samedi 24 avril 2021

Le discours victimaire de la gauche française, porte ses fruits

Les conseilleurs, ne sont pas les payeurs comme dit Jean De La Fontaine ! Les Tunisiens se rappellent la position des socialistes Français, celle de Laurent Fabius, celle de Jack Lang, celle d'Hubert Védrine, celle de Jean Glavany ... dont certains sont même venus à Tunis pour "vendre" aux Tunisiens Ennahdha et son islamisme modéré, soluble dans la démocratie, qu'ils disaient; alors qu'ils voulaient les dégager et espéraient un soutien de l'UE ou du moins celui de la France pour les aider à se débarrasser des Frères musulmans ! Des milliers de Tunisiens manifestaient tous les jours à travers le pays et particulièrement au Bardo siège de la Constituante, durant plus d'un mois en plein été (août !) et en plein mois de ramadan, pour dégager Ghannouchi et ses Frères musulmans qui s'incrustaient au pouvoir alors qu'ils n'avaient plus aucune légitimité ... alors que ces socialistes Français ont choisi de soutenir Ghannouchi et ses Frères musulmans ! Eh ben, les Français peuvent saluer leur clairvoyance et dire merci à ces "responsables politiques"; puisque les enfants de Ghannouchi opèrent désormais, en France aussi ! Ils leur doivent la plus part des attentats terroristes commis en France .... dont le tout dernier, l'égorgement de la policière de Rambouillet ! Car comme souvent, ce sont les forces de l'ordre qui sont visées, ce "tagouth" (collabo du Tyran !) que désignent les Frères musulmans à leurs recrues "jihadistes" pour les égorger pour les tuer ! La Police, la Gendarmerie et l'Armée tunisiennes, ont déjà payé un lourd tribu à cette Organisation Criminelle des Frères musulmans ! Combien de morts en France, faudra-t-il; pour que les responsables politiques luttent efficacement contre le wahhabisme qui fonde l'islamisme et interdisent aux petromonarques et à Erdogan de le diffuser en France ?

