Kaïs Saïed] se veut fatal mais je crois absolument à la lumière après ce passage par des méandres. D’ailleurs les pays dits de l’Est, avant la Seconde Guerre mondiale, ont tous vécu des moments similaires dans leurs différents et brefs processus vers la liberté. À la chute du mur de Berlin, ils se sont tous inspirés de leurs anciens processus pour accéder à la liberté.
Frida Dahmani : Quel rapport avec la Tunisie ?
Wahid Ferchichi : Une fois close la parenthèse actuelle, il est intolérable que le choix soit celui d’une dictature ou celui des islamistes. Il est clair que nous ne voulons ni de l’un ni de l’autre. L’autre voie est de reprendre le processus. La période 2011-2021 a montré que c’était possible. Ce temps a été fondamental : nous avons fait l’expérience d’élections démocratiques libres, ressenti que l’on pouvait ne pas avoir peur. Actuellement les Tunisiens se demandent quelle sera l’alternative, exactement comme à la veille de 2011.
Frida Dahmani : Il y a tout de même eu des tentatives de restauration durant cette période…
Wahid Ferchichi : En effet, on assiste à des réapparitions de figures de l’ancien régime. Ces dernières portent des idées en décalage total avec une jeunesse qui a grandi avec la révolution et qui n’a jamais connu que des moments de liberté. Ces jeunes, souvent, n’ont pas compris en 2021 qu’il fallait préserver les acquis de liberté alors que les indicateurs montraient un glissement autocratique. On aura beau expliquer, il y a aura toujours une frange de jeunes qui ira vers le conservatisme ou vers les tendances d’extrême droite.
La nostalgie des régimes qui ont soi-disant assuré la stabilité a produit de l’uniformité. Ces jeunes ont compris, beaucoup sont partis, mais j’espère que désormais ils ont intégré que le bien le plus précieux, le plus fragile, est la liberté. C’est le biais à partir duquel le processus peut être relancé pour se dérouler et se déployer d’autant plus aisément que beaucoup témoigneront que la liberté a un temps été possible. C’est ce qui avait permis de reconnaître la civilité de l’État et la liberté de conscience. C’est pourquoi ces dix années, en montrant que « c’est possible », représenteront un jour un repère qui a enclenché un processus, basé sur la volonté des Tunisiens d’être libres.
Frida Dahmani : Cette volonté n’implique-t-elle pas aussi une responsabilité ?

Wahid Ferchichi : Bien entendu. Mais en se basant sur cette idée que la liberté doit être responsable, il y a eu un glissement de la liberté. Elle a été sacrifiée au regard de la responsabilité. À choisir, je sacrifie la responsabilité pour préserver la liberté pour les citoyens.

samedi 10 janvier 2026

LE WAHHABISME : RETOUR A L'ENVOYEUR ?

Les Frères musulmans dont le wahhabisme fonde l'action politique, n'ont eu de cesse de répandre cette doctrine dans le monde arabe mais aussi en Occident depuis la chute du mur de Berlin, pour prendre le pouvoir. 

L'Occident qui a cru bon de laisser se répandre l'islamisme dans le monde "arabe" et de soutenir les Frères musulmans jusqu'à les imposer aux "Arabes" à la faveur du fumeux "printemps arabe", persuadé qu'il ne touchera pas les Occidentaux et qu'il restera cantonné dans les pays musulmans; poursuit son aveuglement et son déni de l'islamisation rampante des sociétés occidentales ... 

Il fallait pour dénoncer Les Frères musulmans, que ce soit les Emirats Arabes Unis qui mettent en garde les Occidentaux sur les dangers de l'islamisme qui les guettent et se méfient de la contamination de leur jeunesse par le wahhabisme bien implantéen Occident jusque dans ses institutions, universitaires comprises ! 

Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre; et il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir !

R.B  

Adrien Bez

«Complètement fou» : les Émirats arabes unis freinent les inscriptions dans les universités britanniques par peur d’une radicalisation islamiste.

Abou Dhabi, qui craint l’influence des Frères musulmans et a interdit la confrérie sur son territoire en tant qu’organisation terroriste, milite de longue date pour que les pays européens fassent de même.

Les universités du Royaume-Uni sont-elles gangrenées par l’islamisme radical (le wahhabisme) ? C’est bien ce que craignent les Émirats arabes unis, qui ont décidé de tenir leurs étudiants éloignés de ces campus en limitant les inscriptions, affirment ce vendredi deux médias britanniques de premier plan, The Times  et le Financial Times, citant des responsables proches du dossier. Ils expliquent que le financement fédéral dédié à ces inscriptions a été réduit, Abou Dhabi invoquant notamment des inquiétudes quant à l’influence des Frères musulmans, qu’ils ont interdits sur leur territoire en tant qu’organisation terroriste.

«Complètement fou», s’est étonné le vice-président américain J. D. Vance sur le réseau social X. «Certains de nos meilleurs alliés musulmans dans le Golfe estiment que l’endoctrinement islamiste dans certaines parties de l’Occident est trop dangereux.»

Le gouvernement émirien accorde des bourses généreuses aux étudiants du pays pour partir étudier à l’étranger. Les fonds doivent couvrir les frais de scolarité, de voyage, de subsistance ou encore d’assurance maladie. Le Royaume-Uni n’est pas totalement banni des destinations possibles : les jeunes Émiriens pourront toujours partir y faire leurs études, à condition que leurs familles assument elles-mêmes les frais. Ils n’étaient pas moins de 8500 sur les campus britanniques fin 2024, leur nombre ayant doublé depuis 2017.

Les Frères musulmans dans le viseur

Les Émirats arabes unis militent de longue date pour que les différents pays européens reconnaissent la confrérie des Frères musulmans comme terroriste et l’interdisent sur leurs territoires. Au Royaume-Uni, ils ont notamment «mené une campagne de lobbying qui a incité le gouvernement conservateur de David Cameron  à ouvrir une enquête sur le groupe en 2014», assure The Times. L’enquête était parvenue à la conclusion que les convictions du groupe étaient contraires aux valeurs britanniques, mais n’avait pas trouvé suffisamment de preuves pour l’interdire.

En France, l’organisation a fait l’objet d’un long rapport commandé à deux hauts fonctionnaires et dévoilé fin mai. Les Frères musulmans y sont décrits comme une «menace pour la cohésion nationale». Le rapport pointe notamment leur influence dans certains établissements scolaires. Emmanuel Macron avait demandé au gouvernement de lui faire des «propositions» au vu de la «gravité des faits». Pour Jordan Bardella, qui défend l’interdiction de la mouvance, la position des Émirats arabes unis est «un renversement qui en dit long sur notre aveuglement et notre faiblesse face à cet obscurantisme qui s’installe chez nous», comme il l’a écrit sur X ce vendredi.

