dimanche 30 septembre 2018

La gauche identitaire est prise au piège de la politique des minorités

L'individualisme poussé à l'extrême par la gauche, fait le lit du communautarisme dans lequel s'engouffrent les islamistes dont le projet est de redissoudre l'individu dans le groupe qui porte le nom de "Oumma" où l'individu appartient au groupe par le contrôle de sa sexualité avec une main mise totale sur le corps de la femme objet de ses désirs ! Les Frères musulmans peuvent dire merci à cette gauche stupidement démagogique.
R.B
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BONNES FEUILLES - Après avoir suscité un profond débat aux Etats-Unis, l'essai de ce professeur de l'université Columbia de New York, intitulé La gauche identitaire, l'Amérique en miettes, sort en France le 3 octobre. Le Figaro en publie, en exclusivité, de larges extraits.

Pour avoir commis ce livre, l'auteur s'est vu comparer par certains de ses collègues … au chef du Ku Klux Klan. Pourtant Mark Lilla n'a rien d'un extrémiste. Il est professeur de littérature à l'Université Columbia de New York et se revendique comme de gauche. Mais, écrit-il, « les États-Unis sont en proie à une hystérie morale sur les questions de race et de genre, qui rend impossibles toute réflexion et tout débat public ». Son ouvrage,La Gauche identitaire, l'Amérique en miettes, vise à sortir de cette impasse. 

Pour l'auteur, la gauche américaine s'est enfermée dans le piège de la politique des minorités au point d'abandonner toute notion de bien commun et de diviser profondément la société. C'est dans les campus universitaires que l'évolution a été la plus radicale. Pour ne pas laisser le champ libre à Donald Trump, Lilla invite la gauche à se remettre en question. Le Figaro publie, ici, les bonnes feuilles de son ouvrage.

● On peut être identitaire et de gauche «Identitaire».

Un mot dur. On pense aussitôt aux jeunes voyous, crâne rasé ou presque, en cuir noir et Doc Martens, brandissant des drapeaux fleurdelisés devant la statue de Jeanne d'Arc. Ou jetant une tête de porc devant la porte d'une mosquée. Ou occupant un col alpin pour faire barrage aux migrants. Certes, il y a des casseurs d'extrême gauche, des Black Blocs, des zadistes. Ils sont perturbateurs mais marginaux, et leur violence ne menace personne. Non, identitaire est synonyme d'extrême droite, voilà tout. Il y a trente ans, c'était vrai. Mais depuis, une véritable gauche identitaire s'est développée, d'abord aux États Unis puis, petit à petit, ailleurs. 

Sous l'influence du postmodernisme dans nos universités, les jeunes Américains apprennent que chacun d'eux a une identité unique, quoique toujours fluctuante, façonnée par les affinités raciales, sexuelles, et de genre. Et que chacune d'entre elles mérite d'être reconnue et acceptée. Cet individualisme identitaire, pour ainsi dire, s'est révélé être un pendant parfait à l'individualisme économique de notre époque. 

Le nouveau moi identitaire se trouve très à l'aise avec le moi néolibéral parce que ni l'un ni l'autre n'ont cure d'un républicanisme ringard et désuet. Dans un monde où le capital et le travail traversent les frontières fluidement, où les hauts fonctionnaires rendent superflus les débats politiques, où les réseaux mettent en contact des personnes isolées à la recherche d'un «like», le mot solidarité n'a guère de sens. Il a été remplacé côté gauche identitaire par le terme peu charmant d'intersectionnalité, ce qui signifie des alliances temporaires d'individus dont les identités s'entrecroisent, pour atteindre des objectifs à court terme. 

L'engagement politique comme un Tinder pour gens pressés. Et une arme impuissante face à l'assaut populiste de droite qui a mené Donald Trump au pouvoir, et qui menace les minorités que la gauche prétend défendre.

Quand la vérité sort de la bouche de Trump

Les primaires républicaines de 2016 se révéleront sans nul doute aussi significatives historiquement parlant que l'élection qui s'ensuivit. Il ne faut jamais oublier que Trump a battu les partis politiques dominants des États-Unis, en commençant par celui auquel il appartenait - du moins en théorie. Le spectacle fut extraordinaire. Le briseur d'idoles ne venait ni de la gauche ni de la droite. Il arrivait d'en bas. Libre de toute révérence envers Reagan, de toute allégeance envers la cause du parti, de toute analyse approfondie de la courbe de Laffer, ou de toute adhésion au principe de non-contradiction. 

La vérité sortait de sa bouche beaucoup plus souvent que ses critiques n'ont bien voulu le reconnaître, mais à la manière d'un enfant, par accident, mettant ainsi mal à l'aise les adultes présents dans la pièce. Debout devant des usines fermées et des foules d'ouvriers au chômage, il a déclaré que la délocalisation industrielle et les accords commerciaux détruisaient plus de richesses qu'ils n'en produisaient pour des gens comme eux. Il a évoqué sans hésiter l'envie de leur offrir des formations et une couverture sociale minimale. Il parlait comme si l'Amérique le leur devait bien (cependant, percevant l'état d'esprit de son public, il s'est bien gardé de mentionner ce qu'ils se devaient les uns aux autres). Les candidats adverses se sont contentés de fixer leurs chaussures…

Le modèle Facebook de l'identité

Dans le modèle Facebook du moi, les liens qui m'importent et que je décide d'affirmer ne sont pas politiques au sens démocratique du terme. Ils sont tout au plus des affinités électives. Je peux même m'identifier à un groupe auquel objectivement je ne semble pas appartenir. En 2015, une jeune femme perturbée, alors présidente d'une branche locale de la NAACP (Association nationale pour la promotion des gens de couleur) et qui affirmait avoir été victime de plusieurs crimes à caractère raciste, a été trahie par ses parents qui ont révélé qu'elle était, en vérité, blanche. Une vague de critiques outrées s'est abattue sur elle, et les médias de droite se sont servis de cette histoire comme exemple supplémentaire de la dinguerie de la gauche. Mais si le modèle Facebook de l'identité est exact, ses soutiens, et il y en a eu, avaient raison de la défendre. Si tout processus d'identification s'articule légitimement autour de l'identification du soi, il n'y a aucune raison pour que cette femme ne puisse pas proclamer être ce qu'elle imagine être. Bref. 

