mercredi 2 décembre 2015

Les têtes brûlées du fascisme et de l'islamisme : même profil

Afficher l'image d'origine
Lacombe «Jihad» Lucien ou la logique du traître opportuniste
Le terrorisme s’est toujours appuyé sur des pauvres types pour exercer sa terreur. Il suffit d’observer le profil des jeunes recrues, des frères Kouachi au converti «bien de chez nous» Fabien Clain [le jihadiste qui a revendiqué les attentats pour l’Etat islamique, ndlr], pour retrouver en eux le trait spécifique de ce que Marx appelait le «lumpenproletariat», cette racaille dépolitisée et sans travail prête à se vendre à l’oppresseur. Issue du peuple mais dépourvue de conscience de classe, cette frange de marginaux rejoint les rangs de l’Ordre, qui l’instrumentalise contre les siens et lui offre un but. L’islamisme radical recrute parmi ces égarés ; or il a été historiquement précédé par une mafia nationale qui devrait faire taire l’idée que les barbares, c’est seulement «eux» et pas «nous».
Sous l’Occupation allemande, déjà, les services paramilitaires de la Milice, forces françaises de Vichy alliées aux nazis, recrutèrent des jeunes gens (environ 30 000 hommes) dépourvus d’avenir, têtes brûlées auxquelles la violence tenait lieu de discours, en plus d’une prime et d’une reconnaissance sociale soudaine. Une idéologie totalitaire nourrit la Milice comme l’islamisme, mais les jeunes engagés étaient avant tout des paumés sans idéologie qu’il était facile d’endoctriner à l’aide de quelques formules chocs.
Un film l’a très bien vu il y a quarante ans, Lacombe Lucien (1974), de Louis Malle, qui brisa le consensus national véhiculé par le pouvoir gaulliste et communiste selon lequel les Français avaient été résistants. Non seulement cela était faux, mais Lacombe Lucien montrait en outre que l’engagement du jeune paysan dans la Milice avait été le fruit d’une déception, celle de n’avoir pu entrer dans la Résistance. Alors qu’elle est parfaitement plausible, cette volte-face heurta les intellectuels d’alors, notamment Michel Foucault et les Cahiers du cinéma qui, en pleine période maoïste, attaquèrent un chef-d’œuvre dont le scénariste était un jeune écrivain peu connu, Patrick Modiano, intéressé par la figure historique du traître. Contrairement à ce que croient certains idéologues, les gens qui s’engagent pour une cause ne le font qu’accessoirement «pour» cette cause : ils le font «parce que» c’est une cause. Les musulmans radicaux se sont embringués dans l’islamisme parce qu’ils n’ont pas eu la possibilité d’opter pour la République. La République française se veut intégratrice ; tout le monde sait qu’elle n’inclut que les inclus.
Les Hasna Ait Boulahcen et autres Ismaël Omar Mostefaï sont les Lacombe Lucien d’aujourd’hui, comme l’islamisme est le nihilisme contemporain. La question qui intéresse la police est de savoir combien «ils» sont ; la nôtre est de savoir comment on produit ces gens «made in France». On peut certes rappeler leur débilité : dans le film de Malle, Lacombe Lucien ne sait même pas ce que signifie «juif». Les tueurs de Charlie ignorent les fondements de leur propre religion, et ceux du vendredi 13 novembre «lisent» la violence du Coran au premier degré. Mais cette animalité a elle-même des causes politiques : leur éducation littéraire n’a pas été faite, et leur désœuvrement rendu officiel sous le nom de chômage de masse. Ajoutez à cela qu’ils sont musulmans, c’est-à-dire disqualifiés d’office par une France apeurée qui glisse vers le Front national. Quant à ceux qui les «protègent», les islamo-gauchistes, ils les enfoncent de facto en brandissant le mot d’islamophobie à toutes les sauces, ce qui reconduit une logique d’exclusion.
Tant qu’on considérera l’islam comme une religion inintégrable, elle sera inintégrée : pour rendre un élève mauvais, il suffit de lui dire qu’il est mauvais. La performativité est totale en ce cas, et l’on ne peut que s’étonner du faible nombre d’attentats commis depuis des décennies par les rejetons dégénérés d’une population humiliée au quotidien. Le parallèle que j’établis se discute puisque les miliciens émanaient de l’Etat français alors que les recrues de Daech sont financées par l’Etat islamique : il n’en reste pas moins qu’entre ces jeunes marginaux de l’Occupation auxquels le pouvoir de mort fut brusquement offert comme une «divine surprise» et les terroristes, la même logique du traître opportuniste est à l’œuvre. 
L’islamisme est antimoderne, ses premières victimes sont les rénovateurs de l’islam ; mais la France, en renonçant à sa vocation universaliste au profit du pur Profit, se trahit elle-même, produisant un ressentiment puissant contre ce qu’elle est censée incarner. Les Lacombe «Jihad» Lucien prospèrent sur le terreau de la démocratie livrée au marché mondial : «On va faire des braquages à Damas !» claironnait Abaoud ; fin 44, la Milice pillait l’or national. A nihilisme, nihilisme et demi.


