mercredi 18 novembre 2015

Vous avez dit islamisme modéré ?

Les Français découvrent dans leur chair l'islamisme "modéré", tant vanté par leurs responsables politiques de droite comme de gauche ... quand ils le vendaient aux "arabes du printemps arabe" !
La cupidité et la stupidité des responsables politiques européens ont permis l'expansion de l'islamisme chez les "arabes" se croyant à l'abri de ses méfaits !
Or les occidentaux commencent à se rendre compte que leurs responsables jouaient avec le feu !! 
Le seul espoir pour mettre en échec l'hydre wahhabite, aussi bien chez les "arabes" qu'en Occident, viendra de la société civile occidentale ... si elle est vraiment décidée d'y mettre un terme !!!
R.B
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(Historiens)

« Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient »

Soyons réalistes, demandons l’impossible, Clamaient dans les rues de Paris les utopistes de mai 1968. 
Etre réaliste aujourd’hui, c’est réclamer à ceux qui gouvernent d’aller aux racines de ce mal qui le 13 novembre a tué au moins 129 personnes dans la capitale française. Elles sont multiples, et il n’est pas question d’en faire ici l’inventaire. Nous n’évoquerons ni l’abandon des banlieues ni l’école ni la reproduction endogamique d’élites hexagonales incapables de lire la complexité du monde. Nous mesurons la multiplicité des causes de l’expansion de l’islamisme radical.

Comme nous savons à quel point l’étroitesse des rapports entretenus dans tout le monde arabe entre les sphères politique et religieuse a pu faciliter son émergence, Nous n’avons aucune intention simplificatrice. Mais aujourd’hui, c’est la politique internationale d’une France blessée, et de l’ensemble du monde occidental, que nous voulons interroger.

Sur l’islamisme d’abord. Depuis le début de sa montée en puissance dans les années 1970, les dirigeants occidentaux se sont convaincus qu’il devenait la force politique dominante du monde arabo-musulman. Addiction au pétrole aidant, ils ont renforcé le pacte faustien les liant aux Etats qui en sont la matrice idéologique, qui l’ont propagé, financé, armé. Ils ont, pour ce faire, inventé l’oxymore d’un « islamisme modéré » avec lequel ils pouvaient faire alliance.

Le soutien apporté ces derniers mois au régime turc de M. Erdogan dont on connaît les accointances avec le jihadisme, et qui n’a pas peu contribué à sa réélection, en est une des preuves les plus récentes. La France, ces dernières années, a resserré à l’extrême ses liens avec le Qatar et l’Arabie saoudite, fermant les yeux sur leur responsabilité dans la mondialisation de l’extrémisme islamiste.

Le jihadisme est avant tout l'enfant des Saoud et autres émirs auxquels elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués, faisant fi des « valeurs » qu’elle convoque un peu vite en d’autres occasions. Jamais les dirigeants français ne se sont posé la question de savoir ce qui différencie la barbarie de Daesh de celle du royaume saoudien. On ne veut pas voir que la même idéologie les anime.

Cécité volontaire

Les morts du 13 novembre sont aussi les victimes de cette cécité volontaire. Ce constat s’ajoute à la longue liste des soutiens aux autres sanglants dictateurs moyen-orientaux – qualifiés de laïques quand cela convenait – de Saddam Hussein à la dynastie Assad ou à Khadafi – et courtisés jusqu’à ce qu’ils ne servent plus. La lourde facture de ces tragiques inconséquences est aujourd’hui payée par les citoyens innocents du cynisme à la fois naïf et intéressé de leurs gouvernants.

L’autre matrice du délire rationnel des tueurs jihadistes est la question israélo-palestinienne. Depuis des décennies, les mêmes dirigeants occidentaux, tétanisés par la mémoire du judéocide perpétré il y a soixante-dix ans au cœur de l’Europe, se refusent à faire appliquer les résolutions de l’ONU susceptibles de résoudre le problème et se soumettent aux diktats de l’extrême droite israélienne aujourd’hui au pouvoir, qui a fait de la tragédie juive du XXe siècle un fonds de commerce.

On ne dira jamais assez à quel point le double standard érigé en principe politique au Moyen-Orient a nourri le ressentiment, instrumentalisé en haine par les entrepreneurs identitaires de tous bords.

Alors oui, soyons réalistes, demandons l’impossible. Exigeons que la France mette un terme à ses relations privilégiées avec l’Arabie saoudite et le Qatar, les deux monarchies où l’islam wahhabite est la religion officielle, tant qu’elles n’auront pas coupé tout lien avec leurs épigones jihadistes, tant que leurs lois et leurs pratiques iront à l’encontre d’un minimum décent d’humanité.

Exigeons aussi de ce qu’on appelle « la communauté internationale » qu’elle fasse immédiatement appliquer les résolutions des Nations unies concernant l’occupation israélienne et qu’elle entérine sans délai la création trop longtemps différée de l’Etat palestinien par le retour d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967.

Ces deux mesures, dont riront les tenants d’une realpolitik dont on ne compte plus les conséquences catastrophiques, n’élimineront pas en un instant la menace jihadiste, aujourd’hui partout enracinée. Mais elles auront l’immense mérite d’en assécher partiellement le terreau. Alors, et alors seulement, les mesures antiterroristes prises aujourd’hui en l’absence de toute vision politique pourraient commencer à devenir efficaces.



7 commentaires:

  1. 13 Novembre 2015 : date du début de la fin de Daesh ?