Le modèle Facebook de l'identité a également inspiré un modèle Facebook de l'engagement politique. Durant l'ère Roosevelt, l'identité de groupe a été reconnue non seulement comme façon légitime de mobiliser les gens pour agir politiquement en tant que citoyens, mais aussi comme outil nécessaire afin de contraindre notre système politique à tenir sa promesse d'égalité entre tous ses membres. Mais le modèle Facebook est entièrement consacré au moi, mon moi chéri, et non à nos histoires communes, ni au bien commun, ni même aux idées. Les jeunes gens de gauche - par contraste avec ceux de droite - sont moins enclins de nos jours à relier leurs engagements à un ensemble d'idées politiques. Ils sont beaucoup plus enclins à dire qu'ils sont engagés politiquement en tant que X, concernés par les autres X, et les problèmes touchant la Xitude.

Campus en délire

Plus la gauche universitaire devient obsédée par l'identité personnelle, moins elle est encline à prendre part à un débat politique sensé. Durant la dernière décennie, une nouvelle et très révélatrice locution provenant des universités a pénétré les médias : « En tant que X, je dirais que… » Cette phrase n'a rien d'anodin. Elle indique à celui qui écoute que j'ai une position privilégiée pour m'exprimer sur ce sujet (en revanche, on n'entend jamais « En tant qu'homosexuel d'origine asiatique, je me sens incompétent pour donner mon avis sur la question »).

Elle érige un mur contre les questions qui, par définition, proviennent d'une perspective étrangère à X. Ce qui transforme l'échange en rapport de force : le vainqueur du contentieux sera celui ou celle qui se prévaut de l'identité moralement supérieure et exprimera la plus grande révolte face à la question qu'on lui pose. Ainsi, les discussions en salle de classe qui jadis auraient commencé par « Je pense A, et voici pourquoi », prennent aujourd'hui la forme « En tant que X je suis choqué(e) que vous puissiez affirmer B ». Ceci est parfaitement sensé si vous croyez que l'identité détermine tout. Cela signifie qu'il n'existe aucun espace impartial pour le dialogue. Les hommes blancs ont une « épistémologie », les femmes noires une autre. Que reste-t-il à dire ?

L'argument se voit donc remplacé par le tabou. Parfois nos campus les plus privilégiés semblent empêtrés dans le monde archaïque de la religion. Seuls ceux ayant un statut identitaire approuvé sont autorisés, tels des chamans, à s'exprimer sur certains sujets. On élève certains groupes - aujourd'hui les transgenres - au rang d'icônes temporaires. Les boucs émissaires - aujourd'hui les orateurs politiques conservateurs - sont dûment désignés et chassés des campus dans des rites d'épuration. 

Les propositions deviennent pures ou impures, non plus vraies ou fausses. Et non seulement les propositions, mais de simples mots. Les « identitarismes » de gauche, qui se considèrent comme des créatures radicales, contestant ceci et transgressant cela, sont devenus aussi corsetés que les institutrices protestantes d'antan par rapport à l'utilisation de la langue anglaise, analysant chaque conversation en quête de locutions déplacées et tapant sur les doigts de ceux et celles qui les utilisent par inadvertance.

Apprendre à parler poliment

La politique en démocratie relève de la persuasion et non de l'expression de soi. Acceptez que vous ne serez jamais d'accord avec les gens sur tout La gauche a des élections à remporter et un électorat centriste issu de la classe ouvrière à reconquérir. Il faut commencer par là. Et rien ne rebutera plus sûrement les électeurs que de se faire sermonner de cette façon. Voici donc quelques rappels à l'intention de ceux et celles pour qui la conscience identitaire est primordiale : les élections ne sont pas des réunions de prière, et personne n'a envie d'entendre votre témoignage personnel. Ce ne sont ni des séances de thérapie, ni une façon d'être reconnu(e). Ce ne sont ni des séminaires ni des moments à vertu pédagogique. Il ne s'agit pas de dénoncer les dégénérés et les bouter hors de la ville. 

Si vous souhaitez sauver l'âme de l'Amérique, pensez à devenir pasteur. Si vous souhaitez obliger les gens à se confesser et à se convertir, enfilez une chasuble blanche et rejoignez les rives du Jourdain. Mais si vous voulez reprendre le pays à la droite, et apporter un changement durable pour ceux auxquels vous tenez, il est temps de descendre de votre chaire. Et une fois que vous serez descendu(e), apprenez à écouter et à imaginer. Il vous faudra visiter, ne serait-ce qu'intérieurement, des endroits où il n'y a pas de wifi, où le café est du jus de chaussette, où vous n'aurez nullement envie de poster une photo de votre dîner sur Instagram. Et où vous mangerez avec des gens qui rendent sincèrement grâce pour ce qu'ils ont dans leur assiette. 

Ne les regardez pas de haut. En tant que gens de gauche dignes de ce nom, vous avez appris à ne pas vous comporter ainsi avec les paysans des contrées lointaines ; faites de même avec les pentecôtistes du Sud et les propriétaires d'armes à feu des Rocheuses. Tout comme il ne vous viendrait pas à l'esprit de taxer les croyances d'une autre culture de simple ignorance, n'attribuez pas automatiquement à la machine médiatique de droite tout ce qu'on vous dit. Efforcez-vous d'entendre ce qui se cache derrière les fausses affirmations, et voyez si vous pouvez vous en servir pour créer un lien. 

