vendredi 10 décembre 2021

L'islamisme, la faute originelle de l'islam

L'islamisme a dévoyé l'islam. L’islam originel ayant été enterré, l’islam impérial se dresse désormais, bien décidé à conquérir la terre entière, avec la naissance de l'islamisme qui deviendra partie intégrante de l'islam après la mort de Mohamed. Ce que font les pétromonarques servis par le wahhabisme, une doctrine des plus obscurantistes en islam et par des pétrodollars à ne plus savoir quoi en faire, tant leur avidité de nouveaux riches les pousse à vouloir tout posséder.

Pour réformer l'islam, il faut purger le coran des sourates incitant à la violence qui rejoindront les sourates déjà abrogées. Les musulmans, tout comme l'avaient fait avant eux les chrétiens et les juifs, doivent séparer la religion de la politique et réhabiliter la pensée initiée par le passé par les mutazilites, mais très vite combattue par les hommes du pouvoir !

Cependant, Martine Gozlan a trop vite déboulonné Ibn Rochd-Averroes et jugé Youssef Chahine de réécrire l'histoire dans son film "Destin" qui dénonce l'islamisme, en omettant la dhimmitude cette règle à laquelle étaient soumis les juifs vivant en terre d'islam; et dont le but premier, était de leur conférer un statut de protégés en tant que peuple voulant vivre à part. 

Faut-il rappeler que les juifs sont à l'origine de ce traitement à part par le pouvoir en place, à cause de leur rejet de toute intégration dans les peuples parmi lesquels ils vivaient; et ce, au nom de la pureté de leur race, persuadés que leur peuple est l'élu de Dieu. Ce que dénonce par ailleurs, Spinoza en imputant aux juifs la responsabilité de leurs conditions de vie exécrables parmi les peuples chrétiens d'Europe, telles que leur ghettoïsation et leur persécution ! 

A comparer ce qui est comparable, le sort des juifs était meilleur en terre musulmane qu'en terre chrétienne où humiliation et persécution étaient la règle, d'autant que les pères de l'Eglise les traitent de peuple déicide; jusqu'à leur extermination méthodique par les Nazis. 

Il aura fallu attendre la révolution française et l'arrivée au pouvoir de Napoléon pour mettre fin à ce traitement à part des juifs, en leur imposant la primauté du droit civil sur le droit religieux, pour leur accorder la citoyenneté pleine et entière et mettre un terme aux discriminations qu'ils subissaient en se prétendant le peuple "élu de Dieu". 

