dimanche 23 avril 2023

Encore une victime du wokisme et de ses imbécillités ...

MEFIEZ-VOUS DES WOKISTES ...

Après s'en être pris aux savants, aux philosophes, aux sculpteurs, aux artistes, au cinéastes ... voilà qu'on s'attaque aussi aux écrivains ... pour les revisiter à l'aulne du wokisme; comme si les lecteurs ne sont pas capables de faire la part des choses et de comprendre l'oeuvre dans son époque ! C'est infantiliser les gens, en procédant de la sorte !!

Circulent sur FB des vidéos de wokistes pour faire l'éloge des dictatures communistes (Russie, Chine ...) ... au nom des droits de l'homme !

Ils réécrivent l'histoire à l'aulne des valeurs actuelles, dont celle des droits de l'homme, produit de la Révolution française et donc du siècle des Lumières, pour rappel !

Leur dada : l'esclavage et le colonialisme qui fondent le wokisme ce c
ourant de pensée d'origine américaine qui dénonce les injustices et les discriminations.

Esclavage et colonialisme pratiqués par toutes les puissances depuis la nuit des temps !
Les puissances occidentales (Europe, Amérique ...), tout comme les puissances orientales (Dynasties arabes, Dynastie turque des Ottomans ...) ont colonisé et pratiqué l'esclavage sous toutes ses formes.

Mais les wokistes brouillent les pistes et les cartes géopolitiques et plaident souvent pour le communisme, cette idéologie responsable de plus de malheur et de plus de morts au siècle dernier que durant les 2 guerres mondiales.

R.B

Nathalie Bianco

Elle ne s’annonce pas terrible, la prochaine enquête d’Agatha Christie. On connait déjà la victime (Le respect de l’auteur), le coupable (L’éditeur) et on a aussi le mobile du crime : Cette volonté idiote de vouloir à tout prix purifier la littérature, afin qu’elle soit en phase avec les obsessions du moment.

La vénérable reine du crime ne sera pas la première à faire les frais de ces retouches, puisqu’avant elle, d’autres britanniques ont vu leur oeuvre passée à la moulinette progressiste : les textes de Ian Fleming, l'auteur des James Bond ou ceux de Roald Dahl par exemple, ont été expurgés de « toute référence au poids, à la santé mentale et aux considérations raciales ». C’est qu’il s’agit avant-tout de « coller à son époque » et de « gommer ce qui peut être en décalage avec la sensibilité d’aujourd’hui ».
Même dans la littérature jeunesse, les livres de Martine, Du Club des cinq ou de Alice détective ont déjà été « modernisés » de manière à être plus simples et plus accessibles.
Dans le Club des cinq, on a coupé les descriptions trop longues, supprimé le passé simple et rétablit l’équilibre de manière à ce que les garçons pleurent autant que les filles. On a même doté les héros de smartphone, afin que les petits lecteurs ne soient pas trop déroutés.
J’ai hâte de lire la suite de ces mises au goût du jour.
Le loup du petit chaperon rouge qui dévore des Big Mac double cheese plutôt que des grands-mères, Oui-oui qui devient éco-anxieux et passe à la voiture électrique pour lutter contre le réchauffement climatique ou encore la Comtesse de Ségur 2.0 avec « Les petites filles modèles » qui envoient des nudes sur Snapchat, ça aura de la gueule !

Pendant ce temps, les parents redécouvriront Hercule Poirot, qui aura troqué son honteux statut de vieux mâle blanc cisgenre-belge pour celui de détective-rappeur-congolais. « Wesh, frérot, fais marcher tes petites cellules grises ! » dira notre héros enfin décolonisé. (La moustache sera conservée, pour garder le coté pittoresque souhaité par l’auteur).
Quant à Miss Marple, pourquoi ne pas lui recréer une identité plus inclusive et en faire une aimable vieille personne à pénis qui s’identifie à une femme et qui, grâce à sa sagacité, résoudrait des énigmes sans jamais quitter son fauteuil ? Parfois, au détour d’un mouvement, lorsqu’elle se pencherait et décroiserait les jambes, sa sobre jupe en tweed gris laisserait apparaître de manière fugace son service trois pièces, harmonieusement coordonné à son service à thé.
Plus sérieusement, dans « les cinq petits cochons », Agatha Christie fait dire à un de ses personnages : « les gens qui nous font le plus de mal sont ceux qui prétendent nous empêcher, dans notre propre intérêt, de voir les choses telles qu’elles sont ». Si on rajoute « …ou telles qu’elles ont été » c’est parfait.

