jeudi 19 février 2026

La France, on l'aime ou on la quitte ...


Le débat entre ces deux Français de confession juive, issus de l'immigration algérienne, doit être nuancé. Car si l'un cite les étrangers qui ont intégré la culture française et ont contribué à faire évoluer positivement la France pour la nourrir de leurs apports personnels; l'autre dénonce les islamistes dont les Frères musulmans qui sont en guerre contre la laïcité et refusent de s’intégrer mais cherchent à imposer leur religion et leur culture aux Français, en recourant au besoin à la violence et au terrorisme. 

R.B

Jacques ATTALI 

Jacques Attali, s'adressant à Eric Zemmour ... 

... On ne dira jamais assez de mal de tous ces gens venus d'ailleurs qui, depuis des siècles, s'acharnent à défigurer la France, à la détruire, à ne lui apporter que le pire. Et pire encore, qui y font des enfants qui continuent leur oeuvre destructrice.

Parmi ceux nés à l'étranger, innombrables ennemis de l'identité française, quelques noms, en vrac, venant :
- d'Italie (Mazarin, Catherine de Médicis, Casanova, Elsa Schiaparelli, Guillaume Apollinaire, Yves Montand, Pierre Cardin, Marcel Bich, Sergio Reggiani), 
- d'Allemagne (Simone Signoret), d'Autriche (Romy Schneider), 
- d'Espagne (Pablo Picasso, Juan Gris, Jorge Semprún, Michel del Castillo, Cristóbal Balenciaga), 
- de Suisse (Blaise Cendrars, Françoise Giroud, Le Corbusier), 
- de Belgique (Raymond Devos, Robert Denoël, Agnès Varda), 
- de Grèce (Kostas Axelos, Vassilis Alexakis, Costa-Gavras, Iannis Xenakis), 
- de République tchèque (Milan Kundera), 
- de Pologne (Frédéric Chopin, Marie Curie, Henri Krasucki, Octave Klaba, Jean-Marie Lustiger), 
- de Lituanie (Emmanuel Levinas), 
- de Hongrie (Joseph Kosma), 
- de Finlande (Ellen Thesleff, Helene Schjerfbeck, Elin Danielson-Gambogi), 
- de Suède (Siri Derkert, Hanna Hirsch-Pauli), 
- de Biélorussie (Marc Chagall), 
- de Russie (Nicolas de Staël, Romain Gary, Vassily Kandinsky, Arthur Adamov, la comtesse de Ségur, Andreï Makine, Léon Poliakov, Nathalie Sarraute, Henri Troyat, Elsa Triolet, Anna Golubkina, Marie Vassilieff), 
- d'Ukraine (Georges Charpak, Serge Lifar), 
- de Bulgarie (Tzvetan Todorov), 
- de Serbie (Enki Bilal), 
- de Roumanie (Eugène Ionesco, Cioran, Brancusi), 
- de Cuba (José-Maria de Heredia), 
- d'Uruguay (Jules Supervielle), 
- du Brésil (Tarsila do Amaral), 
- d'Argentine (Joseph Kessel), 
- des Etats-Unis (Julien Green, Jules Dassin, Joe Dassin, Joséphine Baker), 
- d'Egypte (Albert Cossery, Guy Béart, Georges Moustaki, Dalida, Claude François, Andrée Chedid, Louis Chedid), 
- du Maroc (Serge Haroche, Tahar Ben Jelloun, Jean Reno, Gad Elmaleh, Jamel Debbouze) ; - de Tunisie (Georges Wolinski, Azzedine Alaïa), 
- d'Algérie (José Aboulker, Jacques Derrida, Gilles Cohen-Tannoudji, Jean-Pierre Bacri, Jean Daniel, Kad Merad, Patrick Bruel), 
- du Sénégal (Ousmane Sembène), 
- de Turquie (Missak Manouchian, Henri Verneuil), d'Iran (Marjane Satrapi), 
- du Liban (Rodolphe Saadé, Ibrahim Maalouf), 
- de Syrie (Mohamed Altrad), 
- de Chine (François Cheng, Cai Guo-Qiang, Zao Wou-Ki, Fang Junbi), 
- du Japon (Kenzo Takada). 

Et tant d'autres, dont au moins, très récemment, de très grands chefs d'entreprise, de grands médecins, des chercheurs exceptionnels, deux maires de Paris, des dizaines de ministres et deux Premiers ministres.