7 commentaires:

  1. Jihad Haj Salem : UN SOCIOLOGUE ISSU DES QUARTIERS DIFFICILES EXPLIQUE QUE LA STIGMATISATION ET LA MARGINALISATION DE LEURS HABITANTS, PRÉDISPOSE CERTAINS JEUNES A VERSER DANS L’EXTRÉMISME RELIGIEUX ...
    Intéressant et instructif !

    https://www.facebook.com/sahbi88/videos/578492272298585/

    Bahri Rezig :
    L'affection, l'amour, l'encadrement social antidotes au terrorisme !
    (FR24)

    Mustapha Razrazi chercheur marocain à l'université Sapporo au Japon, avec son équipe japonaise a produit une étude académique rigoureuse de la nébuleuse terroriste au Maroc.

    Quelques conclusions intéressantes :
    1 - Sur 1531 jihadistes recensés, et à des degrés divers, la plupart des secteurs socioprofessionnels sont infiltrés sans qu'il y ait une dominante professionnelle ou sociale.
    2 - La précarité économique n'est pas à l'origine du retournement des recrues puisque seuls 185 sans emplois sont parmi le groupe.
    La majorité sont soit des élèves et des étudiants soit des fonctionnaires et des agents du secteur privé, (pour les curieux, seuls 5 ingénieurs font partie du groupe),
    3 - C'est la précarité affective et sociale qui constitue le lien le plus clair entre touts les jihadistes. Le lien familial, sentimental ou social détermine le facteur de risque clé.

    Les chercheurs se réfèrent à la littératures des frères musulmans (Hassan al banna) qui parlait déjà de la stratégie de recrutement dans la ''famille de la Foi'' (العائلة الإيمانية) opposée à la famille biologique.
    Il s'agissait déjà de détecter les failles affectives pour ''remonter'' la cible contre sa propre famille, son propre groupe social et d'amplifier la charge de haine qui permettra d'en faire un transfuge irréversible et programmable.

    Cette étude académique basée sur les données de 30 ans d'historique dans les registres de la sécurité marocaine, n'a exploité que les affaires jugées.

    Nos soi disant expert en terrorisme c'est du pipeau. Ils constituent un vrai danger pour ceux qui leur prêtent l'oreille. La population des jihadistes tunisiens est bien plus importante et se prête à des études de ce genre.
    Où sont les vrais chercheurs ?
    Où sont les sociologues et anthropologues ?
    Il est bien sur plus facile de venir vendre des allégations rigolotes sur des plateaux TV et se faire appeler docteur, expert ou penseur même que de se soumettre aux règles strictes de la recherche et scientifique.

    RépondreSupprimer
  2. Comment expliquer l'expansion du terrorisme ?
    Question posée au Dr Wafa Soltane.
    Elle rappelle qu'il s'est implanté chez des peuples primitifs ...

    https://www.youtube.com/watch?v=J75pOyWuioA

    RépondreSupprimer
  3. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  4. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  5. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  6. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  7. Pssst…

    pssst…

    sshhhhh…non giratevi....

    fate finta di niente....

    sono l‘agente moollllto segreto Ostin Pauers, quello di cui si parla nei commenti di questo blog…(parlando bene l'inglse sto ovviamente usando uno pseudonimo).

    Volevo innanzitutto ringraziare tutta la rete dei bloggeroni (che sono gli agenti moolllto segreti e tutti massoni 2.0) che cancellano quei commenti che rischiano di far saltare la mia copertura di agente moollllto segreto impegnato in missioni segretisssime.

    Purtroppo non posso rivelare nulla da qui ma chi volesse essere reclutato nella rete dei bloggeroni o volesse informazioni sulla mia occultisssima attività mi contatti pure.

    Vi rivelerò importanti informazioni e vi spiegherò anche come vive un pericolosissimo e segretissimo soggetto come il sottoscritto.

    A presto.

    RépondreSupprimer