samedi 17 juillet 2021

QUE FAIRE DES ISLAMISTES ?


" Notre grand malheur est que nous vivons avec des gens qui pensent que 

Dieu n'a guidé personne d'autres qu'eux ". 

Ibn Sina - Avicenne


La paradoxe des islamistes : un pied dans la modernité, l'autre au moyen âge.

Le problème n'est pas que le monde ne les accepte pas, le problème est qu'ils n'acceptent pas le monde ! D'où la question de Kamel Daoud * "que faire des islamistes" ? Car si les démocrates ne savent toujours pas que faire d'eux, eux ils savent ce qu'il feront des démocrates : les éliminer physiquement pour cause de mécréance, entendez refus de conversion à leur wahhabisme !

Dans un article de Kapitalis, l'auteur dit que seule une véritable démocratie pourrait battre les islamistes ! Il propose de laisser les islamistes faire leur politique, espérant qu'une fois la démocratie acquise et installée dans un pays de droit et de justice, les peuples se détourneront d'eux; et leur parti finira par disparaître, comme bien d'autres avant lui, dans les sociétés démocratiques qui refusent les extrémismes !

Ce que semble ignorer cet auteur, est que Ghannouchi conscient de son impopularité et de celle de ses Frères musulmans, a trouvé la parade de ne pas être aux premières lignes en adoptant le " tawafuq / consensus " et en choisissant ses " oiseaux rares " parmi les dits progressistes, pour en faire ses marionnettes et leur imposer le programme des Frères musulmans pour la Tunisie, en leur faisant porter le chapeau des échecs et de l'impopularité des "réformes" pour islamiser le pays.
D'autre part, il semble ignorer que les Frères musulmans, après avoir submerger le monde "arabe", sont en train de gagner du terrain en Europe en profitant des régimes démocratiques, pour s'installer sur la scène politique européenne et accéder petit à petit aux centres du pouvoir des pays qu'ils convoitent; en commençant par les élections locales (municipales ...) et en visant les élections nationales (législatives ... et un jour, les présidentielles); aidés en cela, par les pétromonarques "grands amis de la France" !

Car les islamistes réfutent la démocratie, concept occidental dont ils ne trouvent trace dans le Coran, affirment-ils; mais qu'ils trouvent bien utile mais à usage unique, pour accéder au pouvoir, comme le rappelle Erdogan.

Les Frères musulmans jouent le temps ! Ghannouchi n'avait-il pas déconseillé à ses ouailles la création de partis propres aux islamistes, en recommandant à ses "enfants" d'intégrer d'abord les partis existants pour s'enraciner en Europe et miner de l'intérieur la démocratie, la laïcité, en pratiquant la fameuse "takqia" (tromper l'ennemi, pour survivre en milieu hostile); en attendant le moment propice pour tomber le masque et voler de leurs propres ailes !!

Alors que dire des pays "arabes" n'ayant jamais connu la démocratie ou en cours d'apprentissage de la démocratie, comme en Tunisie où les Tunisiens se sont laissés avoir par Ghannouchi et ses Frères musulmans à la faveur de la fumeuse révolution qui n'était qu'un coup d'Etat fomenté par le Qatar dans le cadre du fumeux "printemps arabe". Et quand ils ont commencé à se réveiller de leur torpeur, ils découvrent combien l'islamisme a fait de ravage dans la société tunisienne et à quel point les Frères musulmans ont détruit le pays en infiltrant tous les rouages de l'Etat pour en finir avec la république tunisienne.

D'ailleurs certains pour justifier la trahison de Béji Caid Essebsi qui a parjuré en s'alliant à Ghannouchi, prétendaient qu'il escomptait refaire le coup de François Mitterrand à Georges Marchais qui en s'alliant aux communistes a fini par tuer le parti communiste ! Mais n'est pas Mitterrand qui veut d'une part; et d'autre part, les Frères musulmans sont antirépublicains contrairement aux communistes.

La seule attitude responsable à avoir avec ce genre de doctrine dangereuse pour les peuples, est de l'interdire ! Ce qu'a fait l'Autriche qui vient d'interdire les Frères musulmans pour ne pas rejouer l'arrivée du nazisme démocratiquement en Allemagne, dans un peuple pourtant on ne peut mieux éduqué !

Ce qu'a compris aussi Abir Moussi, qui veut interdire les partis qui instrumentaliseraient la religion, reprenant en bonne destourienne fidèle au bourguibisme, l'article 8 de la constitution 1959 !!

Rachid Barnat

***

Jean-Pierre Ryf


Analyse pour une interdiction des partis religieux.


J’écris ce texte après avoir lu de très nombreux articles de juristes constitutionnalistes. Une très grande majorité pour ne pas dire l’unanimité, dresse un constat accablant des règles constitutionnelles et électorales qui gouvernent la Tunisie et qui ont été voulues, ne l’oublions pas, par les islamistes.