    Kader Abderrahim, chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste du Maghreb et de l’islamisme, s’est exprimé lundi lors d’une interview accordée à Sputnik en estimant que l’EI « a commis une grosse erreur stratégique ».

    Selon ce spécialiste de l’islamisme, « l’histoire retiendra que la défaite de l’Etat islamique a eu lieu le 13 novembre 2015 à Paris », car désormais, tout le monde se mobilisera pour lutter contre l’EI.

    En effet, le spécialiste a expliqué son opinion par le fait que le groupe terroriste s’était attaqué « à la jeunesse de manière complètement aveugle, parce que parmi les victimes du vendredi soir il y avait de tout. C’est tout l’ensemble de la jeunesse qui a été fauché ».

    Or, c’est exactement pour cela que M. Abderrahim suppose, que les peuples des différents Etats seront d’ores et déjà unanimes sur les questions concernant la lutte contre les djihadistes.

    « La mobilisation contre l’Etat Islamique va être massive, importante et va concerner tout le monde et je crois que cette fois-ci personne ne va critiquer ou contester l’idée que tous doivent se mobiliser pour combattre l’Etat islamique », estime-t-il.

    Pour lui, les événements tragiques du 13 novembre à Paris pousseront les gens à s’unir pour venir à bout de l’une des plus grandes menaces pour la sécurité mondiale qu’est le djihadisme islamique dont les idéologies n’ont rien à voir avec l’islam.

    Selon lui, la date du 13 novembre deviendra le jour de la « défaite de l’Etat islamique ».

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  2. Alex Panzani :

    Le seul tournant c'est Hollande qui l'a pris contraint et forcé (même si on ne s'en plaindra pas) tant sur le plan sécuritaire qu'international ou il avait tout faux.

    Enfin on n'entendra plus Fabius expliquer que les djihadistes d'Al Qaïda bombardé par les Russes sont des "résistants".
    Fini l’obsession anti-Bachar.

    On ne peut qu'espérer que l'exécutif soit enfin cohérent, et qu'il ne gère plus la France comme les courants de ce qui reste du PS.
    Mais on peut avoir des doutes tant la seule culture qu'Hollande a de l'Etat, demeure politicienne, comme le montre le fait qu'il continue à ne pas nommer l'ennemi.

    Sans parler de son premier ministre qui depuis quelques temps a montré toutes ses limites intellectuelles et qui continue d'enfiler les perles :
    Comme la dernière sur sur nos puissants alliés que sont l'Arabie Saoudite et le Qatar dans la guerre au terrorisme !

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  3. Salut et fraternité contre toutes les oppressions
    Donatien le Furtif
    pour le blog http://www.disons.fr/

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  4. LES CITADELLES SE PRENNENT DE L’INTÉRIEUR !

    C'est ce que disent et font les Frères musulmans !
    Et les pétrodollars du Qatar font le reste.

    Aux Français de se réveiller et de bouger s'ils ne veulent se retrouver submergés par l'hydre wahhabite.

    http://www.lopinion.fr/edition/economie/islam-jeu-ambigu-cgt-90979

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  5. Michel COLLON : J'ACCUSE ...

    http://stopmensonges.com/terrorisme-michel-collon-accuse-et-lance-un-appel/

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  6. DE QUI SE MOQUE David CAMERON ?

    Qui peut croire un seul instant qu'il soit sincère dans sa lutte contre les Frères musulmans, grands protégées de ses amis pétromonarques ?

    Les anglais n'ont-ils pas fait de Londres la capitale des islamistes de tous poils, réactivant par la même occasion une stratégie qu'ils étaient les premiers à avoir utiliser et que les américains reprennent à leur compte : favoriser et soutenir le wahhabisme comme moyen de COLONIALISME ... et de nos jours de néo- COLONIALISME, dirions-nous ... pour dominer les peuples dits "arabo-musulmans" !!

    http://www.tunisiefocus.com/politique/ghannouchi-et-freres-seront-suivis-a-loupe-royaume-unis-138196/

    http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.fr/2013/02/le-wahhabisme-au-service-du-colonialisme.html

    http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.fr/2015/11/comment-lislam-avait-vaincu-le.html

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  7. LE CONSTAT DE Sophie BESSIS :

    « Aujourd’hui, 5 ans après la révolution, la Tunisie ne va pas très bien.

    La démocratie dans ce pays est très fragile parce qu’il y a des alliances politiques qui sont extrêmement compliquées à fonctionner pragmatiquement.

    Le gouvernement actuel est composé à la fois des partis Nidaa Tounes et Ennahda, précédemment antagonistes.

    Cette alliance a été soutenue par les pays occidentaux, en particulier européens et américains.
    L’occident a fait tout ce qui était dans son pouvoir pour que cette coalition eût lieu.

    Donc, il s’agit d’une démocratie politiquement fragile !
    La Tunisie est d’autant plus fragilisée par la progression de l’organisation de l’Etat islamique (Daech).

    Le pays est également fragile parce que les 3 années, qui ont succédé à la révolution tunisienne, ont été marquées par l’arrivée en Tunisie, de prédicateurs salafistes pendant les gouvernements de transition.
    Ceci a favorisé la propagation des prêches les plus radicaux que l’on puisse imaginer et la désorientation d’une partie de la jeunesse tunisienne. »

    http://kapitalis.com/tunisie/2015/12/19/s-bessis-lalliance-nidaa-ennahdha-a-fragilise-la-tunisie/

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