mercredi 27 février 2019

ELECTIONS 2019 : DEMANDEZ LE PROGRAMME !

Article paru dans : Kapitalis

En période électorale les gens veulent connaître le programme des candidats pour pouvoir faire leur choix ! Certes, c'est en principe ce qui se passe dans les démocraties ; bien que dans les plus anciennes, de plus en plus de candidats, une fois élus, passent outre une fois à la tête de l'Etat, devenant pragmatiques pour tenir compte de la conjoncture internationale depuis que le monde s'est globalisé, expliquent-ils souvent.

En Tunisie, qui vit un chaos politique, économique et social et où la démocratie est encore balbutiante, il serait prudent de faire plus attention aux principes et à l'idéologie qui motivent les candidats, plutôt que de s'arc-bouter sur leurs programmes ! Car des programmes, tout le monde peut vous en proposer, et des plus alléchants, s'il vous plaît. Mais les respecteront-ils ? Rien n'est moins sûr ! Jacques Chirac disait que les programmes n'engagent que ceux qui y croient !

D'ailleurs pour rappel, Ghannouchi n'avait-il pas proposé dans son programme 365 résolutions, comme pour mieux narguer les tunisiens et se moquer des "demandeurs de programme", en leur proposant autant de résolutions que de journées dans l'année ? Les a-t-il respectées pour autant ? Qu'en est-il au bout de 8 années de pouvoir islamiste ?? RIEN !
Il n'a fait qu'appliquer méthodiquement et sans en dévier d'un iota, le programme des Frères musulmans élaboré depuis Sayyid Qutb, celui qui a mis en musique le projet de Hassan El Banna, fondateur de l'organisation internationale des Frères musulmans !

Et de toute manière, on a vu à quels résultats ont abouti ces programmes !

Or la classe politique dans son ensemble, semble n'avoir aucun repère idéologique ni aucune conviction politique réelle. Tel un roseau, ses hommes politiques tournent avec le vent, s'ils ne retournaient leurs vestes, tout simplement !!

C'est le cas de MMM (Mohamed Moncef Marzougui, alias Tartour), MBJ (Mustapha Ben Jaafar, alias Le Groggy du perchoir), BCE (Béji Caïd Essebsi), YC (Youssef Chahed), MM (Mohsen Marzouk), Mehdi Jomaa ... tous ont collaboré ou collaboreront (certains en conviennent déjà, avec l'espoir d'être repéré par Ghannouchi) avec Ghannouchi qui s'en sert de faire valoir "progressiste-démocrate" à son parti honni par une grande majorité de tunisiens, pour finir par les jeter aux oubliettes de l'Histoire; en attendant que les Frères musulmans reprennent du poil de la bête et s'assurent une réelle main mise sur la société tunisienne dans laquelle ils diffusent le wahhabisme pour la préparer au grand jour "J", où ils prendront le pouvoir en totalité ! Ce qu'a fait Recep Erdogan en Turquie et que Ghannouchi prend pour modèle.

La seule qui a compris le danger mortel pour la Tunisie de laisser les Frères musulmans détruire méthodiquement la République, c'est Abir Moussi; animée comme l'était Habib Bourguiba d'un véritable patriotisme et d'une idéologie à laquelle la Tunisie moderne doit tout : le Nationalisme qui a permis la naissance d'une nation tunisienne reconnue comme telle et respectée parmi les nations !!

Si Abir Moussi combat les Frères musulmans, comme l'avait fait en son temps Bourguiba, c'est parceque leur pan-islamisme et son pendant le pan-arabisme, sont les pires idéologies ennemies du nationalisme. Ils n'aspirent qu'à dissoudre la nation tunisienne dans un magma appelé "Oumma islamiya", sous la houlette d'un Calife, pour les premiers ; et de " Peuple arabe " sous la houlette d'un Raïs comme le fut Gamel Abdel Nasser ou Saddam Hussein avec le résultat que l'on sait, pour les seconds ... c'est dire leur désir d'être à nouveau colonisés !

Par ailleurs, tous les beaux programmes, toutes les belles promesses des candidats ne valent absolument rien ; puisque la Constitution 2014 telle que la voulaient les islamistes, ne permettra à aucun programme d'être réalisé car le parti qui aura gagné les élections devra poursuivre le consensus et ses marchandages entre les partis pour aboutir à des demi mesures, des demi-politiques. 

Consensus, trouvaille imposée par Ghannouchi sous la menace du terrorisme, et qui ne profite qu'à Ennahdha qui s'abrite derrière de prétendus "démocrates-progressistes", auxquels il fait porter le chapeau des résolutions impopulaires; le temps pour les Frères musulmans de s'implanter durablement dans le pays et sur la scène politique tunisienne. 

Il est donc clair que cet appel à des programmes est un leurre, destiné à tromper les électeurs. Ce qu'il faut d'abord et avant tout, c'est changer de Constitution et de mode électoral car c'est cela seul qui permettra une politique cohérente et forte.

Tous les partis qui s’accommodent de cette Constitution qui paralyse le pouvoir, veulent continuer à jouer à leurs petits jeux en flirtant avant Ghannouchi dans l'espoir d'un "poste" pour leurs dirigeants, aussi éphémère soit-il, pour soigner leur ego !

Abir Moussi est la seule qui refuse ce petit jeu mortel pour le pays et c'est à cela que je la reconnais comme patriote.