Chaque livre, chaque film, chaque œuvre est non seulement le reflet intouchable de la vision de l’auteur, mais aussi un témoignage qui raconte un morceau de notre histoire. Parfois, on est troublé d’y trouver des résonances avec l’actualité, ou de constater que, même à des siècles d’écarts, les émotions restent universelles. D’autres fois, on est surpris, effaré ou choqué de découvrir certaines idées alors populaires et on mesure avec soulagement à quel point les choses ont changé. Comment appréhender ces évolutions si la réalité d’hier a été gommée ?
Tout cela est très cohérent et relève d’une volonté de prendre le lecteur pour un crétin fragile, non seulement infoutu de lire des phrases longues formulées à un temps autre que le présent de l’indicatif, mais aussi incapable de se faire bousculer, de prendre du recul et de remettre un texte dans le contexte de son époque.
Il y a pourtant de la place pour tout le monde et ceux qui tiennent absolument à lire des œuvres « morales », garantis 100 % sans offense peuvent tout à fait le faire. Plutôt que de bidouiller les écrits existants, personne n’empêche les écrivains d’aujourd’hui d’en écrire de nouveaux et les éditeurs d’en publier… Créer, c’est toujours mieux qu’effacer.
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Au final, cette volonté de lisser la littérature, d’en faire un objet marketing prémâché et prédigéré me fait penser à certaines pâtisseries industrielles : c’est souvent soit sec et fade, soit trop sucré et écœurant. Mais du moment qu’on ne nous les impose pas, que ceux qui aiment ça, les mangent.
Et si ça les étouffe un peu, qu’ils les trempent donc dans le thé. Il parait que Miss Marple en fait un excellent !

samedi 22 avril 2023

Quand le populisme gagne les journalistes aussi ...

Est-ce de courir après les réseaux sociaux que de plus en plus des journalistes aussi bien France qu'en Tunisie, en oublient le b.a.-ba de leur déontologie ? Ce faisant, ils font le lit du populisme qui touche de plus en plus les pays démocratiques et affaiblit la démocratie en ces pays.

