vendredi 22 mai 2015

Touches pas à mon bilinguisme !

Curieux revirement d'un progressiste : céderait-il aux injonctions de Ghannouchi dont on sait l'obsession pour l'arabité ? 
Ennahdha bien que battue aux élections et depuis qu'on l'a imposée à Nidaa Tounes, dictera-elle son programme à cette dernière ?
Si Néji Jelloul le ministre de l'éducation nationale n'est pas convaincu d'un tel programme régressif, il peut toujours démissionner ... car il perdrait sa crédibilité lui qui a combattu les Frères musulmans haut et fort !
Nidaa Tounes referait-il l'erreur de Mohamed Mzali et de ZABA ? 
Ne tirerait-il pas plutôt la leçon de leur échec ??
R.B
Néji Jalloul, notre ministre de l’Éducation déclare:
«Je vais renforcer la langue arabe (…) C’est cela mon programme (…) On n’enseignera plus les langues étrangères avant la quatrième année (…) L’enracinement de l’identité arabo-musulmane [chez l’élève], la nationalisation du savoir, c’est cela que nous voulons appliquer» .

Il convient de noter, dans ce contexte, que l’expression IDENTITÉ ARABO-MUSULMANE fut l’expression la plus véhiculée tous azimuts, depuis l’avènement de notre Révolution, comme s’il s’agissait d’une RÉVOLUTION IDENTITAIRE OU RELIGIEUSE, ce qu’elle n’est surtout pas, puisque ses mots d’ordre furent « Liberté », « Dignité » et « Justice sociale » : aucun slogan identitaire ou religieux ne fut crié ou écrit, aucun discours de ce type ne fut prononcé, tout au long des semaines de feu et de sang de notre soulèvement. 

Néji Jalloul a affirmé, en outre, qu’il croit profondément que l’arabe doit être la langue d’enseignement de toutes les matières, y compris les matières scientifiques à tous les niveaux, car, dit-il, il s’agit d’une VOLONTÉ POLITIQUE et d’un choix civilisationnel, en ajoutant qu’il est fort probable qu’il soumette son projet de réforme au référendum populaire.
Finalement, ces propos de Néji Jalloul sont plus au diapason avec l’Article 38 du projet de Constitution, proposé par le PARTI ISLAMISTE Ennahdha filiale tunisienne des FRÈRES MUSULMANS, adopté en première lecture, mais, rejeté, par la suite, grâce au combat acharné des modernistes, politiques et militants de la société civile dont il faisait partie, qu’avec la version finale de cet Article, adoptée grâce à ce combat.
Ah, démagogie et POPULISME quand vous nous tenez, on peut bien dire adieu Révolution !
J’invite, à ce sujet, Monsieur le ministre, et néanmoins mon cher Collègue, à méditer le titre d’un célèbre article écrit par Béchir Ben Yahmed, dans son hebdomadaire Jeune Afrique, tout au début des années soixante, en plein débat sur l’arabisation de l’enseignement, lorsque l’idée qu’il avance lui-même aujourd’hui a été proposée par des collègues, décideurs et certains courants de l’époque, avec, exactement, la même argumentation (Il n'y a rien de nouveau sous le soleil !; comme dit le dicton), idée que j’avais combattue, en tant que militant au sein de l’UGET (Union générale des étudiants de Tunisie). 
Heureusement que cette ARABISATION n’a jamais vu le jour, par la volonté, essentiellement, du Président Habib Bourguiba. 

Le titre en question, à méditer, est : L’avenir n’appartient pas au peuple dont la langue est la plus parlée, mais, il appartient au peuple qui parle le plus de langues !

Sur les risques et dangers encourus à cause de ses projets, j’invite Monsieur le ministre à lire ou relire mon article intitulé « Non à l'Article 38 et à l'Amendement N° 70 de la Constitution tunisienne en gestation ! » et sur la notion d’identité arabo-musulmane, je l'invite à lire ou relire l’excellent article de Moncef M’HALLA, paru au lendemain de notre Révolution et ayant pour titre « L'identité "arabo-musulmane, n'est qu'un alibi » !
En conclusion, nous avons poussé, difficilement, l’Article 38 nahdhaoui par la porte, et, voilà que Néji Jalloul projette de le faire REVENIR par la fenêtre ! Autrement dit, il ne suffit pas d’avoir une Constitution moderniste, car, tout dépend de la législation secondaire, à savoir, les Lois et Décrets d’application. 