Ces règles dans leur principe, ont été élaborées et certains les justifient encore par le fait qu’elles empêcheraient tout retour à la dictature.

Alors certes aucune dictature n’est possible car il n’y a en réalité aucun pouvoir :
- le Président à Carthage n’a aucun réel pouvoir;
- l’Assemblée divisée et composée d’une multitude de partis qui ne représentent rien, n’a pas non plus, le pouvoir; et
- le Premier Ministre est malgré tout, sous la coupe de quelques partis qui ont le pouvoir de nuisance et celui de le démettre.

Autant dire que le pays n’est absolument pas dirigé, qu’aucun réel programme n’est en place. Et cela se constate, jour après jour depuis dix ans, avec une régression dans tous les domaines telle que le pays n’en a jamais connues !

Beaucoup des constitutionnalistes que je lis, font ce constat et estiment que la Constitution et les règles électorales doivent être changées.

Pourquoi malgré cette unanimité de l’analyse, cela ne se fait pas ?

Et bien tout simplement parce que les islamistes d’abord mais aussi quelques partis opportunistes et sans patriotisme, savent qu’avec un changement des règles, ils sont a peu prés sûr de perdre leurs postes et leur maigre pouvoir de nuisance.

Mais il y a autre chose ! Et cela je ne le lis jamais. Il faudrait aussi interdire les partis qui utilisent la religion. Et je vais dire pourquoi.

Il y a , en effet, des raisons importantes pour mettre en place cette interdiction.
La première est que les partis islamistes qui instrumentalisent la religion ont partout où ils ont eu le pouvoir, conduit leur pays au désastre et au déclin.
Ils ont fait régresser des pays qui étaient sur la voie du progrès et leur ont fait faire un bond en arrière évident.

Quant à ceux qui ont eu une apparente réussite, ils ne l’ont eu qu’au prix d’une dictature (Erdogan) et parce qu'ils avaient des richesses sur leur territoire (pétromonarques).

La seconde raison plus juridique celle-là, est que les partis islamistes qui accaparent le religieux, ont nécessairement une vocation totalitaire et dictatoriale dans la mesure où ils prétendent parler au nom d'Allah, usurpant de manière d’ailleurs blasphématoire le nom et la parole de Dieu.

Or il appartient aux règles constitutionnelles de faire en sorte d’empêcher une telle dérive totalitaire. Elle n’est possible qu’en interdisant les partis religieux.

Troisièmement, en dehors de cette dérive totalitaire inévitable, puisque parlant soi-disant au nom de Dieu, ils ne peuvent se tromper et ne peuvent admettre une opposition.
Ces partis dans les pays à grande majorité musulman, ne peuvent qu’aboutir à une division inacceptable entre « les bons musulmans », ceux qui adhérent à leur parti; et « les mauvais musulmans », ceux qui les combattent !

Ils créent donc de manière inévitable et très grave une division de la société, une « fitna » qui ne peut que nuire au fonctionnement des pays.

Et ce d’autant qu’ils utilisent abusivement les mosquées et les imams pour leur propagande, mettant tous les autres partis dans une position d’inégalité contraire aux règles d’une réelle démocratie.

Depuis la survenue de ce véritable cancer qu’est l’islamisme politique, la politique est devenue inefficace et donc a été atteinte jusqu'a entrainer les citoyens à douter d’elle; mais la religion aussi a perdu du terrain car beaucoup commencent à douter de la religion quand ils voient les dérives commises par les prétendus « religieux ».
On ne compte pas les jeunes et moins jeunes qui, désormais ont relégué la religion au rayon des idées nuisibles.

De toute manière dans l’histoire de toutes les religions, elles ont montré que lorsqu’elles étaient au pouvoir, elles étaient dictatoriales.

Je pense donc qu’il existe des raisons objectives et majeures d’interdire ces partis et c’est une question dont les Constitutionalistes devraient s’emparer.



Que faire d'Eux ? La grande question du nouveau siècle.
Mais que faire des islamistes ? Les tuer ? Les jeter à la mer ? Les ignorer jusqu'au moment où ils dépassent la démographie de la Chine ? Les rééduquer dans des camps du Sud ou en Suède ? Les surveiller de l'aube et jusqu'à la mort ? Les ficher ? Les convertir ? Les arrêter ou les torturer ? Les assimiler ou leur offrir un coin du désert où ils peuvent vivre leur délire sans gêner le reste de l'humanité ? On ne sait pas. Ils sont là. Dans le monde d'Allah et en Occident. Chacun y va de sa solution et de sa proposition. Les uns pensent qu'on peut les convaincre d'accepter l'Autre et les autres.

