lundi 22 février 2021

LE MALENTENDU DES TUNISIENS A PROPOS DE GHANNOUCHI ...

Article paru dans : Kapitalis

" Si tu veux gouverner les ignorants, couvre tes intentions nuisibles et pernicieuses d'une enveloppe religieuse."
Ibn Khaldoun

Ventre vide, n'a pas d'oreille; dit le dicton populaire. D'où la politique de paupérisation des peuples par les Frères musulmans, pour mieux les dominer et les "fidéliser" à travers leurs associations caritatives.

Depuis qu'al-Thani émir du Qatar a installé Ghannouchi et ses Frères musulmans au pouvoir après avoir "organisé" le départ de Ben Ali à la faveur du fumeux "printemps arabe" et qui l'exercent directement ou indirectement en tirant les ficelles des "oiseaux rares" de Ghannouchi, les Tunisiens voient leur pays, leur société et leur pouvoir d'achat, régresser régulièrement.
Ils le découvrent en faillite totale, classé parmi les pays du quart monde pauvre, non crédible et insolvable auprès des Etats et des banques "préteurs", auquel plus personne ne veut prêter de l'argent.

Beaucoup de Tunisiens, d'hommes politiques "progressistes" et d'économistes mettent l'échec de la gestion du pays sur l'inexpérience de Ghannouchi et l'amateurisme de ses hommes et sur leur incapacité à gouverner un pays; certains même imputant l'échec à l'absence de programme et de vision d'avenir pour le pays.

Le pire, et souvent de bonne foi, ceux-là mêmes qui constatent l'échec d'Ennahdha, croient pouvoir redresser la situation du pays par un coup de main aux Frères musulmans en acceptant le "consensus/tawafuk", le "dialogue national/hiwar watani" .... banalisés par Béji Caid Essebsi, depuis sa grande trahison pour ses électeurs !

Si certains Frères musulmans d'Ennahdha que des journalistes complaisants ou "bienveillants" sinon ignorants de l'histoire, qualifient d'extrémistes voire de "faucons", ne cachaient pas leur désir du retour à la page blanche pour effacer l'histoire des Destouriens libérateurs de la Tunisie et fondateurs de la République tunisienne pour écrire la leur; d'autres nahdhaouis poussent le culot jusqu'à "confirmer" aux Tunisiens leur "inexpérience" pour demander leur indulgence en leur accordant une seconde chance pour diriger le pays après " l'échec " de la troïka qu'Ennahdha dominait; comme le demandait Yamina Zoghlami, lors de la campagne électorale de 2019, qui pousse l'outrecuidance à rassurer les Tunisiens de la disposition d'Ennahdha à sortir la Tunisie de ses difficultés; difficultés, faut-il le rappeler, créées volontairement par son parti !

Or ce que ces "progressistes" et beaucoup de Tunisiens ignorent, est que Ghannouchi et ses hommes ont en réalité réussi le programme de l'organisation des Frères musulmans pour la Tunisie, à savoir détruire l'Etat, bien sûr sans le dire ouvertement pour ne pas effaroucher les Tunisiens que l'islamisme inquiète, appliquant la fameuse règle de la taqiya.
Et leur méthode est efficace. Car pour détruire un Etat, que mieux que de détruire de l'intérieur ses rouages, son Administration et ses institutions. Ce qu'ont fait les Frères musulmans en recrutant leurs sympathisants dans une fonction publique déjà pléthorique, non pour leur compétence dont Ghannouchi n'a que faire mais pour leur loyauté au chef d'Ennahdha. D'où la paralysie de ces institutions que tout un chacun constate dans sa vie quotidienne.

Si à leur arrivée au pouvoir, ils avaient razzié le pays en vidant les caisses de l'Etat; très vite, ils vont "légaliser" une autre forme de razzia, en votant des lois comme :
- celles de "prélever dans les caisses sociales" alimentées par le travail des Tunisien, leurs parts; vidant ainsi une caisse de retraite, à laquelle ils n'avaient pas cotisée.
- celles de souscrire des emprunts garantis par l'Etat, c'est à dire par les Tunisiens, pour des projets fictifs et qui disparaissent dans la nature à peine accordés. Perdus oui mais pas pour tout le monde, la corruption de ces gens-là dépassant de loin celle que les Tunisiens croyaient révolue en dégageant Ben Ali et ses 40 voleurs. Les Tunisiens se souviennent du don chinois (1 million de dollars) pour la Tunisie qui s'est retrouvée sur le compte personnel de Rafik Bouchlaka, gendre de Ghannouchi; et à l'époque des faits, son ministre des Affaires Etrangères.

Le seul à avoir trahi ses Frères, était Hammadi Jbali quand il a lâché son cri du cœur au lendemain de la fumeuse "révolution du jasmin", annonçant l'avènement du VI éme Califat. Ce qui sera très vite étouffé par ses Frères et sera mis sur le compte d'un lapsus. Or, même un lapsus est souvent révélateur de l'inconscient, vous diraient les psychanalystes. Sauf, et en l'occurrence, il ne s'agissait nullement de lapsus mais bel et bien de la réalité du projet des Frères musulmans : abolir la République et son Code Civil; et restaurer le Califat et sa Chariaa !