Mercredi 7 janvier, les députés de la commission des Affaires européennes ont adopté une proposition de résolution visant à inscrire la mouvance sur la liste européenne des organisations terroristes. Le texte avait été déposé en mai 2025 par le député des Alpes-Maritimes Éric Pauget (Droite Républicaine). En Europe, seule l’Autriche a inscrit la confrérie sur sa liste noire. Les Frères musulmans sont par ailleurs interdits en Russie, en Syrie, en Égypte, en Arabie saoudite, à Bahreïn et en Jordanie.

 

 

À lire aussi Éducation, implantation associative, lobbying institutionnel : le plan des Frères musulmans pour islamiser en douceur la civilisation occidentale 

mardi 6 janvier 2026

LE NOUVEL ORDRE MONDIAL SELON TRUMP-POUTINE-JINPING ...

 ... ou le retour à la loi du plus fort, celle de la jungle !


Article publié dans : Agoravox

Les EU selon Trump ...

A la sortie de la première guerre mondiale, il y eut la SDN (Société des Nations) pour régler les problèmes entre les nations. Cette organisation internationale établie par le traité de Versailles en 1919, cherchait à prévenir les conflits par la coopération internationale, mais son incapacité à prévenir les agressions l’a conduite à disparaître en 1946, dominée qu'elle était par les puissances coloniales d'alors : l'Angleterre et la France, qui avaient redessiné le monde selon leurs intérêts et auxquelles bon nombres de pays doivent leurs "frontières" parfois dessinées en dépits des réalités ethniques des peuples, si elle n'étaient tracées à la serpe, en ligne droite ! Occasion pour ces puissances de s'accaparer des territoires comme l'avait fait la France en Algérie; quand pour agrandir ce nouveau département français, elle avait empiété sur le Maroc et la Tunisie... les amputant d'une bonne partie de leur territoire pour "le sécuriser" et mis la main sur tout le Sahara !  

A la sortie de la deuxième guerre mondiale, en 1946 l’ONU a pris le relais, avec l’espoir que les leçons du passé seraient mieux appliquées. A son tour l'ONU, dominée par les nouvelles puissances que sont devenues les EU et l'URSS, vainqueurs de la deuxième guerre mondiale, sera à leur merci par leur droit de veto qui la ridiculise régulièrement quand elles bafouent le droit international !


Lorsque des puissances majeures instrumentalisent le droit pour atteindre des objectifs géopolitiques, les mécanismes de contrôle et de contestation perdent de leur crédibilité.

Le problème n’est pas uniquement celui des États adversaires; il réside aussi dans la perception que les démocraties, en privilégiant les droits humains et les principes universels, se heurtent parfois à des choix pragmatiques et à des compromis qui alimentent le cynisme politique.


Le droit international n'a jamais vraiment existé. Le veto à l'ONU à rendu vaines les condamnations portées. Et le refus de nombreux pays de signer l'adhésion à la Cour Pénale Internationale, a fait que cette juridiction ne s'est occupée que de "petits dictateurs" car son action à géométrie variable ne s'attaquait jamais aux "grands dictateurs".

Dès lors, il ne faut pas s'étonner que les populistes méprisent le droit : qu'il soit national ou international, et jouent jeu franco une politique sans tabou; contrairement aux démocraties qui instrumentalisent les droits humains, les principes universels et le droit international, à des fins non avouables !


Par lassitude, les citoyens face à ce qu’ils perçoivent comme des élites déconnectées des réalités, cherchent des leaders promettant des solutions simples et visibles, ouvrant la porte au populisme où les notions de souveraineté, de sécurité et de revalorisation économique deviennent centrales, au détriment des compromis internationaux et du respect scrupuleux du droit.


Pour certains dirigeants, le droit devient un outil, rarement une fin en soi. Le droit peut être ignoré lorsque les coûts politiques semblent faibles et les bénéfices stratégiques élevés; d’où les démonstrations de force, les menaces nucléaires, les invasions ou les annexions unilatérales, qui saperont durablement la confiance dans les cadres multilatéraux.

Et le leadership sera réaffirmé par les "hommes forts" :

- Trump : positionnant les Etats-Unis comme gendarme et arbitre du monde, en alternant actions unilatérales et alliances circonstancielles, tout en affichant une rhétorique de sécurité nationale et d’intérêt national. Il s'en fiche de la démocratie, du droit international, des peuples. Ce qui l'intéressé, ce sont les richesses d'un pays : or jaune, or noir, or blanc et autres minerais... sur lesquels il veut mettre la main par tous les moyens.

- Poutine : veut consolider une sphère d’influence européenne et post-soviétique, utilisant des interventions directes et des formes de coercition hybridées (information, cyberespace, insinuations militaires).

- Jinping : promeut une Chine affirmant sa souveraineté et son rôle de puissance globale, utilisant des mécanismes économiques, technologiques et politiques pour remodeler les règles en contexte asiatique et mondial.


Les interdépendances économiques restent fortes, mais les alliances et les chaînes d’approvisionnement se restructurent sous l’emprise de calculs géoéconomiques de dépendances mutuelles réévaluées dans les domaines du commerce, de l’énergie et des technologies sensibles, ce qui peut conduire à une fragmentation partielle du système commercial mondial.


La sécurité et les sphères d’influence seront les nouvelles lignes de fracture. Car si depuis l’après-guerre, le monde a tenté de s’organiser autour d’institutions et de normes destinées à limiter l’anarchie internationale, pour remplacer le droit du plus fort par un cadre commun, celui du droit international, des organisations multilatérales et des mécanismes de coopération; l’histoire récente montre que ce cadre est mis à rude épreuve lorsque des puissances majeures privilégient leurs intérêts nationaux au détriment des règles collectives.

La faute à qui ? Evidemment aux "démocraties" qui ont décrédibilisé les valeurs civilisationnelles, nées de la révolution française, quand elles pratiquent la règle de "deux poids, deux mesures" face aux abus des uns et des autres.

On se rappelle que les premiers bébés de l'ONU furent le Pakistan et Israël. Et c'est eux qui seront les premiers à décrédibiliser cette instance quand ils bafouent ses règles et le droit international, soutenus en cela par les puissances qui les soutiennent quand elles usent et abusent de leur droit de véto pour secourir leurs "protégés" pour des raisons stratégiques de politique interne ou internationale. Ridiculisant par la même ces instances internationales, devenues la risée du monde entier, quand leurs résolutions sont bafouées et que le droit internationale devient à géométrie variable.

Israël ayant même dépassé par ses abus toutes les limites, en bafouant sans cesse les valeurs qui ont présidé à la naissance de l'ONU... dont le droit international. Détenant le record de résolutions non respectées par ce pays !

Ainsi l'ONU finira enterrée par l'enfant qu'elle avait enfanté : Israël !

Et comme l'histoire le démontre régulièrement, derrière ces instances internationales, il y a toujours des puissances qui s'en servent pour masquer leurs convoitises, sous de bons sentiments :

- Bush sous prétexte de répandre la démocratie au Moyen Orient et de faire tomber le dictateur Saddam Hussein qui entraînera, selon lui, dans sa chute les autres dictateurs de la région comme dans un jeu de domino, il a déclenché la guerre en Irak, alors qu'il convoitait son or noir !

- Trump sous le prétexte fallacieux de "sécurité des EU", prétend combattre lui aussi les dictateurs et les narcotrafiquants; alors qu'il convoite la richesse de leur pays, en l'occurrence l'or jaune et l'or noir du Venezuela dont il vient d'enlever le président Nicolas Maduro; en totale contradiction avec lui-même; puisqu'il demande de gracier son ami, le dictateur Jair Bolsonaro !

Et voilà comment le président Trump transforme les EU, gendarme du monde et champion de la démocratie, en bandit ; et donne ainsi le feu vert à Poutine pour faire de l'Ukraine et des ex-pays du pacte de Varsovie, sa chasse gardée; ainsi qu'à Jinping de pouvoir désormais récupérer Taiwan sans coup férir ni subir les foudres des EU; puisque lui-même veut faire de l'Amérique du Nord et celle du sud, la chasse gardée des EU ! 

Ainsi, "donnant-donnant", les trois nouveaux maîtres du monde reconfigureront, à leur tour, la nouvelle mappemonde, en acceptant les convoitises des uns et des autres, au mépris des règles universelles et du droit international, avec un pied-de-nez à l'UE marginalisée par ses divisions internes et que ces nouveaux maîtres du monde feront tout pour l'affaiblir. 

Comment s'étonner dès lors, de la multiplication des dictateurs parmi les "petits" ; quand les "grands" bafouent le droit international et le droit national pour suspendre les élections et les libertés civiles, pour proclamer l’état d’urgence pour un oui pour un nom, pour gouverner par décret, pour réprimer leurs opposants politiques, pour ne pas respecter les procédures de l’État de droit; et pour instaurer le culte de la personnalité centré sur eux-mêmes, en semant la terreur ?

- Netanyahu peut réaliser son grand Israël et chasser ce qui reste de Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza ... au nom de la "sécurité" d'Israël !

- Poutine peut récupérer l'Ukraine et d'autres pays de l'ancien pacte de Varsovie; lui aussi au nom de la " sécurité de la Russie !!

- Jimping peut récupérer Taiwan qui faisait partie de la Chine d'antan...

- Erdogan qui se rêve nouveau Sultan d'un empire Ottoman disloqué par les puissances coloniales franco-anglaise, peut récupérer les provinces ottomanes, confisquées par les Anglais et les Français ...

Tout compte fait, ce sont toujours les puissances qui ont "dessiné" le monde à leur guise. Les "frontières" changeant selon leurs intérêts. Celles établies par les puissances coloniales espagnoles & portugaises, ont été changées par les puissances coloniales franco-anglaises; lesquelles à leur tour seront redessinées par les puissances actuelles EU & Russie... ainsi va le monde, l'homme étant un loup pour les hommes, guidé par sa cupidité... et le reste n'est qu'hypocrisie.

Triste réalité !

Triste humanité !!

Rachid Barnat







dimanche 9 novembre 2025

A quand l'aggiornamento de l'islam ?

Depuis que l'homme s'est organisé en société, très vite des chefs se sont attribués le pouvoir de le diriger et de le dominer. Et quoi mieux que la religion pour sacraliser leur pouvoir quand ils s'autoproclament Dieu ou serviteurs de Dieu. Les Pharaons ont développé un système sophistiqué de gouvernance des peuples par la religion. 
Avec l'apparition des religions monothéistes, des chefs se sont proclamés défenseurs de Dieu s'ils ne détenaient leur pouvoir de lui, prétendent-ils. D'où la règle " Un roi - Une foi - Une loi ", que les chefs ont toujours tenté d'imposer pour dominer les peuples. 
Avec les dérives et les bus des chefs, certains ont remis en question la domination des peuples par la religion. 
Il sera suivi par Martin Luther qui dénonçait la vente des indulgences par le Pape, et fonde le protestantisme qui a permis au christianisme de se moderniser. 
Pour le Judaïsme, il faut attendre Napoléon qui voulant assimiler les juifs en leur accordant la citoyenneté, a demandé à leurs chefs spirituels d'accepter la prééminence des lois civiles sur leurs lois religieuses. 
Il reste aux musulmans de faire l'aggiornamento de l'islam ... pour admettre la laïcité et adapter cette religion à notre époque. Cette réforme devenue indispensable, pourrait se faire en France, pays des Lumières, berceau de la laïcité et pays des libertés; par les musulmans de France dont les pays d'origine, autocratiques pour la plupart sinon dictatoriaux, n'autorisent ni la liberté de penser ni celle de s'exprimer.

R.B

Spinoza

« L’Islam : la Vérité qu’aucun leader religieux n’ose affronter », de la chaîne « La Puissance de la Raison », est une analyse philosophique des religions révélées, et plus particulièrement de l'Islam, à travers la pensée de Baruch Spinoza.

Voici la retranscription du contenu de la vidéo : 

Avez-vous déjà réfléchi à la raison pour laquelle certains sujets disparaissent simplement du débat public ? Pourquoi certaines analyses philosophiques sur la religion sont-elles réduites au silence, oubliées ou délibérément ignorées ?

Aujourd'hui, nous allons plonger dans l'un des travaux les plus controversés et courageux de l'histoire de la philosophie.

Nous allons explorer ce que Barouch Spinoza, l'un des penseurs les plus brillants du siècle, a révélé sur l'Islam et sur toutes les religions révélées.

Et préparez-vous, car ce qu'il a découvert dérange profondément ceux qui profitent du contrôle de la foi d'autrui. 

Spinoza n'a pas attaqué la spiritualité authentique, il a attaqué la manipulation, il a attaqué l'usage politique de la religion. 

Et ses conclusions sur l'Islam, aussi troublantes que ses analyses sur le judaïsme et le christianisme, découvrons ensemble pourquoi aucun leader religieux ne veut que vous connaissiez ces idées.