R.B

DÉONTOLOGIE !
Une idéologie médiatique. Brice Couturier*, ancien journaliste de France Culture dénonce la complaisance de certains de ses confrères dans le traitement de la réforme des retraites, notamment au sujet des violences commises en marge des manifestations.
Avec la réforme des retraites, je suis vraiment surpris – le mot est faible – de la ligne éditoriale adoptée par France Inter. La sympathie de journalistes pour les détracteurs de la réforme peut se comprendre, puisqu’ils sont concernés comme les autres salariés. Que la déontologie journalistique, qui doit équilibrer les opinions, disparaisse au profit d’un parti pris généralisé en faveur des syndicats et/ou manifestants pose question. On a frisé l’intox. » Témoignage d’un auditeur, « sympathisant socialiste depuis toujours », relevé sur le site de la médiatrice de Radio France, jeudi 13 avril.
Rarement l’audiovisuel public aura affiché ses préférences politiques avec aussi peu de discrétion. En novembre 1990, lorsque Michel Rocard arrachait à une Assemblée nationale où il n’avait pas de majorité la création de la CSG grâce au 49.3, n’échappant que de cinq voix à une motion de censure, la rédaction de France Inter ne parlait pas encore de « passage en force ». Aujourd’hui, elle relaie sans vergogne les éléments de langage de la Nupes. « Les Français » sont « en colère », « révoltés » par ce « déni de démocratie ». Du côté des commentateurs, on met en cause la légitimité des élus en lui opposant celle de « la foule » et même celle du Conseil constitutionnel, qui devrait se plier… à la loi des sondages. Heureusement qu’il ne l’a pas fait lorsque lui a été soumise la peine de mort.
Narratif syndical. Nos confrères ont fait preuve, en revanche, d’une grande discrétion pour caractériser les 20 000 amendements déposés par l’opposition afin d’empêcher l’examen du projet de loi : après soixante-dix heures de débat, les députés en étaient encore à l’article 2. Vous avez entendu les mots « blocage », « sabotage » ? Grande discrétion aussi en matière de comparaisons internationales sur l’âge de départ en retraite : ne pas perturber le narratif syndical… Les journalistes ont souvent accusé le gouvernement d’avoir mal expliqué sa réforme. Mais lorsqu’un ministre tentait de le faire, il était interrompu toutes les dix secondes.
Aux JT de France 2 et de France 3, les syndicalistes ont alterné avec les micros-trottoirs. Selon le compte Twitter Médias citoyens, « sur les 34 micros-trottoirs diffusés entre le 10 mars et le 10 avril sur le 13 Heures par France 2, 89 % des avis étaient hostiles à la réforme des retraites, ce taux pouvant atteindre 100 % les jours de grève ». Au JT de France 2, on a fait la promotion des caisses de soutien aux grévistes. Quant aux violences en marge des manifestations, elles sont presque constamment… policières. France Info nous informait samedi que « la loi a été promulguée cette nuit par Emmanuel Macron »… Ce qui a permis à Manon Aubry de déclarer sur BFM TV que « Macron a promulgué le texte en plein milieu de la nuit, comme un voleur, en catimini ». Un niveau de désinformation rarement atteint dans le passé : le Journal officiel est diffusé dans la nuit. Le Monde, de son côté, n’hésite pas à relayer la fake news de la LDH selon laquelle « les forces de l’ordre ont interdit au Samu de se rendre sur le terrain de la manifestation » de Sainte-Soline. Ce qui a été démenti par le Samu lui-même.
Directeurs de conscience. Privé de la primeur de l’information par les réseaux sociaux, notre métier aurait pu évoluer vers des spécialisations (en économie, droit, environnement, histoire, etc.). Cela aurait permis aux journalistes de mettre les événements en perspective, d’aider le public à décrypter le sens des courants profonds par-delà les miroitements de surface. Au lieu de quoi, nombre de confrères se sont reconvertis en directeurs de conscience. Leur nouvelle vocation consistait à redresser les idées erronées et à rappeler à l’ordre les déviants en censurant leurs « dérapages ». Renonçant à dire le vrai, ils prétendaient prononcer le juste.
À présent, il existe, au contraire, une prime à la transgression sur les nouveaux médias audiovisuels d’extrême droite, comme CNews et Sud Radio. Là, comme chez Hanouna, les « dérapages » sont payants. Ils « font le buzz ». Et les journalistes professionnels sont débordés par les vociférateurs de plateaux, les complotistes délirants, les agents d’influence de Poutine.
Le résultat est double. D’une part, le public est en train de perdre confiance dans les médias traditionnels. Selon un récent sondage Viavoice, 70 % des Français estiment que « l’information est trop orientée et pas assez impartiale ». D’autre part, comme aux États-Unis, les médias entretiennent une polarisation qui risque de rendre notre pays ingouvernable.

* Essayiste. Coauteur de « L’Entreprise face aux revendications identitaires » (PUF).

vendredi 7 avril 2023

Le macronisme et ses limites ...