La politique en démocratie relève de la persuasion et non de l'expression de soi. Acceptez que vous ne serez jamais d'accord avec les gens sur tout - rien de plus normal dans une démocratie. Ceux et celles qui s'engagent dans les mouvements sociaux axés sur l'identité ont tendance à se retrouver uniquement parmi des personnes partageant les mêmes opinions qu'eux, leur ressemblant physiquement, ayant fait des études similaires. Gardez-vous d'imposer des tests de pureté à ceux que vous souhaiteriez convaincre. Tout n'est pas une question de principes - d'ordinaire, pour en préserver un, il faut en sacrifier d'autres, tout aussi importants. Les valeurs morales ne sont pas les pièces prédécoupées d'un puzzle qui s'imbriquent sans effort.

● Ce que nous partageons

Pour sortir de ce casse-tête, la seule solution est de recourir à quelque chose que nous partageons tous dans une démocratie, mais qui n'a rien à voir avec notre appartenance identitaire, sans toutefois nier l'existence et l'importance de celle-ci. Et cette chose s'appelle citoyenneté. Certes, le terme citoyen a une connotation désuète aux États-Unis, et évoque chez les personnes d'un certain âge des images d'enseignants martelant un tableau noir avec une baguette en bois pendant les cours d'instruction civique. Mais il a un grand potentiel démocratique - et démocrate -, en particulier aujourd'hui. Car la citoyenneté est un statut politique, rien de moins et rien de plus. 

Dire que nous sommes tous citoyens ne revient pas à dire que nous sommes en tout point pareils. C'est un fait de société avéré : de nombreux Américains se définissent aujourd'hui par appartenance à un groupe, mais rien ne les empêche de se définir simultanément en tant que citoyens comme n'importe qui. Les deux idées peuvent être - et sont - vraies. À l'heure actuelle, il est crucial de nous concentrer sur ce statut politique commun, et non sur nos différences manifestes. La citoyenneté est une arme fondamentale dans la bataille contre la doctrine néolibérale parce qu'elle rappelle que nous faisons tous partie d'une entreprise commune légitime, que nous, le peuple, avons créée de notre plein gré. Et que nous ne sommes pas des particules élémentaires. »

Publié par Alexandre Devecchio 

jeudi 27 septembre 2018

Le populisme de gauche, une aubaine pour l'islamisme


La gauche toujours utopiste au point de se mettre le doigt dans l'oeil en soutenant les Frères musulmans et leur wahhabisme qui fait des ravages dans les républiques "arabes" et dont les français commencent à découvrir à leur dépens la dangerosité puisqu'il remet en question tout leur modèle sociétal !
R.B
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Les dangereux affects de Chantal Mouffe

La philosophe prône un populisme de gauche, fondé sur la conquête de l’hégémonie culturelle et la construction d’un peuple. Une idéologie qui frôle la démagogie ?

Ce livre est un manuel : celui du parfait petit Mélenchon. Sous une forme résumée et pédagogique, on y trouve le raisonnement théorique et pratique qui sous-tend la stratégie de La France insoumise (LFI). Philosophe politique, professeure à l’Université de Westminster à Londres, Chantal Mouffe est la principale théoricienne du « populisme de gauche ». Avec son compagnon Ernesto Laclau, universitaire post-marxiste argentin (aujourd’hui décédé), elle a longuement étudié les mouvements populistes d’Amérique latine, le péronisme notamment. Leur livre commun, Hégémonie et stratégie socialiste, a servi de base théorique au mouvement espagnol Podemos, dont La France insoumise s’est largement inspirée.

Se dégageant du marxisme, elle estime que le mouvement socialiste ne peut plus se fonder principalement sur la traduction politique des intérêts « objectifs » de la classe ouvrière, position qu’elle juge « essentialiste ». D’abord parce que la conscience politique des exploités ne dérive pas mécaniquement de leur position de classe ; ensuite parce que les nouveaux « mouvements sociaux » apparus dans les années 60 et si présents aujourd’hui, lutte des femmes, des homosexuels, luttes écologiques, etc. ne sont pas le produit, même indirect, de la lutte des classes, qui perd de ce fait son statut central dans l’analyse des rapports de force entre dominants et dominés. S’inspirant des réflexions de Gramsci, le dirigeant communiste italien hétérodoxe emprisonné par Mussolini, elle pense que le changement politique et social suppose la conquête préalable d’une « hégémonie » intellectuelle et culturelle, à travers une lutte autonome qui n’est pas la simple dérivée des rapports de production. Rejetant « l’économisme » de la pensée marxiste traditionnelle, elle se concentre sur la lutte idéologique et politique, qui forme un champ largement indépendant des antagonismes de classe. Il ne s’agit plus de mobiliser les seules classes exploitées, mais de « construire un peuple » autour d’une « radicalisation » de la démocratie. Ce peuple divers, issu de conflits hétérogènes, trouve son unité dans la désignation d’un adversaire commun, la mince élite du savoir et de l’argent, qu’on appelle « l’oligarchie », qui organise à son profit le processus de mondialisation libérale contre laquelle se dressent les autres citoyens. On débouche ainsi sur un « populisme de gauche », qui se reconnaît dans des mots d’ordre simples de rejet du pouvoir en place - le « dégagisme » - et place sa confiance dans un leader charismatique dont le discours mobilise, plus que les raisonnements moraux ou l’exigence d’une société plus juste, les affects des classes populaires. D’où le soutien de Laclau au péronisme, type même du populisme latino-américain, ou celui de Chantal Mouffe à Pablo Iglesias en Espagne ou Jean-Luc Mélenchon en France.

