mardi 26 juin 2018

UNE LEÇON DE DÉMOCRATIE

Article paru dans : Kapitalis

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Fadhel Moussa, Maire de l'Ariana

Les élections du Maire et des adjoints au maire, dans la commune de l’Ariana, viennent de se dérouler. Elles donnent une belle leçon de démocratie véritable en montrant, au passage, l’attitude antidémocratique d’Ennahdha et de Nidaa Tounes.

On se souvient que dans cette commune, c’est la liste Al Afdhal, liste des Indépendants conduite par le Professeur Fadhel Moussa qui l’a emporté devant Nidaa et Ennahdha donnant ainsi une première leçon : celle qui nous dit que les Tunisiens de la société civile quand ils sont unis et déterminés, peuvent l’emporter sur les grands partis.

On a déjà dit que c’est vers ce genre de candidature qu'il faut s'orienter dans l’avenir, les partis ayant déçus sur de nombreux plans. Ennahdha ne peut qu’entraîner la régression du pays et la dictature lorsque elle aura la majorité, Nidaa a trahi sa parole et s’est abaissé, pour garder le pouvoir, à une alliance contre-nature, les autres partis par leur nombre, leurs divisions et leur absence de réel projet politique, ont permis aux islamistes d’être au pouvoir ce qui ne leur sera pas pardonné par l’histoire.

Lors de l’élection du Maire et des adjoints, Nidaa et Ennahdha ont demandé qu’on leur fasse une place au nom du fameux « consensus » en dépit des  règles démocratiques et au mépris de l'engagement pris par Fahel Moussa envers ses électeurs qu'il ne s'associerait pas à ces deux formations politiques. Ils croyaient pouvoir rééditer le coup de Béji Caïd Essebsi quand il avait trahi de façon scandaleuse ses électeurs qui lui ont accordé massivement leurs voix pour leur avoir promis qu'il ne s'alliera jamais aux Frères musulmans et qu'il sera le rempart pour les en protéger !

Les indépendants ont refusé à très juste titre ; et du coup, Nidaa et Ennahdha, grands démocrates, ont quitté la séance ! !

Cela n’a rien changé car le quorum était acquis et des indépendants ont été choisi comme adjoints.

Pourquoi est-ce une belle leçon ? Hé bien pour la raison simple, qui devrait sauter aux yeux, c’est d’abord que ce consensus mou dont on nous rebat les oreilles, est un mécanisme qui tue toute réelle politique. Au nom du consensus on fait sur tous les sujets des compromis boiteux et qui ne mènent a rien. 
Sur le plan national le consensus entre Nidaa et Ennahdha a conduit à la situation absolument désastreuse que l’on connaît. Le seul bénéficiaire du consensus, c'est Ennahdha : il lui permet de poursuivre sa politique d'infiltration des rouages de l'Etat par ses hommes, commencée sous la Troïka; en misant sur l'avenir.

La vraie démocratie c’est une équipe, un projet, des réalisations et ensuite le vote sanction qui, si l’équipe a échoué, ira vers l’alternance et le choix d’une autre équipe et d’un autre projet.
En attendant, ceux qui n’ont pas eu la majorité restent dans l’opposition et jouent le rôle de l’opposition : à savoir une critique de la politique menée.

Rien n'empêche l’opposition, si elle est constructive et intelligente, de voter des propositions de la majorité qui lui convienne et rien n’empêche la majorité, si elle est ouverte, de retenir des propositions de l'opposition mais, au moins la responsabilité de l'ensemble de la politique menée est claire et c'est celle de la majorité.

La politique menée n'est pas diluée dans le consensus mou qui fait que plus personne n'est véritablement responsable des arrangements d'arrière-boutique.

Avec le consensus, c’est à dire avec tout le monde aux manettes, comment ensuite juger et sanctionner ? !!

lundi 25 juin 2018

A quand un islam de France ?



La République Française, donne-t-elle aux Français musulmans les armes pour lutter contre l'islamisme ?

R.B
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Marek Halter

Islam et banlieues : "Les territoires perdus ne le sont qu'aux yeux de ceux qui ne s'y aventurent pas !"
Dans cette lettre ouverte à Emmanuel Macron, Marek Halter, auteur de "Réconciliez-vous !" (Robert Laffont), livre sa vision d'une politique souhaitable concernant les banlieues et l'islam.