Barouch Spinoza est né à Amsterdam en 1632 dans une famille de juifs séfarades qui avaient fui l'Inquisition portugaise. Il a été éduqué dans la tradition juive, a étudié le Talmud, la Torah, les textes sacrés. 

Mais Spinoza possédait quelque chose de dangereux : un esprit libre. Il a commencé à questionner, il a commencé à lire de la philosophie, des sciences, des textes interdits. Et plus il étudiait, plus il réalisait que quelque chose ne correspondait pas.

Les écritures sacrées qui devaient être la parole divine étaient remplies de contradictions, de récits politiques, de manipulations humaines.

En 1656, à 24 ans, Spinoza a été excommunié de la communauté juive d'Amsterdam. Le cherem, l'excommunication, fut l'une des plus sévères jamais enregistrées. Il a été maudit, expulsé, condamné à l'ostracisme total. Pourquoi ? Parce qu'il a osé dire que Dieu n'était pas un vieil homme barbu dans le ciel dictant des lois, parce qu'il a osé dire que les écritures étaient des œuvres humaines écrites par des hommes avec des agendas politiques et parce qu'il a osé appliquer cette même logique à toutes les religions révélées, y compris l'Islam.

Dans le Traité théologico-politique, publié anonymement en 1670, Spinoza a fait quelque chose de révolutionnaire : il a appliqué la méthode historico-critique aux écritures sacrées. Il a analysé la Bible comme n'importe quel autre texte historique, en enquêtant sur l'auteur, le contexte politique, les intentions. Et ses conclusions ont été dévastatrices.

Il a démontré que Moïse n'a pas écrit le Pentateuque, que les miracles étaient des interprétations fantaisistes d'événements naturels, que les prophètes n'étaient pas des porte-paroles de Dieu, mais des hommes avec des imaginations vives et des agendas politiques.

Et puis Spinoza est allé plus loin : il a appliqué cette même analyse au christianisme et à l'Islam. Il a perçu un schéma universel. Toutes les religions révélées suivent la même structure de contrôle :

  • Toutes prétendent avoir un accès exclusif à la vérité divine. 
  • Toutes utilisent la peur de la punition éternelle pour contrôler les comportements. 
  • Toutes créent des hiérarchies de pouvoir où quelques-uns interprètent la volonté de Dieu pour les masses; et 
  • Toutes font taire ceux qui questionnent.

Comprenons ce que Spinoza a réellement dit sur l'Islam :

Premièrement, il est crucial de comprendre que Spinoza n'attaquait pas les musulmans en tant que personne ; il analysait la structure théologico-politique de l'Islam comme système.

Et qu'a-t-il découvert ?

Que l'Islam, tout comme le judaïsme et le christianisme, est né dans un contexte de lutte politique et de consolidation du pouvoir. 

Mohamed, selon Spinoza, était un leader politique génial qui comprenait parfaitement comment utiliser la religion pour unifier des tribus arabes fragmentées. La révélation divine n'était pas une communication surnaturelle, c'était une stratégie politique brillante.

Dans le Traité théologico-politique, chapitre 1, Spinoza écrit : "Les prophètes étaient des hommes dotés d'une imagination extraordinaire, non d'un esprit spéculatif supérieur." Il continue : "Dieu a adapté ses révélations à la compréhension et aux opinions préconçues des prophètes."

Qu'est-ce que cela signifie ?

Que lorsque Mohamed affirmait recevoir des révélations d'Allah, il projetait en réalité ses propres convictions morales et politiques à travers le langage religieux. Cela ne fait pas de lui un menteur, cela fait de lui un produit de son temps utilisant les outils disponibles pour atteindre des objectifs politiques légitimes : unifier son peuple, établir des lois, créer un ordre social.

Spinoza a perçu quelque chose de fondamental à propos du Coran : tout comme la Torah et les évangiles, le Coran n'est pas seulement un texte religieux, c'est un document politique. Il contient des lois civiles, des régulations commerciales, des instructions militaires, des codes de conduite sociale.

Pourquoi ?

Parce que Mohamed ne fondait pas seulement une religion, il construisait un État. Et pour construire un État au 7e siècle dans la péninsule arabique, vous aviez besoin d'une autorité absolue. Comment obtenir une autorité absolue dans une société tribale ? Vous affirmez que vos ordres viennent directement de Dieu. Vous transformez vos décisions politiques en commandement divin. Vous rendez la désobéissance à votre autorité équivalente à la désobéissance à Dieu lui-même. C'est brillant, c'est efficace et c'est exactement ce que Moïse a fait, ce que Jésus et ses disciples ont fait, et ce que Mohamed a fait.

Regardons un exemple concret : dans le Coran, il y a des instructions très spécifiques sur le partage du butin de guerre, sur le traitement des prisonniers, sur les alliances militaires. Pourquoi Dieu se préoccuperait-il de ces détails pratiques ? Spinoza pose cette question dérangeante.

Sa réponse :

Parce que ces révélations n'ont jamais été divines. Elles étaient les décisions d'un leader politique sage qui comprenait qu'il devait réguler chaque aspect de la vie de sa communauté naissante.

Pensez-y, Mohamed était entouré de tribus bédouines qui se battaient constamment entre elles. Il avait besoin de règles claires pour maintenir la cohésion, il avait besoin de lois sur le mariage pour éviter les conflits de clan, il avait besoin de régulations économiques pour assurer une distribution juste des ressources.

Mais comment imposer ces règles à des guerriers farouches et indépendants ? En disant que ces règles viennent de lui ? Non. En disant qu'elles viennent de Dieu.

Spinoza va encore plus loin dans son analyse. Il examine les descriptions du Paradis et de l'Enfer dans le Coran et il remarque quelque chose de fascinant : les récompenses promises aux croyants reflètent exactement ce qui manquait aux Arabes du désert au 7e siècle : des jardins luxuriants avec des rivières, des fruits abondants, des vierges, du vin qui ne rend pas ivre. Qu'est-ce que cela nous dit ? Que le Paradis islamique est une projection parfaite des désirs d'un peuple vivant dans un environnement hostile et aride. Ce n'est pas une révélation universelle et intemporelle, c'est une vision profondément ancrée dans un contexte géographique et temporel spécifique.

Un Inuit du Groenland ne rêverait jamais d'un paradis rempli de jardin et de chaleur ; il rêverait probablement de chasse abondante et peut-être de chaleur humaine.

La géographie façonne la théologie, le besoin humain façonne la révélation divine, c'est ce que Spinoza démontre avec une logique implacable.

Maintenant parlons de ce qui rend cette analyse vraiment dangereuse pour les autorités religieuses.