Alors quand on est un patriote et que l'on voit l'état de la Tunisie depuis que la pieuvre islamiste s'est abattue sur ce pays, on ne fait pas la fine bouche pour encourager la seule qui projette de débarrasser la Tunisie de ses ennemis jurés que sont les Frères musulmans et ceux qui les soutiennent le Qatar et la Turquie ! Et qui se méfie des prétendus "démocrates-progressistes" prêts à pactiser avec le diable qu'ils ont fini par croire incontournables et indispensables à la vie politique tunisienne, au point que bon nombre se sont déjà couchés devant Ghannouchi.

Il faut sauver la maison Tunisie !
Il faut soutenir Abir Moussi et son parti le PDL !!

Seul un vote massif pour elle et son projet, pourra sauver le pays. Sinon il faut se résigner à ce que tout continue comme avant et que le pays s'enfonce petit à petit, chaque jour un peu plus. Les Tunisiens ont le choix et aussi le sort du pays en leur pouvoir.


Rachid Barnat

Voir Vidéo Abir Moussi chez "France 24" du 22.02.2019 : Vivement la Troisième République !!

Projet de Constitution : file:///C:/Users/Rachid%20Barnat/Downloads/PROJET-DE-CONSTITUTION-converti%20(1).pdf

mardi 26 février 2019

Traditions jerbiennes et leurs origines ...

Jerba conservera-t-elle sa spécificité ethnique, religieuse et économique ? 
Rien n'est moins sûr. 
Depuis l’avènement du tourisme de masse sur l'île, beaucoup de ses habitants ont migré vers Tunis sinon vers l'étranger; et une nouvelle population venue des villes voisines (Gabes, Zarzis ...) s'installer à Jerba, fournit la main d’œuvre qui fait tourner l'industrie touristique. 
Si le wahhabisme a pu se répandre dans l'île, c'est parceque les autochtones à majorité ibadites sont partis, laissant le champ libre à cette obédience mortifère prendre sur une population inculte. Ce qui explique le résultat des élections pro Ennahdha à plus de 80% aux dernières élections. 
Dommage pour Jerba, elle est en train de perdre son âme.
R.B
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Oh combien j’ai été collant à cet habit, tenant fort à son bout de peur de me perdre dans les souks, ou pour me cacher des regards d’adultes qui ne me plaisaient pas, ou pour demander pardon, sans rien divulguer d'une bêtise commise et non encore découverte. 
Ou tout simplement pour me rassurer, sentir ma mère et être dans le confort de son corps généreux, protecteur et aimant.

Tenez-vous bien : cet habit me provient de l’ancienne Egypte, de l’Egypte Pharaonique !
Le domiati ou melhfa (drap), cet habit traditionnel que portent sur l’île de Jerba les femmes qu’elles soient d’origine berbère ou arabe.

Un peintre-photographe Français, natif de Ferry-ville, aujourd’hui Menzel Bourguiba ; un jour en visite à Jerba, en regardant les femmes jerbiennes portant le domiati et le chapeau de paille typique, m’a dit : Il y a quelque chose de pharaonique dans cet habillement. 
J’étais étonné mais pas surpris car il y a du vrai dans ce qu’il dit.

Cet habillement s’appelle domiati car il est originaire de Damiette, une ville égyptienne, à l’ouest de Port Saïd. 

C’est qu’avant la colonisation, les jerbiens faisaient du commerce avec les grandes villes de l’empire Ottoman dont les villes algériennes et celles de la côte Égyptienne comme le Caire, Damiette et Alexandrie, mais aussi avec Istanbul, La Sublime Porte de l’empire Ottoman; avec Jedda sur la mer rouge, avec le Yémen et jusqu’à Oman et les pays du Golf.

Si les jerbiens prénommaient leur filles « Toumana », « Temna » et « Taïz », c’est parce que « Toumana » est le nom de la monnaie persane en cours dans tout le Golf arabique de l’époque. Et le mot est encore en usage en Iran. « Temna » est le nom du port de Jedda et « Taïz » est une ville au Yemen.

C'est comme à Tunis où les tunisois prénommaient leurs filles « Louisa », prénom en rapport avec le Louis, monnaie française de l’époque coloniale; et que les tunisiens des villes de l’intérieur, prénommaient leurs filles « Tounès », en rapport avec la ville de Tunis centre du pouvoir beylicale.

Avec la colonisation, leur commerce s’est limité aux villes des pays nord africains colonisés ou sous protectorat français, essentiellement en Algérie et au Maroc mais aussi et surtout à Tunis et aux villes tunisiennes dans la vallée de la Mejerda, de Mjaz El Bab jusqu’à Ghar Dimaw, et celles de tout le nord-est du pays.

Revenons à Damiette. Les jerbiens y allaient sur leurs barques pour vendre leurs productions locales et d’autres produits importés d’ailleurs et, pour ne pas revenir avec des barques vides, importaient du riz pour leur alimentation. Tout le sud tunisien ne produit pas le blé et à Jerba, la production céréalière insuffisante se limitait à l’orge et au sorgho (Droo). Et donc le complément en besoin en céréales, est assuré par le riz importé d’Egypte.

La Tunisie continentale n’a connu comme céréales que le blé au nord et l’orge au sud. Sfax était la frontière alimentaire céréalière entre le nord et le sud. Frontière tracée grâce à la pluviométrie.

Le riz, a toujours été synonyme de misère chez beaucoup de tunisiens du continent, car historiquement la Tunisie continentale n’a connu le riz que suite à l’importation, par le Bey Hammouda Pacha, d’un bateau de riz pour faire face à la famine. Donc, le riz est resté dans la tradition culinaire de la Tunisie continentale, un met de misère et dans la culture populaire synonyme de famine. Les gens du nord, de la vallée de Mejerda, parle de « l’année du riz » pour dire l’année de la misère de 1785.