Il ne faut pas non plus oublier ceux qui sont nés en France d'un parent venu de l'étranger, et qui ont fait, ou font encore, comme chacun sait, le plus grand tort à l'identité française : Germaine de Staël, Irène Joliot-Curie, Albert Uderzo, René Goscinny, Robert Badinter, Zinedine Zidane, Emile Zola, Emile et Isaac Pereire, Henri Bergson, Roger Vadim, Marcel Marceau, Charles Aznavour, Coluche, Edgar Morin, Isabelle Adjani, Fabrice Luchini, Raymond Kopa, Serge Gainsbourg, Vladimir Jankélévitch, Omar Sy, Jacques Tati, Roman Polanski, Emmanuelle Béart, Jeanne Moreau, Johnny Hallyday, Josiane Balasko, Manu Chao, Louis de Funès, Michel Jonasz, Mathieu Kassovitz, Jean-Paul Belmondo, Georges Brassens, François Cavanna, Joann Sfar, Lino Ventura, Francis Cabrel, Léon Gambetta, Michel Platini, Bernard Kouchner, Claude Berri, Agnés Jaoui, Jean-Jacques Goldman, Jean-Pierre Mocky, Georges Perec, Catherine Ringer, Françoise Dolto, Gérard Oury, Michel Polnareff, Maxime Rodinson, Pierre-André Taguieff, Marina Vlady, Alain Prost, Yannick Noah, Robert Hossein, Yasmina Reza, Francis Picabia. Et tant d'autres, dont très récemment encore, des centaines de maires, des dizaines de ministres et un président de la République.

A cela, il faut ajouter tous ceux qui, femmes et hommes, anonymes, ont tant nui à la France en lui donnant leur vie au combat. Et enfin, ceux qui, par millions, sont venus depuis plus de deux siècles, et viennent encore lui apporter leur savoir, leur créativité, leur travail ; qu'ils soient (au féminin ou au masculin) policiers, magistrats, pompiers, médecins, enseignants, chercheurs, avocats, ingénieurs, financiers, journalistes, artistes, cuisiniers, chauffeurs, carrossiers, mineurs, maçons, plombiers, éboueurs, infirmières, assistantes maternelles, aides-soignantes ; et tant d'autres.

Grâce au ciel, nous avons su aussi, au cours des siècles, chasser bien des protestants, juifs et musulmans, qui défiguraient notre pays et sont partis en enrichir d'autres.

Encore un effort, et nous serons bientôt pur de toute présence étrangère, sans grand ni petit remplacement, dans un néant réconfortant.


dimanche 8 février 2026

Quand les élites se délitent ...

..., elles font le lit des populistes; et s'est la fin de la démocratie et le règne des autocraties.

R.B

Le sacrifice  de la fille de Jephté * - de Giovanni Battista

 Nathalie Bianco

Toute société choisit ce qu’elle est prête à sacrifier.

Ses principes, la vérité, la justice.
Parfois (trop souvent) ce sont ses enfants.
L’affaire Epstein n’est pas une exception à cette règle. Elle en est juste une illustration.

Cette horreur n’aurait jamais pu durer aussi longtemps sans les innombrables connexions du milliardaire, sans les puissants qui gravitaient autour de lui, cette caste internationale qui sillonne le monde en jets privés : responsables politiques, célébrités hors-sol, hommes d’affaires. Tous ne partageaient pas forcément les penchants sordides de l'homme et de son entourage. Mais comment les ignorer ? Ceux qui savaient avaient tout intérêt à se taire et à regarder ailleurs. Pas par naïveté mais par confort, par calcul, par lâcheté. Inutile de s’évertuer à chercher une couleur politique majoritaire : la saloperie dépasse largement les clivages.
Ce qui importe, c’est que cette cécité volontaire et cette impunité prolongée ne sont pas tombées du ciel. Elles se sont construites et elles se sont négociées.

Tout à un coût.
Partout dans le monde.
Et ce coût n’est pas uniquement financier.

Par exemple, en Angleterre, avec l'ignoble affaire des "grooming gangs", ce coût a été jugé trop élevé pendant des décennies. Depuis les années 1990, des milliers de très jeunes filles, souvent issues de milieux populaires, parfois placées par les services sociaux, ont été violées, exploitées, prostituées. Les autorités savaient, les rapports existaient et les signalements se sont accumulés. Et pourtant, on a laissé faire. Parce que les auteurs appartenaient à des gangs pakistanais et que les institutions ont refusé d’agir par peur d’être accusées de racisme. Le risque politique, médiatique et idéologique de poursuites ciblant ces gangs a été jugé plus élevé que le sort des victimes.
Le calcul a été fait. Dans cet arbitrage, préserver une fiction de cohésion sociale a pesé plus lourd que protéger des gamines défavorisées.

