mardi 9 février 2016

Le Maroc rejette la politique d'arabisation des Frères musulmans

Faut-il s'en étonner ? Sont-ce les résultats néfastes de l'arabisation en Algérie et en Tunisie qui ont infléchi la politique marocaine en la matière ? Il faut rappeler que le roi MVI admirait beaucoup son père Hassan II, qui admirait lui même le génie de Bourguiba. MVI s'en serait-il inspiré, pour mettre un terme à l'islamisation de la société marocaine que les Frères musulmans veulent convertir au wahhabisme ? Etant lui même le guide spirituel de son peuple, craignait-il pour l'obédience malékite ancestrale de sa dynastie, qu'elle soit supplantée par le wahhabisme ? Toujours est-il qu'il commence à comprendre la "politique" des Frères pour leur faire barrage. 

Les tunisiens seraient bien inspirés d'en faire autant pour couper l'herbe sous le pied des nostalgiques lunatiques d'idéologies désuètes que sont le pan arabisme et le pan islamisme, véritables bombes à retardement pour détruire toute nation !

En ce qui concerne la double culture et la langue française qu’affectionnent beaucoup de tunisiens, il faut rappeler que l'enseignement voulu par Bourguiba a été le bilinguisme en inculquant aux tunisiens, sans complexe aucun, la culture française en plus de la culture arabe, y voyant un enrichissement pour son peuple. Le premier à avoir opté pour une politique d'arabisation, était le pan arabiste Mohamed Mzali ministre puis premier ministre de Bourguiba, qui s'est rapproché des islamistes et de Ghannouchi.

L’éducation nationale devient schizophrène avec cette double culture mal maîtrisée par Ben Ali qui pensant couper l’herbe sous le pied des islamistes, a décidé de revenir sur le système de la double culture instaurée par son prédécesseur en arabisant l’enseignement et en réduisant l’apprentissage de la langue française à une simple langue étrangère.
Sauf qu’une fois arrivé au niveau universitaire, beaucoup de filière sont enseignées uniquement en français comme les sciences, la médecine, les mathématiques ... alors que beaucoup d’étudiants ne maîtrisent pas cette langue. Ce qui complique leur formation. Cela explique par ailleurs, la baisse du niveau général des étudiants formés dans le système public.
Pour échapper à cette « paupérisation » du savoir, les plus nantis orientent leurs enfants vers des écoles et des universités privés qui ont conservé pour bon nombre d'entre elles, l’ancien système de double cultures qui a donné ses preuves. Sans parler des rejetons des pan arabistes et des pan islamistes qui réservent les meilleurs écoles et universités à leurs rejetons, alors qu'ils veulent imposer "l'arabisation" et les écoles coraniques aux enfants du petit peuple ! 

Faut-il rappeler l'erreur algérienne dans ce domaine ? Croyant faire taire les pan islamistes et leurs alliés les pan arabistes, le FLN au pouvoir a cédé à leurs revendications d'arabisation en recrutant par centaine des enseignants égyptiens dont beaucoup appartenaient à la mouvance des Frères musulmans qui ont importé en Algérie le wahhabisme et le mode sociétal qui va avec ! Résultat : une expérience de plus de 50 ans d'arabisation au pas de charge, s'est soldée par un échec total produisant des analphabètes trilingues (Français, arabe, berbère); les nouvelles générations ne maîtrisant ni l'arabe ni le français, mais l'islamisme des Frères musulmans, quant à lui, il s'est bien diffusé et implanté dans la société algérienne !
R.B
L'armée algérienne à la recherche des terroristes



Réforme de l’enseignement au Maroc : Belmokhtar enterre la politique d’arabisation

Trois ans après sa nomination au gouvernement Benkirane II, Rachid Belmokhtar a présenté son plan de sauvetage de l’enseignement public. Sa stratégie étalée sur quinze ans sonne le glas de la politique d’arabisation lancée il y a trois décennies.

Le ministre de l’Education nationale semble avoir définitivement gagné sa bataille contre Benkirane. L’enseignement des matières scientifiques et techniques en français va bien être mis en place. Le conseil des ministres du 6 janvier tenu à Laâyoune et présidé par le roi Mohammed VI, a entériné ce choix, déjà rendu public le 10 octobre dans une circulaire adressée aux directeurs des académies. Cette décision avait vivement été décriée par les partisans de la langue arabe et à leur tête le chef du gouvernement et sa formation politique.
La victoire de Belmokhtar ne souffre pas de la moindre équivoque. En plus de l’enseignement de certaines matières en français, le ministre a enfoncé le clou en donnant plus de place à l’apprentissage de la langue de Molière. Hier soir sur le JT francophone de 2M, il a annoncé que l’enseignement du français dans l’école publique débutera dès la première année du primaire contre la troisième actuellement. Voilà une annonce qui devrait susciter l’ire de Benkirane et des siens, mais ils ne pourront surement pas crier leur mécontentement à haute voix.

Fin de l’arabisation lancée il y a trois décennies 

Il faut dire que Belmokhtar a plus que jamais la bénédiction royale. Le ministre a en effet présenté les grandes lignes de son plan de sauvetage de l’enseignement durant les quinze prochaines années directement devant le monarque et non en conseil de gouvernement. Cela lui épargne de facto les critiques virulentes du secrétaire général du PJD comme ce fut le cas lors du passage de Benkirane devant la Chambre des conseillers le 1er décembre 2015.  
Par ailleurs, le français n’est pas la seule langue étrangère à avoir le droit de citer dans la réforme de Belmokhtar. La vision 2015-2030 accorde également une place importante à l’anglais. La langue de Shakespeare fera son entrée dans l’école publique dès la quatrième année du primaire. Et au lycée, des disciplines scientifiques et techniques seront enseignée en français et en anglais, a affirmé le ministre au JT de 2M.
Cette ouverture sur les langues étrangères sonne le glas de la politique d’arabisation lancée dans le chaos il y a trois décennies. Ce retour en arrière vise à redonner à l’école publique ses lettres de noblesse. Mais pour que la réforme puisse réussir il faudra mettre les moyens et surtout les ressources humaines nécessaires à la réalisation des objectifs de cette vision.

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