Alors que les jerbiens ont connu le riz bien avant et ont excellé dans sa cuisine, avec le fameux riz jerbien, cuit à la vapeur.
Jerba a réuni l’orge (planté sur l’île et importé du continent), le riz (importé du Delta du Nil) et le sorgho (originaire de l’Afrique subsaharienne), comme elle a réuni arabes, berbères et noirs, comme elle a réuni ibadites, malékites et juifs.  Le tout dans la paix, l’harmonie et la diversité, confirmant la réputation de Jerba d'être une île de tolérance ! 

Avec le riz de Damiette, les jerbiens ont importé l’habillement qu’ils ont appelé domiati. D’ailleurs, à Damiette on trouve un village qui porte le nom Izbat al Jirbi ‘’ عزبة الجربى ‘’, le domaine du jerbien.
Beaucoup de familles jerbiennes ont des arrières cousins dans les anciennes villes de l’empire ottoman et ailleurs où leurs ancêtres faisaient du commerce. Je peux citer les familles Ben Jemaa et Ben Dahmène qui ont leurs branches en Alexandrie, la famille EL Kateb à Istanbul et la famille Ben Tanfous à Oued M’zab en Algérie.

Une fois sur le web, je discutais avec un égyptien d’Alexandrie. Il m’a dit qu’il voulait venir visiter la Tunisie et particulièrement l’île de Jerba. Il ne savait pas que je suis jerbien. 
Je lui demandai : Pourquoi Jerba particulièrement ? Il m’a répondu, à ma stupéfaction, que c’est parce que sa grand-mère paternelle, décédée, est jerbienne.
Elle portait le nom de famille Jadoui, un nom bien jerbien.

P.S : Toutes les information historiques dans l’article, m’ont été rapportées par un père zeitounien de formation et amateur d’histoire, particulièrement celle de Jerba.

Texte repris par Rachid Barnat

Un hommage à Bourguiba ...


Un fils de Bourguiba, reconnaissant au fondateur de la Tunisie moderne, lui rend hommage. Contrairement aux ingrats, dont les islamistes qu'il avait sortis de leur ignorance grâce à l'école républicaine et qui font aujourd'hui régresser le pays et retourner les tunisiens au moyen âge et à son obscurantisme.
R.B
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Mehrez Hidri

Je suis né en 1950, et j’avais six ans lorsque mon pays est devenu indépendant. Je garde encore à l’esprit l’image sombre de la vie quotidienne dans mon quartier. Nous étions à un quart d’heure du centre-ville, mais nous vivions complètement marginalisés dans la boue en hiver et la chaleur torride en été. Nous n’avions ni eau ni électricité. Mes parents et mes frères et sœurs aînés étaient analphabètes. Le quartier des Frachich et Ouled Ayar était une véritable jungle, aucun étranger au quartier n’osait s’y aventurer le soir. Il arrivait souvent que des bagarres éclatent entre les deux tribus qui finissaient dans le sang.

Les maladies contagieuses n’épargnaient aucun foyer. En hiver, en rentrant tard le soir, on devait avoir une torche pour éviter de plonger les pieds dans la boue. Juste à côté, se dressait la caserne de Forgemol où vivaient les soldats de l’occupation dans le plein confort, alors qu’on vivait dans la misère totale.
Mon quartier n’était pas le seul à vivre dans la désolation, des centaines d’autres quartiers de la périphérie de Tunis vivaient ainsi.

Un jour, on a appris que nous sommes devenus indépendants. Pour moi, enfant de six ans, cela ne signifiait rien. C’est quoi indépendant, et c’est qui ce Monsieur qu’on appelait Bourguiba ? Peut-être qu’il est le fils ou le frère du bey.

Quelques mois après j’ai vu s’installer de grosses tentes où tout le monde devait aller pour se faire vacciner contre la tuberculose, la coqueluche et la variole.

La même année, une école primaire pour garçons a été construite. C’est alors que je quitte le "kotteb" (école coranique) pour aller prendre place dans ce bâtiment avec d’autres enfants qu’on appelle élèves.
Brusquement, les bagarres entre Frachich et Ouled Ayar ont cessé. L’oued qui nous séparait de l’école et qu’il fallait traverser avec précaution en hiver ne représentait aucun risque avec le pont nouvellement construit qui joint ses deux rives.

La grande joie était l’ouverture de la cellule destourienne où on avait droit à une tasse de lait, un petit pain et un morceau de fromage. On nous disait que c’est l’Amérique (Etats Unis) qui nous offre la poudre de lait et le fromage.

Des quartiers modernes poussent à un rythme accéléré : cité el Khadra, cité Ezzouhour, Ettahrir, Ibnou Kholdun.

Quatre ans après, et à l’âge de dix ans, nous déménageons dans le quartier Lafayette. C’est la première fois que je mets les pieds dans le centre-ville. La première fois que notre foyer est éclairé par des ampoules. La première fois que pour boire, il suffit d’ouvrir le robinet. Le plein confort ! Nous étions les seuls musulmans à habiter la rue Zaghouan, le reste des habitants étaient des Italiens ou Maltais.

Peu à peu, je commençais à découvrir Bourguiba, à comprendre le rôle qu’il a joué pour nous libérer du colonialisme français. A cet âge, et après quatre années de français à l’école, je pouvais discuter avec mes copains italiens qui parlaient français. Bien que n’étant pas conscient de ce que faisait chaque jour notre grand Zaïm, je ne cessais de constater les grands changements dans notre vie. Je me rappelle que j’ai bien aimé le terme de "dégourbification" et j’étais fier de découvrir l’étymologie de ce terme qui veut dire l’éradication de tous les gourbis.

Par la suite, lorsque nous avons acheté un poste radio, je suivais avec admiration les discours du Combattant Suprême qui nous appelait surtout à aimer notre Tunisie, à étudier et apprendre les sciences modernes et la technologie. Mon bagage politique ne cessait de se développer. A l’âge où j’étais au lycée, je suivais les événements en Algérie, au Ghana, et je suivais les activités de Nehru, Tito, Patrice Lumumba et autres leaders du Tiers Monde.

Mais ma fierté était à son comble lorsque j’ai découvert, une fois à Paris, étudiant à la Sorbonne, le respect que les Français vouaient aux Tunisiens.
Une fois, alors que j’étais sur un vélomoteur avec mon frère, ce qui est interdit, l’agent qui nous a arrêtés nous a rapidement laissé partir lorsqu’il découvrit que nous sommes Tunisiens.

C’était l’époque Bourguiba, la belle époque vraiment.

Aujourd’hui, des gens de mon âge qui sont passés de la misère à la prospérité, n’ont que haine pour ce grand homme, pour Bourguiba le Zaïm. Les qualifier d’ingrats, c’est faire preuve d’euphémisme à leur égard. Bourguiba est au-dessus de leur haine et leur ingratitude. Il a écrit en lettres d’or son nom parmi les grands hommes de ce monde.

En quelques années, il a fait des Tunisiens un peuple épanoui et respecté. Il a réussi à réconcilier les différentes tribus, à émanciper la femme, et à répandre le savoir à travers les contrées les plus reculées du pays.

Si j’aime et respecte Bourguiba, c’est parce que je suis reconnaissant à celui qui a éclairé mon chemin et fait de moi ce que je suis aujourd'hui.

La hargne et la rancune contre notre Bourguiba, ne font que lustrer encore plus son image.

dimanche 24 février 2019

Lettre ouverte à Bouteflika

L'Algérie post-coloniale, décrite à travers le parcours d'un algérien qui voit son pays devenir un butin de guerre du FLN & des islamistes, qui ont mis moins de temps pour le détruire que n'en ont mis les français pour le construire ! 
L’ère Boutef' se termine avec le départ des frères Boutef' après un "Dégages !" de la part des algériens en colère, devenus la risée du monde avec un président impotent maintenu en place tel une marionnette par ceux qui tirent ses ficelles ! 
Il était temps.
R.B 

PS : La paupérisation du peuple aussi bien sur le plan économique qu'intellectuel, qui s'est produite en Algérie, est en train de se produire en Tunisie à la vitesse grand V, depuis que les islamistes se sont emparés de la "révolution" des tunisiens.
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Mohamed Kacimi


COMMENT JE SUIS DEVENU VANUATAIS 

Monsieur le Président, 

C’est avec une grande joie que je viens d’apprendre que vous vous représentez une cinquième fois à la candidature pour la présidence de la « République algérienne, démocratique et populaire ». Magnifique et fantastique, comme ironisait feu Aït Ahmed.
Monsieur le Président, votre geste me remplit non seulement de joie mais aussi d’un réel sentiment d’éternité. 

Le jour de ma naissance en 1955, vous étiez déjà commandant dans l’armée de libération nationale, à Oujda, au Maroc, votre ville natale, alors que sur le site de votre gouvernement on vous fait naître à Tlemcen. Car marocain cela fait mauvais genre probablement. Je me demande justement pourquoi ils ne vous ont pas changé en même temps de date de naissance : Né à Tlemcen le 1er mai 1980, par exemple. L’Etat que vous incarnez est justement un État de contrefacteurs. N’est-ce pas votre premier ministre qui vient de répliquer aux opposants à votre candidature : « Vous dites que le président est handicapé, alors que les handicapés, c’est vous ». En fait, vous êtes dans la fleur de l’âge et vous avez le malheur de diriger un peuple de 40 millions de tétraplégiques. 

En 1955, année de ma naissance, vous étiez déjà commandant de l’ALN dans l’armée des frontières. L’Algérie était française, la France était dirigée par Mendès France, l’Union Soviétique par Khrouchtchev, la Chine par Mao, et les USA par Eisenhower, et moi je tétais ma mère. 

En 1962, année de la fin de guerre, et non de l’indépendance qu’on attend toujours, vous devenez ministre du tourisme, et moi j’entrais en cours préparatoire première année à l’école du plateau à Boussaâda. Vos comparses du FLN désignent alors à la tête de l’État un footballeur de Tlemcen, justement, avec le même QI que Franck Ribery : Ahmed Ben Bella. Les deux partagent la même passion pour l’Islam. Ce dernier pour éradiquer les séquelles du colonialisme, rafle tous les enfants cireurs d’Alger et les fout en prison, et, pour renflouer les caisses vides de l’État, dépouille toutes les algériennes de leurs bijoux. 

En 1965, ma famille s’installe à Alger, Au Golf puis à Baïnem. J’étais à l’école primaire de la Pointe Pescade. On se baignait à la plage Franco et le soir on allait se taper une toile au Majestic, en mangeant des créponets. Le colonialisme a commis certes des horreurs, mais il a réalisé un miracle d’architecture : Alger. Il faut dire la vérité. Tous les dirigeants qui se sont succédés à la tête de l’État depuis 1962 se sont acharnés à détruire, à saccager, à enlaidir cette ville à laquelle ils étaient tous étrangers. 

