jeudi 11 juin 2015

LA LEÇON TURQUE

Article paru dans : 

Les turcs se réveilleraient-ils enfin ?
A l'heure où le parti islamiste connait un net revers en Turquie, il est bon de tirer les leçons de ce scrutin.
Les élections législatives sur lesquelles misaient les Frères musulmans, mettraient-elles fin au rêve des islamistes qui envisagent d'abolir la laïcité qui les gêne dans leur programme d'islamisation de la Turquie ?
Le président, Recep Tayyip Erdogan, jouait son va-tout dans cette élection. Si son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement, des Frères musulmans turcs), au pouvoir depuis 2002, avait fait un bon score, il projetait de modifier la Constitution, afin d’élargir ses pouvoirs présidentiels et construire sa "nouvelle Turquie"  plus conforme à la chariaa.

Ces élections, constituent le troisième échec pour l'organisation internationale des Frères musulmans qui rêvaient du retour au Califat ! D'abord en Egypte où les égyptiens les ont dégagés, les ont interdits et les ont déclarés organisation terroriste ! Puis en Tunisie où les tunisiens les ont dégagés démocratiquement !! Et voilà que les turcs à leur tour commencent à s'inquiéter de l'islamisation envahissante de leur société au risque de perdre leur statut de république laïque !!! 
Il était temps ! 

Il n'y a qu'en Tunisie malgré leur échec et malgré le vote des tunisiens qui les ont dégagés à trois reprises .... qu'ils restent au pouvoir parce que les EU & l'UE "apprécient" leur islamisme "modéré" et veulent les maintenir au pouvoir !

1°/ Le ras-le-bol des femmes :

Si les Frères musulmans ont gagné en visibilité dans la société turque, c'est grâce aux femmes qui sous pression sociale se sont voilées. Or le ras-le-bol des turcs pour les "Frères" viendra d'elles depuis qu'Erdogan ouvertement affichait sa misogynie et celle de ses "Frères" ... dont le "programme politique" est axé sur la femme et son sexe !
Enfin les femmes turques sortent de leur passivité de 13 ans pour dire NON à Erdogan en lançant la campagne sur les réseaux sociaux de lui "tourner le dos" !

On sait que les Frères musulmans utilisent la femme comme porte drapeau pour leurs partis et que par son "éducation", ils savent qu'elles préparent la générations d'abrutis qui formeront leur base ... pour conserver le pouvoir !

Les tunisiennes tireront-elles la leçon des turques qui après 13 ans de pouvoir islamiste, réalisent qu'elles sont entrain de perdre leurs acquis de la Turquie laïque ... en soutenant leurs pire ennemis : les Frères musulmans ? Braderont-elles leurs acquis ? Pourtant, certaines inconscientes l'ont déjà fait, ignorant les combats de leurs mères et de leurs grand mères pour les obtenir; d'autant que Bourguiba n'a pas attendu qu'elles luttent d'avantage pour leur accorder des droits; car il a compris qu'elles sont le fer de lance de la Tunisie moderne et que sans l'émancipation de la femme, il n'y aura point de progrès pour les tunisiens !

Or les tunisiennes n'ont pas tiré la leçon de leurs sœurs iraniennes qui se sont fourvoyées chez les islamistes croyant les soutenir pour chasser le Chah d'Iran, se sont affublées volontairement du tchador, mais se sont retrouvées piégées et obligées de le conserver après la "révolution islamiste" de Khomeiny !

N'ont-elles pas compris que l'islamisme est leur pire ennemi ?

2°/ Le refus du totalitarisme des "Frères" :

L'AKP avait utilisé sans discrétion les moyens de l'Etat, transformant des commémorations officielles en meetings politiques. Ce parti a déjà montré sa vérité hégémonique en s'attaquant aux libertés et à la presse notamment ! Erdogan espérait obtenir les 2/3 des sièges pour pouvoir changer la constitution et passer à un régime présidentiel pour concentrer tous les pouvoirs entre les mains des islamistes. 

Malheureusement pour lui, il devra abandonner ce rêve; puisqu'il n'a pas la majorité absolue au parlement.