D'ailleurs, qui de sensé pourrait croire un instant que les pétromonarques ou que les islamistes avaient réellement l'intention d'instaurer la démocratie en Tunisie en chassant un dictateur et son régime totalitaire ? Les pétromonarques ne brillent pas par un régime démocratique chez eux; ni l'islamisme installé en Iran, non plus. Quant à l'islamisme "modéré" des Frères musulmans, Erdogan a montré ce qu'il en est réalité; puisqu'il conçoit la démocratie à "usage unique" servant pour l'accession au pouvoir et bonne à jeter après; d'autant que c'est un concept occidental, insistent les Frères musulmans !
Par ailleurs avec l'aide des pays riches qui soutiennent Ghannouchi, qui peut penser sérieusement que les EU & l'UE n'auraient pas fait progresser l'économie du pays s'ils ne soutenaient pas les Frères musulmans qui l'enfoncent en recrutant à tout va et en grevant gravement le budget de l'Etat et des sociétés nationales, mettant la Tunisie à la merci de ses bailleurs de fonds ?

La réalité est plus grave : Ghannouchi est en passe de réussir le projet des Frères musulmans, puisque la Tunisie en dix ans n'a cessé de régresser sur tous les plans !

Ce n'est que depuis l'entrée en 2019 du PDL et de Abir Moussi au Bardo, que Ghannouchi a été démasqué et qu'ils ont commencé à lutter pour mettre un terme à ses projets funestes pour le pays dont il veut détruire les institutions pour en finir avec la République avec l'intention de céder la souveraineté de la Tunisie à Erdogan & Al Thani, en prenant les Tunisiens pour témoins.
Alors pourquoi poursuivre l'illusion de croire à l'échec par manque d'expérience de la part de Ghannouchi et de ses Frères, jusqu'à le croire devenu démocrate pour continuer à lui courir après et croire pouvoir corriger le tir, en s'associant lui ?!
Les "progressistes" qui lui courent après, sont-ils naïfs pour le croire indispensable et incontournable pour la Tunisie ou le font-ils par opportunisme, la plus part ayant cédé au corrupteur Ghannouchi; sans qui, ils n'existeraient plus "politiquement" ?!

Heureusement pour la Tunisie que des destouriens authentiques se sont dressés face à Ghannouchi pour s'opposer à son plan machiavélique et libérer le pays de l'emprise des Frères musulmans; dont Abir Moussi qui a compris le danger réel de la politique que mène Ghannouchi pour le compte de ses maîtres al-Thani et Erdogan et s'y oppose avec beaucoup de conviction, de panache et d'efficacité. D'où sa priorité d'écarter Ghannouchi du pouvoir et de refuser de dialoguer avec les ennemis de la République, ceux qui instrumentalisent la religion mais aussi ceux qui, parmi les "progressistes", se sont compromis avec Ghannouchi ou sont disposés à le faire. Ce que certains journalistes assimilent (à dessein ?) à une politique d'exclusion, alors qu'il s'agit seulement d'exclure du champ politique ceux qui veulent détruire la République Tunisienne.

Rachid Barnat 

jeudi 18 février 2021

Et si la France devenait le phare de l'islam éclairé du monde musulman ?

Déjà dans les années 80, le Pr Mohamed Arkoun formulait l'espoir que la France, pays des Lumières, de la laïcité et des libertés, soit pour les Français de confession musulmane une opportunité pour réformer l'islam en réexaminant leur religion avec les outils scientifiques modernes comme l'histoire, la sociologie, l'archéologie, l'ethnologie ... pour la débarrasser des scories d'une histoire longue de plusieurs siècles où se mêlent légendes et interprétations, souvent au service des hommes du pouvoir; et de remettre à plat la chariaa devenue pour certains fanatiques plus sacrée que le coran lui même !
Dommage qu'il n'ait pas été entendu ni encouragé par les autorités françaises, cela aurait permis l'émergence d'un islam plus adapté à notre époque, faisant de la France un phare pour les pays musulmans; comme le furent en leur temps l'Egypte avec Al Azhar et la Tunisie avec la Zitouna !
Quand on sait que les Frères musulmans et les pétromonarques ont installé le wahhabisme en France depuis une trentaine d'années, profitant des lâchetés des responsables politiques qui de renoncement en renoncement face aux coups de boutoirs dans la laïcité, ont fait le lit de l'islamisme; on se dit que temps perdu si Mohamed Arkoun et bien d'autres réformateurs avec lui, avaient été écoutés !
Emmanuel Macron sera-t-il le président de cette réforme de l'islam ? Aura-t-il le courage politique nécessaire pour l'initier ?
R.B

Kamel DAOUD  

La France a tout pour inventer l’avenir de l’islam 

La réforme de l’islam étant actuellement impossible dans les pays musulmans, ce qui se passe en France, à travers la charte des imams, peut offrir un modèle « universel » et une chance pour cette religion de se libérer des conservatismes, estime l’écrivain Kamel Daoud.

Le protestantisme est né en Allemagne, pas au Vatican. Et si la très attendue réforme de l’islam venait de France et non des pays musulmans ? L’Hexagone a tout pour inventer l’avenir de cette confession : une communauté musulmane importante, une crise profonde des identités en confrontation, le martyre causé par le terrorisme, un statut de cible de l’internationale des radicaux et un Etat qui veut sortir de la culpabilité et de l’amnésie coloniale.