R.B 

In the Mosque, de Carl Friedrich Heinrich Werner











L'islam des Lumières a-t-il vraiment vu le jour

Deux femmes s'attaquent aux tabous dans des essais musclés. Marie-Thérèse Urvoy pulvérise la frontière entre islam et islamisme tandis que Hela Ouardi, à travers le meurtre du calife Omar, remonte à la source de la violence dans le Coran. Marie-Thérèse Urvoy revient sur le distinguo entre les “sourates mecquoises” de Mohamed, qui incarnent, dans la solitude du proscrit de La Mecque, l’objectif moral de la prédication, et les “sourates médinoises”, quand il se transforme en chef de guerre, qui témoignent de la volonté de puissance au service d’Allah.
Marie-Thérèse Urvoy n’a pas peur des mots. «L’islam des Lumières est un fantasme» affirme l’islamologue, auteure d’une vingtaine d’ouvrages, dans son dernier essai Islam et islamisme. Frères ennemis ou frères siamois ? (éditions Artège). Doit-on séparer les deux mots, au cœur de toutes les polémiques actuelles, ou les englober dans le même concept ? «Le problème a pour origine une tension interne au Coran entre visée spirituelle et ambition d’emprise sur le monde» rappelle l’auteure au préalable. Elle revient sur la célèbre distinction entre «sourates mecquoises» et «sourates médinoises», les premières étant censées incarner, dans la solitude du proscrit de La Mecque, l’objectif moral de la prédication, et les secondes, quand Mohamed se transforme en chef de guerre, la volonté de puissance au service d’Allah.
Dans un décryptage rigoureux, Marie-Thérèse Urvoy souligne l’absence de chronologie dans le texte coranique, ce qui rend la frontière très floue. Elle souligne la réalité historique dans les terres d’islam : «D’une façon générale, la transformation de la religion en un système juridico-politique militant a été acceptée par pratiquement tous […], la violence initiale a été admise au moins comme un mal nécessaire. L’historien tunisien Mohamed Talbi a même proclamé que si Mohamed n’avait pas exercé cette violence, l’islam aurait disparu.» Nous y voilà : Talbi, auteur, notamment, de Penseur libre en Islam (Albin Michel, 2002) et décédé en 2017, est en effet considéré comme un éclaireur et l’un des représentants les plus éminents de l’école réformiste musulmane. Or Marie-Thérèse Urvoy ne croit pas à cette réforme. Si elle rend hommage au courage de ses promoteurs, «les musulmans du for intérieur» elle constate qu’«ils ne représentent guère qu’eux-mêmes, même largement utilisés comme vitrine par le monde non islamique».
AVERROÈS DÉBOULONNÉ
Elle n’hésite pas à déboulonner le grand Averroès, dont le cinéaste Youssef Chahine aurait complètement réécrit l’histoire dans son film le Destin. Ayant lu de près le penseur musulman, elle nous apprend que, sur la question du meurtre d’un dhimmi (sujet juif ou chrétien, «protégé» par la charia mais légalement discriminé) par un musulman, il met en avant le statut inférieur du dhimmi. Elle cite ensuite, avec sa référence, un texte d’Averroès que Youssef Chahine n’avait visiblement pas lu : «Chacun doit se soumettre aux principes religieux, les suivre et ne pas douter de ceux qui s’y sont ancrés. Car les nier et les discuter rend vaine l’existence humaine, et de ce fait les hérétiques doivent être tués.» Rideau sur les Lumières, Averroès n’est pas Voltaire !
Hela Ouardi, universitaire tunisienne, adopte la démarche inverse. Dans le troisième volume de son triptyque, les Califes maudits elle s’efforce de prouver que la violence en islam trouve sa source dans l’assassinat du second calife, Omar ibn al-Khattâb, en 644, à Médine. Avec Meurtre à la mosquée une reconstitution efficace des aubes de l’islam, elle veut identifier l’épisode qui a traumatisé et modifié le récit islamique. «Ce meurtre va changer le cours de l’histoire écrit Hela Ouardi, car le calife qui succédera à Omar, “le fils du pauvre”, ne sera autre que l’Umayyade Othman ibn Affan. Avec lui, le puissant clan qurayshite des Banu Umayya s’emparera du pouvoir pour ne plus le lâcher pendant un siècle, durant lequel ils fonderont le premier empire de l’islam et provoqueront l’effroyable guerre civile qui divisera irréversiblement les musulmans en sunnites et chiites.» Comme Mohamed Talbi, Hela Ouardi s’inscrit dans le sillage de ceux qui imputent à un détournement sociopolitique la métamorphose d’un message supposé fraternel en guerre sacrée.
LOINTAIN RÊVE
«Le meurtre à la mosquée a scellé la fin d’un certain islam, l’islam originel bâti par Mohamed, un islam utopique qui se nourrissait du fantasme messianique, résume Hela Ouardi. Son meurtre était donc plus qu’un régicide, plus qu’un coup d’État : une véritable contre-révolution qui avait pour objectif la restauration de l’ancien régime […] Tout se passe comme s’il n’y avait jamais eu ni Mohamed ni islam. On assiste à une mutation : l’islam originel ayant été enterré, l’islam impérial se dresse désormais, bien décidé à conquérir la terre entière […] L’effondrement du colossal Omar sur le tapis de prière est l’image emblématique de la tragédie de l’islam condamné à ressasser les drames de sa violente genèse» conclut l’auteure. Sa volonté de retracer la fresque oubliée qui aurait dénaturé l’islam fait de cette intellectuelle une actrice engagée du mouvement de la réforme, comme le fut naguère la brillante Fatima Mernissi, au Maroc. La thèse de ces idéalistes – pureté de Mohamed, déviation de ses successeurs – ne débouche pourtant pas sur un islam laïque.
Un autre islamologue à l’œuvre considérable, Olivier Carré *, choisit, lui, d’explorer les écrits du jihad moderne. Il plonge au cœur des textes de Sayyid Qutb, exécuté par Nasser en 1966, inspirateur numéro un des islamistes. Son discours veut placer le monde sous la loi d’Allah par la lutte armée. Voici ce qu’écrit Qutb dans À l’ombre du Coran (Fi Zilal al Quran) : «La guerre pour Dieu (jihad) est indispensable à l’islam, elle fait partie de sa nature puisque, sans elle, il ne vivrait pas ni ne guiderait l’humanité.» «Qutb prône, nous dit Carré, la “révolte totale contre les législations qui, sur toute la terre, sont purement humaines”. Il entend mener “la chasse aux usurpateurs qui dirigent les hommes par des lois venues d’eux-mêmes”. Cela signifie la destruction du royaume de l’homme au profit du royaume de Dieu.» À l’heure où on juge à Paris ceux pour qui cette encre s’est changée en sang, le rêve de l’islam des Lumières semble lointain.
- Islam et islamisme. Frères ennemis ou frères siamois ?, de Marie-Thérèse Urvoy, éditions Artège, 166 p., 14,90 €.
- Le Coran des islamistes. Lecture critique de Sayyid Qutb, 1906-1966 par Olivier Carré, éditions du Cerf, 382 p., 25 €.