R.B

Attentat de #Rambouillet
Tracer le profil de l’homme qui a égorgé la policière de Rambouillet est instructif et doit gêner aux entournures à l’extrême-gauche et chez les islamogauchistes.
Mais commençons par le commencement. D’abord cet homme est un islamiste et son intérêt pour la doctrine des frères musulmans remonterait à 2018 au moins selon des spécialistes de ces questions comme
Fiammetta Venner
qui gère le site Ikhwan Info, mine précieuse de renseignements sur l’idéologie frériste et ses acteurs.
Le terroriste de Rambouillet aimait à partager les prêches du prédicateur islamiste Bechir Ben Hassen.
Charles Meyer
a tracé le portrait de ce délicieux personnage, proche de Ghannouchi, leader des frères musulmans tunisiens, qui en appelait encore à décapiter les kouffars blasphémateurs au lendemain des attentats de Charlie Hebdo [ https://www.memri.org/.../tunisian-cleric-bechir-ben... ].
Longtemps imam à Noisy-le-Grand, il a fini par y ouvrir une école, tout en continuant à professer son idéologie extrémiste. L’homme est connu de nos services mais visiblement peut continuer ses activités de radicalisation sans soucis sur notre sol alors que la Tunisie, elle, l’a interdit de prêche.
En revanche il est régulièrement invité à semer la « bonne » parole dans les mosquées de Pontoise, d’Argenteuil où d’ailleurs. Invitations qui disent quelque chose aussi sur ces mosquées soi-disant sans histoire mais qui adorent les profils haineux quand il faut inviter un imam extérieur à prêcher. Le tueur de Rambouillet adhérait à ces discours et à fini par passer à l’acte. Mais est-ce si étonnant que ceux-ci se multiplient quand on laisse de tels gourous prendre en main toute une communauté et notamment sa jeunesse ? Quand on laisse ceux qui prêchent la haine contre ce que nous sommes au nom de leur religion, agir et répandre leur poison dans les têtes ? Quand on multiplie la construction de mosquées alors qu’aujourd’hui ceux qui les financent sont essentiellement les islamistes ?
Eu égard à l’acte commis, il n’est pas étonnant que l’on retrouve dans les références du terroriste de Rambouillet des personnages clés de la propagande islamiste. Mais l’homme n’avait pas que des références liées à l’islam, Jean-Luc Melenchon, Edwy Plenel, Mediapart faisaient aussi partie de son panthéon.
C’est ballot quand on passe son temps à faire des procès en quasi-nazisme à la terre entière d’être une référence pour d’authentiques terroristes. De ceux qui passent à l’acte.
Mais pourquoi cet engouement de l’assassin pour ces figures ? Parce qu’elles participent à la montée en puissance du ressentiment et offrent une justification au passage à l’acte. En effet le terroriste ne se voit pas comme un monstre mais comme une victime qui fait justice. Il tue au nom de Dieu, d’où le Allah Akbar (Dieu est le plus grand), mais il tue un méchant, une cible désignée, un oppresseur. Il rend service à sa communauté en le faisant.
Alors certes, ni Mélenchon ni Plenel n’en appellent au meurtre et cela fait une différence conséquente avec le prêcheur frère musulman, mais ils participent à construire des récits de victimisation et d’oppression qui sont des représentations fausses et outrancières, mais qui exaltent l’imagination des personnes fragiles et nourrissent une histoire qui peut aussi favoriser le passage à l’acte.
Cette victimisation outrancière est dans le discours racialiste et islamiste, mais la France insoumise entre autres lui offre une nouvelle légitimité quand elle participe à la marche contre l’islamophobie en novembre 2019 où des enfants et des adultes vont jusqu’à porter l’étoile jaune pour signifier qu’ils sont opprimés en tant que musulmans et où on scande Allah Akbar à côté du Bataclan. Il y a aussi ces interviews où le leader de la France Insoumise accuse la France d’islamophobie et prétend défendre les musulmans alors que c’est le positionnement des islamistes qu’il soutient dans les faits. On parle aussi des jérémiades autour des « mamans voilées » qui ont souvent tous les codes vestimentaires et le discours des frères musulmans ? La victimisation est un pan essentiel de la radicalisation et un axe de travail des islamistes, et ce n’est pas un scoop. A ce titre Edwy Plenel est aussi un des grands diffuseurs de ces représentations qui présentent la France comme raciste, colonialiste, voire fascisante et répandent l’idée que les musulmans seraient persécutés dans notre pays.
Certes ce n'est pas ce qui génère directement un passage à l'acte et la plupart des islamistes, à l'inverse de celui-ci, sont non-violents, mais ces personnages qui appartiennent à l’élite légitiment un biotope où la victimisation nourrit des idées de vengeance.
Un biotope où l’on désigne des cibles. Les policiers, les professeurs, les journalistes... Cibles traditionnelles de l’assassinat politique, d’ailleurs.
Or ces hommes qui sont des références françaises et dont le terroriste diffusait les positions, font souvent preuve d’un manque total de mesure et ont participé à la diabolisation de la police par des généralisations abusives. Ils ont des relations avec des associations qui ont pour titre « la police assassine » sans voir le problème d’un tel intitulé, ils ont valorisé l’action du comité Traoré trés anti-police et participé à hisser au rang de héros une famille marquée par le caïdat, la violence, le racket et la délinquance. Le discours validant un racisme systémique ou d’Etat peuvent participer au basculement d’esprits fragiles.
Or si la France n’est pas un paradis, c’est sans doute un des pays les moins racistes et les plus tolérants du monde car elle ne cesse d’être attaquée, de voir mourir les siens et cependant ne désigne aucune communauté à la vindicte et sait faire la différence entre musulmans et islamistes.
Le président a rendu visite à la famille de la victime. Mais qu’en France, une femme puisse être égorgée sur son lieu de travail, à l’intérieur même du commissariat, fait passer un message sinistre à tous les Français : nul n’est à l’abri, nulle part et ceux dont la vocation est de protéger sont des cibles. Pour que ce soutien à la famille de la victime ne soit pas un énième coup de communication, il faut que le président clarifie sa position et arrête d’expliquer que la France doit « déconstruire son histoire » ou qu’il « n’existe pas de culture française ». Car ce que nous affrontons est bel et bien une bataille civilisationnelle.
Et pour la mener, il est temps d’arrêter de fermer les yeux sur la présence des islamistes sur notre sol, regarder en face le fait que ce sont eux les principaux financiers de mosquée et arrêter le déni. Cela ne s’impose pas qu’aux politiques. Pourquoi la presse répugne-t’elle à écrire dans ses titres que la victime a été égorgée ?
Parce que l’égorgement dit que l’on a affaire à une attaque d’islamiste. C’est une façon de tuer les hommes qui n’est pas de chez nous, mais parle bien d’une culture et d’une idéologie particulière. Cette façon de tuer dit qu’il s’agit ici d’un sacrifice humain. Egorger un animal dans le cas d’un sacrifice est une façon de tuer qui au Maghreb est censée plaire à Dieu. L’occident a abandonné l’idée de sacrifier un être vivant à son Dieu. La pratique est même vue comme barbare. Ailleurs, c’est une façon rituelle de tuer. Le choix de l’égorgement est un choix culturel. Et comme pour les islamistes, nous ne sommes que des animaux, sacrifier un homme n’est pas un tabou.
Or, pour ne pas regarder cela en face, une partie de la presse va même en arriver à parler de « coups de poignard » à la gorge. Le terme d’égorgement est parfois mentionné dans l’article mais souvent occulté des gros titres. Cela en dit long sur le refus d’une partie de l’élite de regarder en face ce qui se passe. En revanche les Français, eux, l’ont compris.
Le problème est que si les présidents et les politiques en général ne partagent pas très vite une doctrine et une grille de lecture claire de ce genre d’affaire, leur déni n’aura qu’une conséquence : faire monter le crédit de Marine Le Pen, laquelle n’a pas tort, hélas, de fustiger une forme de laxisme. Lequel date d’ailleurs de bien avant Macron.

samedi 17 avril 2021

Un Ami

Beau texte et belle chanson, sur l'amitié.

R.B

Nicola Ciccone

Un Ami

On peut perdre son travail, lorsqu'on a des ratés
On peut perdre son crédit, lorsqu'on est endetté
On peut perdre sa mémoire, on peut perdre sa maison
Perdre sa fougue et même perdre sa raison

On peut perdre sa richesse sur un seul coup de dé
On peut perdre sa jeunesse comme on perd une clé
On peut perdre son courage dans le fond d'une bouteille
Perdre ses rêves ou son âme, c'est pareil

Mais un ami c'est pour la vie
Quand tout s'écroule, quand rien nous réussit
Un vrai ami, malgré le froid
Ça reste là

On peut perdre sa route, à cause d'un faux détour
On peut perdre son cœur, à cause d'un vieil amour
On peut perdre sa vie, à vivre dans le passé
On perd même parfois le goût d'aimer

Mais un ami c'est pour la vie
Quand tout s'écroule, quand rien nous réussit
Un vrai ami, malgré le froid
Ça reste là, ça reste là

Car un ami, c'est bien plus fort
Plus fort que tout même plus fort que la mort
Un vieil ami, quand tout est gris
Ça nous sourit