Que ce bémol de cette nouvelle législature RÉACTIVE NOTRE VIGILANCE réactive et notre mobilisation !

Mohamed Sghaier Ouled Ahmed, poète tunisien engagé

UN POÈTE NATIONALISTE ET ENGAGE 
fils spirituel d'Abou El Kacem Chabbi :

Le poète tunisien Mohamed Sghaier Ouled Ahmed présent sur le plateau de "Watania 1", dans un débat consacré à "la liberté d'expression et ses limites", a été remarquable dans sa clarté et la profondeur d'analyse face à un obscurantiste qui semble fier de l'être !
Il n'a cessé d’interpeller le représentant du parti "Tahrir" (parti islamiste extrémiste), jusqu'à le pousser dans ses retranchements, quand il lui demande en quoi consiste les concepts qu'il n'a cessé de nous seriner : islam, musulman, oumma, sacré... 
Lui rappelant que nous sommes tous musulmans et appartenant géographiquement et culturellement à la Méditerranée et non à l'Arabie et autres contrées du Golfe;
Lui demandant s'il admet que la Tunisie est une nation à part, et s'il reconnait ses frontières...

Que répond l'extrémiste de service ? Il nous dit clairement qu'il est pan islamiste et voudrait que les tunisiens soient dilués dans la oumma musulmane englobant tous les musulmans du monde !
Rien que çà !

En clair, cet individu voudrait la disparation de notre identité tunisienne, de la république tunisienne, de la nation tunisienne... 
En somme il voudrait effacer notre spécificité pour faire de nous des "arabo musulmans" au sens où il l'entend : c'est à dire des saoudiens wahhabites, de seconde classe !

Quand au ministre de la culture, présent lui aussi dans ce débat; il a brillé par une langue de bois affligeante comme en ont l'habitude les ministre issus de la troika minoritaires (CPR et Ettakatol).
Une représentante des droits de l'homme a essayé de résister au mépris du représentant de Tahrir... elle aurait pu mieux faire et ne pas se laisser impressionner par un tel individu.
Bravo à notre poète !
Rachid Barnat
Sghaier-Ouled-Ahmed-Paris-1989
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Les vents vont souffler
Et leurs demeures sont de pailles ...
Leurs pattes sont hautes
Et leurs vitres sont fragiles

N'ayez jamais crainte mes frères ...
S'ils chassent un oiseau de chez lui,
Demeure son nid.


Lire aussi : Poème inédit de Ouled Ahmed - “Hadhâ ‘Anâ” (C’est moi) 


jeudi 21 mai 2015

Quand la langue arabe se substitue à l'identité arabe chez les berbères !

Nidaa Tounes veut arabiser encore plus l'enseignement ! 
Une concession de plus aux pan islamistes et leurs amis les pan arabistes ?
Cela devient obsessionnel chez certains qui se veulent plus arabes que les arabes d'Arabie !
Cela traduit le complexe de ceux qui se veulent arabes ... alors que les arabes d'Arabie les méprisent !!
R.B
Dali Benabdallah
Dali Benabdallah

Si l’Algérie est arabe, pourquoi l’arabiser ? 
" Si l’Algérie n’est pas arabe pourquoi l’arabiser ? "
Kateb Yacine


Non content du désastre linguistique de communication, du désastre culturel et intellectuel, causés par la réforme catastrophique de l’arabisation à outrance de l’enseignement par Mohamed Mzali, l’actuel ministre de l’Education nationale Neji Jalloul veut enfoncer le clou en renforçant davantage la langue arabe au détriment du français surtout mais aussi de l’anglais, langues véhiculaires par excellence.

Pour rappel édifiant,c’est Mohamed Mzali alors ministre de l’Education nationale dans les années 70 qui avait décidé d’arabiser au maximum les matières scientifiques enseignées.

