lundi 27 juillet 2015

La Tunisie, un pays arabe ?

Le tunisien aurait-il le complexe de l'arabité ? Pourtant certains se voudraient plus arabes que les arabes d'Arabie. Ce qui fait rire les arabes d'Arabie qui tiennent à la pureté de leur ethnie bédouine du désert d'Arabie et méprisent tout prétendu arabe.
R.B
sayah
Les Tunisiens, par on ne sait quel enchantement, semblent vouloir revenir sur leur passé pour se définir comme Arabes. Or, il semble extrêmement réducteur de réduire la culture tunisienne à l’arabité. Ce compromis artificiel repose sur le désir de se rattacher à un passé glorieux.
“ Nous les Arabes avons fait … Nous les Arabes avons inventé … Nous sommes fiers d’être Arabes… ! ”. Ces phrases semblent si artificielles dans la bouche d’un tunisien !
La culture tunisienne et les tunisiens sont-ils arabes ?
Certes, l’influence arabe a été grande dans la construction de la culture tunisienne. Suite aux invasions arabes du 7e siècle, les Arabes ont su éliminer de la culture tunisienne les vestiges de son passé païen et chrétien. La Tunisie, avant d’être arabe, a été successivement, phénicienne, carthaginoise ou punique, province romaine, chrétienne, siège de l’Église d’Afrique. Elle est ensuite passée sous domination vandale, puis byzantine pour être enfin conquise par les Arabes.
Les Arabes ont su imposer leur langue en Tunisie, ainsi que leur religion. En cela, la Tunisie a été profondément arabe pendant un millénaire, dans la période médiévale.
La conquête ottomane a permis à la Tunisie une certaine émancipation. La Tunisie ottomane est devenue, comme Istanbul, et d’autres cités ottomanes, une terre d’accueil, cosmopolite. La culture tunisienne a alors été redessinée, non seulement par l’influence turque, mais également à travers les innombrables vagues immigratoires de peuples étrangers vers la Tunisie. Tunis, notamment, était un véritable melting pot dès le 17e siècle. Y cohabitaient et s’y mêlaient des populations aux origines et aux langues diverses : arabes, juifs séfarades, berbères, maures, sénégalais, maliens, soudanais, espagnols, siciliens, italiens, sardes, maltais, français, grecs, chypriotes, turcs, géorgiens, abkhazes, circassiens et autres peuples du Caucase etc. En cela, la Tunisie était ottomane car elle ressemblait au reste de l’Empire ottoman : mosaïque pluriethnique, multiconfessionnelle et essentiellement méditerranéenne.
Ces nombreux peuples n’ont pas simplement transité par les terres tunisiennes. Ils s’y sont installés, y ont vécu, apportant avec eux leur culture et leur langue. Ainsi, la lange et la culture tunisiennes, qui n’étaient plus qu’arabes à la fin du Moyen-âge, se sont-elles enrichies de mille influences, pour devenir uniques, originales, et surtout méditerranéennes.
Cette Tunisie, à travers la mise en place du Beylicat et de sa stabilité, est restée ottomane et méditerranéenne. La dernière influence à s'ajouter à cette mosaïque : c'est la culture française, par l’instauration du Protectorat.
C’est le fruit de ce mélange qui constitue notre culture actuelle, sachant que la culture proprement tunisienne s’est formée pendant la période ottomane.
Certains Tunisiens, semblent vouloir revenir sur leur passé pour se définir comme Arabes. Or, il semble extrêmement réducteur de réduire la culture tunisienne à l’arabité. Ce compromis artificiel repose sur le désir de se rattacher à un passé glorieux, celui de Haroun El Rachid, de l’Empire Arabe qui s’est étendu de l’Espagne jusqu'en Inde… Mais vouloir s’attribuer une gloire qui nous est étrangère, et à laquelle nous n’avons pas participé, me semble être le symptôme d’un profond malaise. Et puis, il semble difficile de comprendre que l’on puisse être fier d’être Arabe (surtout quand on n’est pas arabe), c’est à dire de se rattacher à une culture et un peuple qui vit dans un obscur moyen-âge depuis le 16e siècle, et dont on a du mal à le voir en sortir.
On aurait pu trouver plus glorieux et moins agonisant dans notre histoire pour raviver notre fierté : Carthage, Rome, l’Empire Ottoman …
Mais ce que je vous propose ici, ce n’est pas d’affirmer de manière pathétique notre fierté pour un passé auquel nous n’avons pas participé. Je vous propose plutôt d’affirmer la réalité de ce que nous sommes.
Si les pays voisins du Maghreb peuvent de manière réaliste se déclarer Arabo-Berbères, les Tunisiens ne le peuvent pas, du fait des spécificités de leur histoire, des multiples conquêtes, et des mille origines de ce peuple et de cette culture. Certains arabes voient dans la Tunisie une sorte de culture bâtarde, ni Arabe ni Occidentale, ou bien un peu des deux. Ceux-là n’ont rien compris, à part le fait que nous ne sommes pas arabes, du moins pas seulement. Nous ne sommes pas plus arabes qu’italiens ou turcs.
La culture tunisienne est unique, originale, elle a été façonnée par les échanges et les implantations de nombreux peuples. Nous sommes avant tout tunisiens, et il serait stupide de renier l’essentiel de notre culture pour nous dire arabes. La culture tunisienne est cette mosaïque méditerranéenne unique en son genre. Nous ne pouvons pas réduire la Tunisie à un sous-ensemble de sa culture. Tout au plus, peut-on dire que la culture tunisienne est avant tout tunisienne, mais qu’elle s’insère dans la culture méditerranéenne et ottomane. C’est aussi cette spécificité culturelle qui a permis à la Tunisie d’accéder à la modernité, voyant apparaître des thèses rationalistes et en faveur de l’émancipation de la Femme, chez les théologiens tunisiens, tels que Cheikh Salem Bouhageb, dès le 19e siècle, alors que la femme est encore au stade d'objet dans le reste du monde arabe qui ne nous ressemble pas.
Cette affirmation se vérifie lorsqu’un Tunisien confronte un étranger : il comprendra sans doute mieux la langue maltaise que celle du Yéménite ou même du Marocain; il s’identifiera plus facilement aux mœurs du Grec ou du Sicilien qu’à celles du Libyen ou du Koweïtien; il reconnaîtra une partie de ses plats nationaux à la table du Turc, de l’Arménien, du Circassien, tous Ottomans, de l’Algérien, maghrébin comme lui, mais ne saurait nommer un plat saoudien !
Cela conduit à affirmer que les Tunisiens, bien avant d’être arabes, sont méditerranéens !