On peut perdre son honneur, lorsqu'on est humilié
On peut perdre son calme, lorsqu'on est bousculé
On peut perdre son temps, à trop compter les heures
On perd tout lorsqu'on vit dans la peur
 

Mais un ami c'est pour la vie
Quand tout s'écroule, quand rien nous réussit
Un vrai ami, malgré le froid
Ça reste là, ça reste là

Car un ami, c'est bien plus fort
Plus fort que tout même plus fort que la mort
Un vieil ami, quand tout est gris
Ça nous sourit

Gardez vos amis 

dimanche 11 avril 2021

Ennahdha défait par l’épreuve du pouvoir

 

Hatem Nafti *

Fin février à Tunis, le parti islamo-conservateur galvanisait ses partisans pour une démonstration de force autour de son chef Rached Ghannouchi. Mais dix ans après sa première victoire électorale, Ennahdha peine à conserver une place de choix sur l’échiquier politique.

Le 30 janvier 2011, Rached Ghannouchi foule le sol tunisien après plus de vingt ans d’exil. Le leader du parti islamiste Ennahdha est acclamé par des milliers de personnes venues l’accueillir à l’aéroport de Tunis-Carthage aux cris de « Tala’al badrou ’alayna » (la pleine lune s’est levée sur nous), un chant islamique traditionnel célébrant l’arrivée du prophète Mohammed à Médine. Ce retour deux semaines après la chute de Zine El-Abidine Ben Ali signe la renaissance d’un parti que le régime autoritaire a cherché à éradiquer.

En dépit de l’emprisonnement et de l’exil d’une partie importante de ses cadres, le parti Ennahda, qui obtient sa légalisation en mars 2011, peut compter sur un réseau militant implanté sur tout le territoire national et dans les principaux pays accueillant une diaspora tunisienne. La nouvelle loi électorale excluant d’office les cadres issus de l’ancien régime, le parti devient la plus grande force politique du pays. Face à cette popularité, une fraction non négligeable des nouvelles élites post-révolutionnaires, essentiellement issue de l’ancienne opposition à Ben Ali, définit sa stratégie électorale en fonction d’Ennahdha, n’hésitant pas à reprendre à son compte la rhétorique utilisée par l’ancien régime pour diaboliser le mouvement de Ghannouchi. Ce faisant, elle contribue à le mettre au centre du jeu politique.

Jusqu’aux élections de l’Assemblée constituante d’octobre 2011, Ennahdha évite toute confrontation directe avec le pouvoir en place. Ses dirigeants préfèrent rappeler les souffrances endurées sous la dictature, ce qui les arrime solidement au camp de la révolution auprès d’une partie de l’opinion publique. Le discours anti-islamiste répandu dans les grands médias renforce cette posture victimaire. Autant d’éléments qui contribuent à leur succès électoral. Arrivé en tête de toutes les circonscriptions, le parti obtient 37 % des suffrages et occupe 42 % des sièges de la nouvelle Assemblée constituante.

GOUVERNER, MAIS PAS TROP

Mais comment faire pour gouverner un pays sans un minimum d’adhésion de ses élites politiques, culturelles, médiatiques et administratives ? Ennahdha se trouve coincé entre la pression de ses bases et l’hostilité d’une part non négligeable des cercles influents, aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger. Il suscite une crainte chez certains Tunisiens marqués par un scénario à l’iranienne, ou pire à l’algérienne.

Afin de rassurer et de relativiser l’image d’une hégémonie islamiste sur toutes les institutions, le mouvement forme une coalition avec deux partis non islamistes : le Congrès pour la République (CPR) de Moncef Marzouki et le Forum démocratique pour les droits et les libertés (Ettakattol) de Mustapha Ben Jaafar. Les trois formations se partagent les trois présidences, celle du gouvernement (Ennahdha), celle de la République (CPR) et celle du Parlement (Ettakatol). Dans les faits, l’essentiel du pouvoir exécutif est réservé au chef du gouvernement et les principaux ministères et commissions parlementaires sont contrôlés par le parti islamiste.

Le positionnement par rapport aux islamistes devient dès lors un leitmotiv électoral. S’il n’empêche pas le parti de Ghannouchi d’arriver en tête des élections (avec une majorité à chaque fois plus relative), ce dernier en retient que son mouvement ne doit jamais gouverner seul pour ne pas concentrer la colère populaire.

Béji Caïd Essebsi a été premier ministre pendant la période de transition (février-octobre 2011). Moins d’un an après, en juin 2012, il profite de l’effritement de l’opposition dite « démocratique » pour créer le parti Nidaa Tounès (L’appel de la Tunisie), agrégeant des opposants historiques, des syndicalistes et des membres de l’ancien régime dont le seul point commun est l’opposition aux islamistes. Mais une fois au pouvoir, cet attelage ne fera pas long feu.

 UN SCÉNARIO À L’ÉGYPTIENNE ?

Forts de la légitimité électorale d’octobre 2011, les partisans d’Ennahdha engagent une lutte sans merci contre toute expression divergente, assimilée à un refus du verdict des urnes. Ainsi, plusieurs ténors de l’opposition à Ben Ali sont-ils taxés de contre-révolutionnaires au seul motif qu’ils ne soutiennent pas l’action gouvernementale. Une accusation qui n’a pas épargné des avocats qui ont assuré la défense d’accusés islamistes sous l’ancien régime. Durant l’hiver 2012, un sit-in est organisé devant les locaux de la télévision nationale, accusée de ne pas refléter la volonté populaire. Les chefs de cette contestation vont former les Ligues de protection de la révolution (LPR), des milices qui n’hésitent pas à s’en prendre physiquement aux opposants. Nidaa Tounès deviendra également une de leurs cibles privilégiées, car le parti monte dans les sondages au point de devenir une sérieuse menace pour Ennahdha.