Le macronisme est né le jour où Emmanuel Macron ministre de François Hollande était choqué et déçu des parlementaires de droite (LR) comme de gauche (socialistes) qui soutenaient son projet de loi mais l'avaient lâché en votant contre en séance plénière au parlement. 
Ce soir-là Brigitte Macron dit que son mari est rentré sans rien dire et joua du piano comme un dieu pour évacuer sa colère. Ce n'est que le lendemain qu'il lui annoncera qu'il se présentera à l'élection présidentielle et qu'il formera son propre parti EM; prenant ce qu'il y a de bon à gauche et ce qu'il y a de bon à droite ... annonçant par la même sa politique du "en même temps". 
Macron a misé sur l'intelligence des Français, persuadé qu'un pays se gouverne au centre ... mais les hommes, sont les hommes !
Et depuis, il va tout faire pour pousser dans leur retranchement les partis traditionnels, d'abord les socialistes puis LR, obligeant leurs membres à tomber le masque et montrer de quel bord ils sont réellement pour en finir avec l'hypocrisie : ce qui finit par imploser le PS, puis le LR.
La nature ayant horreur du vide, il fera (volontairement ou involontairement ?) le jeu des extrêmes : extrême droite (Marine Le Pen/FN) & extrême gauche (Melenchon/LFI) qui vont récupérer les transfuges des partis dits traditionnels transformant ces partis en coquilles vides.
R.B 

Jean-Pierre Ryf

Chacun sait que j’ai adhéré, dés le début, aux propositions d’Emmanuel Macron et à son analyse de la situation politique et à sa théorie politique du « en même temps », c'est-à-dire, dans le fond un positionnement au centre avec des projets de droite mais également de gauche. Cela me paraissait correspondre à la situation où les partis de gouvernement, de gauche et de droite, faisaient déjà des politiques qui prenaient en compte des idées de gauche et de droite. Je pourrai en citer mille exemples.

J’ai ensuite été déçu en constatant que, dans la réalité, le projet penchait plutôt à droite même s’il est indiscutable qu’il y a eu des projets que la gauche aurait pu porter.

Les évènements récents, l’attitude des partis extrêmes et les sondages, m’ont conduit à mettre en question ce positionnement politique de M. Macron qui a pour conséquence inéluctable, la disparition de l’alternance républicaine pour n’offrir aux électeurs qu’une alternance vers les extrêmes.

En effet, la théorie macroniste a conduit - chacun peut le constater - à faire quasiment disparaître la droite et la gauche de gouvernement. Les Républicains ont été conduits au bord de la disparition et ont connu une chute massive de leurs électeurs ; et que dire du Parti socialiste dont on peut se demander s’il existe encore ?

Or si cette théorie du ni gauche ni droite, du gauche et droite en même temps réussissait, cela signifierait la disparition de l’alternance politique, le macronisme ayant vocation à demeurer au pouvoir. Dès lors, il est clair que la seule alternance qui serait offerte aux électeurs serait celle qui conduit aux extrêmes de droite ou de gauche, c'est-à-dire très clairement à des régimes dangereux pour la paix civile.

Cette situation est très dangereuse et constitue un véritable péril. Le maintien infini des macronistes au pouvoir serait la conséquence de cette absence d’alternance ; or, l’alternance est la respiration nécessaire de la démocratie. Elle offre un choix alternatif aux électeurs et rend, dés lors, le vote utile et porteur de changement.

Pour moi, ce n’est pas la personne du Président Macron qui est en cause car il reste, selon moi, une personnalité brillante, qui a des idées tout en étant dans la nuance ; et je m’étonne même de la haine qu’il suscite.

Ce qui est clairement en cause, c’est sa doctrine politique qui s’avère néfaste et dangereuse.

Il me paraît indispensable, sous peine de graves conséquences, que réapparaisse le clivage gauche de gouvernement / droite de gouvernement. Pour ma part je souhaiterai que Bernard Cazeneuve développe son parti de gauche républicaine ; et je verrai bien, à droite, Edouard Philippe prendre la tête d’une droite républicaine et enfin François Bayrou incarner le Centre.

Une vraie alternance, serait alors possible sans que les citoyens mécontents de la politique menée ne soient contraints d’aller vers les extrêmes avec les conséquences catastrophiques que cela aurait pour la paix civile.