2 commentaires:

  1. LES RELIGIEUX "PROGRESSISTES" PRISONNIERS DU CORAN & DE LA CHARIAA !

    Pour être crédibles, il leur faut admettre 3 choses :

    - Débarrasser le Coran des sourates guerrières appelant à la violence.
    - Répudier la chariaa ce corpus de lois religieuses établi durant les 2 premiers siècles de l'islam par et pour les hommes au pouvoir ! Pas déjà franchi par le Pr Mohamed Talbi.
    - Admettre la primauté du Code Civil sur les loi religieuses.

    Pierrot Lefou :

    Olfa Youssef est passée, hier soir, sur 𝐸𝑙 𝐻𝑖𝑤𝑎𝑟 𝐸𝑡𝑡𝑜𝑢𝑛𝑠𝑖, dans l’émission de Hédi Zaïem. Je viens d’écouter l’interview, je l’ai trouvée courageuse comme à son habitude.

    En revanche, ce qui me dérange chez elle, et de façon générale chez nos intellectuels laïques qui rejettent certains tabous sociaux et interdits religieux inhérents à l’Islam et au conservatisme de la société tunisienne, c’est qu’ils défendent toujours leurs positions en recourant à des arguments de nature religieuse.

    En effet, ils essayent de légitimer leurs points de vue en s’appuyant vainement sur une lecture coranique soi-disant progressiste et réformiste.

    Ainsi, ils se retrouvent paralysés par les toutes-puissantes contraintes religieuses auxquelles adhère la majorité de la société tunisienne et se fourvoient dans des débats théologiques où les musulmans conservateurs finissent toujours par avoir le dernier mot.

    La doxa, le « Livre Saint » et les traditions arabo-islamiques séculaires sont beaucoup plus en phase avec le discours des musulmans conservateurs qu’avec celui des intellectuels laïques nourris aux valeurs universelles.

    Ces intellectuels progressistes opposent aux conservateurs une lecture du Coran débarrassée des grands paradigmes classiques et des a priori idéologiques et moraux, ils leur opposent une vision du monde moderniste et séculière, mais en partant de postulats religieux, le plus souvent pour ne pas heurter la susceptibilité du commun des Tunisiens.

    Résultat : ils se retrouvent rapidement mis face à leurs propres contradictions. Ils passent pour des faux-culs aux yeux des non-croyants et pour des ennemis de l’Islam aux yeux des tartempions qui possèdent la classique foi du charbonnier.

    Ces intellectuels se décrédibilisent autant auprès des croyants qu’auprès des athées et agnostiques et finissent KO à force de vouloir concilier l'inconciliable.

    Les intellectuels non-croyants, ce qui n’est pas le cas d’Olfa Youssef soit dit en passant, ont le droit d’avoir peur pour leur intégrité physique.

    Néanmoins, je persiste à croire qu’ils gagneraient à y aller franco en défendant le fond de leurs pensées, sans subterfuges et sans faux-fuyants, sans s’embarrasser de circonlocutions et sans passer par la « case islam » et ce, quitte à violer les tabous, les interdits et à choquer les consciences.

    Les « oreilles chastes » habituées aux argumentations enracinées dans les croyances religieuses et les traditions séculaires finiront, tôt ou tard, par se familiariser avec le discours authentiquement laïque et libre.

    On est loin du compte.

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  2. LE CORAN DANS LE TEXTE : Appel au meurtre des mécréants ...

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