En 1965, avec vos complices de l’armée, vous renversez le pauvre président footballeur qui assistait à un match Algérie-Brésil. Le Colonel Boumediene vous nomme alors ministre des affaires étrangères. La France était dirigée par De Gaulle, la Chine par Mao, l’Union Soviétique par Léonid Brejnev et les USA par Lyndon B. Johnson, vous les avez tous connus. Et vous les avez tous enterrés. Vos thuriféraires assurent que lors de votre rencontre avec De Gaulle ce dernier a été impressionné par vos yeux bleus, paraît-il, aussi beaux que ceux de Michèle Morgan. 

Boumediene était un mélange de Raspoutine et de Beria. Flic dans l’âme, il transforme l’Algérie en vaste caserne sous la haute surveillance de la sécurité militaire. Putschiste invétéré, il décide de liquider le sous-développement de l’Algérie, comme il liquidait ses opposants, d’une balle dans la tête. Le colonel fou, (Werner Herzog dit dans ses mémoires qu’il lui a proposé de jouer dans « Aguirre ou la colère des Dieux » à la place de Klaus Kinski ) fait un jour un discours pour nous annoncer que l’Algérie était un pays riche et qu’il n’avait besoin de rien. Du coup, il interdit toutes les importations, et comme le pays ne produisait ni assiettes, ni fourchettes, ni couteaux et encore moins des clous, nous avons vécu durant des années avec du vent, des pénuries et des chants patriotiques. Durant tout le règne de Boumediene, nous avons appris à faire la « chaîne », la queue, pour tout, le pain, le sucre, la semoule, l’huile, le lait, et même pour prendre de l’air. 
Pendant qu’on crevait la dalle, le quotidien français le Monde, que l’Algérie achetait à des milliers d’exemplaires nous consacrait tous les trois mois un dossier spécial : « l’Algérie, le Japon de la Méditerranée »…

Dès les années 70, le régime commence à faire le lit des islamistes : arabisation sauvage de l’enseignement et même de l’environnement, dissolution de l’Union des Étudiants Algériens, incarcérations des militants de gauche, création des lycées islamiques, suppression des filières de philosophie en français, instauration du weekend islamique, le jeudi et le vendredi, destruction de l’agriculture au profit d’une industrialisation catastrophique, etc. 
J’étais alors lycéen au Lycée Al Ghazali de Sour el Ghozlane, et la police faisait la chasse aux cheveux longs qui étaient tondus dans les commissariats, et les récidivistes on leur passait le crâne au goudron. Plus tard, on jettera de l’acide chlorhydrique sur les jambes des filles qui portaient des jupes. 

A la mort de Boumediene, en 1978, j’étais étudiant à l’École Normale Supérieur de Kouba. Et j’avoue que j’ai fait la fête avec mes amis à El Asnam. Vous avez fait l’éloge funèbre du dictateur, probablement empoisonné par ses proches, et vous avez cru lui succéder. Mais votre passion pour l’imparfait du subjonctif allait vous trahir. Dans l’armée algérienne quiconque dispose de plus de deux neurones est considéré comme élément toxique. On vous a préféré un colonel, Chadli, « l’homme qui comptait jusqu’à douze », comme l’appelaient les algériens, pour sa passion du domino. Le candidat du FLN avait un double avantage, il ne savait lire ni écrire, ni l’arabe ni le français. C’est pour dire que la passion de la tétraplégie vient de loin. Afin de trancher avec la rigueur de son prédécesseur, Chadli, ouvre le marché et inonde l’Algérie de bananes. La liesse provoquée par l’arrivée des bateaux emplis de bananes de Côte d’ivoire fut plus grande que l’embarquement des troupes françaises en 1962. A ce moment, j’étais officier appelé, affecté à l’Académie interarmes de Cherchell. J’ai passé les deux années de service militaire entre arrêts de rigueur et désertion. 

Ecarté par vos proches qui vous accusaient d’avoir mis la main dans la caisse - quelle blague - vous prenez les chemins d’un exil doré vers les pays du Golfe, où, d’après vos dires, vous avez passé des années à lire tout Hugo et tout Balzac !
De mon côté, le jour de ma libération du service militaire en 1982, j’ai pris mes clics et mes clacs pour Paris, avec l’intention de ne plus jamais remettre les pieds en Algérie.

Avec Chadli, l’Algérie s’ouvre au marché et la misère gangrène la société. En octobre 1988, des milliers de jeunes sortent dans les rues d’Alger pour crier famine. L’armée ouvre le feu et tue plus de 500 enfants... Un haut responsable du FLN qualifiera ce massacre de « chahut de gamin ». Pris de court, le FLN, parti unique, décide de se convertir au multipartisme et jette en pâture « la démocratie » à une foule qui réclamait du pain. En une semaine pas moins de 62 partis politiques sont créés avec les subsides de l’État, bien entendu ainsi qu’une presse « d’opposition » financée par l’État aussi !!!! 
Cette « ouverture démocratique » va profiter uniquement au FIS, Front Islamique du Salut, qui, loin d’être un parti d’opposition, représentait en fait la logique mutation du FLN. 

La suite de l’histoire on la connaît… Les Islamistes gagnent les élections, l’armée dénonce le scrutin et arrête le processus électoral. Des milliers de jeunes prennent alors le maquis et mettent à feu et à sang le pays durant dix années. C’étaient les précurseurs de Daech. 