***

Bernard CAZENEUVE *

Sortir enfin de l’impasse politique

Ce paysage dévasté, celui de la politique et des institutions abaissées, suffirait à nourrir l’inquiétude de nos concitoyens. Il dessine hélas bien davantage : une impasse démocratique majeure qui acculera les Français, si rien ne se passe à la pire des solutions, celle du choix de la droite extrême et de l’extrême droite.

Alors que dans un pays fracturé et sous tension, le mouvement social se poursuit contre la réforme des retraites, la stratégie du pouvoir est manifestement celle du pourrissement.

Le tacticisme y faisant office de boussole, on doit gager, en haut lieu, que les images de violence, diffusées en continu sur les chaînes d’information, finiront par exaspérer les Français, épris de justice, et que le retour à l’ordre deviendra alors leur seule aspiration. C’est oublier que le désordre a une cause et qu’il est probable que ceux qui ont pour partie, contribué à l’instaurer, en imposant au pays une réforme malmenante et mal menée, ne seront pas considérés par les Français, comme les tenants légitimes d’un ordre qui leur garantirait la justice.

Il faut de surcroît se méfier des effets escomptés des calculs politiques de court terme. Ils finissent toujours par donner à l’extrême droite l’opportunité de se présenter comme le seul parti de l’ordre, après que l’irresponsabilité de plus en plus largement partagée, lui aura permis de se dédiaboliser à bon compte.

Une autre réalité s’impose, elle aussi préoccupante, celle de la relation complaisante que certains pans de la société entretiennent désormais avec l’extrémisme. A cet égard, les images de Sainte-Soline ont elles aussi révélé un temps, où la violence devenue ordinaire, le rejet des principes de l’Etat de droit et la haine de la police s’assument comme des convictions politiques ordinaires. Dans un tel contexte, l’usage proportionné de la force devrait toujours guider l’Etat lorsqu’il s’emploie à contenir la violence, sauf à vouloir prendre le risque de tomber délibérément dans le piège que lui tendent ceux qui exècrent jusqu’à son principe.

Confrontation

Que le Parlement contrôle l’action du gouvernement en ces matières où la polémique fait rage serait utile, pour que le nécessaire débat puisse enfin s’instaurer sur des bases rationnelles, et que nul ne puisse attiser le feu qui couve, avec pour seule préoccupation d’en tirer un bénéfice pour lui-même.

A l’origine des excès que les Français subissent douloureusement, on trouve l’intention à peine dissimulée d’instiller partout les ferments de la confrontation, en dressant contre les institutions, et ceux qui les incarnent, le plus grand nombre : cynisme une fois encore de ceux qui font passer les démocrates pour des oppresseurs et les dictateurs, qui tirent à balles réelles sur leurs peuples, à l’instar de Nicolás Maduro, pour des libérateurs.

Ce paysage dévasté, celui de la politique et des institutions abaissées, suffirait à nourrir l’inquiétude de nos concitoyens. Il dessine hélas bien davantage : une impasse démocratique majeure qui acculera les Français, si rien ne se passe – et sans mauvaise conscience – à la pire des solutions, celle du choix de la droite extrême et de l’extrême droite. Si l’on considère toujours que là où il y a un chemin, demeure une espérance, il faut affirmer sans tarder les quelques pistes d’un renouveau démocratique et ne plus distraire aucune énergie qui pourrait contribuer à les rendre crédibles.

Il est d’abord urgent de guérir notre système politique de l’illusion qu’il suffirait de concepts forgés par des communicants sans conviction, pour convaincre le peuple qu’une politique sans projet serait pertinente et que les lieux de pouvoir demeurent des lieux de puissance. La verticalité n’est pas l’efficacité, et l’autorité de l’Etat ne sera pas restaurée aussi longtemps que les conditions de la confiance ne le seront pas aussi. Il y faudra du temps, car le nécessaire dialogue n’ira pas sans la reconstitution de corps intermédiaires puissants – syndicats et partis politiques – avec lesquels bâtir des coalitions pour redresser le pays et des compromis pour gouverner.

Sursaut

A défaut de ce sursaut, on continuera à antagoniser tous ceux qui vivent dans le sentiment du mépris et de la relégation. Si l’on veut notamment éviter que la radicalité, qui s’est emparée d’une partie de la jeunesse, ne se transforme en extrémisme, il n’y aura pas d’autres choix que de donner un débouché politique à la volonté légitime des générations nouvelles de pouvoir continuer à vivre sur la planète, en préservant ses biens communs. Il faudra pour cela répartir plus équitablement les ressources, après des décennies de productivisme, qui ont réduit l’espérance d’une vie meilleure à l’accroissement de richesses matérielles, au prix d’inégalités sociales en hausse continue et de ressources naturelles en constante réduction. 

Certes, les élections doivent demeurer l’instrument privilégié de la définition par le peuple de ses choix souverains, mais entre les moments où le suffrage oriente la politique de la Nation, il faudra inventer de nouvelles formes de concertation pour que les grands projets d’infrastructures puissent faire l’objet d’un dialogue approfondi, qui les rendent acceptables et soutenables pour les générations nouvelles. A défaut d’une telle méthode, le ministère de l’Intérieur deviendra injustement celui de toutes les crises et l’objet de tous les ressentiments, au grand détriment de l’Etat et de l’affirmation de son indispensable autorité.

Ces préoccupations simples, et qui ne sont que de bon sens, apparaîtront sans doute désuètes aux tenants d’une modernité frelatée, qui aspirent à voir la disruption et la colère entretenues se confondre avec le génie. Elles sont pourtant seules de nature à permettre le retour de la nécessaire sagesse : celle que le peuple français – intelligent et ardent à la fois – chérit, comme il chérit la concorde. Pour les républicains les plus convaincus, l’unité et l’indivisibilité de la République ne se conçoivent pas sans la justice et tous les chemins pour y parvenir doivent être empruntés, puisque tel est notre premier devoir.

* Bernard Cazeneuve, est ancien Premier ministre de François Hollande

jeudi 6 avril 2023

UNE POUR TOUTES, TOUTES POUR UNE ...

... comme "un pour tous, tous pour un", la célèbre devise des trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, qui pourrait être aussi la devise d'un groupe de femmes tunisiennes dont la solidarité, fait l'admiration de leurs amis. 

Ce sont des femmes pour la plupart retraitées qui se sont rencontrées à la piscine où elles vont régulièrement pour se maintenir en forme, avec certaines d'entre elles encore en exercice. 

Très vite, elles se sont liées d'amitiés les unes avec les autres. Et une amitié sincère s'est établie dans le groupe. Avec le temps et spontanément, elles sont devenues un soutien moral et psychologique les unes pour les autres. Voire plus, puisqu'elles se soutiennent mutuellement et assistent par leurs conseils, parfois par leur présence physique, celle qui rencontre des difficultés de santé ou des ennuis de tous genres. Leurs soutien les unes pour les autres, ne l'est pas que dans les moments difficiles pour celle qui les traverse; puisqu'il l'est aussi pour les moments heureux pour elle.

Pour consolider leur amitié, elles organisent régulièrement des sorties en groupe aux restaurants, aux cafés et salons de thé, ou des excursions dans des villes, souvent ville natale ou d'origine de l'une d'elle qui veut la faire découvrir à ses amies et leur faire connaître sa spécificité tant sur le plan culinaire que celui des traditions de ses habitants. Sorties où chacune paie sa part à l'anglaise, pour ne pas gêner ses amies.

Pas égoïstes, elles convient de temps à autre, les conjoints à se joindre à elles dans ces sorties. Ce qui élargit le cercle de leur amitié aux conjoints et aux enfants des amies. 

Quand l'une célèbre un éventent heureux pour ses enfants (réussites scolaires, diplômes, fiançailles, mariage ...), elles sont toutes présentes pour aider l'heureuse maman à organiser sa fête. De même dans les évènements tristes, leur solidarité est effective pour celle qui les traverse (maladie, décès d'un proche ...) pour l'entourer et la soutenir.

