mardi 23 avril 2019

Les intellectuels de gauche, face au phénomène Abir Moussi ...

Les intellectuels de gauche tunisiens seraient-ils à l’instar de leurs homologues français, les alliés objectifs des Frères musulmans; autrement dit, leurs idiots utiles ?
R.B
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Abir Moussi est rentrée sur la scène politique comme un véritable ouragan que les prévisions météorologiques n'avaient pas prévu et qui a pris tout le monde de court.

Face à cet ouragan, les réactions furent diverses :
- Les éléments les plus exposés, à savoir les khouwanjias (Frères musulmans), se sont terrés et ont fait les morts en espérant que ce n'était qu’une fausse alerte.
- Le reste de la classe politique, tous partis et leaders confondus, a essayé de sauver les meubles en faisant soit la sourde-oreille soit en sortant les griffes (pour cela les médias ont été largement mobilisés).
- Les indépendants et les intellectuels de gauche, (thème de ma réflexion aujourd’hui), se sont de prime à bord braqués contre Abir Moussi, rappelant son passé d’RCD-iste (bien qu’il ne soit que d’une année au bureau politique de 2010 à 2011, comme le rappelle l’intéressée à laquelle ils veulent faire porter le chapeau de 23 années de benalisme !) et ironisant sur son rôle de justicier qui veut arracher la Tunisie des griffes de ceux qui sont censés être leurs pires ennemis : les khouwanjias !

Ces intellectuels sont pour la plupart des indépendants, à priori ne faisant partie d'aucun parti politique; et qui sont, depuis toujours, farouchement anti-RCD.

Dépassé le premier moment de surprise puis de crispation, leur réaction s'est vite cristallisée en 3 positions :

1 - Le refus total par principe, de faire confiance à une ex-RCD-iste (ennemi historique de la gauche tunisienne) qui, de plus est, use des mêmes procédés de propagande "populistes" que l'ancien régime, selon eux.
Certains et surtout certaines, l'ont trouvée « pas assez intellectuelle » et « trop tunisienne moyenne » dans son look; et à ce titre, ne pouvant les représenter. (Qui a dit que le pire ennemi de la femme, c'est la femme ?)

2 - Les attentistes prudents, ayant déclaré que pour eux ce sera wait and see.

3 - Les personnes qui se sont vite ralliées à Abir Moussi, assoiffées de discours franchement anti-khouwanjias. Or les discours de Abir Moussi le sont farouchement.
Mais très vite le personnage de Abir Moussi les a séduits : courageuse, déterminée et surtout proposant un réel programme de sauvetage du pays.
Son diagnostic rejoint le leur : les responsables du désastre du pays sont bel et bien Ghannouchi et ses Frères musulmans !

D’où son programme pour éloigner les khouwanjias du pouvoir et remettre le pays sur les rails : Appel au changement de Constitution en vue de restaurer le régime présidentiel et mobilisation de toutes les bonnes volontés pour remettre sur pied le Parti destourien pour en faire la force politique qui va reprendre le pays en main et éloigner à tout jamais le fléau dévastateur que sont les Frères musulmans.

Je fais partie de cette 3ème catégorie de gens qui croyons qu'au lieu de disperser nos forces en créant un énième mouvement politique, les indépendants feraient mieux de se rallier à Abir Moussi qui a des objectifs clairs, opérationnels et patriotes ... et comme eux, veut dégager Ghannouchi et ses Frères musulmans.
Ils pourraient apporter un regard critique sur son programme, elle est ouverte aux bonnes volontés, en intégrant le PDL qui pourra alors constituer une force politique populaire s'appuyant sur l'élite intellectuelle du pays.

Et vous, dans quelle catégorie êtes-vous ?