2 commentaires:

  1. Un témoignage qui confirme le mépris dans lequel les arabes tiennent tous les prétendus arabes !

    Taieb Zitoun​ :
    Quand j'étais à Paris pour mon troisième cycle, j'avais un ami linguiste doctorant qui est parti pour enseigner en Arabie Saoudite.
    Trois mois après son départ, il était déjà de retour.

    La raison en est qu'un jour, lors d'une séance de TD, il a vu un étudiant qui faisait un geste d'appel avec son doigt, le maître assistant regarde à gauche et à droite croyant que l'étudiant s'adressait à un de ses camarades, mais l’étudiant l'interpelle en lui disant "inta, inta" (toi, toi !).
    Étonné le professeur va le voir avec un livre ouvert dans sa main !!

    Quel était son étonnement quand l'étudiant lui dit texto : " Intoum barbar, fougra, jayine tabhathou almasari indna " (Vous êtes des berbères, pauvres; vous venez prendre notre argent) !

    Énervé, le prof le frappe avec le livre qu'il avait dans sa main, pris son sac, rentre chez lui, fait ses valises et directe à l'aéroport : direction Paris !!

    http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2012/05/import-export-tel-que-pratique-par-les.html

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  2. QUAND DES ARABOPHONES SE PRENNENT POUR DES ARABES !

    Curieux que certains tunisiens oublient que la Tunisie a connu dans sa longue histoire plusieurs périodes de colonisations : romaine, byzantine, arabe, espagnole, turque, française ... et que le peuple tunisiens est un melting-pot des différentes populations méditerranéennes : grecque, crétoise, siciliennes, sardes, turques et autres peuples ayant fait parti de l'empire ottoman ... ou d'Afrique noire ...

    Pourquoi alors certains s'obstinent-ils à s'assimiler à leurs colonisateurs arabes venus d'Arabie ? Ce qui est sûr c'est qu'ils n'ont aucun attachement à l'identité tunisienne pour vouloir la remplacer par une identité d'emprunt qui soumettra la Tunisie à leurs maîtres d'Arabie.

    Ces pseudo arabes complexés d'arabité, s'ils savaient dans quel mépris les bédouins d'Arabie les tiennent ... puisqu'ils se revendiquent seul peuple arabe pur, le reste n'étant que de la m ..., !!

    Les espagnol ont mis 8 siècles pour dégager leurs colonisateurs "arabo-musulmans" et retrouver leur identité ibérique dont ils sont fiers !

    Combien en faudra-t-il pour les tunisiens pour se débarrasser de ce complexe d'infériorité à vouloir se raccrocher à leurs colonisateurs bédouins d'Arabie;
    et revendiquer leur réelle identité : TUNISIENNE, dont la base est berbère qui s'est mélangée à tous les peuples du bassin méditerranéen !

    Zakaria Bouker​ :
    J'ai pris de mon temps pour lire plusieurs constitutions et je n'ai jamais rencontré le terme "appartenance" dans la constitution d'un pays : ni de l’Italie au Canada, ni du Japon à la Chine, ni la Grande Bretagne aux protestants, ni de la Serbie aux slavo-orthodoxes ...

    Ce serait littéralement une invitation à occuper son pays par des forces étrangères que de mentionner l'appartenance à un autre Etat ou à un groupe d’États !

    Même l'Union Européenne qui est un super État dans les faits, il n'existe une telle mention dans aucune constitution des pays qui la composent.

    Il n'y a qu'en Tunisie qu'on se définit comme "arabe-musulman" !
    Et on s’étonne que l’Arabie envahit le Yémen, que la Turquie occupe l’Irak.

    A la prochaine occasion de la révision de la constitution, je demanderai de définir la Tunisie comme pays appartenant à la Tunisie; question de clouer le bec à Ghannouchi une fois pour toutes.

    D'ailleurs ça donne quoi une appartenance au monde arabe ?
    Il n'y a pas un seul pays arabe qui ne soit en guerre avec ses voisins arabes !

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