Spinoza ne dit pas que Mohamed était mauvais, il ne dit pas que l'Islam est pire que les autres religions. Au contraire, il dit que toutes les religions révélées fonctionnent selon le même mécanisme de contrôle social. Et c'est précisément ce qui terrifie les leaders religieux. Parce que si vous acceptez l'analyse de Spinoza sur l'Islam, vous devez l'accepter aussi pour le judaïsme et le christianisme. Si le Coran est un document politique déguisé en révélation divine, alors la Torah l'est aussi, les évangiles aussi. Tous les textes sacrés deviennent soudainement des artefacts historiques, des produits de leur époque, des outils de pouvoir, plutôt que des vérités éternelles. Et cela détruit complètement le monopole des clercs sur la vérité spirituelle.

Pensez au pouvoir que les leaders religieux exercent : les Imams, les Rabbins, les Prêtres.

Tous affirment avoir une compréhension spéciale de la volonté divine. Ils se positionnent comme intermédiaires nécessaires entre Dieu et les croyants ordinaires.

Mais si Spinoza a raison, si les textes sacrés sont des créations humaines, alors ces intermédiaires ne sont plus nécessaires. Chaque personne peut lire, interpréter et questionner par elle-même. L'autorité religieuse s'effondre, le pouvoir se dissout.

Et c'est exactement pourquoi le Traité théologico-politique a été immédiatement interdit dans presque toute l'Europe.

Les autorités chrétiennes, juives et même certaines voix musulmanes qui en ont entendu parler, toutes ont reconnu le danger que représentait cette philosophie.

Mais il y a quelque chose de plus profond encore dans l'analyse de Spinoza. Il ne se contente pas de déconstruire les religions révélées, il propose une alternative. Pour Spinoza, Dieu n'est pas un être personnel qui donne des ordres et punit la désobéissance. Dieu est la Nature elle-même, Deus sive Natura (Dieu est la nature). Tout ce qui existe est une manifestation de la substance divine unique. Les lois de la nature sont les lois de Dieu. Comprendre la nature, c'est comprendre Dieu. Cette vision panthéiste détruit complètement le fondement des religions révélées. Si Dieu est la nature, alors il n'y a pas de révélation spéciale, il n'y a pas de peuples élus, il n'y a pas de prophètes privilégiés. Il y a seulement la réalité observable, accessible à tous ceux qui utilisent leurs raisons.

La vraie spiritualité, selon Spinoza, consiste à comprendre notre place dans l'ordre naturel, à vivre selon la raison, à cultiver la joie et à aider les autres, pas à obéir aveuglément à des commandements prétendument divins.

Appliquons cette vision à l'Islam spécifiquement.

Que se passe-t-il si un musulman adopte la perspective spinosiste ? Il peut toujours apprécier la beauté poétique du Coran. Il peut toujours trouver de la sagesse dans certains de ses enseignements moraux. Il peut toujours valoriser la communauté et les rituels qui donnent un sens à sa vie. Mais il ne se sent plus obligé de croire littéralement que l'ange Gabriel a dicté chaque mot à Mohamed. Il ne se sent plus obligé d'accepter que les lois du 7e siècle doivent s'appliquer universellement au 21e siècle. Il devient libre de choisir ce qui résonne avec sa raison et son expérience et de laisser de côté ce qui ne fonctionne plus. C'est une révolution spirituelle personnelle; et c'est précisément, ce que les autorités religieuses ne peuvent pas tolérer.

Regardons maintenant comment cette analyse s'applique aux structures de pouvoir actuelles dans le monde islamique. Dans de nombreux pays musulmans, la religion et l'État sont profondément entrelacés. Les lois religieuses, la Charia, régulent non seulement la vie spirituelle mais aussi la vie civile, commerciale, familiale. Les érudits religieux, les Oulémas, exercent une influence énorme sur la politique, l'éducation, la justice. Pourquoi ? Parce que le modèle établi par Mohamed, selon l'analyse de Spinoza, était précisément celui d'une théocratie où le religieux et le politique sont inséparables. Mohamed n'était pas seulement un prophète spirituel, il était un chef militaire, un législateur, un juge, un chef d'État. L'Islam, dès sa naissance, a été conçu comme un système total régissant tous les aspects de la vie. Et ce modèle perdure aujourd'hui dans de nombreux endroits.

Mais voici la question critique que Spinoza nous force à poser : ce modèle sert-il réellement la spiritualité authentique des croyants ou sert-il principalement à maintenir le pouvoir de ceux qui contrôlent l'interprétation religieuse ? Quand un gouvernement impose des lois religieuses sous peine de punition sévère, est-ce de la foi ou de la coercition ? Quand des érudits religieux déclarent que questionner certaines doctrines est un blasphème punissable de mort, cherchent-ils vraiment à protéger la vérité divine ou protègent-ils leur propre autorité

Spinoza nous donne les outils pour poser ces questions inconfortables. Il nous montre que le véritable test d'une religion n'est pas sa prétention à la vérité révélée, mais ses effets concrets sur la liberté, la dignité et le bien-être humain.

Prenons un exemple concret et sensible : Le statut des femmes dans certaines interprétations de l'Islam. Le Coran contient des passages qui, interprétés littéralement, suggèrent une subordination des femmes aux hommes. Les femmes héritent de la moitié de ce que les hommes héritent, le témoignage de deux femmes équivaut au témoignage d'un homme, les hommes ont autorité sur les femmes. Comment les autorités religieuses justifient-elles ces dispositions aujourd'hui ? En disant que c'est la volonté divine immuable révélée par Dieu lui-même.

Mais que se passe-t-il si nous appliquons l'analyse de Spinoza ? Ces lois reflètent simplement les normes sociales du 7e siècle dans la péninsule arabique.

À cette époque, dans ce contexte, ces régulations représentaient peut-être même un progrès relatif par rapport aux pratiques tribales antérieures où les nouveau-nés filles étaient enterrées vivantes. Mais les présenter comme des vérités divines éternelles applicables à toutes les époques est une manipulation qui sert les intérêts de ceux qui bénéficient de ces structures de pouvoir patriarcal.

Spinoza écrit dans le Traité théologico-politique : "La méthode d'interpréter l'Écriture ne diffère en rien de la méthode d'interpréter la nature. Elle s'accorde même entièrement avec elle."

Qu'est-ce que cela signifie ?

Nous devons lire les textes sacrés avec la même rigueur critique que nous appliquons à n'importe quel autre document historique. Nous devons comprendre le contexte dans lequel ils ont été écrits. Nous devons identifier les motivations politiques et sociales des auteurs. Nous devons reconnaître les contradictions et les incohérences. Et nous devons avoir le courage d'admettre que ces textes ne sont pas infaillibles, simplement parce qu'ils prétendent être divins. Cette approche est aussi valable pour le Coran que pour la Bible.