RÉPONSES AUX OPPOSANTS DE Abir MOUSSI


Chacun peut constater la montée en puissance d’Abir Moussi et de son parti le PDL et cela commence à inquiéter certains. Après que l’on ait assisté à des attaques le plus souvent injurieuses quelques fois violentes si elles n'étaient pas caricaturales, à la répétition infinie de son appartenance au RCD, de son absence de programme …, les opposants ont constaté que ces arguments sans fondement ne portaient absolument pas et n’arrêtaient pas l’essor de cette femme politique ; alors on voit apparaître depuis quelques temps des arguments plus solides (et c’est heureux) mais qui montrent tout simplement que les Tunisiens vont être confrontés à un véritable choix politique au sens noble du terme et j’allais dire : « Enfin » !

Le nouvel argumentaire tourne autour de l’idée que Madame Moussi serait pour la dictature et non pour la démocratie ou qu’elle ne peut se prétendre démocrate en voulant éliminer les islamistes !
Eh bien, une nouvelle fois ces arguments échoueront et les Tunisiens ne s’arrêteront pas à ce qui n’est qu’une caricature.

Reprenons. Madame Moussi ancienne du RCD, (comme s’il n’y en avait pas dans tous les partis, y compris chez les obscurantistes !) elle qui n’y était que durant une année, serait pour le retour de la dictature. 

C’est un argument caricatural et pour plusieurs raisons. 

La première est que, ceux qui prendront la peine de lire son projet de nouvelle Constitution, constateront que c’est un régime totalement démocratique que veut instaurer Madame Moussi. Puisqu'en authentique destourienne, elle reprend ce qu'il y a de mieux dans les constitutions destouriennes précédentes, pour en corriger les défauts et garantir plus de liberté et de justice. 
Ses détracteurs vous diront qu’il ne faut pas la croire mais bien sûr il faut les croire à eux !

Par ailleurs, les Tunisiens peuvent être rassurés : la Tunisie n’est ni l’Algérie, ni l’Egypte, ni le Yémen et le pays ne dispose pas d’une armée susceptible de prendre le pouvoir. 

D’autre part, il est absolument clair que les Tunisiens qui ont apprécié la liberté, celle notamment de s’exprimer et de manifester, sont trop éduqués pour admettre une dictature de quelque bord qu’elle soit. Cette idée de dictature est simplement un épouvantail que l’on agite pour tenter de nuire à la progression de Abir Moussi dans l’opinion.

Non, en réalité Abir Moussi veut une démocratie mais une démocratie qui ne soit pas synonyme de désordre, d’absence de pouvoir, d’absence de projet politique sérieux, de majorité impossible, d’émiettement du pouvoir. Elle veut une démocratie dans laquelle les mécanismes constitutionnels et électoraux permettent de dégager une réelle majorité qui ait un vrai pouvoir pour mettre sur pied une vraie politique et pas ces arrangements à la petite semaine, à ce consensus mou qui n’aboutit à rien sinon à la régression voulue par les partisans de la soi-disant démocratie nouvelle menée tambour battant, par des "révolutionnaires" de la 25 éme heure, aux idéologies totalitaires et rétrogrades comme le pan-islamisme & le pan-arabisme.

Dans son système, une majorité sera dégagée pour pouvoir vraiment agir et mettre de l’ordre dans un pays qui en a sérieusement besoin. 

Sa démocratie ne rime pas comme celle des islamistes et leurs complices, avec impuissance !

Voilà le vrai choix qui s’offre aux Tunisiens : continuer dans un système d’impuissance généralisée ou mettre sur pied une réelle démocratie ayant du pouvoir. Autrement dit retenir le consensus imposé par les islamistes comme système de gouvernance entre partis prétendument progressistes et leur diamétralement opposé, celui des Frères musulmans rétrograde et obscurantistes qui vise à détruire la République.

Quant à l’interdiction des partis islamistes, elle est absolument nécessaire si le pays veut revenir vers le progrès. Il n’est pas acceptable dans un Etat civil, et le pays se proclame l’être, que des partis instrumentalisent la religion en semant, au passage le désordre en distinguant les bons des mauvais musulmans. D'ailleurs, qui les y autorise ? Ont-ils reçu un mandat de Dieu pour agir ainsi ? S’ils le prétendent, ils blasphèment tout simplement !