D'autres pensent qu'il faut les tuer. Certains disent qu'il faut éradiquer l'islamisme dans les écoles, les TV, les livres et les idées au lieu d'essayer d'éradiquer le produit final, alias l'islamiste. Certains essayent aussi de comprendre comment on devient islamiste. A cause du manque de désir de vivre ? Du manque de désir ? De loisirs ? De perspective ? D'argent ? A cause de l'Arabie Saoudite et ses fonds de propagande ?

La solution n'est pas encore trouvée: si on les tue, ils se multiplient. Si on les élit, ils détruisent les urnes, retirent l'échelle qui leur a permis de grimper, puis instaurent le califat et procèdent au jugement dernier puis pourchassent les démocrates et les pendent aux poteaux comme ont fait les ayatollahs.

Si on tente de les rééduquer, ils font semblant d'accepter, sourient puis attendent le moment de votre sommeil et de votre inattention. Le problème de fond étant que les islamistes ne veulent pas vivre leur croyance sans embêter l'humanité. Leur croyance suppose et impose que l'on change celle des autres. Leur but n'est pas de vivre leur foi mais de l'imposer aux autres, par la force ou l'attente rusée. Les islamistes ne peuvent pas être uniquement des musulmans mais croient qu'il faut que le monde entier le soit et à leur manière. D'où l'impossibilité de la solution.

«Que faire des islamistes ?» n'a pas encore de réponse satisfaisante. Mais la question inverse de «que faire du monde ?» que se posent les islamistes depuis qu'ils existent, en a une: lui mettre le front à terre. Le transformer en tapis de prière. L'obliger à abdiquer ou à mourir. Le combattre, le détruire, le convertir, lui couper la main ou le voiler. Eux, ils savent ce qu'ils doivent faire du monde là où nous ne savons pas ce que l'on doit faire d'eux.

Conclusion ? Le problème n'est pas que le monde ne les accepte pas, le problème est qu'ils sont incapables d'ACCEPTER le monde.

3 commentaires:

  1. Saida Douki Dedieu :

    Les islamistes sont des prédateurs à exclure de tout jeu démocratique et à marginaliser socialement par une déconstruction systématique de leur discours démagogique.

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  2. MEFIEZ-VOUS D'UN FRERE MUSULMAN QUI FAIT SA MEA-CULPA ...

    Devant la grosse colère populaire, les Frères musulmans d'Ennahdha, toujours fidèles à leur stratégie de la "takqia", reconnaissent leur responsabilité dans les échecs, objet de cette colère.

    Certains même, font leur mea-culpa en publique, dans l'espoir d'une clémence de la part des Tunisiens; ou pire, ils imputent les "échecs" à Ghannouchi en fin de parcours pour le dégager et prendre sa place, la guerre intestine de succession qui déchire ce parti, éclatant au plein jour pour les plus ambitieux !

    Or il faut savoir que les "échecs" comme les perçoivent les Tunisiens, n'en sont pas pour Ghannouchi ni pour ses Frères musulmans !

    Bien au contraire !

    Depuis que l'émir du Qatar les a installés au pouvoir, ils ont méthodiquement appliqué le programme de la confrérie pour la Tunisie :
    - ils ont pu passer de force certaines de leurs réformes,
    - d'autres impopulaires, ils les ont imputées à leurs alliés "progressistes", faisant porter le chapeau de leur impopularité aux "oiseaux rares progressistes" de Ghannouchi.
    - et s'ils ont semblé revenir en arrière sur certaines "réformes" impopulaires, c'est pour eux "reculer pour mieux sauter" et ne pas braquer les Tunisiens contre Ennahdha ...

    Alors méfiance !

    Les Frères musulmans temporiseront; et hypocritement demanderont pardon.

    Ils appliqueront encore et toujours leur règle "takqia" ... mais reprendront leur programme tôt ou tard, là où ils s'est arrêté; parcequ'ils n'en ont pas d'autre !

    Il leur faut finir le travail de sape de la République et de ses institutions, en paupérisant la population et le pays, pour laisser place nette au Califat qu'ils veulent restaurer, comme ils restaureront tôt ou tard la chariaa, en lieu et place du Code Civil !

    Tout le monde se rappelle le cri du cœur de Hammadi Jebali au lendemain du 14 janvier 2011, claironnant l'avènement du VIéme Califat !

    Les Frères musulmans mentent comme ils respirent, puisque le mensonge est halal (licite), dés lors qu'il est au service de leur cause.

    Alors vigilance !!

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  3. EN 2011, LES FRERES MUSULMANS D'ENNAHDHA, DISAIENT TOUS ÊTRE PAUVRES AU SERVICE DES PAUVRES !

    Mais alors d'où leur viennent les fortunes subites, à peine arrivés au pouvoir ?!

    Le Pr Sadok BELAID, ancien doyen de la fac de droit :

    " Il n'y a d'autre issue à la crise que connaît le pays, que de dissoudre l'assemblée, de mettre en prison la moitié des députés et de vérifier l'origine de leurs fortunes subites " !

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