Maintenant, imaginez ce qui se passerait si cette méthode critique était enseignée largement dans le monde musulman. Si les jeunes étudiants apprenaient à analyser le Coran comme un texte historique plutôt que comme une dictée divine littérale. Si les universités islamiques adoptaient une approche historico-critique des Hadiths et de la Sira nabaouyia (tradition prophétique). Qu'arriverait-il ? Une révolution intellectuelle. Des interprétations rigides et littéralistes perdraient leur emprise. Les justifications religieuses pour la violence, l'oppression, la discrimination s'effondreraient. Les croyants deviendraient libres de séparer les principes éthiques universels des règles culturelles spécifiques. L'Islam pourrait se réformer de l'intérieur, tout comme le christianisme et le judaïsme l'ont fait dans de nombreux contextes. Mais cette réforme menace directement le pouvoir des gardiens traditionnels de l'orthodoxie. C'est pourquoi les idées de Spinoza restent dangereuses, même aujourd'hui, presque quatre siècles après sa naissance.

Dans certains pays musulmans, simplement posséder ou lire certaines œuvres philosophiques critiques peut être dangereux. Les penseurs qui osent appliquer une critique rationnelle aux textes sacrés sont accusés d'apostasie, de blasphème, de corruption. Ils sont censurés, emprisonnés, parfois tués. Pourquoi une telle violence ? Parce que les questions qu'ils posent menacent les fondements mêmes du pouvoir religieux établi :

  • Si le Coran est un texte humain, alors les Oulémas perdent leur autorité exclusive.
  • Si la Charia est un système juridique historiquement contingent, alors les juges religieux perdent leur monopole sur la justice.
  • Si la foi devient une affaire personnelle de raison et de conscience, plutôt qu'une obéissance collective à des dogmes, alors toute la structure de contrôle social s'effondre.

Mais réfléchissons aussi aux conséquences pratiques de cette censure intellectuelle.

Quand une société interdit la pensée critique sur la religion, que se passe-t-il ? Les jeunes perdent la capacité d'adapter leur foi aux défis du monde moderne. Ils se retrouvent piégés entre deux options également insatisfaisantes : soit accepter aveuglément des doctrines qu'ils trouvent de plus en plus difficiles à croire, soit rejeter complètement la religion et perdre leur ancrage spirituel et culturel. Il n'y a pas d'espace pour une troisième voie, une voie mature et critique qui honore la tradition tout en l'interprétant avec sagesse et raison. Cette rigidité crée des tensions énormes, alimente l'extrémisme d'un côté et l'athéisme militant de l'autre. Personne n'en bénéficie, sauf ceux qui profitent du conflit et de la division.

Spinoza nous offre précisément cette troisième voie. Il nous montre qu'il est possible d'être profondément spirituel sans être superstitieux. Il nous montre qu'il est possible de valoriser la sagesse des traditions religieuses sans accepter aveuglément chaque affirmation surnaturelle. Il nous montre qu'il est possible de critiquer les structures de pouvoir religieux sans manquer de respect aux croyances sincères.

Et il nous montre que la vraie piété consiste à vivre selon la raison et l'amour, non à obéir par peur à des commandements autoritaires. Cette vision est aussi pertinente pour les musulmans d'aujourd'hui qu'elle l'était pour les Juifs et les Chrétiens du 17e siècle.

Parlons maintenant d'un aspect spécifique que Spinoza analyse : le concept de loi divine versus loi humaine.

Dans l'Éthique, son œuvre maîtresse, Spinoza explique que les vraies lois divines sont les lois de la nature, universelles et immuables. Elles ne dépendent pas de la croyance. La gravité fonctionne que vous y croyez ou non. Les principes éthiques fondamentaux comme ne pas tuer, ne pas voler, traiter les autres avec respect, découlent de la nature sociale de l'humanité et de la nécessité de coopération pour survivre. Ces principes se retrouvent dans toutes les cultures, dans toutes les religions, précisément parce qu'ils sont universellement nécessaires.

En revanche, les lois spécifiques des religions révélées : les rituels particuliers, les interdits alimentaires, les codes vestimentaires ... tout cela est contingent, culturel, humain.

Ces lois peuvent avoir eu une fonction sociale utile dans leur contexte original, mais les présenter comme commandements divins éternels, est une erreur philosophique et une manipulation politique.

Appliquons cette distinction à l'Islam :

Les cinq piliers de l'Islam sont la chahada (la profession de foi), la prière cinq fois par jour, l'aumône, le jeûne du Ramadan et le pèlerinage à La Mecque.

Selon Spinoza, aucun de ces rituels n'est intrinsèquement divin. Ce sont des pratiques qui créent une identité communautaire, renforcent la discipline personnelle, redistribuent la richesse et unifient les croyants à travers des expériences partagées. Tout cela est précieux et utile, mais ce ne sont pas des commandements de Dieu au sens métaphysique. Ce sont des institutions humaines, conçues pour des objectifs sociaux spécifiques. Comprendre cela ne diminue pas nécessairement leur valeur, cela change simplement notre relation avec eux. Nous les pratiquons non par peur de la punition divine, mais parce que nous reconnaissons leur utilité pratique et symbolique.

Et quand ces pratiques ne servent plus leurs objectifs originaux ou quand elles entrent en conflit avec des valeurs éthiques plus fondamentales, nous avons la liberté de les adapter ou de les abandonner.

Prenons l'exemple du jeûne du Ramadan :

Pour une personne vivant dans un climat désertique avec des journées de longueur raisonnable, jeûner du lever au coucher du soleil pendant un mois peut être un défi gérable qui cultive la discipline et l'empathie pour ceux qui ont faim. Mais que dire d'un musulman vivant dans le nord de la Norvège pendant l'été où le soleil ne se couche pratiquement jamais ? Doit-il jeûner 22 heures par jour et risquer sa santé ? Ou peut-il adapter la pratique au contexte ?

Les autorités religieuses débattent de telles questions avec une casuistique complexe, essayant de concilier la lettre de la loi avec la réalité pratique.

Mais avec l'approche spinosiste, la réponse est simple : la pratique doit servir le bien-être humain et la croissance spirituelle. Si elle ne le fait pas dans un contexte donné, adaptez-la.

Il n'y a pas de Dieu tyrannique dans le ciel qui compte vos heures de jeûne. Il y a seulement vous, votre conscience et votre engagement envers ce qui est vraiment bon et juste.