Monsieur le Président,
Depuis votre élection à la présidence de la République, vous vous êtes donné pour objectif de moderniser nos institutions, et de rendre la France plus compétitive et plus apte à affronter l'avenir. Aussi, naturellement, vous vous retrouvez face à un double problème qui interpella tous vos prédécesseurs : l'islam et les banlieues. Une question d'autant plus délicate à traiter qu'elle se heurte, chez nous, à deux notions explosives : la laïcité et les communautés, que nous appelons de ce mot chargé de dédain, le communautarisme.
Il y a près d'un siècle et demi, un philosophe a prétendu que Dieu était mort. En 1989, quand, avec mon ami Mstislav Rostropovitch, nous nous retrouvâmes devant le mur de Berlin en cours de démolition, nous remarquâmes un tag qui nous laissa songeurs. Un anonyme avait griffonné à la peinture blanche : "Nietzsche est mort", signé "Dieu".
Depuis ce tag prémonitoire, nous avons assisté à l'extinction, l'un après l'autre, des grands espoirs laïcs qui avaient nourri les rêves et les combats de nos parents et grands-parents. Dans le vide provoqué par leur disparition, il ne resta que Dieu. C'est vers lui que se tournent à présent des millions d'individus déboussolés par ce monde qui les dépasse. Et ceux qui s'accrochent encore à la laïcité découvrent, deux siècles après Tocqueville (l'Ancien Régime et la Révolution, 1856), que la démocratie n'est pas incompatible avec la religion.
Mais, entre la réalité – en plein essor – et les idées reçues, il est difficile de manœuvrer. En parlant aux Juifs, lors du dîner annuel du Crif le 7 mars 2018, puis aux évêques de France le mois suivant au Collège des Bernardins, vous avez montré votre souhait de faire évoluer les esprits. Et les critiques ont fusé de toutes parts.
En annonçant votre souhait de définir la place de l'islam et sa relation avec la République française, vous avez fait naître l'ambition de quelques-uns qui se disent avoir votre oreille, de quelques autres qui ne l'ont pas, la méfiance de tous les organismes représentatifs ou semi-représentatifs installés par vos prédécesseurs, enfin l'opposition franche de tous les identitaires de France et de Navarre. Sans compter l'incrédulité et l'indifférence des intéressés. 
J'ai appris, par mes lectures mais surtout grâce à mes multiples actions militantes, que, quand on veut s'adresser à un individu ou à un groupe d'individus, il est bon de recueillir, au préalable, un maximum d'informations à son sujet. Aucune discussion intellectuelle ne peut remplacer une promenade dans les rues de Saint-Denis, de Roubaix ou de Trappes, ou de tout autre ville où vivent les millions de Français d’obédience musulmane. Ces lieux que certains ont crédités de cette appellation qui fit recette : "les territoires perdus de la République".
Eh oui, Monsieur le Président, ces lieux ne sont perdus qu'aux yeux de ceux qui ne s'y aventurent pas ! Connaissez-vous beaucoup de vos ministres ou de vos conseillers qui sont allés parler à ceux qui y habitent ? Ils représentent pourtant, selon toutes les estimations (les recensements identitaires étant interdits en France), près de 10% de notre population ! Ce sont dans leur majorité de simples gens, qui traînent leur existence, comme le souvenir, pour les plus âgés, du pays dont ils sont originaires, et qui ne se reconnaissent ni dans les discours de ceux qui prétendent les représenter, ni (et encore moins) dans les thèses qui circulent à leur propos.
Ils croient, pour la plupart, que parler l'arabe à la maison, manger halal, aller à la mosquée et respecter le ramadan (ils sont 80% selon un sondage CSA-"la Vie" de 2006) ne devrait pas les empêcher d'être de bons Français, aussi bons que les Bretons qui ont réussi à introduire l'apprentissage de leur langue dans les écoles publiques et qui, à tout bout de champ, se coiffent de leurs bonnets rouges pour manifester leur "bretonnité".
Les millions de musulmans, donc, qui vivent en France, qui votent et paient leurs impôts, ne pensent pas que leur identité soit une maladie dont il faut guérir. En revanche, à force de se voir caricaturés dans les débats de nos intellectuels ou dans les médias, la revendication de leur appartenance religieuse devient une sorte de résistance. Et la présence, de plus en plus nourrie, des policiers en uniforme dans leurs quartiers leur apparaît soudain non comme une force de protection, mais comme une force de répression.
En France, Monsieur le Président, soulever aujourd'hui ce problème, c'est soulever le couvercle d'une marmite où bouillent, pèle-mêle, le racisme ordinaire qui nous habite tous, d'une certaine manière, ainsi que la peur d'affronter le problème des communautés – que Braudel appelait "diversité" –, dont la reconnaissance mettrait, selon certains, en péril la centralité de l’Etat et l'unicité culturelle des Français.
C'est ainsi, Monsieur le Président, et le tag de Berlin nous avait mis en garde : si l'homme ne représente plus un espoir pour l'homme, mais au contraire un danger, il ne lui restera qu'à se tourner vers DieuEn effet, quel que soit son nom, Dieu devient indispensable à tout homme qui cherche un espoir. Comment assurer, maintenant, la coexistence entre les adeptes des différentes religions ? Et avec ceux qui ne croient pas ? "Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté." (Coran, V, 48) Eh oui, cette question qui nous occupe s'est déjà posée au Prophète de l'islam, lors de son arrivée à Médine en 622 de notre ère. Ainsi naquit la Constitution de Médine, connue sous le nom de Sahifa, texte qui régule les rapports entre les hommes, quelle que soit leur appartenance ou leur religion, et dans le respect de tous.