Contrairement aux thèses défendues par Rawls ou Habermas, l’action démocratique ne consiste pas à trouver la « bonne politique » par la délibération rationnelle et publique, mais à jouer sur l’antagonisme irréductible qui préside à toute politique, tel qu’il a été défini par Carl Schmitt, penseur allemand pour qui toute vie publique se caractérise par la définition d’une frontière entre amis et ennemis. L’ennemi d’aujourd’hui est ainsi incarné par les « un pour cent » de la population qui dominent le processus de mondialisation, et les « amis » par tous ceux qui, à des titres divers, sont les victimes du même processus et se reconnaissent comme alliés au fil du combat politique.
Les esprits chagrins remarqueront que Schmitt fut un des principaux théoriciens du régime hitlérien, et que l’ennemi de l’époque, étaient ceux que les nazis désignaient comme les responsables des malheurs du peuple allemand, au premier rang desquels ils plaçaient la communauté juive. Léger problème d’image, que Mouffe contourne en précisant bien qu’elle conçoit le combat politique dans le cadre institutionnel des démocraties libérales, dont elle ne souhaite en rien s’affranchir. Elle remplace seulement « l’antagonisme » entre amis et ennemis de Schmitt, qui conduit à la violence, par « l’agonistique », qui sépare deux adversaires civilisés, qui acceptent le socle des libertés publiques et du régime représentatif propre aux démocraties.
Ce qui laisse entiers deux problèmes. Mouffe rejette d’abord, comme Mélenchon ou Iglesias, la gauche réformiste et institutionnelle, à qui elle reproche son ralliement, réel ou supposé, au néolibéralisme. Mais elle fait néanmoins l’éloge de la social-démocratie européenne pour son action réformatrice au moment des Trente Glorieuses ou bien sous la présidence de François Mitterrand. Toujours ce retard à l’allumage de la gauche radicale, qui dénonce le « réformisme » de la gauche démocratique quand elle gouverne, mais s’aperçoit, vingt plus tard, que les réformes qu’elle a mises en œuvre sont précieuses aux classes populaires. Jaurès, Blum, Mendès, Mitterrand, Jospin ont tour à tour été soumis à ce régime contradictoire, cloués au pilori par la « vraie gauche » pendant qu’ils agissent, changés en icônes quand ils ont disparu de la scène.
La mobilisation des « affects » populaires, ensuite, débouche sur une configuration dangereuse. En mettant au rancart la délibération rationnelle, l’examen honnête des contraintes du gouvernement, l’éthique minimale du combat politique issu des Lumières, le populisme, serait-il de gauche, frôle sans cesse la démagogie pure et simple. On met en avant des mesures économiques qui ignorent volontairement toute limite financière, tout souci de l’équilibre monétaire : c’est ainsi que le chavisme, ce populisme vénézuélien, a conduit son pays à l’abîme. On désigne comme ennemie l’Union européenne et on s’aperçoit au plus fort de la crise que l’Europe est finalement un moindre mal en regard de la dureté des marchés financiers : c’est ainsi qu’Aléxis Tsípras fait voter un référendum hostile à l’Union pour se rallier en vingt-quatre heures à un compromis avec la même Union, à l’inverse exact du souhait exprimé par son peuple. Les « affects », en effet, ne sont pas toujours progressistes. S’ils se tournent, comme aujourd’hui en Europe, contre les migrants ou contre la minorité musulmane, faut-il les suivre ? Jean-Luc Mélenchon en éprouve aujourd’hui les contradictions quand il veut prendre en compte l’inquiétude des classes populaires face à l’immigration : il est aussitôt mis au banc des accusés par une partie de la gauche. Au bout du compte, dans la locution « populisme de gauche », le populisme tend souvent à l’emporter sur la gauche. Au nom des « affects », du « charisme », et du « dégagisme », on fait sortir le djinn de la lampe. On ne sait plus, ensuite, comment l’y faire rentrer.


mardi 25 septembre 2018

Le wahhabisme fait peur aux français aussi !

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L'ISLAMISME EN EUROPE ... et en France en particulier, commence à produire ses effets !
Le wahhabisme qui le fonde, condamne tant de pratiques relatives aux libertés individuelles ; que forcément ses nouveaux adeptes, vont tôt ou tard poser problème à leurs concitoyens européens.
Ils vont remette en question :
- la laïcité et ses règles du vivre ensemble,
- la mixité à l'école,
- les programmes scolaires pour les conformer au coran,
- la mixité au travail,
- la tenue vestimentaire des femmes,
- la contraception,
- l'avortement,
- la procréation assistée,
- le don du sperme et d'ovocytes,
- l'homosexualité, leur homophobie faisant régulièrement des victimes,
- le PACS,
- le mariage pour tous,
- les bars à vin et autres restaurants le servant ...
En somme tous les acquis que les Français ont mis des années à avoir après de rudes batailles et de luttes acharnées, seront à revoir à l'aune du wahhabisme comme l'imposent les Frères musulmans !
Les Français commencent à percevoir les dégâts du wahhabisme que leur exportent leurs amis pétromonarques. Il serait temps !
R.B
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Oranges coraniques

Je suis très pessimiste sur notre avenir avec l’islam politique même s’il y a un frémissement, quelques petites batailles gagnées ici et là.

Nous ne pouvons pas compter sur les politiques, ils nous ont mis dans cette situation, ils ne nous en sortiront pas car ce serait reconnaître qu’ils ont une responsabilité et qu’ils doivent réparer.

Pourquoi des pyromanes deviendraient-ils des pompiers ?

Les politiques ne réagissent qu’au rapport de force et à l’intérêt électoral.