Nommé Premier ministre par Bourguiba de 1980 à 1986, il avait renforcé l’arabisation malgré la contestation de quelques intellectuels qui ont osé donner de la voix sous le pouvoir sans partage du PSD (Parti socialiste destourien, devenu RCD sous Ben Ali).

Bourguiba président à vie, en ces années-là n’était lucide que par intermittence.

Puis pour se rapprocher des pays arabes du Moyen-Orient, en quête sans doute de leur soutien pour renverser Bourguiba, Mzali avait eu des accointances avec le MIT de Ghannouchi (Mouvement de la tendance islamique, l’actuel Ennahdha) allant jusqu’à encourager les étudiants islamistes à stopper l’ardeur des étudiants gauchistes qui contestaient la mainmise sur le pays du parti unique au pouvoir et la présidence à vie de Bourguiba.

En 1987 Ben Ali arrive au pouvoir après un coup d’Etat sans effusion de sang et poursuit l’arabisation à outrance avec la politique du maximum d’accès aux diplômes, au détriment de la qualité bien sûr, sacrifiant ainsi une deuxième génération.

Au bout du compte, deux générations de Tunisiens, sauf une minorité inscrite dans les écoles privées et bien encadrée par les parents, ne sont pas capables de rédiger correctement deux phrases, ni en arabe, ni en français et ni en anglais; ce dernier étant devenu langue incontournable avec le développement de l'informatique.

Et voilà qu’aujourd’hui, au lieu de tenter de repêcher ces deux générations victimes de cette abomination qu’est l’arabisation en Tunisie francophone, on veut achever la société en en sacrifiant une troisième !

Que la société civile, les médias, les intellectuels (les vrais) focalisent le débat sur cette question cruciale afin d’empêcher le ministre de l'Education de donner le coup de grâce à une Tunisie en perdition.
Que ceux qui ont une audience sur FB et ailleurs tirent la sonnette d’alarme !

N’en déplaise au ministre de l’Education nationale, au président de la République lui-même, à beaucoup d’autres dans l’erreur et surtout aux islamistes plus proches des bédouins d’Arabie que des tunisiens, l’arabe n’est absolument pas la langue maternelle des Tunisiens, ni d’aucun autre pays abusivement dit "arabe", en dehors de l'Arabie.
Si les discours officiels ou la presse écrite utilisent l’arabe, celui-ci n’est pas employé dans le quotidien de ces pays dits "arabes".
Il est vrai que le dialecte au Moyen-Orient contient plus de vocables de la langue arabe que les pays nord-africains, sans plus.Ce qui donne la fausse idée qu’on parle arabe au Moyen-Orient.

Quant à notre dialecte tunisien, la "derja", il est très riche et plutôt chatoyant, résultat du brassage de cultures et de civilisations trois fois millénaires.

Un exemple d’anachronisme, d’incohérence inhérents à l’arabe littéraire : 
Dès l’apparition de la téléphonie mobile, on dit portable en Afrique du nord, ’’mobaïle’’, puis ‘’nakal’’, puis ‘’jawel’’ au Moyen-Orient y compris la Libye.
Et comme l’académie des lettres arabes est aussi inefficace que la Ligue arabe, le temps qu’elle décide d’une réunion pour se mettre d’accord sur les néologismes, le terme ’’ portable’’ en Tunisie ne s’en porte que mieux.
Et quid des termes techniques en technologie, en art, en médecine… ?

Autre exemple : un Danois, un Allemand, un Français, un Italien, un Américain, un Russe, un Japonais, ... du foyer à l’université en passant par la maternelle et l’école; dans l’administration, dans les médias audiovisuels et écrits, dans les livres et partout dans le monde du travail, apprend et communique dans la même langue : sa langue maternelle.
Il n’y a qu’à comparer l’aisance de leurs enfants comme celle des adultes quelque soit le degré de leur instruction, quand on les interroge devant la caméra-trottoir; avec le bégaiement de nos enfants, pour se rendre compte du handicap linguistique.

L’anglais étant devenue la première langue internationale de communication, il est enseigné comme première langue vivante dans la plupart de ces pays-là.

Le français du siècle des Lumières, du savoir-faire français, de la culture française , est pour nous Tunisiens la meilleure langue véhiculaire pour rester dans le sillage des nations modernes nonobstant leur système imparfait.

L’arabe est la langue ampoulée du Coran, du discours officiel et de la littérature arabe dépassée aujourd’hui.

Il faut impérativement retourner à l’équilibre des langues dans l’enseignement d’avant la réforme désastreuse de Mzali.

Et si un jour on réussit à donner un caractère officiel, constitutionnel, au dialecte tunisien, on pourra dire que la Tunisie est désormais sauvée des griffes des pan-islamistes comme des pan-arabistes ... et protégée contre Ghannouchi et ses amis bédouins wahhabites de la péninsule arabique.

Signé un authentique Tunisien.
#DBA-21/5/2015#







lundi 18 mai 2015

Le mouvement écologique ...

A la caisse d’un super marché une vieille femme choisit un sac en plastique pour ranger ses achats. La caissière lui reproche alors de ne pas se mettre à « l’écologie » et lui dit:
« Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources! »

La vieille femme s’excusant auprès de la caissière expliqua:
« Je suis désolée, nous n’avions pas de mouvement écologique dans mon temps. »

Alors qu’elle quittait le magasin, la mine déconfite, la caissière en rajouta:
« Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à notre dépens.
C’est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l’environnement dans votre temps! »

La vieille dame se retournant admît qu’à l’époque, on retournait les bouteilles de lait, les bouteilles de limonade et de bière au magasin qui les renvoyait à l’usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau ; on utilisait les mêmes bouteilles à plusieurs reprises.

À cette époque, les bouteilles étaient réellement recyclées,
mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.
De mon temps, on montait l’escalier à pied : on n’avait pas d’escaliers roulants dans tous les magasins ou dans les bureaux. On marchait jusqu’à l’épicerie du coin aussi. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu’il fallait se déplacer de deux rues.
Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l’époque, on lavait les couches de bébé avec du savon ; on ne connaissait pas les couches jetables ni les lingettes.
On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge; pas dans un machine avalant 3000 watts à l’heure.
On utilisait l’énergie éolienne et solaire pour vraiment sécher les vêtements.

À l’époque, on recyclait systématiquement les vêtements qui passaient d’un frère ou d’une soeur à l’autre.
C’est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement écologique

À l’époque, on n’avait qu’une TV ou une radio dans la maison ; pas une télé dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d’une boîte de pizza, pas un écran de la taille de l’État du Texas.
Dans la cuisine, on s’activait pour fouetter les préparations culinaires et pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu’EDF en produit.
Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boites ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique.

À l’époque, on utilisait l’huile de coude pour tondre le gazon ; on n’avait pas de tondeuses à essence auto-propulsées ou auto portées.

À l’époque, on travaillait physiquement; on n’avait pas besoin d’aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l’électricité.
Mais, vous avez raison : on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l’époque, on buvait de l’eau à la fontaine quand on avait soif ; on n’utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter à chaque fois qu’on voulait prendre de l’eau.
On remplissait les stylos plumes dans une bouteille d’encre au lieu d’acheter un nouveau stylo ; on remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir après chaque rasage.
Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l’époque, les gens prenaient le bus, le métro et les enfants prenaient leur vélo pour se rendre à l’école au lieu d’utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi de 24 heures sur 24.

À l’époque, les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d’une année sur l’autre, les crayons de couleurs, gommes, taille crayon et autres accessoires duraient tant qu’ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers à jeter fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée.
Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

On avait une prise de courant par pièce, pas une bande multi-prises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d’aujourd’hui.

ALORS NE VIENS PAS ME FAIRE CHIER AVEC TON SAC PLASTIQUE ET TON MOUVEMENT ÉCOLOGIQUE !

Tout ce qu’on regrette, c’'est de ne pas avoir eu assez tôt la pilule, pour éviter d’'engendrer la génération des jeunes cons comme vous, qui s'’imagine avoir tout inventé, à commencer par le travail, qui ne savent pas écrire 10 lignes sans faire 20 fautes d'’orthographe, qui n’'ont jamais ouvert un bouquin autre que des bandes dessinées, qui ne savent pas qui a écrit le Boléro de Ravel… (pensent même que c’est un grand couturier), qui ne savent pas mieux où passe le Danube quand on leur propose Vienne ou Athènes, etc. mais qui croient tout de même pouvoir donner des leçons aux autres, du haut de leur ignorance...