Or, Monsieur le Président, la plupart des musulmans ne connaissent pas leur propre histoire. Pour Averroès : "L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation."
Pourquoi ne pas la leur faire connaître ? Avant de leur parler des Lumières et du "Traité sur la tolérance" de Voltaire, pourquoi ne pas leur parler d'Averroès, justement, d'Avicenne, d'Ibn Khaldoun, d'Al-Fârâbî ou d'Al-Boukhârî, en rappelant que ces penseurs font partie de notre commun patrimoine culturel ? Tout commence par la connaissance. Et par la reconnaissance. Pourquoi, alors, ne pas mettre davantage l’accent dans nos écoles sur l'histoire des religions ? Mieux raconter aux enfants, par exemple, l'enfance du petit Jésus, du petit Moïse ou du petit Mahomet, récits de vies tout aussi passionnants que celui du Petit Prince de Saint-Exupéry.
Pourquoi, au lieu de dépenser des millions pour contrer la propagande des salafistes sur nos réseaux sociaux, ne pas favoriser la création, par exemple, d'un site internet "Les musulmans parlent aux musulmans" ? L'histoire nous sert d'exemple. Les seules radios qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont eu un certain impact sur l'opinion publique ont été celles qui parlaient aux hommes leur propre langue. La radio Listen Germany, notamment, d'où l'écrivain Thomas Mann lançait ses appels aux Allemands en allemand. Ainsi que Radio Londres, d'où les Français parlaient aux Français en français. Les écrivains et les religieux musulmans capables de contrer les islamistes existent. Les chanteurs et les artistes d'origine musulmane peuvent, en arabe, et avec l'humour extraordinaire qu'on leur connaît, répondre efficacement à la propagande jihadiste. Il est facile de démontrer qu'Allah n'est pas du côté des tueurs mais avec nous, ceux qui prônent la réconciliation. Le Texte révélé l'atteste. Il suffit que quelques connaisseurs le disent.
Quand on évoque une religion, on pense bien sûr à ses fondements mais aussi, et surtout, au fonctionnement de ses institutions. Concernant l'islam, nos concitoyens exigent de savoir de quoi vivent les mosquées, qui nomme les muftis, les imams, qui gère l'organisation des services communautaires et l'éducation religieuse des enfants de la République. Dans les pays musulmans, toutes ces questions sont sous la tutelle de l’Etat : les imams, pour exercer, doivent être accrédités par le ministère des Cultes.
La France s'est considérée, pendant des siècles, comme la fille aînée de l’Eglise. La hiérarchie catholique dépend, par conséquent, du Vatican. Or, devenue multi-culturelle, on aimerait connaître le fonctionnement des organisations religieuses juives, protestantes, bouddhistes et, bien entendu, musulmanes. Concernant les Juifs, la question de leur rapport au pays où ils s'établissent s'est déjà posée au IIIe siècle avant notre ère, à Babylone. Le rabbin Samuel y répondit en ces termes : "Dina de-melkhouta dina", "la loi de ton pays est ta loi". Depuis, cette règle est inscrite dans le Talmud et engage tous les Juifs où qu'ils se trouvent. Quant à l'islam, les Français se demandent qui sont ces imams qui le représentent et prêchent dans les lieux de prières implantés dans leurs quartiers et qui, parfois, véhiculent la haine ? De qui dépendent-ils ? Pour l'instant, de personne. De donateurs, souvent, de pays étrangers en général, et un peu des croyants qui les suivent ou ne les suivent pas. 
A quoi ressemblerait, donc, l'imam de France dont nous parlent tant les médias ? Il doit connaître d'abord, comme tous les imams du monde, le Texte révélé. Et de préférence par cœur. Le Prophète avait l'intégralité du Coran dans la tête et admirait Aïcha, sa "bien-aimée" car elle était "la mémoire de l'islam". Cette femme, donc, et on l'oublie souvent, fut l'auteur de plus de deux mille hadiths. L'imam de France devrait également reconnaître la loi de son pays, maîtriser sa langue et respecter son drapeau. Ce que demande d'ailleurs l'administration américaine à tout individu désireux de rester sur son sol.
Quant aux différents projets qui se succèdent et qui ont tous pour but de sauver ces "territoires perdus de la République", vous, Monsieur le Président, vous qui avez créé la première start-up politique en France, pourquoi n'encourageriez-vous pas davantage le développement des start-up dans les banlieues ? On y trouve du talent et de la créativité à la pelle et la plupart des jeunes qui y vivent connaissent plus que bien les technologies numériques. Le développement d'un quartier ou d'une région ne dépend pas uniquement de la volonté politique mais aussi du désir de ses habitants. Et ceux-là n'attendent pas qu'on leur apporte des solutions toutes faites mais plutôt qu'on les aide à mettre en place leurs propres réponses.
Quels que soient les projets que vous présenterez aux musulmans de France, Monsieur le Président, je crois qu'il faut d'abord les reconnaître dans leur ensemble. Par une adresse à la télévision, par exemple. Quel meilleur biais aujourd'hui pour s'adresser au peuple ? On peut tout demander à son voisin, dit l'un des Frères Karamazov, à condition, d'abord, de lui dire qu'on l'aime.

