mardi 9 août 2016

Qu'ont-ils tous contre les binationaux ?

Où va se nicher le populisme ... quand des prétendus hommes "politiques" s'en prennent à leurs compatriotes binationaux !
R.B
Afficher l'image d'origine

Lettre ouverte à Kalthoum Kannou


Bonjour Kalthoum Kannou ! 

Je ne vais pas écrire une lettre à un esprit fermé et je mesure aujourd'hui, malgré les déboires de la présidence actuelle, le danger auquel nous avons échappé si elle était élue présidente de ce pays. Celle qui doit juger en son âme et conscience a perdu son âme et sa conscience en les noyant dans le populisme primaire et primitif et a rejoint la horde des aboyeurs contre des privilèges fictifs supposés être accordés aux binationaux. 

Elle a quoi Madame la Magistrate contre les binationaux ? Elle leur reproche quoi au juste ? D'appartenir à une bi-culture ? D'avoir réussi ? D'aimer leur pays d'origine où ils continuent d'investir, de construire et de prêter main forte à leur famille ? 

Mme Kannou a déraillé pour plaire à un racisme latent et une jalousie exécrable contre une partie des Tunisiens qui ont la double nationalité, ces "nouveaux criminels" qui font tant de mal à la Tunisie. Elle en veut à leur patriotisme, à leur correction, à leur éducation. Elle ne supporte pas qu'ils soient restés tunisiens jusqu'au bout des ongles, qu'ils réfléchissent tunisien, qu'ils vibrent tunisien, qu'ils décident tunisien. 

Elle ne supporte pas leur deuxième passeport qui les a aidésà s'intégrer, à s'ouvrir d'autres portes du savoir et de la connaissance, à occuper des postes-clés qui ont souvent servi à aider leurs autres compatriotes qui n'ont pas eu le privilège d'être binationaux. 

Madame la Juge est tombée dans les travers d'un nationalisme acerbe, obtus et sans consistance qui plait à ceux qui ont fait de la paresse intellectuelle et de la fermeture d'esprit un mode de vie.  

Celle qui est censée faire respecter la loi et assurer la justice pour tous se réjouirait de mettre 800 000 tunisiens en marge de la République, soit un tunisien sur treize.  

La terre entière a compris l'importance des binationaux et des pays phares les dorlotent et les chérissent pour en faire le fer de lance de leur économie, de leur finance et de leur rayonnement international dans tous les domaines. 

Renseignent pris, ces pays n'ont pas des Kannou pour tracer leur politique mais des hommes et des femmes qui ont suffisamment de clairvoyance pour comprendre l'importance, l'apport et l'utilité de leurs citoyens à deux ou plusieurs passeports, pour ne jamais les considérer comme des citoyens de deuxième rang. 

Pour être traître et vendu, nul n'a besoin d'un deuxième passeport ! Vous voulez des exemples ? Le passeport unique n'est pas la garantie d'un bon citoyens ! Vous voulez des exemples ? 

Le patriotisme n'est pas un bout de papier, c'est un sentiment profond qui vous accompagne partout et, en cas de besoin, le patriote ne tardera jamais pour être en première ligne pour défendre, aider et aiguiller ! 

Je pensais que Mme Kannou était une grande dame. Avec son excitation partisane, nationaliste et sectaire je ne vois en elle que l'image pâle d'une piètre politicienne. 

Finalement, le délire en politique n'est pas une spécialité d'Abderraouf Ayadi (ex constitutionnaliste pan-arbiste psychologiquement dérangé) : Mme Kannou nous l'a bien montré ! 


******
Zakaria Bouker :


J'aime bien Kalthoum Kannou pour ses qualités de dame tunisienne.
Je veux ici lui dire que :
- Nelson Mandela avait encore la nationalité et le passeport tunisiens quand il était président de l'unique pays démocratique d'Afrique.
- L’impératrice d’Autriche avait également deux nationalités.

A l'opposé, Pétain n'avait qu'une seule nationalité, Ghannouchi n'a qu'une seule nationalité ... et bon nombre de traîtres ont une seule nationalité.
La deuxième nationalité de Marzougui ne l'a pas empêché d’être ingrat envers la France et d’être l'ennemi juré de la Tunisie et des tunisiens pour défendre les intérêts du Qatar alors qu'il n'a pas encore la nationalité qatarie !