Voici peut-être l'insight le plus radical de Spinoza concernant toutes les religions révélées, y compris l'Islam : les textes sacrés obtiennent leur autorité non de leur origine divine prétendue, mais de la sagesse qu'ils contiennent effectivement. Un commandement n'est pas bon parce que Dieu l'a donné. Au contraire, nous attribuons à Dieu les commandements que nous reconnaissons déjà comme bons par notre raison naturelle. Cela inverse complètement la logique traditionnelle.

Selon la théologie orthodoxe, le meurtre est mauvais parce que Dieu l'a interdit.

Selon Spinoza, Dieu est dit avoir interdit le meurtre parce que nous reconnaissons par la raison que le meurtre détruit la coopération sociale et le bien-être humain.

La moralité précède la révélation, elle ne la suit pas.

Cette inversion a des implications énormes. Cela signifie que nous n'avons pas besoin de religion révélée pour être moraux. Cela signifie que nous pouvons et devons évaluer les commandements religieux selon des critères éthiques indépendants. Cela signifie que quand un texte sacré prescrit quelque chose que notre raison et notre conscience rejettent comme cruel ou injuste, nous avons non seulement le droit mais le devoir de rejeter cette prescription. Nous ne sommes pas obligés de torturer notre raison pour la faire correspondre à des textes anciens. Nous pouvons reconnaître que ces textes reflètent les limitations morales de leur époque et continuer notre propre quête d'éthique rationnelle. 

Pensez à quel point cette approche est libératrice. Un jeune musulman qui lutte avec certains enseignements coraniques qu'il trouve moralement problématiques n'a pas à choisir entre la foi et la conscience. Il peut reconnaître que le Coran contient à la fois une sagesse profonde et des éléments culturellement datés. Il peut garder ce qui résonne avec sa raison et sa conscience et laisser le reste comme artefact historique. Il n'a pas à se sentir coupable ou apostat. Il honore simplement la capacité rationnelle que Dieu ou la nature lui a donné. C'est une spiritualité adulte, mature, responsable. Mais c'est aussi une spiritualité que les autorités religieuses ne peuvent pas contrôler et c'est pourquoi elles la combattent si férocement.

Maintenant abordons l'éléphant dans la pièce : la violence religieuse.

Spinoza écrit abondamment sur comment les religions révélées, quand elles fusionnent avec le pouvoir politique, produisent inévitablement de l'intolérance et de la violence. Pourquoi ? Parce que si vous croyez vraiment posséder la vérité absolue révélée par Dieu lui-même, alors tous ceux qui ne sont pas d'accord avec vous sont non seulement dans l'erreur, mais en rébellion contre Dieu. Ils méritent d'être punis. Les sauver de leur erreur devient un devoir sacré, même si cela nécessite la force. C'est ainsi que naissent les Inquisitions, les Croisades, les Jihads, les persécutions de tout type.

Ce n'est pas que certaines religions sont intrinsèquement plus violentes que d'autres, c'est que toutes les religions révélées contiennent le germe de l'intolérance quand elles prétendent au monopole de la vérité divine.

L'histoire de l'Islam, comme celle du christianisme et du judaïsme, contient à la fois de magnifiques exemples de tolérance et des épisodes terribles de persécution. Il y a eu des périodes et des lieux où les sociétés musulmanes étaient parmi les plus tolérantes et cosmopolites du monde, accueillant Juifs, Chrétiens, Zoroastriens, permettant le débat philosophique et scientifique. L'Espagne médiévale sous domination musulmane, Bagdad sous les Abassides ... ces lieux ont produit des merveilles de culture et de savoir.

Mais il y a eu aussi des périodes de rigidité, de persécution des hérétiques, de violence contre les non-croyants et les apostats.

Qu'est-ce qui fait la différence ?

Selon Spinoza, la différence se trouve dans le degré de séparation entre autorité religieuse et autorité politique, et dans le degré de liberté de pensée tolérée. Quand les clercs contrôlent l'État, quand le blasphème devient un crime civil, quand l'orthodoxie religieuse est imposée par la force, la violence suit inévitablement.

Quand les individus sont libres de penser, questionner, interpréter par eux-mêmes, quand la diversité religieuse est tolérée, quand l'État reste neutre en matière de doctrine, alors la paix et la prospérité fleurissent.

Ce n'est pas une coïncidence, c'est un principe observable historiquement : les sociétés les plus libres et les plus prospères sont celles qui ont séparé la religion du pouvoir coercitif de l'État. Les sociétés les plus oppressives et les plus stagnantes sont celles qui ont fusionné les deux. C'est vrai, que vous parliez de l'Europe chrétienne médiévale, de l'Iran théocratique moderne ou de n'importe quel autre exemple.

Spinoza plaide donc passionnément pour la liberté de pensée et d'expression, même et surtout en matière religieuse.

Dans le Traité théologico-politique, chapitre 20, il écrit : "Dans un état libre, il est permis à chacun de penser ce qu'il veut et de dire ce qu'il pense." Il argumente que cette liberté n'est pas seulement compatible avec la paix sociale, mais absolument nécessaire pour elle. Pourquoi ? Parce que supprimer la liberté de pensée ne supprime pas la pensée elle-même. Les gens continueront à penser, à douter, à questionner en privé. Mais s'ils ne peuvent pas exprimer leurs doutes ouvertement, s'ils doivent constamment simuler une conformité qu'ils ne ressentent pas, cela crée une société d'hypocrites et de délateurs. La confiance sociale s'érode, la créativité intellectuelle meurt, et tôt ou tard, les tensions accumulées explosent en violence.

Appliquons cela au monde islamique contemporain.

Dans certains pays, des blogueurs, des écrivains, des intellectuels sont emprisonnés ou tués simplement pour avoir exprimé des doutes sur des doctrines religieuses orthodoxes. Des femmes qui retirent le hijab sont harcelées. Des athées doivent cacher leur non-croyance sous peine de mort. Des musulmans qui se convertissent à d'autres religions sont considérés comme apostats méritant l'exécution. Tout cela est justifié par référence au Coran et à la tradition prophétique.

Mais que se passe-t-il réellement ? Une petite élite de gardiens religieux utilise la violence et la peur pour maintenir son pouvoir sur la vie spirituelle et intellectuelle de millions de personnes. Et ils le font au nom de Dieu, en affirmant protéger la foi. Mais, comme Spinoza le démontre, ils ne protègent pas la foi ; ils protègent leur propre autorité. La vraie foi n'a pas besoin de protection violente.

La vérité peut se défendre par la raison et l'argument.

Imaginons maintenant un monde musulman qui aurait embrassé les principes spinosistes.

