mercredi 8 juillet 2020

Le juridisme de Abir Moussi, desservirait-il son action politique ?


Le juridisme en politique n'est pas bon, selon Me Ryf. Il oublie cependant, que Ghannouchi voulant régulariser sa situation et légaliser son parti interdit en Tunisie, avait trafiqué un dossier pour l'obtention du visa pour Ennahdha en multipliant les irrégularités.
D'autant que par son article 8*, La Constitution de 1959 encore en vigueur en 2011, interdit tout parti politique instrumentalisant la religion, ce que Me Ryf semble ignorer ! Or Ennahdha est une filiale de l'organisation mondiale des Frères musulmans dont Ghannouchi est membre du bureau politique. Comme elle interdit le financement ** par un pays étranger des partis politiques tunisiens ! En l’occurrence, le Qatar finance les Frères musulmans d'Ennahdha !!

Ce que dénonce Abir Moussi auprès du Tribunal Administratif. Comme elle dénonce toutes les autres irrégularités qui se sont produites avec la complaisance du ministre de l’intérieur; qui plus est, est un juge auquel incombait de respecter la loi : le RCD-iste Farhat RAJHI, déjà traître à son parti !

Quant à la méconnaissance du droit civil, que Me Ryf trouve comme excuse à Ghannouchi, il ignore que les Frères musulmans le méprisent parcequ’ils lui préfèrent la chariâa, ce droit islamiste vieux de 14 siècles ! Et qu'ils continuent à mépriser; méprisant même les lois et les règles qu’ils ont concoctées pour la constitution de 2014, qu’ils nous vendent pour la meilleure du monde (sic !) c'est dire leur mépris pour l'Etat tunisien et sa République qu'ils détruisent méthodiquement.

Dans sa lutte contre la pieuvre islamiste, Abir Moussi utilise toutes les armes légales dont elle dispose : les médias, les urnes et le Droit ! L'avocate qu'elle est, aurait tort de se priver du Droit pour bien montrer le mépris de Ghannouchi qu'il en a, ainsi que des règles démocratiques. La justice étant entre les mains des islamistes, Abir Moussi se contentera de celle des Tunisiens auxquels elle ouvre régulièrement les yeux sur les agissements de Ghannouchi et ses Frères.
R.B
Résultat de recherche d'images pour "jean pierre  ryf photo" 

Un grand débat agite en ce moment la Tunisie, débat lancé par Abir Moussi qui, lors d’une conférence de presse a indiqué que le parti islamiste Ennahdha était né dans des conditions juridiques douteuses; et que, notamment, ce parti avait été accepté alors que sa déclaration était irrégulière; la signature de la demande étant un faux, ne correspondant pas à celle de Ghannouchi; certains délais légaux n'ayant pas été respectés; les conditions que doit remplir le chef du parti n'avaient pas été respectées non plus, à savoir qu'il avait une double nationalité et qu'il était condamné pour des crimes de sang par la justice tunisienne.

Je dois dire d’abord que je suis très réticent, alors pourtant que je suis avocat, à la saisine des Tribunaux, beaucoup trop fréquente en Tunisie, lorsqu’il s’agit de régler un problème politique avant tout.
Or la présence dans le pays d’un parti islamiste (dont chacun sait que je suis un adversaire résolu), est beaucoup plus qu’un problème juridique, c’est une question fondamentalement politique.
Le vrai débat politique et même - dirai-je - de civilisation, est de savoir si un pays doit et a intérêt à tolérer des partis qui se fondent sur la religion et qui, en réalité l’instrumentalisent honteusement.

Alors, oui, c’est un problème politique mais au niveau non pas des Tribunaux mais de la Constitution qui doit clairement dire si elle accepte ou non ce genre de partis.
Or la Constitution en vigueur à l’époque et la nouvelle Constitution, n’interdisent pas ce genre de parti. Et ce qui n’est pas interdit est permis : telle est la règle.

Ensuite, les problèmes de forme ont certes leur importance et les juristes disent souvent que la forme (la procédure, les conditions de forme) sont les premières protections de la liberté mais il faut, à mon sens, éviter le juridisme pour, ici, faire de la politique.

Cela étant, je pense que madame Abir Moussi ne se fait guère d’illusions sur le sort judiciaire de son action mais elle fait là, une intervention politique pour montrer que, d’une part ce parti islamiste qui se fonde, nous répètent-ils, sur la morale; n’a pas hésité à se comporter de manière malhonnête; et que, poussé par l’urgence, il a gravement méconnu les lois et les règles. Comment, dès lors, faire confiance à un parti qui viole clairement et délibérément la loi ? Cette action d’Abir Moussi a donc le mérite d’attirer, une nouvelle fois, l’attention sur l’immoralité du parti Ennahdha.

D’autre part, cette action a également le grand mérite d’attirer l’attention sur les traîtres qui ont accepté de couvrir ces irrégularités évidentes et notamment celle de Farhat Rajhi, Ministre de l’Intérieur, qui nous sert aujourd’hui des explications plus qu’embarrassées et complètement irrecevables mais qui démontrent sa traîtrise ; qui, en laissant passer ces irrégularités flagrantes, a déshonoré sa fonction de magistrat.

Enfin cette action a également le mérite de faire apparaître aussi la réalité d’Ennahdha et de Noureddine Bihri qui menacent (le comble !) le PDL d’annulation, montre bien comment les islamistes conçoivent la démocratie ! 
Alors qu’ils sont les auteurs des irrégularités flagrantes, c’est le parti qui les dénonce qui devrait être annulé ! 

Sur ce point je pense que s’ils s’avisaient d’aller dans ce sens, une grande majorité de Tunisiens se révolteraient et ils signeraient, aussi, leur arrêt de mort sur le plan international car s’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à Abir Moussi et à son parti, c’est bien le respect des règles et de la Constitution.

Alors, en définitive, si je ne suis pas pour le juridisme et l’utilisation des Tribunaux en matière politique, je dis cependant bravo d’avoir ainsi mis en évidence le vrai caractère d’Ennahdha. 
Personnellement je n’avais pas besoin de cette nouvelle démonstration mais elle éclairera peut-être certains.

Un parti politique ne peut s'appuyer fondamentalement dans ses principes, objectifs, activité ou programmes, sur une religion, une langue, une race, un sexe ou une région.
** Il est interdit à tout parti d'avoir des liens de dépendance vis-à-vis des parties ou d'intérêts étrangers.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire