Pour en
finir avec les dictateurs, il faut que les peuples mettent un terme à leur
impunité. Pour cela ils doivent être jugés pour rendre compte de leurs actes.
R.B
Le " triomphe " du Hirak nous a fait trop vite oublier
le président déchu, Bouteflika. Mais nous avons tort de l’enterrer trop vite,
car la momie de Zeralda bouge encore : elle nous parle chaque mardi par la
bouche de son vassal, le général Gaïd Salah qu’on pourrait appeler " La
voix de son maître ".
Certaines rumeurs font état d’un départ de Bouteflika vers
l’Arabie ; ce serait une grave erreur que d’accepter cette autre dérobade.
Certes, trouver refuge à Ryad, c’est confesser qu’on veut finir, dans ce cimetière
d’éléphants, comme tous les dictateurs que le royaume wahhabite a accueillis,
d’Amine Dada à Ben Ali.
Mais on aurait tort de tourner trop vite la page, et, pire, de
pardonner à ce criminel ses crimes, sous prétexte que l’homme est âgé et
malade. Ce ne sont ni la maladie ni l’âge qui l’ont empêché de briguer un
cinquième mandant qui allait finir par enterrer à jamais l’Algérie.
Si l’homme a jugé qu’il était capable de monter sur un trône
avec ses handicaps, il faudra bien demain qu’il ait la force de s’asseoir sur le
banc des accusés pour rendre compte à un peuple qui n’a jamais compté à ses
yeux. Il l’a dit et redit : " l’Algérie, c’est moi ". C’est dire à
quel point les 40 millions d’habitants comptaient pour du beurre à ses yeux. Et
ce jour-là, on lui posera peut-être qu'une seule question " Qu'est-ce que
nous vous avons fait, Mr Bouteflika, pour que vous nous haïssiez à ce point ?
".
Non, Bouteflika n’est pas derrière nous, il est toujours parmi
nous, et tant que nous n’aurons pas purgé cette mémoire, du mépris et de la
dictature subies, nous ne pourrons prétendre ni à la dignité ni à la liberté.
Nous ne pouvons pas avoir pitié pour ce « malade », fermer les yeux sur une vie
de forfaiture et sur vingt années de pillage, de vol de mensonge, de rapine, de
meurtres, d’arbitraire et de saccages.
Même si nous vivons un moment d’euphorie historique nous ne
pouvons tirer un trait sur les misères que ces bandits du FLN ont infligé à ce
pays depuis sa venue au monde.
L’histoire ne se fait pas avec de bons sentiments. L’histoire se
fait avec la vérité et la vérité exige que demain cet homme soit traduit devant
un tribunal, comme un ennemi du peuple ; comme un prisonnier de guerre et qui
devra répondre, même par signes, devant une haute cour de justice.
Sa condamnation ne réparera ni les morts, ni les vivants, c’est
vrai, mais elle servira de leçon pour l’avenir. Juger Bouteflika c’est dire à
tous les futurs dirigeants de notre pays qu’il ne sera plus jamais possible de
s’essuyer les pieds sur l’Algérie avant de sauter, la conscience tranquille,
dans un avion pour Genève ou pour Médine.
On ne construit pas l’avenir sur l’oubli et on n’édifie pas une
République sur la clémence.
Juger Bouteflika c’est nous épargner la honte devant nos
enfants, quand demain ils liront l’histoire de ces vingt années d’horreur, ils
ne diront pas : " Comment avez-vous accepté d’être piétinés à ce point ?
Pourquoi avez-vous mis tant de temps à réagir, à vous réveiller ? ".
On leur dira « C’est vrai, mais nous avons fini par arrêter
notre assassin et il a fini sa vie en prison, mais cela ne se reproduira plus
». Ils seront alors rassurés.
Bouteflika est entré dans l’histoire par la porte de
l’escroquerie et il en est sorti par celle de la vilénie :
Né à Oujda, il a fait croire à tout le monde qu’il était né à
Tlemcen. Planqué de 54 à 62 au Maroc, et n’ayant jamais tiré une seule balle de
sa vie, il s’est forgé la légende de Abdelkader le Malien, guerroyant seul
contre les troupes coloniales aux confins du Sahara.