Enfin est surtout, si par malheur les nahdhaouis venaient à réussir là ou Erdogan a échoué ....il restera toujours le dixième de la Tunisie vivant à l’étranger pour perpétuer la Tunisie quand ses ennemis penseront l'avoir totalement détruite !

3 commentaires:

  1. Neziha Ha :

    A la fois positif et négatif ce métissage!!
    Nous avons une occasion historique d'écrire une page de l'histoire et nous l'inaugurons par une discrimination, une stigmatisation et l’opprobre d'une partie de la population !

    Nous nous sommes révoltés chacun à sa façon, à sa manière au nom d'un idéal universel: celui de la liberté et de la dignité.

    Nous allons nous appesantir sur les binationaux en apesanteur, pas tout à fait tunisiens, pas tout à fait français, mal aimés où chéris selon la conjoncture, l'imaginaire et l'inconscient collectif profonds de part et d'autre sont marqués d'une façon quasi-indélébile.

    Certaines études disent même que les ADN des descendants sont dans une certaine mesure marqués par les souvenirs douloureux des ascendants !

    Ainsi dans ma Tunisie nouvellement affranchie, la citoyenneté serait donc inversement proportionnelle au nombre de passeport que nous avons !

    Donc, je dois boire mon indignité et accepter l'étoile jaune que me font porter des lois scélérates qui continuent à sévir.

    Comme Joséphine Baker*, j'ai deux amours, j'ai deux pays, j'ai deux cultures; et c'est tout sauf un problème.
    C'est une richesse !

    * Elle s'est investie dans son pays d'adoption et a participé à sa libération en intégrant la Résistance auprès de De Gaulle !

    http://www.ina.fr/video/I06278690

    RépondreSupprimer
  2. A PROPOS D’IDENTITÉ ...

    Amin Maalouf :

    "A ceux qui me demandent d'où je viens, j'explique patiemment que je suis né au Liban, que j'y ai vécu jusqu'à l'âge de 27 ans , que l'arabe est ma langue maternelle, que c'est d'abord en traduction arabe que j'ai découvert Dumas et Dickens et "les voyages de Gulliver", et que c'est dans mon village de la montagne, le village de mes ancêtres que j'ai vécu mes premières joies d'enfant et certaines histoires dont j'allais m'inspirer plus tard dans mes romans.
    Comment pourrais je l'oublier? Comment pourrais-je m'en détacher ?

    Mais d'un autre côté, je vis depuis 22 ans sur la terre de France, je bois son eau, et ses vins, mes mains caressent chaque jour ses vieilles pierres, j'écris mes livres dans sa langue, jamais plus elle ne sera pour moi une terre étrangère.

    Moitié français donc et moitié libanais ? Pas du tout !!!

    L'identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitié, ni par tiers, ni par plages cloisonnées.
    Je n'ai pas plusieurs identités, j'en ai une faite de tous les éléments qui l'ont façonnée, selon un dosage particulier qu

    RépondreSupprimer
  3. POUR CEUX QUI PENSENT QUE LA NATIONALITÉ, CE N'EST QU'UNE QUESTION DE PAPIERS !

    Claude Yousseff :

    A ceux qui me demandent d'où je viens, j'explique patiemment que c'est en France que j'ai grandit, que c'est là que j'ai découvert Dumas et Dickens, la philosophie et la politique. Que c'est à Toulouse que j'ai connu mes premières joies d'enfant et mes premiers amours. Comment pourrais-je l'oublier ? Comment pourrais-je m'en détacher ?

    Mais d'un autre côté, je vis depuis de très longues années sur la terre de Tunisie. Je bois son eau, je déguste ses fruits, je respire son air, je ressens ses paysages.
    Quoiqu'il arrive, malgré la présence de ceux qui veulent la détruire, jamais elle ne sera pour moi une terre étrangère.

    Alors, moitié française et moitié tunisienne ? Pas du tout.

    L'identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitié, ni par tiers, ni par plages cloisonnées !

    Je n'ai pas plusieurs identités*, j'en ai une seule faite de tous les éléments qui l'ont façonnée, selon un dosage particulier qui n'est jamais le même d'une personne à l'autre.

    * Inspiré d'un texte d'Amin Maalouf.

    RépondreSupprimer