Alors quoi de plus normal que de leur interdire cette instrumentalisation de la politique. Ce que de fait Ghannouchi admet quand dans un tour de passe-passe il proclame Ennahdha désormais parti "civil" ayant décidé de laisser la religion aux religieux ! Sauf que personne de sensé ne peut croire ce retournement, car renier "Coran & Chariaa" qui fondent ce parti, c'est tout bonnement se renier ; parce qu'on ne change pas d'idéologie comme on change de chemise !

On peut légitimement penser que c’est au contraire défendre la religion, que de les empêcher de l'instrumentaliser. 

Les idéologues qui résisteront, trouveront à se recaser dans des partis civils plus conservateurs sauf évidement les violents.

En réalité pour les islamistes, instrumentaliser la religion, est un moyen de s’enrichir et de garder le pouvoir ce que les tout le monde a fini par admettre au travers toutes les expériences islamistes que ce soit en Turquie, en Egypte, en Tunisie ou en Iran !

Toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens peuvent comprendre l’enjeu de ces élections. Ils devraient se dire que la seule façon de sortir du marasme où se trouve le pays à cause des Frères musulmans et leurs alliés ces prétendus progressistes, est de voter en masse pour ce projet de démocratie forte et de refuser le consensus mou qui n'arrange que certains partis et certains hommes politiques pour qui le sort du pays est le dernier de leur souci.

Rachid Barnat

*****

Abir MOUSSI ATTAQUÉE DE PARTOUT,
PARCEQU'ELLE VEUT RESTAURER LA SOUVERAINETÉ DE LA TUNISIE
ET INTERDIRE LES PARTIS RELIGIEUX ...


Abir Moussi est la seule à porter un projet politique, social, économique, sécuritaire et stratégique global et cohérent que ses adversaires résument caricaturalement en un retour à l’ancien régime.

Outre ses convictions démocratiques et les réformes économiques et sociales qu’elle entend mettre en œuvre, le seul « recul » qu’Abir Moussi veut opérer selon ses adversaires, est le retour à la Souveraineté absolue de la Tunisie !
Pour les politiciens et les pseudo journalistes charriés par et dans la boue de la « révolution de la Brouette », c’est évidemment un sacrilège, un « retour à la dictature » !!


Facteurs aggravants aux yeux des mercenaires devenus politiciens ou journalistes, la souverainiste Abir Moussi est déterminée à interdire les partis qui instrumentalisent la religion à des fins politiques, autrement dit la secte des Frères musulmans, et à réviser la constitution de Noah Feldman !

mardi 16 avril 2019

Notre Dame de Paris en feu

Si la tour Eiffel est le symbole de Paris, Notre Dame de Paris est le symbole de la France. Ceux qui visitent Paris ne manquent pas de voir l'une et l'autre. Et chacun peut associer à ces monuments à un moment de bonheur ou de tristesse. J'ai le souvenir du Bourdon de Notre Dame que nous étions des centaines à écouter avec tristesse lors des funérailles de François Mitterrand malgré un froid glacial ce matin-là sur le parvis de Notre Dame.
R.B
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Le toit de la cathédrale est réduit en cendres. La charpente de chênes, construite dès le XIIe siècle, était surnommée "la forêt" en raison de la multitude de poutres qui la composaient. Chaque poutre provenait d'un arbre différent. Les dimensions de cette charpente étaient impressionnantes : plus de 100 m de longueur, 13 m de largeur dans la nef, 40 m dans le transept et 10 m de hauteur.
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La flèche de Viollet-le-Duc*