Cette amitié partagée, est entretenue par milles et une petites attentions des unes pour les autres. Chacune ayant son propre carnet d'adresses de médecins, d'avocat, de fonctionnaires, d'artisans, de producteurs et fournisseurs de produits spécifiques, de garagiste ...; elles les recommandent à l'amie qui en a besoin; voire, elle l'y conduit pour une présentation personnalisée.

Le plus touchant dans ce groupe, quand l'une veut se faire un plaisir et acheter un produit (vestimentaire, culinaire, pâtissier, de beauté, ...) qui lui tient à cœur, souvent elle le prend en plusieurs exemplaires pour les remettre à ses amies; façon pour elle de penser à elles et de partager avec elles son plaisir.

Pour les anniversaires ou des pendaisons de crémaillère par exemple; elles se concertent et cotisent, pour faire plaisir à celle qui le fête.

Encore plus touchant, ce sont les appels téléphoniques quasi quotidiens parfois; les unes pour les autres pour maintenir le contact et s'enquérir du bien être des unes et des autres. En cas de maladie, voire d'hospitalisation de l'une d'elles, il n'est pas rare que les plus disponibles soient plus présentes pour rendre visite à l'amie malade; ou se relaient pour s'installer chez l'amie alitée pour l'assister, jusqu'à ce qu'elle puisse vaquer à ses besoins, une fois remise sur pied. 

Pour une bonne entente du groupe, étant elles-mêmes de bords politiques différents, elles évitent de parler politique pour ne pas se fâcher les unes avec les autres. Ce qui est une marque de sagesse. Mais une chose est certaine, elles savent ce qu'elles doivent à Habib Bourguiba : leur éducation, leur émancipation et leurs droits garantis par le CSP. Elles se considèrent filles de Bourguiba et font honneur à la mémoire du grand homme par leur dynamisme et leur esprit d'équipe.

Généreuses, leur solidarité envers les démunis et nécessiteux, s'exprime par la constitution de cagnotte pour venir en aide à ceux que leur signale un des membres des Sirènes. Ainsi elles aident, si elles ne finançaient totalement, pour les frais d'opérations chirurgicales pour les uns ou ceux du pèlerinage à la Mecque pour les autres ...

A ces Sirènes qui se reconnaitront, bravo pour cette belle solidarité féminine, plus que nécessaire par les temps qui courent; et plus particulièrement depuis la fumeuse révolution et son cortège d'insécurité et d'exacerbation du machisme des nouveaux convertis au wahhabisme qui abhorre la femme.  

Ce groupe fonctionne depuis plus de 10 ans ! Souhaitons lui, longue vie.

Rachid Barnat 



dimanche 26 mars 2023

Habib Bourguiba dans la mémoire collective des Tunisiens



Mansour Mhenni 

Colloque * pour célébrer la 120e année de la naissance de Habib Bourguiba

Intellectuel, visionnaire, bâtisseur, Chef d’État charismatique, moderniste, réformateur, tribun… Habib Bourguiba était l’un des hommes politiques qui ont marqué le XXe siècle. Son œuvre est considérable : la fondation d’un État moderne et respecté dans le monde malgré sa taille modeste, l’éducation de la jeunesse, le développement économique, l’émancipation de la femme avec la mise en place du Code du statut personnel, l’équilibre d’une politique étrangère fondée sur une diplomatie originale et non inféodée.

Habib Bourguiba était soucieux d’inscrire son action dans la continuité des œuvres accomplies par les figures historiques prestigieuses qui ont marqué la Tunisie. Celui à qui on a attribué le titre de « Combattant suprême » est considéré comme le continuateur de Jugurtha, le vainqueur dont le nom signifie « celui qui les a dépassés », d’Hannibal, le héros charismatique, d’Ibn Khaldoun, le penseur et le savant qui, ne se contentant pas d’être chroniqueur, a produit une œuvre en avance de son temps ou encore de Kheireddine Pacha, le réformateur ; Bourguiba a marqué l’histoire de son pays par son empreinte.