Parallèlement à ce déchaînement de violence en toute impunité, l’exécutif montre une tolérance envers les expressions les plus radicales de l’islamisme, au nom de la liberté religieuse. Plusieurs prédicateurs extrémistes tels l’Egyptien Wajdi Ghoneim ou le Koweïtien Nabil Al-Awadi sont reçus en grande pompe par des leaders d’Ennahda. Le parti salafiste Ettahrir qui prône l’instauration d’un califat islamique est autorisé, et le mouvement Ansar Al-Charia affilié à Al-Qaida a pignon sur rue. Le tout dans un contexte d’attentats terroristes visant les forces armées. Le 18 octobre 2012, une manifestation des LPR dégénère à Tataouine et un responsable local de Nidaa Tounès est lynché à mort.

La violence se poursuit avec l’assassinat des dirigeants du Front populaire (coalition de gauche et extrême gauche) Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi en 2013. Fin juillet, un important sit-in a lieu au Bardo, devant l’Assemblée constituante, demandant la dissolution de toutes les institutions issues du scrutin de 2011. Nous sommes alors quelques semaines après le coup d’État du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi en Égypte, soutenu ou toléré par la plupart des partenaires de la Tunisie, contre le président islamiste élu Mohamed Morsi.

MUER POUR SURVIVRE

Les dirigeants d’Ennahdha comprennent que leur légitimité électorale ne les protège pas d’un putsch. Ils décident alors de se rapprocher des ennemis d’hier, les destouriens, et d’opter pour la stratégie du consensus. Ce virage n’est toutefois pas un précédent : si le parti islamiste et le CPR s’étaient officiellement lancés dans une lutte contre l’ancien régime en 2011 en proposant notamment une loi de lustration politique, ils n’avaient pas hésité à nommer des proches du pouvoir benaliste à la tête d’administrations et d’entreprises publiques moyennant un changement d’allégeance.

Ennahdha accepte de quitter le gouvernement et de confier le pouvoir à des technocrates chargés de diriger le pays jusqu’aux élections de 2014. Nidaa Tounès remporte les législatives et Béji Caïd Essebsi la présidentielle. Coup de théâtre après une campagne à couteaux tirés : le parti islamiste refuse de soutenir son ancien allié, le candidat sortant Moncef Marzouki, au second tour de la présidentielle. Arrivée deuxième aux législatives, Ennahdha finira même par s’allier à Nidaa Tounès au nom de l’intérêt national. Ce sera le premier pas vers une longue série de concessions pour le parti islamiste, tiraillé entre les exigences de sa base mue par l’idéologie islamiste et l’impératif du compromis pour garantir sa survie politique.

Le quinquennat de Béji Caïd Essebsi est sans doute le moment qui profite le plus à Ennahdha, mais également la période durant laquelle il connaît ses plus grandes mutations. Participant au pouvoir sans être en première ligne, le parti va voir son influence augmenter à mesure que le parti présidentiel se disloque, miné par des luttes intestines. Les islamistes n’hésitent pas à soutenir des projets de loi controversés comme celle dite de « réconciliation », une amnistie accordée aux fonctionnaires poursuivis pour des faits de malversation intervenus sous l’ancien régime.

C’est aussi durant cette période que le parti revoit son organisation interne. Au-delà de l’affichage qui met l’accent sur la séparation entre l’action politique et la prédication, le dixième congrès d’Ennahda en 2016 accroît considérablement les prérogatives de Rached Ghannouchi, lui permettant de nommer les membres du bureau exécutif qui seront validés par le Conseil de la choura. Un paradoxe pour un parti qui prône la mise en place du régime parlementaire, censé limiter les dérives liées au pouvoir personnel. Certains candidats pour les élections législatives de 2019 en feront les frais, puisque le cheikh n’a pas hésité à apporter des modifications substantielles dans des listes pourtant issues de primaires organisées au niveau de chaque circonscription.

Contrairement à ce qu’affirment plusieurs contempteurs des islamistes, l’alliance entre Ennahdha et Nidaa Tounès n’est pas totalement contre nature. Les partis convergent sur plusieurs points, notamment sur les choix économiques et sociaux. Les nahdhaouis soutiennent les demandes de « réformes » exigées par les bailleurs de fonds et ne remettent nullement en cause le modèle de développement que le pays suit depuis les années 1980, basé sur un désengagement progressif de l’État et l’ouverture aux accords de libre-échange inégaux.

LES LIMITES DU DOUBLE JEU

Ce va-et-vient incessant entre une rhétorique révolutionnaire et un exercice du pouvoir ambivalent se paie dans les urnes. Si le parti arrive en tête aux législatives de 2019, il contrôle à peine le quart de l’Assemblée et il continue à voir son socle électoral se réduire comme peau de chagrin, passant de 1,5 million de votants en 2011 à 560 000.

Lors de ce scrutin, le parti s’inscrit à nouveau dans le camp « révolutionnaire », mais l’émergence de deux blocs réactionnaires, le Parti destourien libre (PDL) d’Abir Moussi et la coalition Al-Karama (La Dignité) fragilisent la politique du consensus. Le premier récuse bruyamment tout le régime issu de la révolution tandis que le second, bien que fidèle allié de Ghannouchi, se situe à sa droite et compte un certain nombre des militants des LPR.

Pris en tenaille entre une aile droite qui joue la surenchère sur les questions identitaires — celles auxquelles Ennahdha a renoncé — et le traumatisme d’une mise en minorité qui aboutirait à un scénario à l’égyptienne, le parti fait à nouveau le choix d’une alliance avec le vieux système. Il se rapproche de Qalb Tounès, le parti de Nabil Karoui, homme d’affaires actuellement en détention provisoire pour des soupçons de blanchiment d’argent. Ce dernier s’est fait connaître sous Ben Ali et a été dans le noyau dur de Nidaa Tounès. Cette alliance permet à Rached Ghannouchi de devenir le président de l’Assemblée, une consécration alors qu’il sait que l’hostilité à son encontre l’empêchera de briguer la présidence de la République au suffrage universel direct.

En outre l’élection de Kaïs Saïed à la présidentielle avec une majorité confortable, et sa popularité peu érodée par l’exercice du pouvoir constitue une gêne pour les nahdhaouis. Contrairement à son prédécesseur, le nouveau président n’est pas un homme de compromis. Il rappelle sans cesse les contradictions et compromissions de ses adversaires sans les nommer, ce qui explique les insolents taux de confiance dont il jouit en dépit d’un bilan assez faible.

Cette position est au cœur de la crise politique actuelle. Le 16 janvier 2021, après un remaniement partiel du gouvernement de Mechichi dicté par Qalb Tounes et Ennahdha, Saïed refuse d’organiser la cérémonie de prestation de serment des nouveaux ministres, condition sine qua non pour leur prise de fonction. Alors que certains partis et organisations tentent des médiations entre le président et le chef du gouvernement, Ennahda décide de jouer l’affrontement. Le samedi 27 février 2021, le parti appelle ses partisans à descendre dans la rue pour soutenir « les institutions et la légitimité ». Bravant l’interdiction de se déplacer entre les régions en raison de la pandémie et ne s’encombrant pas des gestes barrières, des milliers de manifestants venus des quatre coins du pays défilent sur l’avenue Mohamed V, une des principales artères de la capitale. Cette démonstration de force permet également de resserrer les rangs autour d’un Ghannouchi menacé de perdre son siège de président de l’Assemblée.

Si sa capacité d’adaptation permanente permet à Ennahdha de se maintenir au pouvoir à moyen terme, elle n’en menace pas moins son intégrité à plus long terme. D’abord, l’électorat du parti tend à se réduire à un socle incompressible de militants historiques soudés par un passé de souffrances endurées sous la dictature. Même les plus proches collaborateurs de Ghannouchi jettent l’éponge. Ensuite, la toute-puissance du Cheikh, à la tête du parti depuis trente ans sans interruption, est de plus en plus fragile. Les séquelles du dixième congrès sont toujours là et le onzième, sans cesse décalé, va devoir trancher le maintien de Ghannouchi, impossible selon les statuts actuels, ou sa succession. En septembre 2020, cent hauts cadres du parti ont signé une lettre ouverte demandant au président de ne pas se représenter, un acte inédit dans une structure réputée pour sa discipline interne.

Enfin, si Ennahdha a intégré toutes les strates de la vie publique, le mouvement continue de susciter un rejet d’une partie des Tunisiens, au-delà des seuls « éradicateurs » (une partie de la gauche et de l’ancien régime). Certains réflexes, hérités de la période de la clandestinité, provoquent la méfiance des citoyens. Ainsi on a pu observer à plusieurs reprises des responsables administratifs ou politiques présentés comme indépendants faire leur coming-out nahdhaoui. Cela entretient les doutes sur d’éventuelles structures parallèles, un classique pour les mouvements liés aux Frères musulmans.

Cette accusation a été confortée par les derniers affrontements au sujet de l’Union mondiale des oulémas musulmans (UMOM), anciennement présidée par le prédicateur égyptien Youssef Al-Qaradaoui. En effet, la présidente du PDL Abir Moussi organise depuis novembre 2020 un sit-in devant le siège tunisien de l’organisation, considérée comme la matrice idéologique des Frères musulmans. Le 9 mars 2021, elle y pénètre et s’empare d’une partie de son matériel pédagogique. Un contre sit-in est organisé dans la foulée par des personnalités liées à l’islam politique. Parmi elles, on compte les députés de la coalition Al-Karama, une partie de l’état-major nahdhaoui, mais aussi d’anciens responsables du parti qui ont quitté le parti avec fracas. Cette défense inconditionnelle renforce l’idée qu’au-delà du parti, il existe une allégeance à un mouvement supranational voulant s’attaquer à l’État national tunisien. Cette rhétorique a déjà justifié la répression de Bourguiba et de Ben Ali ; elle risque de profiter à Abir Moussi qui veut fermer la parenthèse révolutionnaire. 

* Essayiste, auteur de Tunisie, dessine-moi une révolution (L’Harmattan, 2015) et De la révolution à la restauration, où va la Tunisie ? (Riveneuve, 2019). Collabore à divers médias internationaux francophones. 


jeudi 8 avril 2021

Communautarisme & islamisme exaspèrent de plus en plus de Français

Si la France avait réussi sa politique d'intégration avec les vagues successives migratoires venues de Russie, de Pologne, d'Italie, d'Espagne, du Portugal et de ses anciennes colonies notamment d'Afrique du Nord; depuis que ses responsables politiques ont adopté de nouvelles lois et de nouvelles règles d'ouverture aux nouveaux migrants, comme le regroupement familial, la tolérance des coutumes des migrants dont la polygamie, l'excision des fillettes ... une brèche s'est ouverte dans le vivre ensemble et dans la laïcité, qui a permis le communautarisme qui a fait le lit de l'islamisme entre autres ... sur lesquels surfent les gauchistes et les communistes ... puisque certains même demandent que la France s'adapte à ses immigrés et non l'inverse ! Ce qui commence à irriter les Français !