En face, la réforme de l’islam s’avère impossible dans les pays musulmans à cause du manque de liberté, de soutien et de sécurité pour les progressistes et les penseurs divers. Ce qui se passe en France est donc une chance pour cette religion. Bien que la naissance laborieuse du Conseil des imams français paraisse secondaire dans le contexte des crises sanitaire et économique actuelles, cela n’enlève rien à l’enjeu.

Si un islam français et républicain, entre pressions et négociations, est enfin rendu possible, la France n’en sera pas l’unique bénéficiaire. Tous les pays où cette question constitue un enjeu pourront s’en inspirer. L’islam français ne sera pas seulement français. Il sera, comme la Révolution, une possibilité « universelle », une solution envisageable pour tous, un cas d’école. Au risque d’être accusé d’exagération, on peut tout de même l’affirmer.

La preuve ? Il faut vivre dans un pays musulman et lire, assis chez soi, à l’ombre des orthodoxies sévères et des lois punissant l’apostasie, les bribes publiées sur la future charte des imams.

Respect de la République

Les représentants de l’islam de France y affirment leur volonté, au moins formelle, de veiller à ce que cette religion respecte la République, la force et l’esprit de ses lois, l’égalité hommes-femmes, le droit à l’altérité et à la différence. Il s’agit là d’une formulation osée, loin de ce qu’on désigne comme « l’islam des territoires et des caves », à l’opposé de l’islam figé par les radicalités et les conservatismes dans beaucoup de pays musulmans.

Cette « compatibilité », j’en rêverais pour le pays où je vis : voir cette religion accorder la primauté à l’humain et non au divin, voir enfin ses « élites » se faire les avocats de la liberté de conscience et non d’un califat fantasmé, démontrer aux miens qu’il est possible de vivre sa foi sans tuer le droit à la différence ou supprimer des vies.

Anecdotique, coupée des réalités, inefficace sur le terrain : sur la charte des imams, on peut certes multiplier les réserves à l’envi. Il n’en reste pas moins vrai que « c’est dit » et que cette déclaration de bonne volonté, si elle ne change pas le monde, permet au moins de voir qui se range du côté de la République et qui se range contre elle.

Si la France réussit à mener à bien la réforme, les penseurs libéraux du « Sud », aujourd’hui isolés et menacés, se sentiront beaucoup moins seuls. Un modèle pourra être proposé pour illustrer la possibilité d’un islam sans guerre sainte ni décapitations, sans arnaques victimaires ni délires de reconquête.

Attaques des décoloniaux

Des imams soumis à la loi française ? Il faut d’ores et déjà s’attendre à trois attaques. Celle des décoloniaux en général, car il est « interdit » de décoloniser l’islam, de le dissocier de la mémoire culpabilisante de la colonisation – et de la rente qu’elle assure. Vieille antienne que celle de présenter l’islam comme la propriété des victimes de la colonisation et de dénier par conséquent toute possibilité de réflexion sous peine d’être accusé d’agression, d’islamophobie ou d’intelligence avec l’ennemi colonisateur.

Dans la perpétuelle guéguerre entre les différentes factions de l’islam français, chacune sous l’emprise d’un pays décolonisé, les tentatives opérées depuis Alger, Rabat ou Tunis pour garder des leviers d’influence ne sont pas les seules choses à craindre. Il y a aussi cet a priori que l’islam est la religion des victimes de la colonisation. Un islam de France ne peut naître si on ne coupe pas ce lien. Il faut donc replacer la religion musulmane dans son universalité, pour permettre à ses croyants de vivre leur foi sans en faire une collection de stigmates.

Viendra ensuite l’attaque de ceux qui nourrissent l’idée que l’islam est une religion « externe » à la France, contraire à la francité. Un a priori qui met à mal l’intégration, en assignant les musulmans à leur statut d’étrangers : l’islam n’est pas français, vous ne l’êtes donc pas et ne le serez jamais.

Faire oublier le présent

Restent enfin les attaques des pays tiers – Etats embusqués, comme la Turquie d’Erdogan, les principautés du Golfe ou les pays du Maghreb qui exacerbent la mémoire pour faire oublier le présent. Car un islam français et républicain empêchera le califat d’Istanbul de donner libre cours à sa vocation expansionniste, et le privera d’un ennemi idéal pour étayer sa théorie de la persécution universelle des musulmans.

Pour ces raisons et pour d’autres, il faut imposer ce Conseil des imams, cette « réforme» – fût-elle lointaine et bureaucratique –, favoriser la naissance de ce clergé autochtone et défendre la primauté de la République sur les cultes. Il faut « libérer » l’islam, paradoxalement, de ceux qui veulent le soumettre à leurs désirs, à leurs mémoires, à leurs blessures ou à leurs calculs.

Au « Sud », cela nous aidera à libérer cette religion de ceux qui l’ont « privatisée » et à prouver qu’il est possible de la vivre sans risquer les tribunaux pour hérétiques, traîtres et espions à la solde de la colonisation. La France, pour en avoir souffert, peut aujourd’hui offrir au « Sud » musulman, comme aux pays de l’Occident confrontés à ces questions, la solution la plus pertinente. Un coup de balai dans les temples trop chargés de reliques, de faux pauvres, de rentiers de la mémoire et de sournois prêcheurs de haine.

Car si l’islam est déclaré compatible au « Nord », une solution est possible au « Sud ». Faute de mieux, on peut se permettre d’être enthousiaste, sans pour autant fermer les yeux sur les difficultés.

 

dimanche 14 février 2021

Le projet des Frères musulmans : conquérir le monde !

Les Frères musulmans très habiles, savent retourner les valeurs occidentales contre l'Occident pour mieux s'y implanter et prospérer, en vu de la réalisation de leur projet : répandre le wahhabisme en Occident comme ils le répandent dans les Républiques "arabes", prélude à leur prise du pouvoir sur les peuples !

R.B 

Alexandre del Valle et Emmanuel Razavi 

Le Projet : La stratégie de conquête et d’infiltration des Frères musulmans en France et dans le monde 

 

Cet essai d’Alexandre del Valle et Emmanuel Razavi est essentiel : il est clair, précis, documenté, complet et surtout effrayant. Il détaille « le projet » des Frères musulmans selon le titre d’un document découvert par la police suisse. Ce projet n’est cependant nullement secret ; tout est sur la table depuis 1924, comme l’étaient les desseins d’Hitler dans Mein Kampf.

 

Le « projet » vise à l’instauration universelle de la charia et l’unification de la planète sous un califat islamique. En réaction à l’abolition du califat ottoman par Atatürk, un jeune instituteur égyptien, Hasan Al-Banna, a fondé « les Ikhwans » (Frères musulmans) et lui a donné son corpus idéologique. Il a soutenu le grand mufti de Jérusalem Al Husseini, qui a combattu Juifs et Anglais en Palestine avant de se réfugier en 1941 à Berlin et d’aider Hitler à recruter des divisions Waffen-SS musulmanes.

 

Al-Banna a, en 1946, permis au grand mufti de se réfugier au Caire ; il a été assassiné en 1949 par le gouvernement égyptien. Sayyid Qutb, le maître à penser reconnu de tous les jihadistes actuels, a exercé un temps une influence déterminante sur les Ikhwans avant de rompre avec eux. Saïd Ramadan, le gendre d’Al-Banna, a dû s’exiler en Suisse d’où il contrôlait la branche européenne des Frères. Très proche de François Genoud, exécuteur testamentaire d’Hitler et converti à l’islam, Ramadan était soupçonné de terrorisme tout en étant ménagé par les Occidentaux qui espéraient s’en servir contre Nasser. Ses fils Hani et Tarik, eux, se sont rapprochés des milieux de gauche, stratégie désormais appliquée en Occident.

 

L’essai relativise l’influence de Tariq Ramadan, déjà peu importante avant même que n’éclatent les affaires de mœurs le visant. Les Ikhwans sont une nébuleuse mondiale. Ils contrôlent l’université El-Azhar du Caire, qui joue un peu le rôle du pape chez les sunnites. Ils inspirent des partis au Maghreb et au Moyen-Orient ainsi que l’AKP en Turquie et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza. L’ancien président égyptien Morsi appartenait à leur mouvement.

 

Les Frères sont financés par le Qatar et combattus par l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis, qui les classent parmi les mouvements terroristes. En Occident, les Ikhwans sont représentés par des associations soi-disant modérées et partisanes d’un islam moderne, alors qu’ils veulent revenir à la religion des origines ; ils condamnent les attentats islamiques. Ils sont, de ce fait, favorisés par les gouvernements occidentaux qui voient en eux (à tort) un rempart contre le terrorisme. Ils pratiquent l’entrisme et la dissimulation, s’appuient sur l’islamophobie pour « désarmer » moralement l’Occident.

 

En France ils inspirent l’UOIF, devenue en 2017 les Musulmans de France et le CCIF, le comité qui multiplie les procès contre de prétendus « racistes ».

 

L’essai présente des fatwas édifiantes prises par des conférenciers invités dans des réunions organisées par les Frères. Elles demandent sans ambiguïté la mort pour les apostats, les homosexuels et conseillent de battre les femmes rétives. En étudiant les Frères musulmans, on retrouve le mode de fonctionnement des totalitarismes léninistes, stalinistes et nazis qui s’appuyaient, eux aussi, sur le mensonge et la dissimulation.

 

samedi 13 février 2021

Panarabisme & Panislamisme : histoire d’un double échec

Des idéologies qui ont secoué le siècle dernier, certaines étaient dangereuses et d'autres utopiques, mais les peuples ont fini tôt ou tard par les rejeter, parfois au prix de millions de morts, comme le nazisme, le fascisme, le communisme. 
Il reste aux peuples "arabes" de se débarrasser eux aussi du panarabisme et de son pendant le panislamisme, auxquelles des lunatiques nostalgiques s'accrochent encore aujourd'hui; comme s'ils n'avaient pas tiré de leçon de leur échec dans les pays qui les avaient expérimentées ! 
On comprend mieux pourquoi Bourguiba avait combattu le communisme, le panarabisme et le panislamisme; ennemis de la nation et de la république qu'il a voulu construire après avoir libéré la Tunisie de la colonisation ! 
Si la chute du mur de Berlin a signé le déclin du communisme dans les pays du bloc soviétique, faudra-t-il aux peuples "arabes" attendre, eux aussi 70 ans, pour se débarrasser du pan arabisme et du panislamisme ? 
Ces deux utopies que des lunatiques dangereux veulent imposer aux Tunisiens à la faveur du fumeux "printemps arabe", il revient aux destouriens de reprendre du service pour libérer la Tunisie de ces complexés de l'Histoire qui veulent détruire tout ce que leurs prédécesseurs avaient consentis d'effort et de sacrifices pour libérer le pays; et bâtir une république digne de ce nom, respectée parmi les nations !
R.B

Gamel Abdel Nasser, raïs du panarabisme ou nationalisme arabe. 









Lahouari Addi

Les deux idéologies politiques rivales ont dominé le monde arabe tout au long du siècle dernier. En dépit de leur grande popularité, ni l’une ni l’autre n’ont su répondre adéquatement aux défis de la modernité


La Syrie a quasiment cessé d’exister en tant qu’État-nation, et ce qui s’y est passé après 2011, est l’expression même du choc de deux idéologies rivales qui sont entrées en conflit à partir des années 1960. Ces deux idéologies sont nées au milieu du XIXe siècle, face à la domination européenne qu’ils ont combattue de manière différente. 

La première voulait adopter la formule de l’État-nation européen et ses institutions administratives : elle a été formulée par des élites urbaines qui cherchaient en même temps à renouer, dans certaines limites, avec leur patrimoine culturel et religieux. Commencée avec les réformes de Mouhamed ‘Ali Pacha et les idées de Rifâ‘at al-Tahtâwî, elle a abouti à la

création du premier parti nationaliste en Égypte dans le dernier tiers du XIXe siècle. Même s’il n’a jamais rompu avec l’Islam, qu’il utilisait comme un moyen pour mobiliser les foules, le nationalisme arabe naissant s’est nourri de la pensée européenne, notamment de l’idéalisme allemand de Herder et Fichte.

 

Le courant rival a été soutenu, lui, par les couches traditionnelles attachées à l’Islam, qui dans un premier temps ont espéré le retour du Califat pour éviter le démembrement de la Oumma musulmane en différentes nations étrangères entre elles. À la base de ce programme, l’idée que les sociétés musulmanes se sont affaiblies parce qu’elles se sont éloignées du véritable Islam. Par conséquent, la solution pour se défendre et exister, est le retour à l’Islam des origines (salaf) et à la charia. 


Il est important de rappeler que l’origine de ces deux mouvements est la Nahda (Renaissance) dont la figure principale est le cheikh Mouhamed Abdou (1849-1905).

 

Ce que les nationalistes ont retenu de la pensée de Mouhamed Abdou, c’est la légitimation du concept européen d’État-nation et de ses institutions, tandis que les culturalistes, que l’on appellera plus tard islamistes, ont mis l’accent sur sa défense de l’Islam. Nationalistes et culturalistes n’étaient pas opposés sur le point de la place de la religion dans l’espace public. 


Pour les premiers, la politique doit primer pour restaurer la grandeur de l’Islam ; pour les autres, c’est la religion qui prime pour défendre l’authenticité sur laquelle doit être bâti l’État. 


Les deux courants ont contribué à la lutte idéologique qui a mené aux indépendances des pays arabes colonisés ou sous protectorat. Dans la lutte contre la domination coloniale, les nationalistes ont été plus efficaces dans la mesure où ils maîtrisaient les concepts de la grammaire politique moderne et avaient le sens des rapports de force internationaux. Cela explique pourquoi ce sont des nationalistes qui ont dirigé l’État indépendant. Mais, quelques décennies plus tard, avec l’échec des promesses des régimes postcoloniaux, les islamistes ont défié les nationalistes, se proposant de libérer la nation de l’influence culturelle occidentale. Mais s’ils les ont défiés, c’est parce que les régimes nés de l’indépendance, dirigés par les élites militaro-civiles, avaient perdu leur crédibilité aux yeux des masses populaires en raison de leur incapacité à réaliser leurs promesses de développer l’économie et de moderniser la société. Cet échec est à imputer aux limites idéologiques du nationalisme arabe.

 

Les limites idéologiques du nationalisme arabe

 

Pourquoi, alors qu’ils jouissaient d’une popularité certaine, les régimes nationalistes autoritaires n’ont pas réussi à développer l’économie et à moderniser la culture ? L’argument de la pénurie de ressources financières n’est pas valable pour les pays pétroliers comme l’Irak et l’Algérie. La réponse à cette question est que les nationalistes – dirigeants et intellectuels – n’avaient pas compris en quoi consistait la modernité promise à leurs peuples. L’analyse des textes idéologiques de Sâti‘ al-Husrî et Michel ‘Aflaq, et des discours de Nasser, Assad, Saddam, Boumédiène … indiquent un volontarisme qui a empêché de réfléchir aux facteurs qui avaient conféré à l’Europe sa puissance.

 

Pour eux, cette puissance se réduisait à son aspect économique et militaire : ils pensaient donc qu’il suffirait d’importer des usines et d’acheter des armes pour rattraper le retard. Ce qu’ils ignoraient, c’est toute la trame de la modernité par laquelle la société civile crée le marché et l’État régulateur. La matrice de la modernité occidentale c’est la société civile, qui s’organise économiquement comme marché et politiquement comme État de droit. L’histoire de l’Europe indique que ce sont les sociétés qui créent les richesses et donc le développement économique. L’État accompagne ce processus ou l’étouffe. Les dirigeants arabes n’en étaient pas conscients : ils ont empêché le développement économique par leur hostilité à la société civile et au marché. L’économie de marché a été rejetée, pour empêcher l’émergence d’un pouvoir économique et d’un pouvoir syndical qui risquaient de limiter l’action du pouvoir exécutif. Cette tendance autoritaire cherchait à subordonner tous les pouvoirs sociaux, y compris celui religieux, au pouvoir exécutif, lequel tirait sa légitimité de l’armée.

 

Le discours socialiste n’était qu’une rhétorique et une stratégie pour justifier idéologiquement cette politique officiellement anticapitaliste. L’enjeu réel était le pouvoir politique que les militaires détenaient et qu’ils voulaient mettre à l’abri de tout contrôle et de tout contre-pouvoir. À cette fin, il n’est pas question de compétition électorale, ni d’autonomie du pouvoir judiciaire. Le système fonctionnait comme une formation précapitaliste, rappelant la « société hydraulique » du despotisme oriental dont avait parlé Karl Marx. Soutenu économiquement par le mécanisme de la rente provenant de l’exportation des hydrocarbures, ou d’autres formes de revenus extérieurs comme les transferts des travailleurs émigrés, le régime ignorait les acteurs sociaux à qui il imposait des rapports paternalistes et autoritaires.

 

Mais un système rentier précapitaliste, fonctionnant dans un environnement économique mondialisé, sera forcément soumis à des pressions financières insupportables. Car ce système n’a pas l’autonomie que le Moyen Age assurait aux sociétés locales. L’Égypte, l’Algérie, l’Irak sont insérés dans une économie mondiale régulée par un système de prix international qui a des répercussions sur les prix du marché local. Le prix d’un quintal de blé ou d’une tonne d’acier est le même au Caire et à New York, par-delà les parités monétaires des devises. Pour se rendre autonomes du système international de prix, les régimes arabes ont dû subventionner les produits de consommation courante. Après deux ou trois décennies, ces subventions sont devenues un lourd fardeau pour le budget de l’État, et à la longue ont érodé le pouvoir d’achat des consommateurs.

 

L’Occident a imposé au reste du monde le modèle d’accumulation économique caractérisé par une structure politico-économique qui veut que le pouvoir d’État soit public et que l’activité marchande soit privée. Il n’y a qu’une seule exception à cette règle, et c’est la Chine dont les dirigeants ne sont pas issus des urnes. Mais la Chine a encouragé le développement d’un secteur privé dont la production à l’origine était dirigée vers l’exportation. 


La contradiction qui a miné les régimes arabes républicains, c’est qu’ils ont privatisé ce qui est public par vocation (le pouvoir d’État) et rendu public ce qui est privé par nature (l’activité marchande). À partir des années 1970, pour surmonter cette contradiction, les régimes arabes ont libéralisé l’économie en abandonnant le monopole de l’État sur le commerce extérieur (politique dite de l’infitâh / ouvertoure). Mais cette libéralisation n’a pas créé un patronat lié à la production comme en Chine ; elle a créé une bourgeoisie d’affaires qui accumulait une richesse monétaire sur la base de la spéculation et des services. Cela a libéré une dynamique de corruption généralisée qui finira par rendre les régimes encore plus impopulaires et renforcer l’opposition islamiste. Celle-ci, à partir d’une posture morale, dénoncera les dirigeants accusés d’avoir encouragé la corruption et d’avoir creusé le fossé entre les riches et les pauvres.

 

La montée et le déclin de la protestation islamiste

 

Il y a une nombreuse littérature sur l’islamisme dont une partie s’est focalisée sur ses manifestations à l’extérieur des sociétés musulmanes. Sans sous-estimer l’impact qu’il a comme acteur sur la scène internationale, il faut le replacer dans son contexte historique qui est celui de sociétés musulmanes en voie de sécularisation. L’islamisme est une forme de résistance à la sécularisation, ou tout au moins une tentative de négocier la place de la religion dans l’espace public en construction. C’est un phénomène qui s’inscrit dans la durée, celle nécessaire aux mentalités et aux psychologies sociales pour s’adapter à un monde désenchanté où les institutions religieuses et les saints n’ont plus le pouvoir de peser sur le cours des événements. Ce n’est pas vers un monde sans dieu que se dirigent les sociétés musulmanes ; c’est plutôt vers un monde où Dieu n’est plus la figure publique qui dit ce qu’il faut faire et ne pas faire dans la vie quotidienne. Ceci dit, l’islamisme est une utopie et une idéologie politique.

 

L’utopie consiste à vouloir créer un monde où les contraintes sociales et l’égoïsme individuel n’existent pas. Elle suppose que chacun vivrait dans le bonheur si les richesses abondantes fournies par la nature grâce à Dieu étaient mieux réparties et si les hommes devenaient bons. L’utopie est à la recherche de la société idéale où tous les hommes sont égaux et parfaits. Dans le passé, cet idéal était recherché par les soufis qui se retiraient du monde. L’homme parfait ne pouvait vivre en société, car celle-ci était trop imparfaite. Il se retirait dans le ribât, la forteresse-monastère, pour que la société n’empêche pas son cheminement vers Dieu. Le soufisme a dépéri pour des raisons historiques et sociologiques mais l’utopie qu’il a incarnée a été captée par l’islamisme qui l’a, paradoxalement, sécularisée. L’islamisme ne prône pas le retrait de la société ; au contraire, il pousse à s’y investir pour la changer, pour en faire le lieu de la morale indiquée par la chariaa. L’objectif est de transformer la société en une communauté de frères et de sœurs où l’égoïsme individuel n’a pas sa place. Cette utopie a attiré vers l’islamisme des foules nombreuses rêvant d’un monde meilleur et lui a permis de se transformer en idéologie mobilisatrice populaire.

 

L’islamisme est aussi une réaction politico-culturelle à la domination occidentale. Son élaboration comme projet idéologique remonte à la Nahda dont se réclame Rachîd Ridâ, considéré comme le disciple légitime de Muhammed ‘Abduh. L’un de ses étudiants, Hassan al-Bannâ, créera en 1928 en Égypte, l’organisation des Frères musulmans. Son mot d’ordre était de rétablir le Califat qui venait d’être aboli par Mustapha Kemal en Turquie en 1924. Hassan al-Bannâ était plus un militant activiste qu’un idéologue, et n’a pas laissé de corpus qui fonde l’idéologie du mouvement. Celle-ci sera étoffée par le Pakistanais Abû al-A‘lâ al-Mawdûdî (1906-1979) et l’Égyptien Sayyid Qutb (1906-1966).

 

Ces deux auteurs ont commenté le Coran et ils en ont fait une arme idéologique contre les non-musulmans, en particulier ceux qu’ils appellent les judéo-chrétiens, mais aussi ce que Qutb appelle « les musulmans sociologiques », c’est-à-dire des musulmans qui ne montrent pas de passion pour la foi. Pour ces deux auteurs, la domination coloniale et néocoloniale est le prolongement des Croisades du Moyen-Age qui visaient à détruire l’Islam. Le motif de la conflictualité entre les deux rives de la Méditerranée serait principalement religieux. Dans les années 1970 et 1980, leurs livres étaient lus par une jeunesse qui avait bénéficié de la scolarisation massive après l’indépendance. Leurs écrits étaient faciles à lire car ils ne contenaient pas l’érudition des théologiens. Mais ni Mawdûdî ni Qutb n’avaient une formation en sciences religieuses islamiques : l’un était journaliste et l’autre professeur de littérature.

 

L’islamisme s’est développé dans les campus universitaires en raison du désert intellectuel apparu après les indépendances. En Égypte, en Syrie, en Algérie, les militaires avaient interdit les débats intellectuels, qui auraient pu limiter l’influence des islamistes. Avant l’arrivée du colonel Nasser au pouvoir, il y avait en Égypte une activité culturelle et artistique de haut niveau, concentrée au Caire et à Alexandrie. Le Caire était la capitale du monde arabe au niveau universitaire, littéraire, musical, théâtral et cinématographique. Les militaires égyptiens ne supportaient pas la liberté d’expression qui régnait dans ce milieu ; sous prétexte de combattre les inégalités sociales ils ont nivelé la société par le bas. Et c’est ainsi que les militaires ont créé une situation où un individu qui mémorise quelques versets du Coran devient une autorité intellectuelle dans son voisinage.

 

L’islamisme est aussi un produit contradictoire de la modernité : il est moderne dans la mesure où il fait entrer les masses populaires dans le champ politique, mais il contredit cet aspect moderne en refusant la notion de souveraineté humaine et en proclamant que la loi est divine. En refusant de prendre conscience que la source de la loi et du pouvoir est la société, l’islamisme s’est condamné à être une idéologie intellectuellement pauvre. C’est cette pauvreté intellectuelle qui a empêché les islamistes de prendre le pouvoir (à l’exception de l’Iran), alors qu’ils étaient très populaires. Ils n’ont pas été capable de forger des catégories pour lire la réalité historique et donc pour l’influencer. Leurs discours sont composés de fragments de réalité mélangés à des mythes religieux. Mais l’islamisme, c’est aussi différentes générations qui ont vécu différentes expériences.

 

Depuis le milieu des années 1990, il y a un effort d’élaboration d’une pensée islamiste qui veut dépasser la pauvreté intellectuelle des années 1960. Des courants comme Al-Wasat en Égypte, le parti Ennahdha de Ghannouchi en Tunisie ou le mouvement Rachâd en Algérie veulent rendre compatible l’Islam avec la liberté de conscience et l’égalité entre les hommes et les femmes. Pour ce faire, ils déconstruisent ce qu’ont écrit leurs prédécesseurs ; une tendance que les chercheurs ont appelée « post-islamisme ». Mais de manière plus générale, il y a des remises en cause y compris de la part de théologiens qui expriment leur insatisfaction vis-à-vis du discours de la théologie officielle. Les critiques à l’endroit de al-Ghazâlî, Ibn Taymiyya et Mohamed ‘Abdal-Wahhâb, impensables il y a quelque temps, aujourd’hui s’expriment librement dans les universités et les journaux à grand tirage. 


Le monde musulman est à la veille de débats théologiques susceptibles de mener vers une remise en cause de la lecture officielle héritée du Moyen-Age.

 

 

Ghannouchi recycle les anciens du RCD

Ghannouchi a combattu Ben Ali et son parti le RCD durant les 23 années de son règne ! Après le départ de Ben Ali le 14 janvier 2014, Ghannouchi a tenu à dissoudre le RCD en recourant à la Justice; alors que s'il était démocrate, il aurait pu attendre le verdict des urnes qui l'aurait éliminé tant les Tunisiens avaient souffert du régime policier de Ben Ali; et s'il avait tant que ça confiance en lui et en son parti Ennahdha; puisqu'il s'est présenté aux Tunisiens, à son retour de Londres, en "chevalier blanc", "intègre", "l'homme qui craint Allah", qui allait mettre fin à la corruption et la dictature en instaurant la démocratie !