La vieille dame avait raison : à son époque, on ne connaissait pas le mouvement écologique, mais on vivait chaque jour de la vie dans le respect de l’environnement.

Auteur ?


dimanche 17 mai 2015

En Arabie aussi, le wahhabisme finira par avoir raison du patrimoine islamique

Les jihadistes salafistes wahhabites, qui détruisent le patrimoine de l'humanité en Afghanistan (Bamiyan), en Irak (musée de Mossoul), au Mali (Tombouctou)... et menacent celui de la Syrie (Palmyre); ne font que reproduire ce que font en Arabie les Ibn Saoud, autoproclamés gardiens des lieux saints musulmans que sont la Mecque et Medine, où ils font table rase de tous les vestiges du prophète, de ses compagnons et de ses épouses ... pour empêcher toute idolâtrie et convertir tous le monde au wahhabisme !
R.B


Wahhabisme saoudien et destruction du patrimoine arabo-musulman


Les lieux saints du Hejaz sont restés longtemps des lieux de pèlerinage en particulier la tombe du prophète Mahomet. 
Toutefois la doctrine wahhabite désapprouve l’intérêt des sites construits autour des défunts. La visite de sites archéologiques, religieux ou historiques, est formellement proscrite. 
Elle est assimilée à de l'idolâtrie par le culte wahhabite.
 La démolition de ces sites est un phénomène qui s'est produit surtout en Arabie saoudite, dont le régime, gardien des lieux saints de l'islam de La Mecque et Médine1, est wahhabite.
 La province du Hedjaz est la plus touchée, contrairement au Nejd, qui n'a été occupé que depuis 1924 et sur une courte période au début du xixe siècle par les Ibn Saoud et était restée dans le dévoiement de l'idéologie wahhabite.
 Les villes saintes de La Mecque et de Médine ont subi la destruction d'une grande partie de leur patrimoine historique et archéologique18 
La plupart des musulmans non-wahhabites sont attachés aux lieux et aux mausolées associés à l'islam ancien17.
Parmi les pratiques que le wahhabisme interdit, il y a le tawassoul par les vivants, qui consiste à demander l'intercession d'un prophète ou d'un saint pour se rapprocher davantage de Dieu. 
De ce fait, le wahhabisme prône la destruction de tout lieu historique, même islamique.
 Les plus importantes destructions de sites ont commencé en 1806 lorsque l'armée wahhabite a occupé Médine
Les armées wahhabites ont rasé le Baqi', ou cimetière qui contenait les restes des figures centrales de l'islam des débuts. Les mosquées ont également été visées et la tombe du prophète Mahomet faillit être démolie.
Mais, à la suite des protestations des musulmans non-wahhabites dans le monde, l'Empire Ottoman envoie une armée, et en 1818 Mohammed Ali Pacha reprend le Hejaz aux Al Saoud, et ces monuments sont reconstruits, pour un coût de 700 000 livres de l'époque.
Durant la Révolte arabe à la fin de la Première Guerre mondiale, les Hachémites, soutenus par l'empire britannique, s'emparent du Hedjaz.
 Le 21 avril 1925, les compagnons d'Abdelaziz Ibn Saoud, ou Ikhwan le reprennent, et détruisent les lieux et les monuments en rapport avec des saints ou des imams, comme ce fut le cas à La Mecque avec la démolition des tombes de la famille du prophète Mahomet . 
Alors que certains mausolées détruits à Médine comprenaient ceux des premiers chefs chiites, ceux-ci commémorent annuellement cette destruction.
En 1994 le mufti Abdelaziz ben Baz, plus haute autorité religieuse du régime wahhabite, lance une fatwa stipulant qu'« il n'est pas permis de glorifier les bâtiments et les sites historiques.
 De telles actions mènent au polythéisme22. » Entre 500 et 600 mausolées et d'autres structures de l'islam des origines ont été démolis23
Il a été estimé que 95 % des bâtiments âgés de plus de 1000 ans ont été rasés durant les 20 dernières années.
 Toutefois les populations du Hejaz semblent être moins convaincues de cette politique que ceux du Nejd, des voix se sont élevées pour protester contre la destruction de ces sites religieux, en particulier avec les futurs développements des mosquées de Médine et de La Mecque25.

