samedi 7 août 2021

Kaïs Saïed utopiste ?

Kaïs Saïed écarte tous les partis politiques sans distinction, alors que les partis responsables sont Ennahdha et ses alliés; qu'il suffisait de ne pas associer aux partis républicains, pour trouver des solutions aux problèmes que Ghannouchi a créés !

Tout le monde sait que Kaïs Saïed veut écarter l'islam politique et ceux qui le pratiquent, à savoir Ennahdha et son annexe al-Karama.

Tout le monde sait que KS veut écarter les corrompus, que sont Ghannouchi et Nabil Karoui. 

Mais plutôt que de stigmatiser Ghannouchi & Nabil Karoui et leurs partis, il a préféré mettre tout le monde dans le même sac et passer à sa lubie d'avant son élection : la "démocratie participative par la base" ! Il préfère consulter les jeunes qui forment le gros de son électorat, faute de parti politique, qu'il n'a pas. Car son dada, est de donner la parole aux jeunes dans des comités de quartier pour faire remonter jusqu'à lui leurs aspirations ! 

Si ce n'est pas de l'utopie, qu'est-ce donc ?

R.B

Jean-Pierre Ryf

Le Président Kais Saied devrait jouer carte sur table.

Après la décision du Président Kais Saied de suspendre l’Assemblée, de prendre en main le pouvoir exécutif et d’engager une lutte contre la corruption en écartant les partis corrompus et notamment Ennahdha et Qalb Tounes le parti de Nabil Karoui, le peuple Tunisien a applaudi et un sondage (que l’on doit comme tout sondage, prendre avec réserve) donne 87% d’opinions favorables pour le Président et ses mesures.

Je ne voudrai en cas jouer les rabat-joie mais chacun devrait tout de même se poser un certain nombre de questions concernant l’avenir du pays.

La lutte contre la corruption est essentielle car rien ne pourra se bâtir en Tunisie tant que cette corruption envahira l’espace depuis la « petite corruption » celle de tous les jours émanant de ceux qui ont un brin de pouvoir, jusqu’à la « grande corruption » qui est celle des décideurs et des autorités.

Aucun développement économique sérieux ne pourra avoir lieu tant que cette corruption se poursuivra et, à cet égard, je soutiens mille fois l’action de ce Président.

Cependant cette lutte contre la corruption ne peut être l’alpha et l’oméga de la politique tunisienne. Il faut beaucoup d’autres actions :
- restaurer le pouvoir (aujourd’hui complétement délabré),
- avoir des actions fortes et financées pour développer une éducation moderne (l’éducation a été détruite depuis plus de vingt ans dans le pays),
- ouvrir les libertés et permettre à la jeunesse d’agir et d’innover,
- revoir la politique touristiques (le pays a des atouts importants) mais de grosses failles dans ce domaine,
- assainir l’Administration tant au niveau compétence qu’au niveau de son honnêteté,
- améliorer grandement la Justice pour la faire sortir de sa culture de soumission au pouvoir,
- etc …

Or ce vaste chantier est très difficile car il s’agit de remettre en cause des années de régression et de changer la culture pour faire que ces pouvoirs soient désormais au service de l’intérêt général. Il ne peut se mettre en place qu’à certaines conditions qui semblent ne pas être voulues par ce Président.

Je pense d’abord que la mise à l’écart de tous les partis politiques, y compris ceux qui ne sont pas corrompus comme le PDL, est une erreur car une politique réelle, forte telle que je l’ai décrite, exigera un effort et un accompagnement de beaucoup de Tunisiens.

Or qui soutient le Président ? Certes 87% des Tunisiens le soutiennent dans les décisions prises.
Le soutiendront-ils et comment dans les immenses efforts qui devront être faits ?
Les jeunes auxquels il fait souvent référence, qui sont-ils ?
Y a-t-il beaucoup de choses de commun entre les jeunes des quartiers aisés, les étudiants, et cette jeunesse déscolarisée, oisive par la force des choses, qui n’a aucune formation ?

Je lis que le Président aurait un projet d’organisation du pouvoir qui ferait partir ce pouvoir de la base par la création de petits comités (électoraux ? décisionnaires ?)

Il est impératif que le Président soit clair sur son projet.
Or, il avance sans dire les choses. Est-ce cela la démocratie à ses yeux ? Ne rien divulguer au peuple (ce mot dont il a plein la bouche), le laissant dans l’incertitude la plus totale ?

Je dirai enfin, que dans la situation actuelle du pays qui est catastrophique sur tous les plans, seul un pouvoir fort, centralisé, pourra avoir assez de force pour avoir un réel projet pour le pays et pour le mener à exécution.
Je pense que respecter le peuple Tunisien, serait de lui décrire son projet et sa vision et d’essayer de réunir sur ce projet et sur cette vision une grande majorité s’il arrive à convaincre.

Avancer un projet dans le silence et l’obscurité, c’est en réalité mépriser le peuple Tunisien et ouvrir une nouvelle période de doute et de régression.

3 commentaires:

  1. L'ANCIEN DOYEN DE LA FAC DE DROIT, FAISAIT LE PORTRAIT DE SON CONFRERE EN 2019, ET DE LE RELIRE AUJOURD'HUI APRES LES RESOLUTIONS DU 25 JUILLET DERNIER, ON NE PEUT QUE CONSTATER SA VERACITE ...

    Inquiétant, ce KS !

    https://www.leaders.com.tn/article/28150-sadok-belaid-la-tunisie-a-t-elle-besoin-d-un-kais-saied?fbclid=IwAR1PIzmrYIaNRifZkVwowtiafxPkowoG-4zDYxERML3qnapISieWrQzbox0

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  2. Ks construit et élabore son idéologie en cours de mandat, au fur et à mesure. mais a t-il le temps de la réflexion en étant au coeur de la batille et en étant au four et au moulin?
    (M.T. Fakhri)

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  3. L'ETAT TUNISIEN EN FAILLITE, SOUSTRAITE AVEC LES ASSOCIATIONS CARITATIVES ISLAMISTES ...

    Ghannouchi et ses Frères musulmans ont mis tout le pays et ses institutions en coupes réglées, sous contrôle de leurs diverses associations caritatives islamistes !

    La stratégie est bien rodée :
    Pour s'imposer aux Tunisiens, les islamistes créent de toute pièce des crises en organisant des pénuries d'eau, de fourniture d'électricité, de fournitures scolaires ... et débarquent dans les régions, tels les chevaliers blancs pour régler les crises et remédier aux pénuries qu'ils ont créées en ouvrant les vannes d'eau, en rétablissant l'électricité, en distribuant les fournitures scolaires ... tout en arborant leur sigle d'association caritative filiale d'Ennahdha, pour que les Tunisiens s'en souviennent le jour des élections et sachent à qui accorder leur voix pour les remercier de leur assistance et de leurs aides !

    C'est le populisme de base sur lequel surfent les islamistes !!

    Et que fait KS pour soustraire le pays à cette gestion "caritative" par les islamistes ? RIEN !

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