ERDOGAN : Un Sultan élu démocratiquement !

Article paru dans : Kapitalis

Il est réélu président. Il a la majorité au parlement. Il a obtenu tout ce qu'il voulait.
Il peut s'installer Sultan dans la continuité de ceux de l'Empire Ottoman : c'était son rêve, il va pouvoir le réaliser. Déjà la plus grande mosquée d’Istanbul à sa gloire est en phase d’achèvement, comme l'ont été celles qui existent à la gloire des sultans qui l'ont précédé. Il a tous les outils en main pour détricoter la laïcité voulue par Atatürk. Il n'a jamais caché son désir de remplacer la constitution par la chariaa, base de tout programme des Frères musulmans.

LES PEUPLES ONT LES HOMMES POLITIQUES QU'ILS MÉRITENT.
Les Turcs confirment la règle !
Sa stratégie est payante :
- Il s'est donné tous les pouvoirs grâce aux règles démocratiques sur lesquelles il va pouvoir s’asseoir; puisqu'il a toujours dit qu'il en fera un usage unique et qu'il rejettera une fois installé sur le trône !!
- Devant la crise économique qui s'installe en Turquie, il a avancé les élections pour ne pas pâtir de l'impopularité de son échec économique d'autant que la Livre turque vient d'être dévaluée
- Plus habile encore, il a joué sur la fibre nationaliste des turcs en présentant leur pays menacé par ses ennemis ... dont l'Europe, qui l'avait pourtant soutenu jusqu'à vanter son islamisme modéré !
- Il a su profiter de l'opposition nombreuse et dispersée tout en lui interdisant l’accès aux médias s'il n'emprisonnait pas leurs chefs !
- Il a poussé la supercherie jusqu'à jouer de la mémoire collective des turcs pour le père fondateur de la Turquie moderne et laïque : Mustapha Kamel Atatürk dont il s'est accaparé l'image et l'oeuvre, pour amadouer ceux qui le rejettent. 

Le wahhabisme qui fonde les Frères musulmans et qui a servi à la dislocation de l'Empire Ottoman, Erdogan s'en sert pour reconquérir le monde musulman que dominaient les Ottomans dont l'Arabie de laquelle les Ibn Saoud les avaient chassés en s'appuyant sur cette doctrine, pour contrôler les lieux saints de l'islam que sont La Mecque & Médine. 


Quelle sera la prochaine étape pour Erdogan ? "Émir el mou'minin(Commandeur des croyants) ? Titre suprême que s'étaient accordé en leur temps les Ottomans et tant convoité par les Ibn Saoud. L'émir du Qatar, ce frère ennemi des Ibn Saoud, qui a tout misé sur les Frères musulmans, n'en sera que plus ravi que ce titre leur sera ravi ! 
Un pied de nez pour l'Histoire, s'il y parvenait !

L'UE va-t-elle poursuivre sa politique de soutien aux Frères musulmans ?
Rééditera-t-elle la même erreur en Tunisie ? Car si Erdogan la tient par la barbichette avec la menace d'ouvrir les vannes des flux migratoires stationnés en Turquie; Ghannouchi lui la tient par le terrorisme, dont il a fait la Tunisie le premier pays exportateur !
A moins qu'en dépit des apparences, l'UE ne veuille pas d'un monde "musulman", laïque et démocratique. L'obscurantisme que répandent les islamistes parmi les peuples "arabes", étant plus propice aux "affaires" en tous genres.

Rachid Barnat

PS : Les Tunisiens et l'opposition tunisienne en tireront-ils des leçons ? Rien n'est moins sûr vu l'ego des hommes politiques tunisiens, faiblesse dont se joue Ghannouchi et de laquelle il tire sa force.

dimanche 24 juin 2018

A quoi sert un printemps « arabe » ?


... ou quand l'élite se délite face à la vague islamiste. Fatalisme ou opportunisme à moins que ce ne soit le découragement face aux soutiens dont bénéficient les Frères musulmans aussi bien de la part des américains et européens que de celui de leurs alliés les pétromonarques ! Car en dépit des apparences, l'Occident ne veut pas d'un monde arabe, laïque et démocratique. L'obscurantisme que répandent les islamistes parmi les peuples "arabes", étant plus propice aux "affaires" en tous genres.
R.B
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Kamel Daoud

A quoi a servi le printemps «arabe» ? Réponse première : à faire élire les islamistes et à encourager les salafistes. Du coup, on se tourne en ricanant vers ceux qui ont soutenu ce mouvement pour les insulter. Cela se traduit, envers le chroniqueur, par la fameuse réplique de «il y a un an, vous souteniez les révolutions en Tunisie et en Libye, et maintenant vous vous lamentez sur leur sort ?» Triste et mortel résumé de l’espoir, réduit à une logique de vengeance sur soi.

Le printemps «arabe» ? Oui, il faut le soutenir, le refaire, le poursuivre. Penser qu’il ne sert à rien sert justement les régimes qu’il n’a pas encore délogés ou réformés. Et ces régimes ont aujourd’hui une armée de soutien chez les élites peureuses et celles démissionnaires par confort ou par conviction (à respecter).