MATIN DE CENDRES
Au moment où j’écris, en pleine nuit, je ne sais rien, — je rassemble par bribes des nouvelles. Et les vitraux ont (auraient ? — ont) tous explosé. Et puis, quand on voit l’incendie depuis un drone, comme je l’ai vu sur la page de Vincent Gatel, là…
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Et l’impression, taraudante, moi, personnellement, d’être un criminel. Parce que je vis à cette époque qui a laissé se détruire ça. On fera des enquêtes, bien sûr. On se posera des questions : quelles entreprises travaillaient là, y avait-il des sous-traitants, qui étaient-ils, — tous les ouvriers comprenaient-ils vraiment où ils étaient. Tout ça viendra plus tard. Et oui, bien sûr, on pourra reconstruire. Mais pas ça.
Et je ne sais pas, là, maintenant, ce qu’il en est de l’intérieur — des statues, des boiseries, enfin, de tout ce qui faisait l’épaisseur du temps. Tout ça, sans doute, a disparu. Le sentiment qu’on avait, simplement, à toucher le bois (pas la « forêt » de la charpente que, bien sûr, nous n’avons jamais vue en vrai, non, juste une statue, un lutrin. Juste ça — cette sensation, sous les doigts.
Et puis, voir la flèche, — érigée par Viollet-le-Duc, pas par les premiers bâtisseurs — brûler comme un tronc d’arbre, brûler puis s’effondrer… Cette synthèse du temps qu’on voyait là, tomber, noircie, déchiquetée.
Il ne s’agit pas de dire que nous perdons nos racines. Moi, mes racines n’ont jamais été là. Nous perdons la beauté. — Ce que nous avions, là, sous nos yeux. Pas même sous nos yeux, parce que, de fait, combien d’entre nous ne regardions même pas quand nous passions devant ? Parce qu’elle était là, cette beauté. Cette beauté — que nous avions.
Parce que, vivre en présence de la beauté, de l’immense travail des gens à travers les siècles, c’est ce qui nous donne, à nous, pris que nous sommes dans nos passions quotidiennes, nos soucis, nos maladies, pris que nous sommes dans nos vies, la sensation que nous sommes vivants.
La sensation que nous vivons dans le temps. La sensation de joie et de réconfort d’être témoins de la durée. La sensation que le monde ne nous est pas donné pour notre usage à nous — que nous n’en sommes que les dépositaires, et que, notre bonheur, non, notre honneur, c’est ça, de savoir que nous ne sommes pas seuls, et que jamais nous n’avons été seuls.
Non, la sensation, terrible, que c’est elle, Notre-Dame, que nous avons laissée seule. Que nous avons brûlée, par incurie. Comme nous nous brûlons nous-mêmes, dans notre rage de détruire tout ce qui n’est pas nous. 
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* Photographie de 1860 de la construction de la flèche de la Cathédrale Notre-Dame de Paris.
Une première flèche fut construite au-dessus de la croisée du transept vers 1250. C’était un clocher qui a comporté au XVIIe siècle jusqu’à cinq cloches. Elle fut démontée de 1786 à 1792.

Viollet-le-Duc, chargé de la restauration de Notre Dame, décide de mettre en place une seconde flèche dont la charpente serait indépendante de celle de la forêt sur une base octogonale prenant appui sur les quatre piliers du transept.

En 1860, il charge le charpentier Bellu de ces travaux. Le modèle est celui de la flèche à deux étages imaginée à Orléans en 1852 qui s’éloigne fondamentalement de celle du XIIIe siècle. De plus, cette flèche n’est plus un clocher.

La flèche domine les statues de cuivre vert-de-grisé des douze apôtres avec les symboles des quatre évangélistes. Viollet-le-Duc s’est fait représenter lui-même sous les traits de saint Thomas avec son équerre. Il semble contempler le sommet de son « Grand Œuvre ».