En France aussi, on calcule. On évalue. On temporise. On pèse le coût avant d’agir. On attend d’être vraiment au pied du mur pour bouger. C’est bon, c’est bon. Poussez pas. On va y aller. Oui, d’accord, on va finir par demander des comptes à un ex-ministre cité depuis des années dans plusieurs affaires de pédocriminalité. Oui, OK, on va le faire sauter, ce vieux fusible dégueulasse. On va le laisser griller tranquillement, pour protéger le circuit.
On n’a plus le choix de toute façon, le coût de l’inaction serait désormais trop élevé, en termes d’image.

Tout à un coût.

Un jour peut-être, on parlera enfin des réseaux de prostitution infantile qui prospèrent aux portes mêmes des foyers de la protection de l’enfance. Des jeunes filles placées qui « disparaissent » dans des circuits pourtant connus des services sociaux. Des proxénètes qui recrutent dans les structures censées protéger. Les alertes existent. On les connaît. Mais on prend notre temps. C’est compliqué. Il faut des moyens, vous comprenez. Beaucoup de moyens. Ça ne se fait pas comme ça, d’un claquement de doigts. Qu’est-ce que vous croyez ? Dans quelques mois, peut-être. Dans quelques années, plus sûrement.
En attendant, occupez-vous avec ce qu’on vous donne. Vous avez-déjà un haut-commissariat à l’enfance, une « défenseure » des enfants, une « commission indépendante » à l’Assemblée nationale. Lisez leurs rapports. Comment ça, ce n’est pas suffisant ? Faisons une nouvelle commission parlementaire alors. Ils nous pondront un nouveau rapport. Toujours pas ? Alors, on va créer un nouveau poste de « défenseur des enfants à l’école ». Il fera un autre rapport, n’en doutez pas.
Pendant ce temps, on continue à cultiver l’impuissance et les plus jeunes, les plus fragiles sont sacrifiés, une fois de plus. Quand un système de protection devient un vivier pour des prédateurs, il ne s’agit plus d’une simple défaillance, mais d’une lourde responsabilité.

L’impunité a plusieurs visages. Elle n’est pas toujours le fruit d’un complot sophistiqué entre abjectes élites dégénérées. Parfois, elle n’est qu’une chaîne de silences, de renoncements et de lâchetés. Elle naît de la peur idéologique, du refus de nommer le réel, de la priorité donnée au maintien d’un système plutôt qu’à la protection des plus faibles. Le plus souvent, elle est le résultat d’un calcul froid et parfaitement rationnel.
Protéger les enfants, partout et tout le temps, devrait être notre instinct le plus évident, pour notre occident, si fier de sa supériorité morale. C’est devenu un simple arbitrage.
Toute société choisit ce qu’elle est prête à sacrifier.


* Je voulais mettre le tableau du Caravage « le sacrifice d’Isaac » ou celui de Delacroix « Médée tuant ses enfants », mais sur l’un, il y a un couteau et sur l’autre des seins nus et mon post aurait été censuré. Parce que, sur les réseaux, on peut fermer les yeux sur des gamins qui se sont fait broyer pendant des décennies, mais pas contrevenir aux standards de la communauté.

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Jack Lang, Epstein et l’Institut du monde arabe : la chute d’un symbole.

Quand l’exigence morale rattrape enfin les puissants *

Pendant plus d’une décennie, Jack Lang a incarné l’Institut du monde arabe, symbole de dialogue culturel, de diplomatie et de rayonnement intellectuel. Mais en février 2026, ce monument de la vie politique et culturelle française a vacillé. Acculé par des révélations accablantes sur ses liens financiers et d’intérêts avec Jeffrey Epstein, financier pédocriminel mondialement connu, Jack Lang a finalement annoncé sa démission. Une affaire tentaculaire, où se mêlent argent offshore, complaisance institutionnelle, silence politique et naufrage moral.