L’année «Dégage !» a été pour le chroniqueur la meilleure année de sa vie, celle où il a renoué avec le sens, l’acte et l’espoir. C’est le début d’un cycle et le premier pas sur le chemin. Ce fut une année fabuleuse où beaucoup de gens ont marché sur la lune et celle où on a mis fin au fatalisme et à la chute de Grenade au fond de la tête de chacun. N’en déplaise aux sceptiques.

Car dire aujourd’hui que cela n’a servi qu’aux salafistes est une défaite trop facile. C’est une vision colonialiste, raciste et primaire que l’on a sur soi quand on répète qu’on n’a le choix qu’entre la dictature sécurisante ou le chaos barbu. En clair, cela veut dire : «on est inapte à la civilisation» comme l’ont dit les fermiers blancs d’autrefois quand ils ont voulu prendre nos terres. De l’auto-racisme sous forme de «prêt-à-penser».

Le printemps «arabe» est un vaste mouvement qui se dessine au-delà de l’échelle de l’homme et de la vie courte. Quelque chose s’est enclenché et on ne sait pas si cela va mener vers l’intégration à l’humanité ou à l’exception dans la barbarie. On ne sait pas tous s’il y a une vie après la mort, mais on sait tous qu’il n’y avait pas de vie avant le printemps «arabe». Avant, c’était une histoire morte en 1492. Maintenant, c’est une histoire vivante qui tue et promet, à la fois. Ce qui se passe dans le monde «arabe» va plus loin que les salafistes, l’islamistan et le reste. C’est notre place au sein de l’humanité qui se joue.

Raisonner, en restant assis par la peur ou le dépit, la rancune et le petit calcul, ne sert à rien. Résumer l’espoir d’un meilleur monde à ses propres conclusions est inutile. Dire que le printemps «arabe» n’a servi à rien, c’est réduire une histoire immense à la biographie de ses propres déceptions et enfermer l’espoir sourd dans le fatalisme du «non n’est pas apte à la liberté et à la vie meilleure». C’est un déni de soi, par soi. Le printemps «arabe» a servi à nous réveiller, à corriger, à imposer l’histoire à la place du fantasme de l’éternité. A imposer des choix et à les assumer. Il faut se battre pour qu’un jour nos pays soient libres et nos enfants heureux au lieu de grimacer sur le «voyez où cela mène !» et sur «vous souteniez les révolutions et vous vous lamentez sur le sort de ces pays».

Nos ancêtres disaient que lorsqu’une saison n’apportait pas une bonne récolte, il fallait travailler pour la suivante et non déclarer inutile les fenaisons. Les salafistes tueront et détruiront mais n’éteindront pas l’envie de vivre. On fait partie de l’humanité malgré nous ou avec nos efforts et apports. C’est une vision triste de soi et des siens que de réduire cet espoir à une sorte de fatalisme d’élite et de collections de venins. Il n’y pas d’issue dans l’immobilisme et son confort. Et répéter que nous sommes préservés contre le changement si on se préserve de la «démocratie» est une illusion qui va nous coûter cher un jour. Dans ce monde «arabe», quelque chose est en marche, tue ou veut vivre et c’est ridicule de le réduire à l’échelle de sa propre courte vie. Il y a, pour ceux qui s’y intéressent, un étrange écho dans l’histoire du Moyen Âge de l’Occident qui peut éclairer nos visions. Chaque pays a son histoire, mais celle des hommes est commune.

Pour conclure ? Étrange retournement : le fatalisme était religieux chez nos aînés d’il y a deux ou trois générations et l’espoir progressiste. Aujourd’hui, les élites laïques ou instruites sont fatalistes et se sont les religieux qui sont progressistes, dans leur vision du monde.


jeudi 21 juin 2018

Bientôt l'égalité homme-femme en Tunisie ?

La commission des droits et des libertés, a remis son rapport au président de la République : la balle est dans le camp de Béji Caïd Essebsi.
Donnera-t-il suite à sa proposition d'égalité entre homme et femme devant l'héritage ?
Ghannouchi s'y opposera-t-il au risque de perdre sa crédibilité d'avoir changé pour se revendiquer "progressiste" et "démocrate", pour séduire les Tunisiens ?
Tant que les Tunisiens n'auront pas tranché entre Etat Civil et Etat religieux, ils n'en sortiront pas des ambiguïtés. Or Ghannouchi à mainte reprises a rassuré les Tunisiens que l'Etat restera Civil, particulièrement lors de la constituante quand son neveu tentait d'imposer la chariaa en qualifiant la femme de complémentaire de l'homme !
R.B

On peut aisément pardonner à l'enfant qui a peur de l'obscurité.
La vraie tragédie de la vie, c'est lorsque les hommes ont peur de la lumière.
Platon