Quelques chiffres impressionnants : 500 tonnes de bois, 250 tonnes de plomb, une hauteur de 93 m depuis le sol.


samedi 13 avril 2019

B.B militante de la cause animale

Déjà élève à l'ENV de Maisons-Alfort, je suivais le combat de Brigitte Bardot pour arrêter le massacre et la souffrance inutile infligée aux animaux, que ce soit pour la consommation de leur chair, l'exploitation de leur fourrure ou l’expérimentation "pharmaceutique" et autre produits de beautés ...
Elle a été à l'origine de bon nombre de lois en France comme au Canada ou en Bulgarie : pour imposer l'étourdissement des animaux avant de les saigner, interdire la chasse aux bébés phoques, interdire la capture des ours pour en faire des bêtes de foire ...
Nous étions quelques uns à l'école, qui l'appelions sainte Brigitte ! Et elle l'est par son action et son dévouement total à cette noble cause.
R.B
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"J'ai donné ma beauté et ma jeunesse aux hommes. 
Je vais donner ma sagesse et mon expérience aux animaux."
B.B
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J'ai regardé hier soir, la soirée consacrée par France 3 à Brigitte Bardot.
J'avais sur cette femme des préjugés en raison de certaines de ses prises de positions politiques notamment. Je dois dire que ces deux documentaires ont transformé ma vision des choses et que j'ai mesuré la complexité des individus.

La première partie était consacrée à sa carrière de star mondialement connue et adulée. Cette première partie se termine sur sa décision à 38 ans, alors qu'elle est encore très demandée, que des ponts d'or lui sont proposés et que des rôles magnifiques lui sont destinés, de terminer sa carrière définitivement.
Cette décision elle s'y tiendra complètement ne revenant jamais même ponctuellement, même épisodiquement. Je connais peu de personne ayant cette volonté qui ne succomberait pas devant les propositions financières et artistiques qu'elle a reçues. Sur ce point je dit : "chapeau".

Mais la deuxième partie de sa vie consacrée, comme elle l'a dit, " à la sagesse et aux animaux", est encore plus respectable. Cette partie est émouvante et montre bien la sensibilité de cette femme qui pleure encore lorsqu'elle évoque certains malheurs des animaux. Si elle s’habille en noir, c’est pour porter le deuil des des animaux qui meurent dans la souffrance et dans l’indifférence des hommes de par le monde, dit-elle.
Je ne connaissais pas l'ampleur de son action : elle a fait modifier des lois en France et dans le monde, elle a racheté avec son argent des milliers d'animaux voués à l’abattoir ou victimes de maltraitance comme ses ours bruns en Roumanie montrés dans les rues et à qui l'on a appris à "danser" en les faisant évoluer sur des plaques brûlantes !

Elle est également très émouvante lorsqu’elle s'entretient avec les ouvriers canadiens chargés de tuer les bébés phoques et qu'elle leur propose de créer une usine de fourrure synthétique en leur donnant le droit d'utiliser son nom commercialement et gratuitement !

Je ne connaissais pas les nombreux refuges que sa fondation finance en France et dans le monde et pour lesquelles elle a renoncé à toute sa fortune personnelle. Elle n'est donc pas uniquement la dame qui a médiatisé la souffrance odieuse des bébés phoques pour de la fourrure pour quelques connes, comme elle dit !

Alors oui, malgré ses dérapages, je ne peux que l'admirer et admirer son oeuvre. Elle a été une pionnière dans ce nouveau regard porté aux animaux qui se développe aujourd’hui mais où elle était bien seule à l'époque ! Elle aura fait évoluer les idées et les comportements et rendu l'homme plus humain.
Alors même si je serai probablement encore heurté par certaines de ses positions, je la verrai maintenant d'un autre œil et je continuerai à l'admirer.

***

Lettre de Marguerite Yourcenar à B.B

Madame, admirant comme je le fais l’intérêt que vous avez montré pour tout ce qui concerne la protection des animaux, j’ai prié la direction de l’Œuvre d’Assistance aux Animaux d’Abattoir de me donner votre adresse, et prends sur moi de vous envoyer toute une documentation sur un état de choses que vous connaissez d’ailleurs peut-être déjà : l’horrible massacre annuel des phoques dans les eaux canadiennes, et surtout la mise à mort atrocement cruelle des jeunes phoques.