R.B 

Pierre Martin

Pourquoi j'ai déménagé et ce que personne n'ose vous dire ...
Si j'ai déménagé, ce n'est pas parce que mon appartement était trop exigu ou manquait de charme.
Si j'ai déménagé, c'est à cause du seul " environnement ", qui lui, perdait de son charme chaque jour davantage.
Celui qui prétend que " le grand remplacement " est une vue de l'esprit ou un radotage de fachos persécutés, celui-là a de la merde dans les yeux.

Marseille est à mon sens une ville perdue. La Gloire de mon Père est devenu le Triomphe de l'islam radical. Le Château de ma Mère est devenu le fief des gangs, des roms, des " regroupés familiaux " et des migrants. Et Marius ..... eh bien Marius est aujourd'hui un prénom qui appartient au passé.

Mais pire, et cela personne ne vous le dira de peur d'être traité de raciste éhonté, certains quartiers de Marseille sont en train de devenir exclusivement Noirs. Un petit Harlem s'est formé jour après jour. Le Canet, Plombières, St Mauront, une partie de la Belle de Mai et de St Barthélémy sont à présent Noirs.
Est-ce du racisme de le dire haut et fort ? Je ne crois pas. Je ne m'estime pour ma part supérieur à personne, mais la vie dans certains quartiers de la " cité phocéenne " est devenue invivable.
Pourquoi serions-nous traités de racistes, quand Chirac lui-même, aujourd'hui encensé par tous, parlait jadis " du bruit et de l'odeur " ?

Même les Maghrébins n'ont plus droit de cité dans certains secteurs à Marseille, c'est dire. Exemple la cité des Rosiers : petit, j'allais y faire les courses avec ma grand-mère, les commerces de proximité y fleurissaient; puis l'immigration est arrivée, dans les années 80 il n'avait quasiment plus que des Maghrébins. Aujourd'hui, la cité est devenue entièrement noire, les Maghrebins ont été chassés et les appartements achetés par les petits Marseillais des années 60 qui croyaient faire un placement, ont perdu 80% de leur valeur. On trouve aux Rosiers des T4, pour 30 000 euros.

Le communautarisme règne en maître et le racisme anti-blanc est flagrant, les équipes de foot de quartier sont 100% noires, pas un pékin blanc ou gris à l'horizon.

Mon appartement ne trouve pas acquéreur. Estimé 87 000 euros il y a 10 ans, il l'est aujourd'hui à 45 000.

Alors j'ai une question importante à poser aux divers politicards bobos, gauchos, extrême-gauchos, islamo-socialos : " Rassurez-vous, je ne vous lancerai pas la phrase un peu trop facile qui consiste à dire " prenez-les chez vous ", car je vais vous dire beaucoup mieux et vous poser cette question : Mesdames & messieurs, POURQUOI ne venez-vous pas habiter dans ces quartiers, chez moi, près de ceux que vous aimez tant défendre dans les débats télévisés ?
Car si vous veniez, pour sûr, ces quartiers et leurs appartements ne perdraient pas de leur valeur, bien au contraire. Grâce à vous, ils perdureraient et je ne serais peut-être pas obligé de déménager.
Mais vous vous gardez bien de venir. Vous les aimez bien, les immigrés, les migrants et les roms mais de loin ! A distance convenable !
Vous préférez de loin les effluves précieuses de la Tour Eiffel, du Marais et de la rue Monsieur-le -Prince.

A propos de migrants, merci de ne pas faire croire à la masse crédule qu'ils ne seraient qu'une vingtaine par ci par là à débarquer à Marseille ou à investir une église. Car c'est faux.

C'est faux , parce que je croise tous les jours un phénomène que je ne croisais pas avant, c'est-à-dire des groupes entiers de jeunes hommes Noirs (et seuls il faut le préciser) qui défilent à pas pressés dans certaines rues. D'où viennent-ils, où vont-ils ? Mystère.

Quant aux roms, c'est une plaie dont les camps qui sont démantelés à gauche se reforment immédiatement à droite. Les détritus jonchent les bas-côtés de l'autoroute Nord sur des kilomètres; et je vous assure que le responsable n'est pas un coup de mistral malheureux.
On n'a pas l'impression d'arriver dans la 2ème ville de France , mais dans une porcherie.

Mais voyez-vous, si je déménage, c'est parce que je ne suis pas soutenu. Les gens ont peur. Ils ferment leur gueule. Ils préfèrent ne pas voir et surtout ne pas se chercher d'ennuis.
Pour ma part, des années de lutte, lutte contre les jeunes "shiteurs" qui squattent mes marches, appels à une police qui ne vient jamais, prises de bec incessantes, insulté, agressé, menacé. Mais je les ai prévenus : je ne me laisse pas faire. Partir pour ne pas avoir à sortir un jour une arme à feu. Aucune solidarité, aucun soutien, les gens s'enferment chez eux, se cloitrent, pour ne pas entendre le ballon de foot rebondir durant des heures sur le grillage du parking transformé en terrain de foot. Véridique.
Les enfants sont livrés à eux-mêmes dans la rue jusqu'à 23h par des parents démissionnaires qui pourtant touchent les allocs.
Où sont les hommes parmi mes voisins ? Ceux qui sont les plus robustes, grands et surtout jeunes, sont les plus pétochards. Ils donnent leur pays, ils livrent leur quartier et ils sont contents. Bouche cousue.

Je m'arrêterai là car cela devient douloureux. Certains croient que "le grand remplacement" d'une population par une autre et d'une religion par une autre, n'existe pas, car il n'est pas encore arrivé chez eux. Mais moi je peux vous certifier qu'il existe et qu'il est bel et bien arrivé chez moi. N'oubliez pas que 30% des Musulmans selon un récent sondage souhaiteraient que la Charia prévale sur les lois de la République.