Et dire que les responsables politiques européens vantent l'islamisme "modéré" des Frères musulmans auprès des tunisiens mais le refusent chez eux; puisqu'ils refusent l'entrée dans l'union européenne aux "Frères" ! Et que dire du démocrate Obama qui insiste auprès des européens pour qu'ils les intègrent à l'UE.
Allez comprendre quelques choses à tous ces "démocrates" occidentaux, "droits-de-l'hommistes" de surcroît !!

3°/ L'attachement des turcs à leur laïcité et à leur liberté :

Depuis que les islamistes ont pris le pouvoir, les turcs ne se risquent plus à parler politique de peur de la police politique des "Frères" qui contrôle tout. 

Les "Frères" ont les moyens de faire regretter leurs critiques à ceux qui ne sont pas de leur bord. Ils appliquent les techniques classiques des régimes totalitaires dont le contrôle fiscal et la comparution devant la justice. 
Les plaintes pour "insulte au président" courent devant les tribunaux turcs : Lycéens, artistes, journalistes sont poursuivis pour un tweet, un geste, une critique. 
La Turquie, où la prise de parole a toujours été assez libre (sauf autrefois pour les Kurdes et les Arméniens), se retrouve comme la Russie de Poutine, tétanisée par la crainte des représailles. 

Pratiques que les tunisiens ont connues durant les quatre ans de pouvoir d'Ennahdha, filiale tunisienne de l'organisation internationale des Frères musulmans ... où la justice fonctionnait à plein régime pour ceux qui osent s'opposer à Ghannouchi : les journalistes et les artistes en savent quelque chose ! 

Pour ces raisons, les turcs commencent à rejeter les Frères musulmans, car il veulent vivre en démocratie, y compris les électeurs favorables à l’AKP. 

4°/ La religion omniprésente, commence à agacer les turcs !

Il y a deux sortes de croyants : ceux qui veulent vivre leur foi en toute liberté et ceux qui sont sous la coupe des confréries, par exemple celle de Fethullah Gülen, très puissante dans la fonction publique. Cette dernière catégorie veut empêcher la première de vivre sa foi comme elle l’entend. 

La Turquie manque de main-d’œuvre qualifiée car les écoles techniques ont été délaissées et  la scolarité obligatoire a été réduite par l’AKP à une durée de quatre ans, au lieu de huit précédemment; le gouvernement ayant favorisé l’émergence des écoles religieuses (imam hatip), ce qui correspond au parcours suivi par Recep Tayyip Erdogan dans sa jeunesse. 
Or l’économie a davantage besoin d’ouvriers qualifiés que de diplômés des écoles religieuses; lesquelles, comme leur nom l’indique, sont censées former des imams. 

Ce que fait le "Frère", le nostalgique Ghannouchi, en multipliant les écoles corniques, qui lui rappellent son parcours "scolaire" animé par son père; mais qui correspond parfaitement au programme des Frères musulmans, qui veulent limiter le "savoir" à l'apprentissage du coran !

Les turcs dont l'islam traditionnel est plus marqué par le soufisme et sa tolérance, découvrent que les Frères musulmans distillent par petites touches le wahhabisme qui fonde leur action politique et qui a contribué à la chute de l'empire ottoman. 

Quant à l'islam modéré traditionnel des turcs, les "Frères" le remplacent par "l'islamisme modéré" qui plaît tant aux américains car il favorise le capitalisme sauvage, dont souffre la société turque où le chaumage est galopant et ceux qui travaillent ont vu le niveau de vie baisser !


Tout comme en Tunisie, où le "Frère" Ghannouchi sous prétexte de réapprendre aux tunisiens leur islam, il cherche à remplacer leur ancestral malékisme par le wahhabisme ! Comme il a contribué à déstabiliser l'économie du pays pour paupériser les classes moyennes et accentuer la misère des classes pauvres, conditions plus favorable à la diffusion du wahhabisme !

Rachid Barnat



1 commentaire:

  1. QUI DÉGAGERA LES "FRÈRES MUSULMANS" ?

    Il est à craindre que le salut ne viendra que de l'Europe, quand les européens auront goûté aux joies de l'islamisme "modéré" tant vanté par leurs responsables politiques !

    Là, ils se bougeront et les obligeront à les suivre dans leur rejet de tous les "islamismes" !!

    Comme il est à craindre que le cancer laissera des traces : car il n'est pas si simple de se défaire du wahhabisme !!!

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