J’ose donc vous demander un geste, que ce soit simplement une lettre de plus au premier ministre du Canada, soit surtout une protestation à la télévision contre l’emploi de ces tragiques peaux de phoques. J’appartiens au groupe qui croît, comme la Fédération Mondiale pour la protection des animaux, que le résultat désiré ne sera vraiment obtenu que par le boycott de la fourrure de phoque. C’est là que l’opinion des femmes joue un rôle immense.

Je termine en m’excusant de cette longue lettre, et en vous remerciant encore de ce que vous avez fait pour la cause humanitaire : il est merveilleux que la beauté et la grâce soient en même temps la bonté.

mardi 9 avril 2019

Une lettre d'outre-tombe de Bourguiba aux tunisiens

C'est le 9 avril. Les tunisiens commémorent les événements du 9 avril 1938 qui ont marqué un tournant * dans la lutte pour l'indépendance. Si Bourguiba et ses compagnons avaient consenti beaucoup de sacrifices pour libérer leur pays, les tunisiens sont aujourd'hui sous la menace d'une nouvelle colonisation d'un genre nouveau, poltico-religieuse celle-ci et que Ghannouchi appelle de ses vœux pour remettre la destinée de la Tunisie à son maître, l'émir du Qatar.
R.B  

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Abdelaziz Belkhodja

Chers citoyens tunisiens,

Là haut, comme le dit le poète, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Sauf qu'à chaque évocation de mon nom, les téléscripteurs célestes m'envoient des signaux. La première fois que ces signaux ont dépassé mon seuil de tolérance, c'était en 2011, j'ai jeté un coup d'œil sur votre planète et j'ai vu qu'il y avait eu bien des bouleversements dans ce pays que j'ai tant aimé et que je chéris toujours malgré l'ingratitude de certains …

Bref, lorsque mon nom a commencé à revenir en vogue, après un quart de siècle de silence, j'ai été jeter un coup d'œil. Ça m'a fait drôle de voir que c'est du virevoltant Béji Caïd Essebsi que ça venait. Certes, le fond n’y était pas, mais pour la forme, il s’est bien débrouillé.
Par contre ces derniers temps, mon évocation est devenue du n'importe quoi, il n’y a plus ni forme ni fond. D'où cette lettre.

Pour aller droit au but, je vous avoue qu'à part trois ou quatre de mes compagnons encore vivants et qui ne sont guère bavards, aucun parti ni aucune personnalité politique, ne porte la moindre idée de mon combat ni de mes idées et encore moins de ce que j'ai fait pour la Tunisie.
Je ne vais pas répondre à toutes ces évocations indignes faites à ma mémoire, mais simplement vous rappeler un tant soit peu, les valeurs que j’ai portées et qui ont bétonné les fondations de ce pays qui, malgré tout, reste capable de grandeur.

D’abord, je n’ai jamais touché à la souveraineté de mon pays. Ni avec les puissances et encore moins avec ces ignares roitelets qui, aujourd’hui, j’en ai le cœur brisé quand j’y pense, sont en train décider à votre place. 

La souveraineté est à un pays ce que la dignité est à l’être humain. Sans elle, point de respect de l’autre et sans respect, rien de bien.

Gardez bien à l’esprit que de tout temps, même au cours des siècles les plus sombres, la Tunisie a eu une élite brillante, douée d’une culture extrêmement variée : politique, économique, littéraire, juridique. 
Qu’elle se manifeste ! 

Gardez bien à l’esprit que les chamailleries et les petitesses sont indignes de vous. Combattez tous les complexes de quelque sorte que ce soit : complexes d’infériorité vis-à-vis de l’ennemi dont vous serez tentés de surestimer les forces, complexes de supériorité qui risqueraient de vous précipiter dans une catastrophe. Ayez recours, à chaque instant, à la raison et à l’intelligence, et pour que celles-ci restent toujours vos compagnons de vie, élevez l’Education, comme je l’ai fait, à un niveau suprême, car elle seule garantira votre invulnérabilité. 