Nous ne pensons pas car pour la majorité des Français, si l’islam pose un problème important, ils ne sont pas sensibilisés sur la dangerosité de ce qui les menacent puisque tout à été compartimenté pour présenter les problèmes en pièces détachées comme s’ils n’avaient aucun rapport les uns avec les autres.

Je ne vois pas d’émission de vulgarisation pour leur expliquer à une heure de grande écoute ce qu’est le Tamkine par exemple ni sur les fondements de la charia et pourquoi elle est incompatible avec nos valeurs les plus élémentaires.

Nous avons 6 chantiers, 6 terrains de lutte idéologique.

L‘enjeu de la femme musulmane

Nous l’avons perdu, nous avons abandonné et ça n’est pas par exemple l’arbre Fatiha Boudjahlat qui peut cacher la forêt de femmes voilées obscurantistes et bigotes qui sont une véritable pouponnière de futurs islamistes.

Il y a 30 ans, lors de l’émission politique l’heure de vérité consacrée à Harlem Désir, se posait déjà le problème de l’intégration et de l’hyper délinquance de jeunes issus de l’immigration, celui-ci, optimiste, arguait que tout se passerait bien car l’école républicaine éduquerait les femmes en ce sens et que les éducatrices qu’elles représentent favoriseraient l’intégration.

Aujourd’hui l’intégration est interdite de citer car ce serait insulter les nouveaux arrivants dont il faut respecter le mode de vie et les valeurs.

C’est un échec qu’on a transformé par exemple en laïcité inclusive pour magnifier un plantage total, à moins que cela soit voulu.

L’enjeu des quartiers, des banlieues, des fameux territoires perdus de la république.

On est confronté à une évacuation de la loi républicaine et une démission de l’État pour des raisons clientélistes, par peur d’embrasement des banlieues, pour avoir une paix sociale.

On se contente d’arroser ces banlieues de financements sociaux et de tolérer une économie parallèle florissante pour ne pas avoir de violences car nous ne sommes pas en mesure de contenir ces éventuelles violences.

Dans ces territoires il y a 3 strates d’autorité :

- La première c’est le communautarisme tribal des jeunes qui structure les rapports sociaux. Ils font la Police de l’apartheid sexuel en harcelant les « mauvaises filles » de la sphère publique, ce qui a comme résultat de servir l’idéologie islamiste. Ils ont comme modèles « les grands Frères » qui se pavanent avec des voitures de luxe.

- Ce sont des caïdats urbains qui tiennent le commerce et sont responsables de l’autorité suprême par une violence inouïe et par le prestige de leur réussite.
C’est eux qui décident de qui peut entrer ou non dans le quartier, qui est toléré, qui peut vivre du commerce.

La majorité des personnes de ces deux strates violentes autoritaires sont issues de l’immigration Nord-africaine et subsaharienne, sans être de grands pratiquants de l’islam, ils ont des normes culturelles islamiques envers lesquelles ils se positionnent, c’est leur centre de gravité comportementale.

- Vous avez enfin les religieux qui ont le contrôle du comportement des femmes et de plus en plus des jeunes enfants puisque nos élus leur ont offert ces quartiers en espérant faire baisser la délinquance. Ce sont des prescripteurs de comportements.

Les salafistes sont en charge de créer une contre société et mettent les quartiers en état de tension sociale (prières de rues, exigences de Halal, refus de travailler avec des femmes, volonté d’imposer le voile dans les lieux régit par la loi de 1905, dénonciation de nos traditions et us et coutumes heurtant leur foi…).

Résultat, ils ont l’islamisme et la délinquance. Les religieux profitent du non droit et des échecs des jeunes et des caïds qu’ils peuvent récupérer pour un rachat jihadiste.

Si on interdit ces religieux dans les quartiers, les deux autres strates violentes et autoritaires se montreront solidaires et lanceront une insurrection pour défendre les religieux.

6 valeurs structurent les territoires perdus de la république :
- Suprémacisme musulman revendiqué qui s’accompagne de la haine de la France banalisée, comme une évidence, cela relève d’un poncif, une croyance sociale sans débat.
Infériorisation de la femme avec une classification très simple et manichéenne : Il y a la sœur pieuse voilée et respectable et la fornicatrice en puissance résultat de l’impérialisme culturel et idéologique occidental.
Haine des juifs culturelle, passée dans le langage commun, comme pour la haine de la France, ça ne se discute pas, les juifs sont responsables des malheurs qu’ils subissent car c’est un peuple maudît qui a encouru la colère de Dieu et le conflit israélo-palestinien sublime cette haine.
Homophobie assumée et vue comme une abomination qui serait le fruit d’un Occident décadent et en réponse il y a une sublimation gestuelle presque vulgaire de la virilité très phallique des jeunes des cités qui emprunte à la culture rap et finit par se trouver spirituellement dans un Islam phallocrate.
Les enjeux politiques et les questions autour de l’islam politique sont vus au travers de théories de complot qui sont de l’ordre de la paranoïa collective, la riche imagination arabe pour expliquer ce qui est inconcevable pour entretenir le déni sur l’islam politique et jihadiste a rencontré le "complotisme 2.0" qui l’a renforcé et fait des ravages parmi les jeunes.
Obscurantisme forcené, créationnisme, désaveu des sciences au profit de vidéos d’apologie du coran et de ses miracles, là aussi le net a renforcé cet obscurantisme et le mental superstitieux qu’on pouvait rencontrer chez des personnes crédules au faible niveau d’éducation.

Médias.

Nous sommes face à une distorsion des représentations associée à un niveau lamentable des journalistes qui traitent de ce sujet.

Deux visions cohabitent avec bonheur, l’islamogauchisme et la promotion d’un vivrensemblisme forcené qui est une illustration d’une volonté de communautarisme à l’anglo-saxonne au sein même de la caste journalistique qui domine les médias.

