vendredi 30 octobre 2015

Le prix Sakarov remis à Raef Badawi, le Blogger d'Arabie

La laïcité bafouée en son berceau, la France, fait pourtant rêver tout ceux dont les libertés sont bafouées par les régimes théocratiques. 
Le Parlement européen en décernant le prix Sakharov 2015 à Raif Badawi, rappelle aux Ibn Saoud qui président l'organisation des droits de l'hommes à l'ONU, le b.a.-ba de la liberté d'expression !
R.B


Jean-Marcel Bouguereau
Jean-Marcel Bouguereau

"Laïcité, j’écris ton nom"... en Arabie Saoudite

RAEF BADAWI
Raef Badawi

Dans le livre qui rassemble des écrits pour lesquels il a été condamné pour blasphème à 10 ans de prison et 1 000 coups de fouets, le Saoudien Raef Badawi, à qui le Parlement européen a décerné hier le prestigieux prix Sakharov, raconte cette anecdote : un jour où il entrait dans les immondes toilettes de sa cellule surpeuplée, au milieu des "centaines de graffitis inscrits sur les murs poisseux", son regard tombe sur la phrase ‘La laïcité est la solution’. "Stupéfait, je me frotte les yeux pour m’assurer que je vois bien ce que je vois.". Au moment où, en France, on peut entendre les défenseurs de cette même laïcité se faire traiter de "laïcard" ou de voir des islamistes, dans un salon de la femme musulmane à Pontoise, défendre des messages obscurantistes et l’oppression de la femme, un homme, dans une cellule saoudienne, se bat pour cette même laïcité.
Raef Badawi fut l’animateur du site internet "Liberal Saudi Network", un blog qui va très vite déranger. Mais dans cette théocratie c’est trop. En 2012, il est arrêté. La justice saoudienne est considérée comme l’une des plus féroces au monde. "L’Arabie saoudite est dans le top 5 des pays qui recourent le plus à la peine de mort. En 2013, 87 personnes ont été tuées, soit un être humain tous les 4 jours", raconte Mireille Elchacar, membre d’Amnesty International. Le cauchemar devient réel lorsque Raef reçoit les 50 premiers coups de fouet devant une foule de fidèles, après la prière hebdomadaire. Personne n’a bougé pour l’aider. Pas un mot n’a échappé des centaines de personnes venues voir le terrible spectacle.
Car dans ce pays, où la barbarie a force de loi, le pays au monde à ne pas avoir signé la déclaration universelle des droits de l’homme, on ne bouge pas: les opposants risquent en effet la mort, les femmes sont traitées en mineures incapables, même de conduire. Les bonnes philippines y sont battues et violées par leur patron. Les immigrés y construisent des gratte-ciel dans des conditions d’esclavage moderne.
Le site de Badawi avait appelé à une "journée du libéralisme" et à la fin de l’influence de la religion sur la vie publique. Sa condamnation à 1000 coups de fouet avait été qualifiée de punition "médiévale" par la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallstromm.

C’est une bonne chose que le prix Sakharov 2015, l’équivalent européen du prix Nobel de la Paix, ait été attribué à Raef Badawi, point de départ d’une campagne pour sa libération, alors que le régime saoudien connaît ses premiers craquements, avec la baisse du brut, celle des réserves de pétrole, la concurrence de l’Iran : les réserves de la trésorerie de l’Arabie saoudite sont en chute libre et le pays pourrait tenir maximum 5 ans à ce rythme.

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