Ne vous occupez que de choses essentielles, ne vous perdez pas dans les futilités. Aucune Constitution, aucun système n’est parfait. Ils ne valent que par ce que valent ceux qui les mettent en œuvre. Faites en sorte de choisir des dirigeants qui ont foi en la suprématie de l’esprit sur la matière car il n’est rien de pire, pour un peuple, que d’être dirigé par des gens sans qualités ni sentiments et qui plus est, trahissent ma mémoire en revendiquant mon héritage intellectuel.

Enfin, soyez inventifs, positifs, optimistes, pragmatiques et travailleurs. Un pays ne se construit pas avec des débats stériles mais avec des projets, avec cette matière grise dont les Tunisiens sont bien pourvus mais qu’ils utilisent souvent à mauvais escient.

Ne vous laissez pas berner par ceux qui sont mus par un amour des attributs du pouvoir et non par la conscience de pouvoir construire la grandeur, le bonheur, la félicité. Ne laissez pas des moins que rien décider de vos vies. 

Croyez aux idées, croyez à la vision d’une Tunisie propre, digne, intelligente, libre et puissante et pour l’ériger, ne reculez devant rien.
Poursuivez l’œuvre de vos ancêtres, de vos parents qui se sont serrés la ceinture pour vous donner la lumière.

Enfin, un conseil pour ces échéances qui vous inquiètent : sortez du cadre que vous vous êtes auto-imposés. Allez vers la clarté, vers l’action.
Tournez définitivement le dos à la racaille, à la fripouille, aux incapables. 
La Tunisie est votre terre, votre inestimable patrimoine, sauvegardez là de la petitesse.
Agissez ! 

En ce jour des martyrs, sachez que le souvenir de leur sacrifice ne se fête pas. Leur mémoire ne se célèbre que par l'action vers le but qu'ils s'étaient assignés.

Habib Bourguiba

* Le 7 avril 1938, il y a eu une manifestation à Jerba organisée par les néo-destouriens de l'île pour réclamer la libération des militants emprisonnés, lors de laquelle les meneurs furent à leur tour arrêtés et jetés en prison dont feu Haj Boubaker Barnat, mon père; qui fera de nombreux séjours en prison pour activisme politique et fera la gréve de la faim avec ses amis co-détenus destouriens pour obtenir le statut de prisonniers politiques. Lors de sa dernière arrestation, il fut condamné lui et ses amis Béhi Ladghan et Monji Slim à mort mais ils seront graciés par le Général De Gaulle.

Les discrètes mosquées ibadites de Jerba


La mosquée Sidi FADHLOUN est sauvée de la barbarie salafiste ...
Alors que celle de Sidi Bahri de Houmet Essouk, faisant partie du patrimoine ibadite de Jerba, fut rasée au bulldozer juste après l'arrivée de Ghannouchi et de ses Frères musulmans en Tunisie en 2011 !
R.B
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Les nombreux touristes qui foulent Jerba ne savent pas que l'île abrite toujours des musulmans qui ne sont ni sunnites ni chiites, les ibadites. Un livre de photographies le rappelle.
Image associée
Virginie Prévost, 

de l'université libre de Bruxelles, est l'une des très rares chercheuses à travailler sur l'ibadisme, l'école la plus ancienne en islam, fondée moins d'un demi-siècle après la mort du prophète Mohammed. Dans un livre, paru en 2010, intitulé De Jerba à Oman, la troisième voie de l'islam, elle raconte que les mosquées des ibadites sont parfois souterraines. « La recherche de fraîcheur est l'une des raisons qui ont poussé les ibadites à aménager ces salles toujours tempérées ». 