A L’indépendance, il brigue le ministère des affaires étrangères
et ses comparses du FLN assassinent Mohamed Khémisti pour lui libérer la place.
Après le coup d’Etat du Colonel Boumediene, il participe aux
assassinats de Khider et de Krim, pilotés depuis les ambassades d’Algérie.
Après avoir rempli son compte à Genève avec l’argent du
Ministère des Affaires étrangères, il prend le chemin de l’exil, reçu à bras
ouvert à Genève par les Kouninef et aux Emirats par le cheikh Sabbah.
Il rentre en Algérie et s’attribue aussitôt la victoire que
Zeroual venait de remporter sur le terrorisme.
Pour pouvoir tailler en pièces l’Algérie, et en toute quiétude,
il fait voter la loi de la concorde nationale qui amnistie tous les assassins
de la décennie noire.
Kleptomane dans l’âme, Bouteflika va finir par voler au peuple
sa mémoire en rendant obligatoire l’amnésie collective. Fossoyeur impénitent,
il fait tirer sur la foule en Kabylie dont le seul crime était de demander la
reconnaissance de l’amazigh comme langue nationale ! Et si les kabyles avaient
exigé ce jour-là que l’Algérie reconnaisse que la terre est ronde, il aurait
quand même donné l’ordre aux soldats d’ouvrir le feu sur ces mécréants, tant sa
haine des berbères est tenace. Vandale avéré, il a livré le Tell aux Chinois
qui l’ont transformé en banlieue de Pékin et promis le Sud aux américains pour
y exploiter le gaz de Schiste et fracturer la plaque du Sahara. Bandit de
grands chemins, il a claqué mille milliards de dollars pour faire la fortune
des siens et réduire le dinar à une monnaie de singe qui vaut moins que
l’afghani d’Afghanistan.
Potentat d’un autre temps, il a embastillé tant de journalistes
et relégué l’Algérie au dernier rang des nations en matière de libertés,
La liste reste longue, il appartiendra à la future cour de justice
de pointer les crimes et les délits de cet homme qu’on ne pourra absoudre de
ces crimes juste en raison de son âge. La vieillesse n’est pas un refuge contre
la justice ou la loi.
Avoir pitié de la vieillesse de Bouteflika ce serait pisser sur
l’enfance de tous ces jeunes qu’il a forcés à se jeter en mer, dans l’espoir de
vivre mieux.
Le président Lulla, dont l’action pour le Brésil fut nettement
plus louable que celle de Boutef pour l’Algérie, a été condamné à douze ans de
prison pour 800 000 euros pris pour des travaux dans sa maison !
Un peuple qui se veut souverain doit d’emblée préciser à ses
dirigeants qu’ils sont désormais justiciables comme n’importe quel citoyen.
Juger Bouteflika c’est non seulement devenir clairs par rapport
à notre passé, et surtout, entrer propres dans notre avenir, en enfermant à
jamais, et derrière nous, ce fantôme de la dictature.
Comme le criait Saint Just à la veille du procès du Roi, "
il faut juger cet assassin d’un peuple, pris en flagrant délit, la main dans le
sang, la main dans le crime ! "
Kamel Daoud :
RépondreSupprimerQuand je regarde les images de ceux qui sont morts dans ce pays à cause de Bouteflika et des siens, les photos des détenus en pleurs après leur libération, les scènes insoutenables de ces algériens emprisonnés juste pour avoir dit non à Bouteflika, incarcérés pour « outrage » à son excellence, je me dis que je ne dois jamais oublier que cet homme, Bouteflika, est un criminel.
Un assassin qui doit être jugé.
Un meurtrier qui ne doit mériter ni pardon ni pitié.
Il a fait tant de mal. Brisé tant de vies.
Il doit être jugé. Avant de mourir.
Payer. Lui. Son frère et ses hommes de mains.
LES ALGÉRIENS N'ONT PAS FINI DE SE LIBÉRER ...
RépondreSupprimerLe 11.12.1960, les algériens manifestaient pour avoir leur indépendance !
Le 11.12. 2019, les algériens vont manifester pour se libérer du FLN & des militaires !!
Tous les pays du monde ont une armée, sauf l’Algérie où l’armée a un pays !
... et les algériens veulent que cela cesse.