L’islamisme, le salafisme sont devenus honorables en comparaison des attentats. Aucune critique de fond sur les valeurs de ces mouvements religieux, ni sur les Frères Musulmans.

Au contraire l’islam est représenté systématiquement à heure de grande écoute par des islamistes, des indigénistes ou des bigots analphabètes qui se ridiculisent dans les médias et donnent une image catastrophique de l’islam pour quiconque le connaît de loin.

Le dernier chouchou islamique est Yacine Belatar, un humoriste chargé d’assurer l’intérim pour donner suite à la mise à l’écart forcé de Tariq Ramadan en attendant que Ennasri prenne la place qui l’attend encore chaude.

Université

Les Islamistes ont deux chantiers prioritaires, le contrôle des femmes qui permet de contrôler l’avenir et le local en instaurant de fait l’apartheid dans l’espace public, et les universités qu’il faut noyauter afin de faire avancer les thèses Islamistes mais elles doivent aussi former les futurs cadres de l’islam politique, des personnes maîtrisant bien leurs communications, aux arguments difficiles à démonter et à la communication efficace afin de fédérer les masses musulmanes populaires derrière elles ainsi que des politiques et intellectuels séduits par la théorie sartrienne des damnés de la terre.

On peut ainsi constater que l’université d’Aix en Provence forme des doctorants islamistes et indigénistes aux thèses plus que douteuses, que François Burgat islamologue converti à l’islam vient de valider la thèse du successeur de Tariq Ramadan, Nabil Ennasri qui s’est permis de soutenir un travail faisant les louanges de Youssef Al Qaradaoui grand ponte de l’islamisme internationale préconisant les actions terroristes, la mise à mort des apostats, des homosexuels, soutenant régulièrement des propos antisémites et fait la promotion du féminisme bâché !

L’université de Lyon a failli organiser un colloque avec des Islamistes et un fiché S pour dénoncer l’islamophobie !

Une autre s’apprêtait à inviter Houria Bouteldja la passionaria du racisme décomplexé au nom de la lutte intersectionnelle !

Le monde universitaire est aussi responsable par certains de ses idéologues de la teneur des programmes scolaires, ainsi on nous a survendu un islam tolérant et pacifique sous Al Andalus afin de formater les élèves de notre pays à une vision non conforme au réel de l’histoire de l’islam.

De plus le mythe de l’Espagne musulmane tolérante n’est qu’un mythe mensonger, Serafin Fanjul vient de sortir un pavé sur la véritable histoire d’Al Andalus qui était une sévère apartheid traversée par des pogroms et massacres réguliers n’ayant rien à envier aux guerres entre catholiques et protestants dans la chrétienté médiévale.

Les desseins idéologiques de ces universitaires qui mettent au point les programmes scolaires les amènent à présenter l’histoire de France comme une succession de pages sombres et de crimes contre l’humanité associés à une église inquisitrice.

Tout enfant confronté à ces manipulations historiques aura toutes les difficultés à avoir de l’estime pour son pays.

Un enfant dont la famille est originaire d’un pays musulman, ne pourra en aucun cas se tourner vers les valeurs culturelles normatives de notre pays, il ne pourra que les rejeter et se tournera vers celles du pays d’origine. Malheureusement la majorité des pays musulmans sont gagnés par un islamisme virulent qui structure les comportements de leurs croyants.

Influences algériennes, marocaines, turques, qataris, saoudiennes.

Sur notre sol, la majorité des mosquées sont de véritables ambassades de puissances musulmanes étrangères, leurs imams défendent un islam rigoriste et littéraliste comme il est observé dans les pays qui contrôlent ces mosquées.

Éducation nationale.

L’éducation nationale est en plein naufrage, les résultats nationaux témoignent d’un déclin inquiétant.

La baisse des niveaux d’exigence fut le résultat d’une volonté de ne pas heurter des générations d’enfants qui se sentaient stigmatiser par l’exigence que ce soit au niveau des apprentissages, de la culture, de la discipline.

Dans les territoires perdus de la république, l’apprentissage de la langue est un handicap dès le départ de la scolarité avec des enfants qui ne parlent pas le français à la maison.

De plus, on entretient le refus de s’intéresser à la culture du pays qui n’est vu que comme un ensemble de services publics et de droits sociaux qui doivent rembourser la colonisation.

Les exigences et rappels à la loi sont vus comme des volontés racistes et discriminatoires, cette victimisation perpétuelle est transférée dans le milieu scolaire où de jeunes professeurs inexpérimentés se retrouvent face à des dynamiques de groupes jouant la solidarité tribale, clanique et religieuse ainsi que le contrôle social sur les individus osant s’affranchir de ce carcan communautaire. Les 6 valeurs structurants l’islamisme sont projetées avec brutalité dans le monde scolaire : impossibilité de protéger les enfants juifs, refus de la mixité, épidémies d’allergies au chlore pour ne pas aller à la piscine, contestations des enseignements scientifiques, refus d’étudier la Shoah et des philosophes juifs, impossibilité d’enseigner l’histoire du Christianisme, importation du conflit israélo-palestinien, difficulté à respecter des enseignants non musulmans.

Où en est-on de ce combat?

Au-delà de ces terrains de batailles idéologiques, il est notable de constater que la justice n’apporte aucune aide ni solution face aux problématiques de caïdats et de califats.

Elle ne prévient pas, ne dissuade pas, et joue même au sein des établissements pénitenciers le rôle de pouponnière qui potentialise le caïdat et le califat.

Le judiciaire est même un instrument de terrorisme intellectuel saisi régulièrement par les islamistes et les indigénistes ainsi que des associations dites antiracistes et féministes afin de réduire au silence quiconque dénonce les mécanismes du totalitarisme à l’œuvre au sein de notre République.