Gaudin a refait le Vieux-Port et enjolivé le centre-ville de Marseille, ainsi que la Joliette pour les bateaux de croisière mais il a laissé mourir les quartiers périphériques, tout en sachant pertinemment ce qui se passait et se tramait en réalité. Vraiment honteux.

lundi 5 avril 2021

IL FAUT SE MEFIER D'UN FRERE MUSULMAN QUI SE CONVERTIT AU BOURGUIBISME ET A LA LAICITE !

Article paru dans : Kapitalis
A l'occasion de commémoration du 21éme anniversaire de la mort de Habib Bourguiba, libérateur de la Tunisie et bâtisseur de sa République, survenue le 6 avril 2000, il est curieux de voir certains panarabistes comme le président Kais Saied et certains panislamistes comme le Frère musulman Lotfi Zitoun, rendre hommage au président Habib Bourguiba, alors qu'ils l'ont ignoré, s'ils n'avaient sali sa mémoire !

Lotfi Zitoun, la tête pensante de Ghannouchi, s'est fait connaître auprès des Tunisiens à son retour d'exil londonien lors du fumeux "printemps arabe" ourdi par l'émir du Qatar, par ses attaques en règle contre la tunisianité des Tunisiens, contre Bourguiba et le bourguibisme que lui et ses Frères musulmans d'Ennahdha n'ont cessé de dénigrer, dans l'espoir de l'effacer de la mémoire collective d'un peuple qui lui doit tout !

Mais en 10 ans de pouvoir islamiste et le mécontentement grandissant devant la régression à tous les niveaux de la Tunisie de Bourguiba, les Frères musulmans d'Ennahdha ont changé de stratégie ... et Abdel Fatah Mouru et Lotfi Zitoun vont donner le LA :

- Lotfi Zitoun découvre la tunisianité des Tunisiens en revendiquant sa nostalgie de l'art de vivre tunisiens, de la musique, des chansons et de la danse des Tunisiens ...
- lui et ses Frères, aussi bien islamistes qu'arabistes, se sont mis à "glorifier" Bourguiba et les bien faits du bourguibisme auxquels ils doivent beaucoup, rappellent-ils ...
- Et voilà que depuis que Abir Moussi et le PDL ont mis à nu Ghannouchi et causé une impopularité grandissante à Ennahdha grâce aux révélations salutaires que fait le PDL sur le réel projet islamiste de Ghannouchi ... Mr Zitoun, encore lui, alliant l'image au texte, se fait photographier au mausolée de Bourguiba, lui rendant hommage et par ses écrits et ses discours, de glorifier le grand homme; jusqu'à invoquer la laïcité de fait du bourguibisme ! Hommage du vice à la vertu.

On aura tout vu de la part des Frères musulmans d'Ennahdha ! Mais il ne faut pas se leurrer sur les intentions réelles du bonhomme qui commémore la mort de Bourguiba. Lotfi Zitoun ne sait plus à quel saint se vouer pour redorer le blason d'Ennahdha en perte de vitesse et de remettre en selle Ghannouchi contesté en interne dans son parti et de plus en plus honni par les Tunisiens !

Il ne fait que reproduire la stratégie du Frère musulman Erdogan, modèle pour Ghannouchi, qui après avoir combattu l'héritage de Kemal Atatürk et la laïcité imposée par le père de la Turquie moderne; et devant l'échec de l'effacer de la mémoire des Turcs; il avait changé son fusil d'épaule pour glorifier le père de la nation; arborant et s'exhibant régulièrement avec des portraits géants du grand homme ... le temps pour lui et ses Frères de reprendre du poil de la bête. Ce qui se produira après le coup d'Etat manqué de 2020, pour instaurer une dictature et révéler le projet réel des Frères musulmans de restaurer la chariaa en lieu et place du Code Civil, rejetant définitivement la laïcité kemaliste !

Il ne faut pas oublier que les Frères musulmans jouent le temps long : ils savent faire le dos rond face aux résistances d'un peuple, le temps pour eux de le transformer par petites touches par un islamisme rampant, en diffusant le wahhabisme qui fonde leur action politique ...

C'est pourquoi il faut se méfier de ces "découvertes" subites du bourguibisme, de la part de l' "intellectuel" d'Ennahdha; alors que lui et ses Frères musulmans ont combattu Bourguiba et Bourguiba les avait combattus, parce que les idéologies qui les animent sont antinomiques et diamétralement opposées : le panislamisme étant la négation du nationalisme !

Car Frère musulman un jour, Frère musulman toujours !

Bourguiba déclarait le 1er juin 1959 : " Il est rare que les événements qui jalonnent la vie d'un homme s'intègrent dans l'histoire d'un peuple à un point tel que l'homme semble incarner tout son peuple. Si la transposition a pu s'accomplir, c'est que l'homme a su se faire le porte-parole sincère et désintéressé de la conscience nationale, qu'il a lutté pour la cause du peuple tant et si bien que les péripéties de la vie de l'un et de l'autre ont été amenées à se confondre. " Et ce n'est pas Ghannouchi qui connaîtra cette osmose d'un peuple avec son leader !

Rachid Barnat

samedi 3 avril 2021

Abir Moussi : une popularité qui dérange les islamistes mais aussi certains "progressistes" ...

Abir Moussi enrage les islamistes, trop talentueuse pour eux et rend jaloux les dits progressistes & démocrates, pour les mêmes raisons. Mais le peuple ne se trompe plus après 10 années de révolutionnisme islamo-arabiste qui ont ruiné la Tunisie sur tous les plans !