Sites détruits

Les destructions de sites historiques et archéologiques se comptent désormais par centaines, principalement en Arabie saoudite (régime wahhabite) avec une extension dans le monde musulman :

Arabie Saoudite

Mosquées
  • La mosquée de la tombe de Hamza ibn `Abd al-Muttalib, l'oncle du Prophète
  • La mosquée de Fatima Zahra, la fille du Prophète
  • La mosquée d'al-Manaratain
  • La mosquée et la tombe de `Ali al-Ouraydhi ibn Ja`far as-Sadiq, détruite le 13 août 2002
  • Quatre Mosquées de la Bataille du fossé à Médine
  • La mosquée d'Abou Rashid
  • La mosquée Salman al-Farsi, à Médine
  • La mosquée Raj'at ash-Shams, à Médine
Cimetières et tombeaux
Sites religieux historiques
  • La maison de Mohamed où il serait né en 570.                                                                         Au départ devenue un marché          d'animaux.                                                                                                                                                                                      Un bâtiment a ensuite été construit par dessus au début du xxie siècle à la suite d'un compromis.
  • La maison de Khadija, première femme de Mohamed. Les musulmans pensent qu'il aurait reçu la plupart de ses premières révélations en ce lieu. Après sa redécouverte pendant les travaux d'extension de la Mecque en 1989, elle fut recouverte par des toilettes publiques
  • La maison de Mahomet à Médine où il vécut après son départ de la Mecque.
  • La première école islamique (Dar al-Arqam) où Mohamed enseigna sa religion. Elle est maintenant sous l'extension de la Mecque.
Démolition en projet
Concernant la mosquée de Médine où sont enterrés Mohamed, Abou Bakr et Omar ibn al-Khattâb
Le ministère saoudien des affaires islamiques a publié en 2007 un rapport soutenu par Abdul Aziz ibn Abdillah Ali ash-Shaykh, le mufti politique d'Arabie saoudite, qui statue que « le dôme vert doit être démoli et les trois tombes doivent être aplanies dans la mosquée du prophète. ». 
Ce point de vue a fait écho lors d'un discours du défunt Ibn 'Uthaymîn, l'un des religieux wahhabites les plus illustres d'Arabie saoudite, décédé en 2001 : « nous espérons qu'un jour nous serons en mesure de détruire le dôme vert du prophète Mohamed […]. ».

Extension dans le monde

De par l'expansion du wahhabisme dans le monde, et l'avènement de mouvements jihadistes dans des pays instables, de nombreux monuments ont été détruits par des partisans du wahhabisme en dehors de l'Arabie Saoudite.
Afghanistan
À la suite de l'envoi de Mutawas saoudiens en Afghanistan pour aider le gouvernement des talibans à former leur police de répression du vice et de promotion de la vertu, le gouvernement taliban a été convaincu de démolir les Bouddhas de Bâmiyân, sachant que toute représentation humaine est interdite par la doctrine wahhabite.
Mali
En 2012, à la suite de l’insurrection au nord Mali, le mouvement Ançar Dine s'implante dans la région. Le mouvement fondamentaliste Ançar Dine impose la charia dans la région et prône la destruction de tous les mausolées et les monuments. 
La ville de Tombouctou, riche en monuments, subit de lourdes destructions de son patrimoine historique, dont une partie est classée comme patrimoine mondial par l'UNESCO.
Libye
Depuis la fin du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est le théâtre de destructions de monuments. Bien que minoritaires, certaines milices, financées par le Qatar, sont d'obédiences salafistes et wahhabites. 
Leurs destructions visent principalement les monuments soufies.
En 2011, deux mosquées et un cimetière abritant des saints sont profanés par des militants wahhabites et salafistes.
 Le 24 août 2012, à Zliten (160 km de la capitale), un mausolée, dédié au plus grand savant soufi de Libye, Sidi Abdel Salam al-Asmar (xvie siècle), est réduit en cendres par des explosifs.
 Le 25 août 2012, des militants wahhabites détruisent à coups de pelleteuse le mausolée d’Al-Chaab al-Dahmani et profanent sa tombe.
 Le même jour, à Misrata (200 km à l'est de Tripoli), un autre mausolée, celui du Cheikh Ahmed al-Zarrouk, connaît le même sort.