Les 4 pouvoirs de ce pays ne sont donc pas au niveau d’exigence requise pour diagnostiquer la menace et encore moins pour la traiter.

Ne serait-ce que nommer le réel est considéré comme un signe d’appartenance à une idéologie fasciste et vous vaut d’être combattu, insulté, menacé.

Il y a clairement démission, soumission, trahison et collaboration.

Seuls des citoyens regroupés en associations pourront peser et ramener les politiques à la raison comme le recommandait Tocqueville.

samedi 22 septembre 2018

Contrôler la sexualité de l'individu pour s'assurer le contrôle du groupe, c'est la base même des religions monothéiques

Ou quand les religions monothéistes fabriquent des frustrés sexuels !

Les religions anciennes dans leur polythéisme, prévoyaient souvent quelques dieux consacrés à l'amour, à la sexualité et à la procréation. Ce n'est qu'avec l’avènement du monothéisme que Dieu condamne la sexualité à cause d'Adam qui a osé croquer dans le fruit défendu que lui tendait Ève ! 
Et quel était ce fruit ? C'était la fameuse pomme du "savoir", autrement dit la sexualité ! 
D'avoir perdu son innocence (son pucelage), Adam va le payer très cher; puisque Dieu va le punir en le chassant lui et Ève du paradis pour les envoyer sur terre où ils doivent expier leur péché : lui par la souffrance pour subvenir à ses besoins et elle lors de ses accouchements ! Et ce n'est qu'une fois repenti que dieu lui laisse entrevoir le paradis à nouveau sinon l'enfer, en fonction des bonnes et des mauvaises actions qu'il aura accomplies sur terre !
Ce mythe fondateur des trois religions monothéistes, leur donnera un pouvoir immense sur les hommes en contrôlant leur sexualité et plus particulièrement celle des femmes. Les religions étant une affaire d'hommes, certains par des lectures exégétiques mettent le curseur de l'interdit, de l'interdiction absolue à celui avec certaines tolérances.
Ainsi dans l'islam, si le soufisme prône l'amour et la jouissance de la beauté (des femmes, de la poésie, du chant, de la musique, de la danse, de la nature ...), pour que l'homme par le plaisir qu'il y trouve, reconnaissant à son créateur, l'adorera d'avantage; ce n'est pas le cas dans le wahhabisme qui les interdit car ils distraient l'homme de Dieu. 
D'où tous les interdits dans le wahhabisme jusqu'à l'absurde, concernant "Ève" pour qu'elle ne tente plus le pauvre "Adam" ! 
R.B   
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L’orgasme n’est pas un complot occidental

Le sexe est-il l’ennemi d’Allah ou de Jéhovah ou de Dieu ? Dans le monde musulman, aujourd’hui, l’opposition entre les deux est violente quoiqu’on cherche à le nier sous prétexte de « culture différente », par refus de « l’essentialisme », comme il est à la mode de le formuler aujourd’hui, ou par narcissisme, toujours exacerbé chez le post-colonisé.

Il est pourtant au cœur des discours du prêcheur dans les mosquées, du cheikh qui occupe les télés religieuses, ou des thématiques qui ont les faveurs des médias islamistes ou conservateurs, de la harangue des foules ou des excès des réseaux sociaux.

Société idéalisée et asexuée

La chasse au sexe – formule lapidaire pour désigner la criminalisation de la sexualité –, au prétexte de la vertu, revêt même les attributs d’une guerre pour « sauver » l’identité, se faire gardien d’une « culture nationale authentique », ou même d’une société idéalisée et asexuée dans des pays musulmans.

Le sexe, la sexualité, l’orgasme, le corps sont d’ailleurs confondus, sciemment dans la rhétorique des prosélytes, avec l’Occident comme corps fantasmé. Un Occident licencieux, libertin, sans « valeurs », qui s’effondre, selon les prêcheurs. Opposé à une nation, une oumma – collectivité transnationale, théologique –, vertueuse, vraie et différente.

La sexualité, autant que la ligne de l’histoire coloniale devenue aussi une rente idéologique, sert à la démarcation violente et sans appel avec l’Autre. Nous ne sommes pas « eux », les Occidentaux, les étrangers. Chez nous, le sexe doit être sous le coup de la loi ou de la loi religieuse, pas transcendant comme érotisme, art, passion, épopée intime de l’individu. Il est du domaine de l’interdit, du rite, pas de celui de la vie, de l’amour ou du droit au corps.

La peur et l’ignorance

Du coup, parler de sexe est sous le monopole du discours religieux depuis des décennies. Personne n’est plus expert en sexologie fantasmatique, en manuel pour coucher avec les houris [vierges célestes] que les docteurs de la loi, la galaxie des cheikhs et les militants croyants. Ils en décident tous selon une vieille clause religieuse valable pour les autres monothéismes : si tu es un homme, ton corps n’est pas le tien, il est celui de Dieu. Quand tu es une femme, ton corps appartient à ton Dieu, mais aussi à ton homme, à ton propriétaire ou ton grand frère, ton père ou ton fils aîné.

Les cheikhs parlent de sexe autant qu’autrefois on parlait des stations mystiques et des visions chez les grands soufis. Ils en détaillent l’enfer sur terre et le paradis après la mort, décrivent les houris comme s’ils les scrutaient à travers une fenêtre, et ils remplacent tragiquement l’orgasme par la douleur et la tension du manque qui sera comblé ultérieurement.

Le discours religieux, évitant la confrontation directe avec les régimes ou les opinions des élites réfractaires, ne s’attarde presque jamais sur la corruption, les mandats à vie, les dictatures ou les Constitutions violées, mais sur le sexe, le bikini, la jupe, le genou de la femme, le visage, l’attouchement, la hauteur du talon de la chaussure féminine, l’interdiction de la chirurgie esthétique, l’interdiction d’épiler une femme non mariée dans les salons de beauté, etc. Le sujet est fédérateur, vieux comme le monde, lieu du malaise, de l’hésitation, de la douleur et de l’espoir de jouissance, de la peur et de l’ignorance.