R.B

" Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe
que les imbéciles sont tous ligués contre lui. "
Jonathan Swift

Abir Moussi est devenue la cible privilégiée, non seulement de ses ennemis et de leurs amis, mais aussi, curieusement, des ennemis de ses ennemis, les démocrates de tous bords.

Le nouveau clivage oppose ses partisans fanatisés à des détracteurs non moins radicalisés qui en viendraient même à considérer Ennahdha comme inoffensive.

Elle est, en effet, soupçonnée voire accusée de chercher à rétablir le régime honni de son mentor déchu, Ben Ali.

Abir Moussi et le peuple : des amours nouvelles ?

Alors, plutôt que de nous acharner sur Abir Moussi, tentons de comprendre ce qui fait son succès auprès du peuple dont près de la moitié lui accorde sa confiance et son soutien.
En effet, un personnage public est avant tout un support de projection. Il sera d’autant plus populaire qu’il offrira une marge plus importante d’identification.

Comprendre le succès de la présidente du PDL, c’est comprendre les attentes des Tunisiens auxquelles elle semble apporter des réponses.

Elle est d’abord un visage nouveau. Certes, son casier politique est chargé de ses amours devenues inavouables pour le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), l’ancien parti au pouvoir sous la dictature de Ben Ali, mais elle était totalement inconnue du grand public jusqu’à sa réapparition récente comme présidente d’un nouveau parti.

Elle est surtout une femme et la première à se hisser à un tel niveau de visibilité. Et il faut s’en réjouir, car c’est la preuve éclatante du degré de maturité atteint par notre société pour qui le sexe féminin n’est plus condamné à rester second. Et ce n’est pas une mince victoire, dans un environnement dominé par un parti ouvertement sexiste. Elle démontre bien que les mentalités tunisiennes sont plus façonnées par Tahar Haddad et Habib Bourguiba que par Rached Ghannouchi et Youssef Qaradawi.

Abir Moussi a fait de la lutte contre les Frères Musulmans son principal cheval de bataille. Et l’opinion publique lui en est manifestement reconnaissante. Ennahdha et ses satellites ne représentent plus guère qu’une minorité de la population, y compris dans les urnes trafiquées. Exclure le parti du pouvoir n’est pas déconsidérer ses électeurs mais respecter la majorité qui le désavoue. C’est dire si un dialogue national qui le remettrait en selle est vain. C’est dire le rejet du modèle sociétal obscurantiste porté par les islamistes.

Les Tunisiens, dans leur immense majorité, ont le regard tourné vers la modernité et tous ses acquis, dont l’égalité entre les genres à laquelle ils ne sont pas prêts de renoncer. C’est dire surtout l’aspiration du peuple à consolider son identité tunisienne, malmenée, voire noyée dans une utopique identité musulmane qui serait la même du Maroc à l’Indonésie, en passant par le Sénégal ou les Comores !

Et Abir Moussi est typiquement et profondément tunisienne. Tout en elle fleure bon l’odeur du terroir : son parler, sa gestualité, son humour, ses anecdotes, ses références, son empathie, son sourire (elle est une des rares politiques à sourire !), ses outrances, son théâtralisme, sa familiarité, et bien sûr le drapeau national qu’elle ne manque jamais d’arborer et de faire flotter dans ses meetings. Son amour de la patrie trouve un profond écho dans son public qui entonne avec une émotion renouvelée l’hymne national, sans se lasser.

Abir Moussi s’adresse au peuple sans se contenter de parler en son nom. Elle agit en toute transparence, dans une classe dirigeante qui continue à pratiquer la langue de bois et la politique de l’ombre.

Elle est la seule à pouvoir rassembler, aux quatre coins du pays, des dizaines de milliers de citoyens communiant avec une ferveur rarement atteinte depuis Bourguiba dans une union nationale.
Les manifestations télécommandées d'Ennahdha font pâle figure en comparaison de cette spontanéité.

Elle s’adresse au peuple directement et en permanence à travers ses vidéos où elle lui rend compte de son action, où elle le prend à témoin des turpitudes du parti au pouvoir, où elle démontre, preuves à l’appui, la nocivité de l’islamisme. Et le peuple, ravi, n’en perd pas une miette.

Abir Moussi est, cerise sur le gâteau, compétente, ce que même ses détracteurs honnêtes lui reconnaissent. Servie par une intelligence brillante, une mémoire impressionnante, une éloquence rare et un sens aigu de la pédagogie, elle maîtrise ses dossiers à la perfection et manie remarquablement l’art et les techniques de communication.

L’intégrité n’est pas la moindre de ses qualités. Ses détracteurs ont beau multiplier les accusations de corruption et, en particulier, de financement étranger, ils n’en ont jamais produit le moindre début de preuve.

Et la mise sans artifices de la dame (abondamment moquée par ailleurs) comme son train de vie personnel, sont conformes à la modestie requise dans un pays ruiné.

Sa cohérence idéologique est très appréciée des électeurs qui ne supportent plus les girouettes et les trahisons et autres compromissions de leurs candidats, sitôt élus.
Abir Moussi n’a jamais dévié d’un iota de sa ligne de conduite et de ses principes. Même sa loyauté indéfectible à l’ancien régime est portée à son crédit, étant donné les retournements indécents de veste de certains de ses anciens camarades de parti.

Enfin, le principal atout de Mme Moussi, est, pour moi, de s’inscrire dans une continuité d’histoire et de mémoire, quand ses opposants nous proposent ou plutôt nous imposent une rupture totale par rapport à notre patrimoine et notre identité et une réécriture falsifiée de cette histoire.