L’Etat religieux ou confessionnel prend pour point de départ la désignation symbolique des maîtres et la délimitation du territoire qui est le leur et celui de la communauté de leurs sujets.
Il voile les femmes et leur impose un code de conduite excessivement minutieux afin de projeter son pouvoir aux tréfonds des corps et des foyers.
Or, dans les corps des femmes et la pénombre des foyers réside aussi l’honneur des hommes.
Et c’est des hommes, placés sous surveillance dans leur honneur, que les détenteurs du pouvoir religieux se rendent maîtres en prenant le contrôle des femmes.
Ahmad Beydoun
La présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité tunisienne, la députée indépendante Bochra Bel Haj Hmida, mercredi à Tunis.
Bochra Bel Haj Hmida *

En Tunisie, « une révolution dans la continuité »

La Commission des libertés individuelles et de l’égalité, créée par le Président Béji Caïd Essebsi, présente son premier rapport. Sa présidente, la députée indépendante Bochra Belhaj Hmida, détaille les mesures progressistes qui y figurent.
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Egalité femmes-hommes devant l’héritage, homosexualité, peine de mort, votre travail s’attaque à de nombreuses questions taboues…

C’est une révolution dans la continuité. Révolution car, en effet, nous avons soulevé des questions tues jusqu’ici ou timidement abordées. Nous proposons un code des libertés et droits individuels qui les définit précisément. C’est un bouleversement, seul le Canada possède un texte de ce genre. 

Continuité aussi car nous prolongeons la tradition avant-gardiste de la Tunisie qui date du Code du statut personnel de 1956 [interdiction de la polygamie, instauration du consentement mutuel des époux…] en instaurant des avancées toujours absentes chez nos voisins. 

Avec cette commission, le Président nous a offert une opportunité historique qui, peut-être, ne se représentera pas.

C’est pour cela que, pour chaque mesure sensible, vous indiquez plusieurs propositions de lois, plus ou moins radicales ?

Notre réflexion repose sur une certaine lecture de la religion portée par des théologiens pour qui l’islam est porteur des valeurs de justice, d’égalité et d’intégrité physique. Mais, pour ne pas courir le risque de ne rien obtenir, nous avons choisi de faire plusieurs propositions concernant les trois points les plus sensibles. 

Sur l’homosexualité, notre première mesure est l’abrogation de l’article 230 du code pénal [qui criminalise les relations homosexuelles]. La seconde, c’est d’abandonner la peine de prison qui peut aller jusqu'à trois ans et d’interdire l’usage du test anal [considéré comme un acte de torture par des ONG], utilisé aujourd’hui pour prouver une relation homosexuelle.

Concernant l’héritage, le principe est l’égalité totale. Mais c’est une question difficile sociétalement et même juridiquement. Nous prônons donc d’abord l’égalité pour les cas les plus répandus : entre frères et sœurs, mari et femme ou parents et enfants. De son vivant, le testateur garde cependant le droit de ne pas suivre cette règle. Dans la deuxième formulation, la femme doit revendiquer l’égalité pour l’obtenir automatiquement. Toutes les précautions ont été prises pour qu’elle ne soit pas soumise à des pressions familiales qui l’obligeraient à abandonner son droit. La femme ne peut renoncer à sa moitié d’héritage qu’à la seule condition qu’elle l’exprime clairement.

La question de la suppression de la peine de mort n’était pas évidente. Quand vous abordez la question, on vous répond : « Vous voulez laisser en vie les terroristes, les violeurs d’enfants, etc. » Mais nous ne pouvions pas élaborer des lois basées sur des valeurs universelles d’humanisme en maintenant des peines inhumaines.

Avez-vous subi des pressions ?

Aucune, à aucun moment ! Nous nous sommes réunis plus d’une trentaine de fois en dix mois. Nous avons consulté des experts de toutes tendances en toute liberté. Le Président a été clair dès le premier jour : « Vous écrivez ce que vous voulez et vous publiez ce que vous avez fait. Moi, je suis libre de prendre ce que je veux. »

Et maintenant, comment s’assurer que cette « opportunité historique» se transforme en acte ?

C’est aux Tunisiens de se saisir de ces thèmes, de les défendre, ce n’est pas à nous. Mais je suis convaincue que dès le 13 août [jour de commémoration de la promulgation du Code du statut personnel et premier anniversaire de la Colibe], nous, les députés, aurons un projet de loi à voter. Mais, c’est aussi un travail de long terme pour faire accepter ces changements. La jeunesse devra jouer son rôle.


Députée indépendante. Présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité tunisienne.