Menace de dissolution du groupe

Mais pourquoi le sexe fait-il si peur, au point de servir au prêcheur comme au policier pour immobiliser et mobiliser la société, et déposséder l’individu de son corps ?

Des pistes de réponses : le sexe suppose essentiellement la liberté, qui est le contraire de la dictature ou de la soumission. Il suppose aussi l’appropriation de son corps et donc la proclamation de la possession et de l’individualité. Dès qu’on a droit à son corps, on a droit au reste, ou on le réclame.

Cette incarnation de l’individu est le contraire de la collectivité, de la tribu, de la oumma ou du groupe. Autre paradoxe : la sexualité est la mécanique qui perpétue le grégaire, mais c’est aussi son contraire. La sexualité vécue librement, visant la jouissance et pas seulement la procréation régentée par la loi et le rite, risque, à force d’amour et d’orgasmes, de mener à la conclusion que le paradis d’ici-bas vaut mieux que le paradis promis. De quoi saper à la racine la promesse si ancienne des gardiens du dogme de la soumission. Le sexe libéré sera la proclamation, révolutionnaire, de la primauté de la femme aimée sur la houri espérée.

On comprendra donc que le sexe est vécu comme la menace de la dissolution du groupe, mais aussi comme un renversement de la hiérarchie religieuse : le corps vaut plus que l’âme. C’est donc la primauté de la vie sur l’au-delà, de la liberté sur la soumission, de la jouissance sur la promesse, de la caresse sur la prière, du baiser sur la conversion.

Déclassement de la jouissance

Soumise à la règle religieuse ou du régime, la sexualité perd de sa puissance d’infraction ou de contestation (tous les régimes totalitaires sont puritains, étrangement) et se retrouve appelée à assurer une fonction de procréation et de perpétuation qui déclasse la jouissance.

Le sexe serait le contraire du texte, du dogme à tout point de vue, alors ? Même si cela n’est pas vrai, même si l’histoire des empires musulmans a connu des raffinements époustouflants que les amateurs d’âges d’or ne cessent de rappeler, même si le sexe est irrépressible et que son empire est aussi vaste que l’inquisition qui le repousse à la marge, aujourd’hui il est malade ou pris en otage. Il est le lieu profond et clandestin de la sécularisation empêchée, l’espace de la douleur qu’on nie et de l’espérance à laquelle on sursoit.

Irrépressible et impossible à contenir, le sexe se replie à défaut vers les espaces de la marge ou de la pathologie : il devient parfois inceste, infraction, clandestinité, viol et harcèlement, tricherie sur les apparences, fait divers, inquisition. Le couple, pour construire la caresse ou l’orgasme, se réfugie dans les cimetières, les jardins, les appartements clandestins, les plages désertes et inquiétantes, les voitures garées dans des coins perdus, les hôtels de luxe pour les plus nantis.

Et l’amour ? C’est une histoire d’Occident ou du passé nostalgique, assure-t-on. Il a existé avant la chute de Grenade, selon le mythe d’une Andalousie fantasmée, à l’époque des Abbassides ou quand le cinéma était égyptien, pense-t-on peut-être. Depuis, les choses ont changé : officiellement, l’amour c’est pour après le mariage, la liberté sexuelle pour après la mort.

Est-ce tout ? Est-ce vrai ? Où retrouver l’amour donc ? Comment le vit-on ? Par mille ruses. Comme une évasion de prison. Un proverbe algérien amusant veut que « l’amour des fenêtres [n’aboutisse] jamais ». Vieille métaphore urbaine sur ces amours impossibles entre une jeune femme enfermée dans une maison, penchée par la fenêtre, et son amoureux qui lui fait des signes de loin. Scène de la frustration, de l’impossibilité ancestrale.

Générations perdues entre YouPorn et la fatwa

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas : l’amour est justement possible par les « fenêtres ». Celles d’Internet, des réseaux sociaux, champs virtuels qui mènent parfois au « concret », où se réfugient les couples, comme ils le font dans les jardins inquiets.

Internet a réinventé la sexualité et l’amour, les a rendus possibles ou malades, a restitué la possibilité de voir le nu ou de s’y abîmer, d’apprendre à faire l’amour ou de transformer le désir en insultes, violences et pathologies. Internet a été la révolution des sens, mais n’a pas encore mené à la révolution contre les hiérarchies. Y sont nées des générations perdues entre YouPorn et la fatwa. Le « chat » et la paranoïa.

Cependant, l’amour est encore possible même traqué, visible par sa résistance, son irréductibilité aux rites et aux lois, par l’obsession maladive qu’il provoque chez les intégristes qui en traquent les signes comme les cadenas posés par des couples en 2013 sur le pont de Telemly à Alger. Il est dans le raï, dans les cabarets d’Oran ou nomade dans les voitures où se cachent les couples, dans la danse rare ou l’exil, dans le roman et le verbe. Censuré mais nécessaire à la perpétuation du sens, l’amour est moins pratiqué que la prière, mais il existe encore.

A la fin ? Le sexe est un miroir que l’on traverse avec bonheur. Ou qu’on brise avec colère. C’est le lieu de notre possible guérison. Aimer n’est pas trahir son identité, l’orgasme n’est pas un complot culturel occidental et la femme n’est pas une honte à cacher ou à voiler. Il nous faut casser le monopole du discours religieux ou de la loi sur le sexe, se réapproprier le droit sur le corps pour entamer cette guérison et cesser de parler d’identité ou de culture, là où il ne s’agit que de dépossession ou de déni.