Mais sa stratégie était de récupérer les ex du RCD après dissolution de leur parti, pour diviser les destouriens et les affaiblir ! Ainsi lui et ses Frères musulmans désignaient de "azlem" (larbins) ceux qui refusent de renier leur appartenance à cette famille et refusent de le rejoindre et les "repentis" que Ghannouchi a absout après les avoir humiliés à demander son pardon voir à se racheter une virginité contre monnaie sonnante et trébuchante, pour servir Ennahdha ! Dont la dernière recrue, le secrétaire général du RCD, Mohamed Ghariani devenu conseiller personnel de Ghannouchi.

Malheureusement pour lui, les destouriens authentiques ont refusé d'entrer dans son jeu; et si certains ont préféré se retirer de la vie politique, d'autres ont repris le flambeau des destouriens pour libérer la Tunisie de l'emprise islamiste ! Comme Abir Moussi et les adhérents à son parti, le PDL ! 

R.B 

Ridha Kéfi  

Pourquoi Ennahdha recycle les «azlem» et les «mounachidine» ?

Lors de son dîner d’iftar (repas de rupture du jeûne) annuel à l’hôtel Golden Tulip à Gammarth, Ennahdha a du compter, parmi les convives, les « azlem », « mounachidine » et autres serviteurs de Ben Ali recyclés par le parti islamiste.

Ennahdha, contrairement à ce que disent ses dirigeants, aime les « azlem » (rescapés de l’ancien régime), les « mounachidine » (qualificatif donné à ceux qui, en 2009, avaient appelé publiquement Ben Ali à se représenter à la présidentielle de… 2014) et les propagandistes et serviteurs zélés de l’ancien régime. Et pour cause : elle les tient tous par des dossiers de corruption ou autres malversations. Aussi, et au lieu de les faire juger pour le mal qu’ils ont fait au peuple tunisien, le parti islamiste fait pression sur eux et, par un vil marchandage, obtient leur coopération avec son projet de dictature religieuse.

Ennahdha et RCD, c’est kif kif

Comme il s’agit, dans la plupart du temps, d’individus sans scrupules et sans principes, prêts à servir n’importe quelle partie du moment qu’ils y trouvent leurs comptes, et qui considèrent qu’Ennahdha et RCD c’est kif kif, du pareil au même, il n’y a aucune difficulté à les recruter et à les mobiliser. Les devises de ces girouettes professionnelles, on les connaît; ils se conforment aux adages tunisiens : « Allah younsor min sbah » (Dieu est avec les gagnants), « Eddinya maa el waqef » (Le monde appartient aux gens debout), « Idha rit el-bey rakeb âla forka, qollou mabrouk hal-hassan » (Si vous voyez le Bey chevaucher un balais, félicitez-le pour son beau cheval !), etc. Les mêmes devises qui ont justifié, à leurs yeux, leur servilité pour Ben Ali.

Dans les médias, les gens d’Ennahdha ne cessent de se plaindre hypocritement sur les plateaux des télévisions des méfaits de la « sahafa safra » (les journaux jaunes) ou « sahafat al-majari » (la presse de caniveau).

En fait, les journaux de ce type, qui existaient sous Ben Ali et qui s'étaient spécialisés dans la diffamation des opposants au dictateur, ont prospéré depuis qu’Ennahdha est au pouvoir. Et ce sont les mêmes «plumitifs» qui, hier encore, louaient leurs plumes empoisonnés à Ben Ali – et qui étaient pour la plupart des informateurs de la police politique – s’acharnent, aujourd’hui, avec la même verve assassine, sur les opposants à Ennahdha.

Ennahdha blanchit les listes noires

On comprend dès lors pourquoi Ali Lârayedh, ministre de l’Intérieur, et Lotfi Zitoun, conseiller politique du gouvernement en charge du dossier de l’information – le Abdelwaheb Abdallah du nouveau régime –, refusent de faire publier la liste noire des journalistes qui faisaient des rapports quasi-quotidiens sur leurs collègues à la police politique de Ben Ali, liste que seul le ministère de l’Intérieur est capable de fournir sinon à l’opinion publique, du moins à la justice. Mais qu’il refuse de faire…

En fait, Ennahdha veut, aujourd’hui, utiliser ces mêmes éléments pour asseoir sa propre dictature. Et les premiers signes concrets de cette politique sont déjà perceptibles, à travers la nomination à la tête de certains médias publics ou semi-publics d’éléments connus pour avoir été plus flics que journalistes et dont l’œuvre au service du « makhloû » (le déchu), sont connus de toute la profession.

Pis encore : le nouveau régime recourt aux mêmes pratiques de l’ancien. Exemple: il fait publier des CV complètement bidonnés de ses nouveaux promus, où les œuvres benaliennes de ces derniers sont transformées, par un coup de baguette nahdhaouie, en des actes de militantisme contre Ben Ali ! Même l’ex-dictateur, qui est, on le sait, un très mauvais musulman, n’a pas osé verser dans autant de falsification et de mensonge !

Et nous ne sommes qu’au début d’un « âhd jadid » (nouvelle ère), qui nous rappelle tellement un autre avec lequel nous croyions, sans doute à tort, avoir définitivement rompu un certain 14 janvier 2011.