Après dix années de guerre, et après avoir vidé tous ses arsenaux, l’armée algérienne vous fait appel pour sauver ce qui restait du pays. Avec votre verve, et votre passion de l’imparfait du subjonctif, vous parcourez tout le pays et vous promettez le pardon absolu aux assassins, aux égorgeurs, aux massacreurs. On passe l'éponge, les islamistes n'ont jamais tué personne ! Mieux, vous offrez des primes à ceux qui déposent les armes. Les islamistes égorgeurs remportent du coup la cagnotte et font main basse sur tous les commerces du pays… 
Vous avez réussi le miracle d’effacer deux cent mille morts victimes des islamistes comme on effacerait d’un coup de brosse un tableau ! 
Votre arrivée a certes barré la route du pouvoir aux islamistes, mais elle leur a offert en échange le contrôle et la mainmise sur toute l’Algérie. 

L’Islam qui était une culture est devenu une obsession, une pathologie nationale. Pour le moindre geste quotidien, chaque algérien est désormais contraint de passer par le Coran et par les dires du Prophète : pour mettre ses chaussures, nouer une cravate, ou mâcher un chewing-gum, rouler une pelle à sa femme ou se curer le nez avec le doigt. Le pays qui n’a pas vu la construction d’une seule salle de cinéma depuis 1962, se couvre, à vue d’œil, de mosquées. Il y a aujourd’hui autant de mosquées à travers le pays qu’il y a d’algériens. Alors que les enfants s’entassent parfois à 60 dans les classes d’école, que les gens crèvent dans les hôpitaux insalubres, vous décidez de construire une mosquée à 3 milliards de dollars qui portera votre nom ; et du haut de son minaret de 265 mètres le muezzin criera la grandeur de Dieu sur ce désert culturel absolu qu’est devenu Alger. Savez-vous qu’il y a plus de galeries d’art à Gaza qu’à Alger ? et que l’université de Ramallah, Bir Zeit, c’est Harvard à côté du dépotoir qu’est devenue l’Université algérienne ? 

Ce cher Lénine assurait qu’avec le triomphe du communisme, n’importe quelle cuisinière pourrait gérer les affaires de l’État… La stratégie du FLN est presque pareille, puisque la fonction première et essentielle de l’État algérien est la rapine, n’importe quel abruti - fut-il tétraplégique ou même anencéphale, excusez ma franchise, pourrait faire le boulot. D’où l’insistance de cette armée de pillards et de rapineurs à vous garder à la tête de l’État qui en fait n’est rien d’autre qu’une association de malfaiteurs. 

J’ai toujours pensé que les dirigeants de cette horde du FLN sont convaincus depuis 1962 que l’Algérie est leur butin de guerre. Leur prise de guerre arrachée aux mains des français. En cela ils sont aussi les dignes successeurs des barbaresques de la Régence d’Alger qui sillonnaient les mers pour détrousser les chrétiens, pour les convertir ou les revendre. Le régime actuel fait partie de la lignée des janissaires, il s’est juste, pour la piraterie, replié sur les terres pour détrousser un peuple exsangue, sombre et névrosé, en lui promettant le paradis dans l’au-delà. 

Enfin, Monsieur le Président, je tenais à vous dire une chose qui me coûte mais que je vais dire quand même : On sait l’histoire de la colonisation, sa sauvagerie, ses crimes, ses enfumades du Dahra, les massacres de Bugeaud, les hécatombes de Guelma, la déportation de milliers de paysans, les pluies de Napalm sur les Aurès, mais ce que vous avez fait en vingt ans a détruit d’avantage la nature, le paysage, la terre, la beauté de l’Algérie que 130 années de colonisation. A coups de milliards de la rente pétrolière vous avez transformé le pays en vaste et morne banlieue, hérissée de HLM chinois qui vont parfois jusqu’au 20 étages mais toujours sans ascenseurs, les même HLM, jaunes et marrons, qui défigurent le pays, d’Alger à Tamanrasset et des autoroutes, décorées avec des palmiers morts, qui mènent nulle part qui s’effondrent au bout de quelques années ; et à l’infini des carcasses de béton inachevées avec des briques rouges et des herses de barres de fer de béton qui griffent partout le ciel d’Algérie. Votre règne sera marqué à jamais par cette construction effrénée de la laideur à coups de milliards de dollars.

Monsieur, le Président, comme je parcours beaucoup le monde, on me pose à chaque fois la question, « Vous êtes de quelle origine ? Je réponds bien sûr « algérien ». A chaque fois mon interlocuteur me regarde avec de grands yeux avant de me dire « C’est malheureux ce qui arrive à ce pauvre pays »… Que ce soit à New York, à Jérusalem, à Pondichéry, à Prague ou à Téhéran. Lassé de ce malheur, sans cesse répété, qu’on me lance à chaque fois au visage, j’ai trouvé la parade, je dis désormais, que je suis originaire du Vanuatu, parce que je ne connais pas ce pays et que personne ne le connaît non plus. Et je suis d’autant plus heureux que je ne pourrais pas voter pour vous, car je suis désormais un heureux citoyen vanuatais, corps et âme, qui n’a plus rien à avoir avec ce pauvre pays, l’Algérie, que vous allez entraîner dans votre tombe.