Critiques et controverses

Controverse sémantique : wahhabisme et salafisme

Le wahhabisme désigne pour ses adeptes la revivification du salafisme dans la péninsule Arabique, mais pour ses détracteurs c'est un terme péjoratif laissant sous-entendre que ce serait une nouvelle voie (minhaj en arabe) sans rapport avec les salafs, nom par lequel on désigne les premiers musulmans des trois premiers siècles après Mohamed
On doit ce néologisme (wahabiyya en arabe) à Souleyman ibn Abd al-Wahhâb, le propre frère du fondateur de cette doctrine, qui la dénonça en se fondant sur les écrits de Ibn Taymiyya dans son ouvrage intitulé Les foudres divines réfutant le wahhabisme (Al-sawaiq al-ila-hiyya fi al-radd ala al-wahabiyya).
Le wahhabisme est étroitement lié à la notion de « salafisme », un courant fondamentaliste dont il se distingue difficilement et dont la description fait l'objet de débats34.
Pour le chercheur tunisien Riadh Sidaoui, l'utilisation habituelle du terme wahhabisme est erronée, et il conviendrait de lui substituer le concept de « wahhabisme saoudien ».
 En effet, il s'agit selon lui d'une doctrine islamique qui s'appuie sur l'alliance historique entre le pouvoir politique et financier représenté par Ibn Saoud et l'autorité religieuse représentée par Mouhammad ibn Abd al-Wahhab et cette doctrine continue à exister depuis cette alliance jusqu'à nos jours par le financement de plusieurs chaines religieuses et la formation de plusieurs immams.
 Pour lui, le wahhabisme saoudien est donc un danger qui menace l'islam, les musulmans ainsi que l'humanité entière.

Critique des musulmans

Dès le milieu du xviiie siècle à la Mecque, les maîtres et les muftis des quatre Écoles de droit sunnites avalisent une réfutation contre « l'égaré qui égare » intitulée le livre de la prévention de l'égarement et de la répression de l'ignorance
Il en est de même avec les oulémas chiites zaïdites au Yémen et jafarites en Irak38. Les premières réfutations apparaissent au Maghreb après la prise des lieux saints par les wahhabites entre 1803 et 1806
La doctrine wahhabite fut réfutée (radd en arabe) par toutes les écoles chiites avec plus ou moins de virulence selon la puissance de la dynastie Saoud protectrice, pratiquement dès sa naissance et jusqu'à la création du troisième Royaume d'Arabie saoudite en 1932.
L'organisation chiite Ahl al-bait considère pour sa part que la mouvance wahhabite n'est pas représentative de l'islam 39.
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En Arabie Saoudite, un projet immobilier prévoit de démolir la maison du prophète à la Mecque pour la remplacer par un nouveau palais royal et un centre commercial de luxe.

Un article publié sur le journal britannique The Independent vendredi 14 novembre explique que la maison qui a vu naître le prophète est menacée de disparition pour faire place à un projet colossal qui changera complètement le visage de La Mecque.

Lancé il y a quelques années, le projet a pour but l’extension de la Grande mosquée et a déjà causé la destruction d’une centaine de monuments historiques. Selon le Gulf Institute basé à Washington, 95% du patrimoine millénaire de la Mecque a été détruit par l’Arabie Saoudite pour être remplacé par des hôtels de luxe et des malls.

"L’an dernier, des colonnes ottomanes de plus de 500 ans et qui célèbrent l’ascension du prophète au paradis ont été détruites", confie à The Independent le Dr Irfan Alawi, directeur exécutif de la fondation pour la recherche du patrimoine islamique.

Les autorités saoudiennes veulent transformer La Mecque en une destination touristique de luxe. Et elles justifient ces destructions par la crainte que les lieux ayant un lien avec le prophète conduisent à l’idolâtrie.