Toutefois, il existe un rapport avec l'un des plus anciens cultes berbères, « le culte des grottes, autrefois considérées comme la demeure des divinités », écrivait-elle. Dans la petite île de Jerba, au sud-est de la Tunisie, d'à peine 500 km², il y a eu jusqu'à 166 mosquées ibadites. Depuis que les ibadites sont devenus très minoritaires, la plupart d'entre elles sont tombées en ruine, quelques-unes ont pu être restaurées.
Des mosquées fortifiées

Dans un nouvel ouvrage, cette fois de photographies, signé avec le photographe Axel Derriks, Jerba, les mosquées ibadites, Virginie Prévost classe ces lieux de culte en cinq catégories :
-       - les mosquées de campagne, disséminées sur toute la surface de l'île,
-       - les mosquée souterraine,
Mosquée souterraine El-Bardaoui
-       - les mosquées madrasas,
-     - les mosquées de guet côtières et les mosquées fortifiées qui étaient utilisées dans le système défensif de l'île (1). Imaginez une ceinture de mosquées où les fidèles se succédaient, partageant leur temps entre la prière et l'observation de la mer, afin de pouvoir prévenir la population en cas d'attaque. Lorsque les « ennemis » parvenaient à débarquer, les ibadites pouvaient se réfugier dans les mosquées fortifiées, capables de tenir un siège.

Croyance en la prédestination

Car les ibadites – qui ne représentent aujourd'hui qu'à peine 1 % des musulmans de la planète – ont toujours été persécutés par les fondamentalistes. Les islamistes ne les considèrent même pas comme des musulmans. Les ibadites, qui croient en la prédestination, préfèrent vivre sous une autorité non musulmane, mais juste, plutôt que sous le joug d'un tyran islamiste.
Pour les ibadites, il ne suffit pas de croire en un dieu unique pour rejoindre le paradis. Le salut ne peut être gagné que grâce à une vie marquée par la piété et le travail. « Selon eux, Dieu connaît à l'avance la destinée de chacune de ses créatures, mais l'homme peut néanmoins diriger sa propre vie », écrit Virginie Prévost. En clair, l'islam pour les ibadites est d'abord une pratique du bien. En dehors du Sultanat d'Oman, il n'existe plus que quelques petites communautés ibadites en Algérie, en Tunisie, en Libye et à Zanzibar.
Mosquée avec minaret-escalier

Comme l'envie et la jalousie sont condamnables aux yeux des ibadites, leurs mosquées se caractérisent par leur sobriété, leur absence de décor. Recouvertes d'une épaisse couche de chaux, elles sont souvent d'une taille réduite. Certains édifices ibadites ne comportent pas de minaret, d'autres, au contraire, possèdent un minaret-escalier.
L'architecture du Mzab, en Algérie, qui accueille également une minorité ibadite, a notamment influencé Le Corbusier.
Les ibadites sont aujourd'hui très minoritaires sur l'île de Jerba, la majorité des 160 000 habitants étant des musulmans sunnites. Désertés et oubliés, la plupart des lieux de culte tombaient en ruine. Jusqu'à ce que l'Association pour la sauvegarde de l'île de Jerba, fondée en 1976, décide d'en restaurer une vingtaine.
Visites de femmes stériles

Parmi les mosquées souterraines, il y a celle de Sadwîkish, qui daterait du XIe siècle. Elle fait encore l'objet de visites pieuses de la part de femmes stériles qui pensent « pouvoir trouver un remède à leur mal en y faisant l'offrande d'œufs ». Quant aux mosquées madrasas, la plus connue est celle de Walhî, remontant au XIIIe siècle. Outre une salle de prière avec deux mihrabs (des niches qui indiquent la qibla, c'est-à-dire la direction de la Kaaba à La Mecque), des chambres destinées aux étudiants, une pièce pour les ablutions, une cuisine.
C'est regrettable que les dizaines de milliers de touristes qui viennent bronzer sur les plages de Jerba ne soient pas mieux informés quant aux richesses architecturales uniques de cette petite île (2).
(1) Cérès éditions, 162 pages.
(2) Pour ceux qui s'intéressent à l'ibadisme, il existe un Centre d'études et de recherche sur l'ibadisme (Ibadica), 7, avenue de la Porte de Choisy, à Paris.