Une démission devenue inévitable 

Les appels à la démission se sont multipliés durant plusieurs jours. D’abord balayés d’un revers de main par l’ancien ministre, ils ont fini par produire leur effet.
Le samedi 7 février 2026, Jack Lang annonce son départ de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), qu’il occupait depuis 2013.
Dans une lettre adressée au ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et consultée par l’AFP, Jack Lang évoque un « climat délétère », fait « d’attaques personnelles, de soupçons et d’amalgames ». Il affirme que ces accusations sont « infondées » et assure vouloir préserver l’IMA d’un dommage supplémentaire.

Une rhétorique classique 

Se poser en victime d’un climat injuste, tout en quittant ses fonctions « pour le bien de l’institution ». L’Élysée et le Quai d’Orsay se contentent de « prendre acte ». Fin de règne feutrée, sans mea culpa, sans excuses, sans véritable explication publique.

La justice entre en scène 

La veille de cette démission, le Parquet national financier (PNF) avait pourtant ouvert une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille, Caroline Lang.
Cette enquête fait suite aux révélations de Mediapart, fondées sur des documents du ministère de la justice américain (DOJ), établissant des liens financiers directs entre la famille Lang et Jeffrey Epstein, par l’intermédiaire d’une société offshore domiciliée aux îles Vierges américaines.
En droit français, le blanchiment de fraude fiscale est passible de cinq ans de prison, peine pouvant être doublée en cas de circonstances aggravantes. La présomption d’innocence demeure, mais les faits révélés sont suffisamment graves pour justifier l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Prytanee LLC : une société offshore au cœur du scandale
En 2016, Caroline Lang crée, à parts égales avec Jeffrey Epstein, une société offshore baptisée Prytanee LLC, spécialisée dans la spéculation sur des œuvres d’art.
Epstein finance. Caroline Lang apporte son « expertise artistique ». Plus d’un million d’euros transitent par un compte à la Deutsche Bank.
Caroline Lang reconnaît ne jamais avoir déclaré cette structure au fisc français.
Plus troublant encore : Jeffrey Epstein, deux jours avant sa mort en prison en août 2019, inscrit Caroline Lang dans son testament, lui promettant 5 millions de dollars. Une somme qu’elle n’a jamais perçue, mais dont l’existence interroge lourdement.
Jack Lang, un spectateur… vraiment ?
Jack Lang nie toute implication directe. Pourtant, les documents américains racontent une autre histoire.
Dans un courriel de janvier 2016, Jeffrey Epstein détaille un projet explicite :
« J’investis 20 millions de dollars. Jacques achète les œuvres d’art. Je n’interviens pas. Nous partageons les bénéfices à parts égales. Les recettes lui reviennent ou reviennent aux membres de sa famille. Il peut appeler cela le Fonds Lang Art. »
Le nom de Jack Lang figure également dans des statuts internes de Prytanee LLC, lesquels prévoient la dissolution de la société en cas de décès… de Jeffrey Epstein, de Caroline Lang ou de Jack Lang.
Jack Lang affirme n’avoir découvert cette mention que récemment.

Avantages, services et complaisances

Les courriels révélés montrent aussi que Jeffrey Epstein prenait en charge des déplacements de Jack Lang, avec voiture et chauffeur.
Des frais assumés par le financier pédocriminel, sans que l’ancien ministre n’en conteste la réalité. Il les justifie comme une « économie » pour l’Institut du monde arabe.
À ce stade, la frontière entre naïveté, dépendance et conflit d’intérêts devient dangereusement floue.
Une chute politique et morale
Le 2 février, Caroline Lang démissionne de la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma.
Cinq jours plus tard, son père est contraint de quitter l’IMA.
Jack Lang espérait rester en poste jusqu’aux 40 ans de l’institution. À 86 ans, il quitte finalement la scène par la petite porte, emporté par une affaire qui pose une question simple mais brutale :
- Peut-on diriger une grande institution publique tout en fréquentant, bénéficiant et collaborant financièrement avec un criminel sexuel international ?
La réponse, tardive mais claire, est désormais non.
Une affaire révélatrice d’un système
Au-delà de Jack Lang, cette affaire éclaire une réalité plus large :
celle d’une élite politique et culturelle trop longtemps protégée, excusée, sanctuarisée.
Celle d’un système où les symboles priment sur l’exemplarité, où la réputation sert de bouclier moral.
La démission n’efface rien. Elle ne répare ni les faits, ni le silence, ni l’indignité des complaisances passées. Mais elle rappelle une évidence : personne ne devrait être au-dessus de l’exigence démocratique et morale.

* Sources : Mediapart, AFP, Le Monde