Un monde où le Coran serait étudié comme un texte historique fascinant et profond, mais pas comme une dictée divine littérale. Un monde où chaque musulman serait libre d'interpréter sa foi selon sa propre raison et conscience. Un monde où la Charia ne serait pas imposée par l'État, mais où les principes éthiques universels seraient codifiés dans des lois civiles démocratiques. Un monde où les femmes auraient une pleine égalité, où les minorités religieuses seraient respectées, où l'apostasie ne serait pas un crime, mais un choix personnel. Un monde où la critique intellectuelle de la religion serait non seulement tolérée, mais encouragée comme signe de vitalité intellectuelle.

Est-ce que cela détruirait l'Islam ?

Au contraire. Cela pourrait le revitaliser, le rendre pertinent et puissant pour le 21e siècle, tout comme les Réformes protestantes et les Lumières ont revitalisé le christianisme en Europe.

Certains pourraient objecter que cette vision est une forme d'impérialisme occidental, une tentative d'imposer des valeurs européennes laïques sur l'Islam. Mais c'est une mauvaise compréhension.

Spinoza ne plaidait pas pour l'occidentalisation, il plaidait pour l'universalisation de la raison.

Et la raison n'appartient à aucune culture, elle est une capacité humaine universelle.

Il y a eu et il y a des penseurs musulmans qui sont arrivés à des conclusions similaires indépendamment : les Mu'tazilites du IXe siècle qui insistaient sur le rôle central de la raison dans la compréhension religieuse ; les philosophes comme Averroès qui harmonisaient la philosophie grecque avec l'Islam ; les réformateurs modernes comme Mohamed Arkoun, Nasr Hamid Abou Zeid, Abdelkarim Sorouch, qui appliquent des méthodes critiques aux textes islamiques. Ces penseurs ne sont pas moins authentiquement musulmans parce qu'ils pensent de manière critique. Ils représentent une tradition rationnelle au sein de l'Islam lui-même.

Le problème est que cette tradition rationnelle a été largement supprimée par les forces de l'orthodoxie rigide. Après les Mu'tazilites, sont venus les Asharites qui ont rejeté le rationalisme. Après Averroès, est venue une longue période de fermeture intellectuelle. Les portes de l'Ijtihad (l'interprétation indépendante) ont été déclarées fermées. L'imitation aveugle des autorités passées (taqlid) est devenue la norme.

Et cette stagnation intellectuelle a eu des conséquences désastreuses pour les sociétés musulmanes. Pendant que l'Europe passait par la Renaissance, la Réforme, les Lumières, la révolution scientifique, le monde musulman restait largement figé dans des interprétations médiévales. Ce n'est pas parce que l'Islam est intrinsèquement antirationaliste, c'est parce que les structures de pouvoir religieux ont étouffé la pensée critique.

Spinoza nous montre le chemin de sortie de cette impasse. Il nous montre que critiquer les structures de pouvoir religieux n'est pas un manque de respect envers la spiritualité, mais au contraire, son expression la plus élevée. Il nous montre que la vraie piété consiste à chercher la vérité avec courage, où qu'elle mène, non à répéter des formules par peur. Il nous montre que Dieu ou la nature nous a donné la raison précisément pour que nous l'utilisions, non pour que nous l'abandonnions au profit de l'obéissance aveugle.

Et il nous montre que les sociétés qui honorent la liberté de pensée prospèrent, tandis que celles qui la suppriment stagnent et souffrent.

Voilà la vérité qu'aucun leader religieux n'ose affronter : non pas que leur texte sacré soit faux, car beaucoup contiennent une sagesse réelle ; non pas que leur rituel soit sans valeur, car beaucoup créent du sens et de la communauté ; mais que leur prétention à l'autorité divine exclusive est une illusion, que leur pouvoir repose sur la manipulation de la peur et de l'espoir humain, que leurs structures hiérarchiques servent principalement leurs propres intérêts, et que leurs affirmations de vérité absolue sont incohérentes avec la diversité observable de l'expérience et de la pensée humaine.

Spinoza a révélé tout cela il y a presque quatre siècles, et ses insights restent aussi pertinents et aussi dangereux aujourd'hui.

Terminons par une réflexion personnelle.

Si vous êtes musulman et que vous avez lu jusqu'ici, vous vous sentez peut-être troublé, peut-être même en colère. C'est compréhensible. Ces idées remettent en question des croyances profondément ancrées. Mais je vous invite à considérer ceci : Spinoza ne vous demande pas d'abandonner votre foi ou votre identité. Il vous demande seulement d'examiner honnêtement les fondations de cette foi, de distinguer entre ce qui est véritablement spirituel et éthique et ce qui est simplement contrôle social déguisé en commandement divin, d'honorer votre propre capacité rationnelle autant que vous honorez la tradition, et de reconnaître que vous avez le droit et le devoir de penser par vous-même, même en matière de religion.

Si vous n'êtes pas musulman, vous pourriez être tenté de voir cette analyse comme une confirmation de vos préjugés contre l'Islam. Résistez à cette tentation. Tout ce que Spinoza dit sur l'Islam s'applique également au judaïsme et au christianisme. Toutes les religions révélées fonctionnent selon les mêmes mécanismes. Toutes mélangent sagesse et superstition, éthique et pouvoir, aspiration spirituelle et manipulation politique. Le défi n'est pas de rejeter l'Islam spécifiquement, mais de développer une approche critique et rationnelle envers toutes les affirmations de vérité révélée, quelle que soit leur origine.

Dans ce texte comme dans notre vidéo, notre objectif n'a pas été d'affirmer que la vision de Spinoza est la seule correcte ni d'induire quiconque à la dé-croyance. Nous avons simplement présenté l'analyse philosophique de l'un des plus grands penseurs de l'histoire occidentale appliquée à l'Islam, comme il l'a appliquée à toutes les religions révélées.

Spinoza lui-même serait le premier à dire que ses idées doivent être examinées rationnellement, non acceptées par autorité. Notre intention est d'ouvrir un espace pour la pensée critique, d'encourager la réflexion indépendante, et de permettre à chacun de décider par soi-même.

Nous ne présentons pas une vérité absolue, mais une proposition philosophique qui mérite d'être connue et débattue.

La foi authentique n'a rien à craindre de la réflexion honnête.

Voilà la vision de Spinoza : une proposition radicale qui bouleverse les fondements des religions organisées, une philosophie qui libère la spiritualité de la superstition et l'éthique de l'autorité arbitraire, une invitation à penser par soi-même, à vivre selon la raison et à chercher le divin dans la nature observable plutôt que dans les proclamations de prophètes autoproclamés.