Paris le 24 février 2019

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PARDON ? MAIS VOUS RIGOLEZ ?
Monsieur l’ex, qui n'êtes toujours pas parti,
J’ai relu avec stupéfaction votre lettre de démission. Vous disiez que vous renoncez à la magistrature suprême par peur des « dérapages verbaux ». Ainsi, après avoir poussé un pays en entier au bord de l’implosion, à cause de votre entêtement, briguer un énième mandat alors que vous êtes à l’article de la mort, vous tirez votre révérence parce que … vous ne supportez pas les mots déplacés ! C’est tout à fait vous …
Ce ne sont pas les cris de 40 millions d’algériens, femmes, enfants, jeunes, vieux qui vous disent : « Y’en a marre de voir vos gueules depuis 57 ans » qui vous ont fait renoncer… Non ! Ce ne sont pas des foules immenses qui battent le pavé dans toutes les villes et les villages d’Algérie depuis des semaines ! Ce ne sont pas les images de cette révolution tranquille qui subjugue désormais le monde entier ; non, c’était juste la crainte d’un mot vulgaire qui vous contraint enfin à raccrocher, piteusement, votre tablier. On vous savait délicat, amoindri, on vous découvre hyper-sensible du tympan.
Pourtant, et j’en suis témoin, aucune insulte n’a été proférée à votre égard durant tous ces vendredis de joie et de colère ; même si depuis vingt ans, 40 millions d’Algériens avaient envie de vous dire : « Allez-vous faire, f… ». Personne ne vous l’a dit, tellement nous le pensions fort ...
Deux jours après, monsieur l’ex, vous nous avez fait parvenir une autre lettre pour nous demander de vous pardonner, en citant le nom de Dieu, à chaque phrase. Comme si le nom de Dieu pouvait vous servir d’airbag dans ces moments de collision violente avec la réalité de « votre peuple ».
On vous savait fasciné par Napoléon, voilà qu’on vous découvre épistolier dans l’âme, disciple de Madame de Sévigné, quoique écrivant dans un français plus qu’approximatif et maladroit comme en témoignent les fautes d’accord de participe que vous faites dans cette malheureuse missive, passons ! Vous nous demandez de vous pardonner, sans nous dire les torts que vous nous avez faits, et Dieu sait si la liste est tellement longue, on pourrait passer notre vie à vous absoudre, qu’on n’y arriverait pas, cher Monsieur. Ce serait au-dessus de nos forces et celles des générations à venir qui préféreraient nettoyer les écuries d’Augias, plutôt qu’El Mouradia.
Monsieur l’ex, vous nous demandez de vous pardonner mais pour quoi ? :
Pardon d’avoir été, à l’âge de 19 ans, le bras droit du Colonel Boumediene qui, comme le disait Ferhat Abbas, a attendu l’indépendance pour tirer les premières balles de sa vie, mais contre des algériens ?
Pardon d’avoir été au côté du même colonel quand celui-ci, en 1957 signe la condamnation à mort de Abane Ramdane, « l’architecte de la révolution » ?
Pardon pour avoir engagé en 1961 le guignol de Ben Bella à la tête du clan de Oujda pour flinguer Ferhat Abbas et les civils du GPRA ?
Pardon d’avoir tué dans l’œuf, en septembre 1962, la République qui allait voir le jour avec les civils du GPRA en prenant Alger de force avec l’armée des frontières qui, elle aussi, n’avait jamais tiré une seule balle de 54 à 62.
Pardon d’avoir participé à un régime dirigé par ce bouffon de Ben Bella qui criait orbi et orbi : « Nous sommes arabes, arabes, arabes » et qui, pour le prouver, a fusillé des centaines de manifestants en Kabylie en 1964 ?
Pardon d’avoir pris la place de Mohamed Khémisti, assassiné en 1963 par votre clan pour vous libérer son portefeuille aux affaires étrangères ?
Pardon d’avoir participé au coup d’Etat qui a renversé le bouffon de Ben Bella, mais qui aussi a brisé les fragiles institutions du pays, donné la chasse aux militants de gauche et torturé les militants de l’UNEA ?
Pardon pour avoir mis en place avec votre comparse, Boumediene, une terrible dictature militaire qui nous a contraints durant quinze années à mendier des pommes de terre devant des magasins d’Etat vides, pendant qu’affublé d’une perruque de cheveux longs vous faisiez des parties fines dans les palaces parisiens, aux dires de Giscard d’Estaing ?
Pardon d’avoir détourné de 1965 à 1978, 60 millions de francs sur un compte suisse à vous comme l’a confirmé le verdict à votre encontre de la cour des comptes en 1983 ?
Pardon d’avoir traité les algériens de « peuple médiocre » à la veille de votre première élection en 1999 ?
Pardon pour avoir, dès votre prise du pouvoir, amnistié, enrichi et introduit dans votre sérail des milliers d’égorgeurs islamistes ?
Pardon d’avoir fait voter une loi qui interdit aux familles des victimes de montrer du doigt les assassins de leurs proches, et qui nous oblige à dormir depuis vingt ans dans le même lit que nos bourreaux ?
Pardon pour avoir fait du bourrage des urnes le seul mode de scrutin, à tel point qu’on a cru revenir au temps du gouverneur Général d’Algérie le socialiste Naegellen, de 1948 à 1951, dont c’était la spécialité tant il avait peur du vote nationaliste des « indigènes » ?
Pardon d’avoir voulu briser l’échine de Benchicou et d’avoir interdit son journal, le Matin, juste parce qu’il ne croyait pas en vous ?
Pardon d’avoir fait des médias publics des Pravda dignes de l’ère de Brejnev et du KGB parce que vous n’avez jamais voulu sortir du vingtième siècle ?