*****
Voilà encore un journaliste tombé dans le panneau de Ghannouchi pour dire que son parti Ennahdha était proche des Frères musulmans, ignorant que c'est une branche de cette organisation internationale dont Ghannouchi est toujours membre du bureau politique !
R.B

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Audace tunisienne
L’importance du débat lancé en Tunisie par la Colibe, la commission chargée par le président Béji Caïd Essebsi de proposer des mesures favorables aux libertés individuelles, ne saurait être sous-estimée.
Rien n’est fait : « proposez, je choisirai  a dit en substance le Président, un homme qui tient à son autorité. Mais si la commission est suivie, c’est une révolution qui se prépare, qui placera la Tunisie en tête de la réforme des pays musulmans.
A l’aune de #MeToo, du combat féministe, de la juste émancipation des minorités sexuelles, ces mesures paraîtront élémentaires. Mais en comparaison des législations moyenâgeuses qui sévissent dans la plupart des pays islamiques, c’est une rupture décisive.
La commission propose d’établir l’égalité hommes-femmes en matière d’héritage (la loi islamique prévoit que la femme reçoit la moitié de ce qui est réservé à l’homme dans cette circonstance), de dépénaliser l’homosexualité (punie de peines de prison), de supprimer le test anal toujours pratiqué sur les hommes soupçonnés d’homosexualité, d’abolir la peine de mort, entre autres réformes touchant à des tabous en terre musulmane.
Tout cela est prudemment formulé. En matière d’héritage, la femme pourra par exemple choisir de se soumettre à la tradition si sa volonté est librement exprimée ; pour la peine de mort, la commission propose de procéder par étapes, etc.
Le Président, aussi bien, jugera le moment venu de ce qu’il retient ou non du rapport de la Colibe. On peut supposer que son estimation des rapports de force politiques et de l’effet électoral de ses décisions pèsera lourd dans la balance.
Une coalition d’autorités islamiques a déjà critiqué le projet en expliquant qu’un gouvernement ne saurait aller à l’encontre de la lettre du Coran et que l’adoption de ces réformes porterait atteinte à « l’identité tunisienne ».
La position du parti Ennahdha, longtemps proche des Frères musulmans, qu’on soupçonne d’œuvrer discrètement contre tout changement, jouera un rôle essentiel.
Curieusement, l’argument identitaire rejoint les thèses du nationalisme européen, pour qui la démocratie, en accroissant sans cesse les droits des uns et des autres, porte atteinte à l’identité des nations. Entre les islamistes et ceux qui les dénoncent avec le plus de virulence, il existe une paradoxale parenté…
Mais la présidente de la commission a bon espoir et promet qu’un projet de loi sera soumis au Parlement à l’été. La chose n’est pas impossible : le président Essebsi se réclame de la tradition bourguibiste, qui fait de l’amélioration de la condition féminine un de ses marqueurs historiques les plus puissants.
Le débat, en tout cas, aura un retentissement qui dépassera de loin la seule sphère tunisienne. Dans le monde musulman, l’abandon de la lettre du Coran au profit d’une interprétation modernisée de l’islam encouragera tous ceux qui luttent dans ces pays pour l’émancipation des individus, celle des femmes et des homosexuels en particulier.

Si le Président et le Parlement suivent la commission, la Tunisie se retrouvera en tête de la réforme islamique, de même qu’elle avait donné le signal des révolutions arabes. Elle contredira ainsi tous ceux qui essentialisent l’islam et jugent les pays musulmans incapables de s’adapter à la modernité. Universalisme des droits contre identitarisme religieux. On voit que l’affaire n’a rien de secondaire.

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mercredi 20 juin 2018

Ghannouchi, l'ange de l'Apocalypse de la Tunisie

Qui se cache derrière l'homme à la cravate bleue ?
R.B


Afin de mieux cerner qui est Ghannouchile chef du parti Ennhadha, voici quelques uns de ses écrits pour que journalistes et politiques aussi bien Tunisiens que Français, aient matière à réflexion :

Sur l’apostasie 

L’apostasie, est le reniement de l’islam après qu’on l’a embrassé de plein gré. Un reniement, ou les formes lui ressemblant, des constantes de l’islam, tels ses dogmes, ses charias et ses rituels … comme porter atteinte à la dignité de Dieu ou à la dignité du Prophète, l’autorisation de braver les interdits prescrits par la charia ou la négation des devoirs religieux, etc. 

Des versets du Coran ont énoncé à plusieurs endroits le caractère affreux de ce crime, et menacé quiconque s’en rend coupable du plus atroce des supplices, sans toutefois édicter une peine précise ici-bas. 

Quant à la tradition, la sunna, elle a exigé la mise à mort conformément au hadith : « Tuez quiconque change de religion. » » 

(Rached Ghannouchi, Les libertés publiques dans l’État islamique, Centre d’Études de l’Unité Arabe, Beyrouth, 1993, p. 48).

Sur la charia comme "source principale de législation

Comment ne pas stipuler l’islamité d’un chef d’Etat, dont la tâche essentielle est d’accomplir la religion, d’orienter la politique de l’Etat dans les limites de l’islam, d’éduquer l’umma selon l’islam, d’être son imam pour la prière, de la prêcher ex cathedra et d’être pour elle l’exemple à imiter ? 

Le Coran a tranché. Il a stipulé que le souverain devait être musulman : « Ô vous qui avez cru ! Obéissez à Dieu, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le pouvoir » (sourate IV, verset 59). 

Il est absurde, et cela revient à demander l’impossible, de demander à un non musulman d’assumer la magistrature suprême, de veiller sur la religion et la gestion des affaires d’ici-bas – ce qui est la fonction du chef de l’Etat –, et nous, dit M. Ghannouchi. 