Pardon pour avoir passé votre vie à cracher sur la démocratie, assurant à des assemblées de tarés du FLN que les Démocrates et les Républicains aux USA c’est blanc bonnet et bonnet blanc ?
Pardon d’avoir vandalisé, bétonné, assassiné les terres agricoles de la Mitidja, transformée en lugubre banlieue chinoise ?
Pardon d’avoir arraché des milliers d’orangers du Tell pour planter à la place des HLM de misère, sans ascenseur ni une pincée d’espace vert ?
Pardon d’avoir recouvert le pays entier de vos affiches, souriant niaisement la main sur le cœur, à tel point que le pays ressemblait sous votre règne à la Roumanie de Nicolae Ceausescu ?
Pardon d’avoir fait du dinar algérien une monnaie de singe qui vaut moins sur le marché que l’afghani Afghan ?
Pardon d’avoir fait élire à l’assemblée nationale une bande de béni oui oui, payés à 3000 euros chacun pour voter des textes de lois qu’ils ne peuvent pas lire, car apparemment aucun d’entre eux n’a fréquenté l’école de sa vie ?
Pardon d’avoir poussé dans l’eau des milliers de jeunes qui ont préféré être bouffés par les poissons de la Méditerranée plutôt que d’être rongés par les vers de terre dans le pays que vous gouverniez ?
Pardon pour avoir mis à la tête de l’Etat des analphabètes bilingues, Fakakir, et qui confondent versets du coran et vers de poésie ?
Pardon d’avoir fait tirer en 2001 sur la foule des manifestants en Kabylie pour les punir d’avoir fait du grabuge en demandant à ce que le Tamazight soit reconnu comme langue nationale ?
Pardon d’avoir fait la fortune de gangsters pieux, comme Kamel le boucher, (!!!) qui importaient des cargaisons de poulets, classe A, farcis avec des tonnes de cocaïne ?
Pardon d’avoir clochardisé le ministère de la culture en mettant à sa tête un meddah (crieur public) du souk de Sidi Aïssa ?
Pardon d’avoir donné cette image lamentable de l’Algérie, celle d’un pays de jeunes qui ont vu le jour avec les GAFA et dirigés par des grabataires nés au temps du cinéma muet ?
Pardon d’avoir intronisé à la tête du FLN moribond, un mauvais joueur de derbouka qui, faute d’avoir fait le maquis, s’est payé un pied à terre à Neuilly ?
Pardon d’avoir construit comme mausolée pour vous une mosquée à trois milliards de dollars alors que dans les hôpitaux d’Algérie, on remplit les poches de sérum avec l’eau du robinet ?
Pardon pour avoir rétrogradé l’Algérie au 134 rang mondial pour la liberté de la presse, derrière la Mauritanie, le Congo et le Maroc et l’Afghanistan ?
Pardon d’avoir embastillé tant de journalistes parce qu’ils vous avaient juste manqué de respect ?
Pardon d’avoir fait de la Sonatrach un nid de pirates dirigé par un forban, repris de justice ?
Pardon d’avoir transformé l’école publique en école coranique et les enseignants en tolbas (talibans) ?
Pardon d’avoir détruit l’université jusqu’à la réduire en cours d’alphabétisation ?
Pardon d’avoir fermé les yeux sur les exactions et les pots de vin de Chakib Khalil, le Madoff algérien, pourtant condamné pour corruption par les cours de justice européennes ?
Pardon de ne pas avoir abrogé le code de la famille qui fait de la femme algérienne une bête mineure que les familles peuvent vendre sur les souks à la criée ?
Pardon d’avoir jeté par les fenêtres 970 milliards de dollars dont personne, hormis les bandits qui vous entourent, n’a vu la couleur ?
Pardon d’avoir exigé de la France de faire repentance pour ses crimes en Algérie avant de demander asile au Val de Grâce, l’hôpital de ses généraux ?
Pardon d’avoir transformé les syndicats en brise-grève et en porte bougie pour le « patronat » ?
Pardon d’avoir poussé à l’exil des milliers de médecins au point que les algériens qui exercent en France sont plus nombreux que ceux restés en Algérie ?
Pardon d’avoir laissé le Sud algérien croupir dans la misère alors qu’il fait la richesse de l’Algérie ?
J’arrête là monsieur l’ex, la liste reste longue. Je n’en jette plus….
A votre mère qui vous demandait d’abdiquer il y a de cela quelques années, vous répondiez que c’était impossible tant vous redoutiez qu’on vous oublie et qu’on vous ramène plus les journaux. Pour une revue de presse vous avez mis à feu et à sang ce pays ? Si cela ne tenait qu’à cela, je vous aurais ramené moi-même les journaux et de Paris ; et même vous aurais fait la lecture ! Pour entrer dans l’histoire par la grande porte, il vous fallait à ce point avilir, abaisser ce peuple dont vous dites qu’il vous a élu et pour à la fin quitter la scène comme un chien battu, la queue entre les jambes et revêtu d’une gandourah tlémcenienne ?
Autocrate absolu, mégalomaniaque, paranoïaque et cleptomane par-dessus le marché, vous avez toujours pensé au fond de vous-même que l’Algérie ce n’était pas assez pour vous, ce pays médiocre, ce peuple médiocre, ne vous arrivaient pas à la cheville. Pour donner l’impression d’être grand vous n’avez pas hésité à rabaisser, autant que vous avez pu, l’Algérie. Aussi vous vous êtes acharné à détruire le pays vingt années durant comme un enfant briserait un jouet dont il n’est pas content.
Médiocre disiez-vous… Vergès que vous avez bien connu comme avocat du FLN se qualifiait lui-même de salopard lumineux, vous monsieur l’ex, vous n’êtes qu’un sombre salopard qui s’est trompé de siècle, de peuple, de pays, d’avenir et de Dieu, avant de rater lamentablement votre dernière sortie.

J’aurais bien voulu vous dire adieu, mais là en passant en revue ce désastre, le vôtre, je ne peux vous dire qu’une seule chose : Au diable !
1er mai 2019