Pour la clarification théorique, nous affirmons l’islamité du chef de l’Etat. Car au niveau pratique, le pouvoir islamique que nous réclamons se trouve dans les pays islamiques, et la majorité de ceux qui y habitent sont des musulmans. 

Et Ghannouchi d’ajouter, dans une note de bas de page : « Il est à noter que la plupart des constitutions arabes, y compris la constitution tunisienne, ont stipulé l’islamité du chef de l’Etat, il s’agit en effet d’une stipulation abusive et vide de contenu, tant que ces constitutions ne contiennent pas d’articles imposant la charia comme source principale de toute législation, et tant qu’elles ne contiennent pas non plus d’institutions constitutionnelles contrôlant la constitutionnalité des lois. Aussi bien le chef de l’Etat lui-même et le degré de son engagement à respecter, dans sa vie publique et privée, la loi et les normes morales, pour ne pas donner le mauvais exemple de ce qui ne plaît ni à Dieu, ni à ses créatures soumises. 

(Rached Ghannouchi, Les libertés publiques dans l’État islamique, Centre d’Études de l’Unité Arabe, Beyrouth, 1993, p. 54)

Sur la laïcité 

A une question d’un quotidien algérien : « Quelle est la place de la laïcité dans la société islamique ? », M. Ghannouchi répond : « La société islamique est fondée sur l’interprétation des valeurs organisant la vie des individus et des communautés. De plus, elle organise le côté spirituel de ces derniers. C’est pourquoi on ne saurait concevoir de société islamique laïque, ou de musulman laïc que si ce n’est en renonçant à ce qui est essentiel en islam. 

Car la foi en Dieu n’est pas essentielle en islam ; l’essentiel, c’est la foi en l’unicité de Dieu. 

Par conséquent, toute législation qui s’inspire d’autres sources pourrait porter atteinte à cette unicité. Une société ne saurait être islamique qu’à condition de ne pas être laïque et d’accepter l’unicité de Dieu. » 

(Interview accordée par M. Ghannouchi au quotidien algérien Algérie actualité du 12 octobre 1989).

Les critiques émises par M. Ghannouchi à l’encontre des anciens manuels de philosophie pour le baccalauréat 

L’enseignement de la philosophie devient, si nous ne définissons pas notre appartenance culturelle, non seulement inutile pour traiter les problèmes dont nous souffrons, mais aussi un élément de sabotage et de destruction dans le domaine psychologique et social, comme c’est le cas aujourd’hui [1989]. 

(Rached Ghannouchi, « La génération perdue », revue Forqan, février 1989, Casablanca).

Ghannouchi et le psychopathe Youssef El-Qaradhawi 

Sur le site internet Ashihab, Ghannouchi a donné une interview où il encense un cheikh connu pour enseigner le meurtre des apostats et des homosexuels, partisan des attentats du Hamas contre des civils israéliens, en le qualifiant ainsi : " Le savantissime prédicateur, le cheikh Youssef El-Qaradhawi " 

(R. Ghannouchi, « J’ai voué ma vie à la défense de la liberté », interview conduite par Ala Iddin Al-Rachi, 5 octobre 2005).

Youssef El-Qaradhawi, ami intime de Saïd Ramadan (père de Tariq, mort en 1995) est sûrement le cheikh contemporain le plus influent du monde sunnite. 

Voici ce qu'a affirmé Qaradawi le 28 janvier 2009 sur Al-Jazeera TV :

" Tout au long de l'histoire, Allah a imposé aux Juifs des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu'il leur a fait - et bien que les Juifs aient exagéré les faits -, il a réussi à les remettre à leur place. C'était un châtiment divin. 
Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans. (…)  

" Pour conclure mon discours, je voudrais dire que la seule chose que j'espère, est qu'à l'approche de la fin de mes jours, Allah me donne l'occasion d'aller sur la terre du jihad et de la résistance, même sur une chaise roulante. Je tirerai sur les ennemis d'Allah, les Juifs, et ils me lanceront une bombe; et ainsi, je finirai ma vie en martyr. 
Loué soi Allah, Roi de l'univers. Que la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous."

M. Ghannouchi est membre du Conseil européen de la fatwa et de la recherche que Qaradhawi préside, institution de production juridique de l'Union des organisations islamiques d'Europe, dont l'UOIF est la branche française. 
Vu l’âge et la santé chancelante de Qaradhawi, Ghannouchi est devenu le président de fait.

Sur une visite de Jean-Paul II 

A propos de la visite officielle du Pape Jean Paul II en Tunisie en Avril 1996, M. Ghannouchi écrivit : « Ce qui me transperce le cœur mais aussi le cœur de tout Tunisien, c’est que la visite du chef de l’Eglise catholique coïncide avec la réception du représentant commercial de l’entité sioniste à Tunis. Que comprennent les Tunisiens de tout cela ? Peuvent-ils chasser de leurs esprits qu’il y a une invasion croisée et sioniste de leur pays ? » 

(R. Ghannouchi, l’hebdomadaire islamiste marocain ARRAYA du 23 Avril 1996).

Traduction par Lafif Lakhdar, réalisée pour la justice italienne.
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