Pour ce qui est de la langue, domaine qui occupe non seulement les linguistes, mais tous les praticiens du discours, autrement dit tout le monde, Bourguiba s’y était distingué également : pragmatique et conscient des enjeux géopolitiques, il était partisan d’un bilinguisme équilibré entre l’arabe et le français. Il ne manifestait pas une adhésion aveugle au français mais réfléchie et consciemment assumée. Il concevait le français comme un atout sur lequel il s’est appuyé pour fonder une nation moderne, tournée vers le progrès et ouverte sur l’international tout en insistant sans fanatisme sur l’appartenance de son pays à la culture arabo-musulmane. Il concevait cette filiation avec discernement et distance critique. Langue première des Tunisiens, le tounsi était, pour lui, la langue qui lui permettait de s’adresser à la Tunisie profonde. Mais, il était convaincu que la langue arabe, sous ses deux formes, ne pouvait pas assurer, seule, le développement socioéconomique et la modernisation du pays. Puisque l’élite nationale sur laquelle il pouvait s’appuyer pour mettre en place sa politique de modernisation du pays était francophone, il ne pouvait pas se priver de cet atout majeur. Et c’est ce même pragmatisme qui va l’inciter à maintenir le français dans le système éducatif tunisien avec un statut privilégié, une fois l’indépendance du pays acquise.

Œuvrant non seulement pour un bilinguisme mais aussi pour un biculturalisme assumé, il concevait le français comme l’un des moyens importants de la lutte contre l’hégémonie coloniale sans la confondre avec la culture et la civilisation que véhicule le français. À l’instar de l’écrivain algérien Kateb Yacine, il a retourné contre le colonisateur, oppresseur de son peuple, sa propre arme avec laquelle il a revendiqué la liberté, la dignité et l’identité nationale.

Nourri des valeurs universelles de la philosophie des Lumières, il s’acharna à mettre à nu les flagrantes contradictions entre le projet civilisateur de la France et la politique coloniale du Protectorat bafouant quotidiennement ses valeurs en Tunisie.

Pour ce qui est de la Francophonie institutionnelle, il a joué un rôle majeur avec Léopold Sédar Senghor dans l’élaboration du concept de francophonie à une époque où Charles de Gaulle lui-même n’y était pas très favorable.

Depuis les événements de décembre-janvier 2011 et leurs lots de déceptions et de désillusions, l’un des messages bourguibiens, qui a été le plus intériorisé par les Tunisiens, est l’attachement à leur tunisianité, ancrée dans les traditions et les acquis modernistes. Construite dans la lutte pour l’indépendance, cette tunisianité, qui semble faire consensus jusque-là à la fois chez les destouriens et la gauche tunisienne, a été mise en cause par les partis majoritaires lors de l’intermède de la Troïka (2011-2014).

Nous ne versons pas, cependant, dans l’idolâtrie, en ce sens que nous ne présentons pas Habib Bourguiba comme un personnage exempt d’erreurs ou d’égarements. Qui d’ailleurs ne se trompe pas ou ne commet pas d’erreurs ? Personne, à l’exception sans doute des inertes, ceux qui n’entreprennent rien. Habib Bourguiba était avant tout un être humain avec ses qualités et ses défauts. Cependant, il convient de ne pas adopter à l’égard de son œuvre une démarche anachronique qui consiste à juger les actions du passé avec les outils d’analyse du présent. Quel que soit le domaine, les erreurs de Bourguiba – nous ne cherchons pas à les occulter – ne doivent jamais être décontextualisées. Si nous voulons être justes et équitables avec lui, nous devons analyser ses prises de positions, ses décisions ainsi que ses actes dans leur contexte. Mais si nous voulons nous inscrire dans la pensée analytique et constructive, étudions le passé pour en tirer des enseignements ou pour nous en inspirer en vue d’une meilleure intelligence des voies vers l’avenir.

Bourguiba, en tant que patrimoine intellectuel et civilisationnel vivant, constitue une matière riche et féconde à même d’aider à toujours repenser l’humanité dans le sens du vivre-ensemble adapté aux arguments du progrès.

« Aux historiens, aujourd’hui, [écrivait Sophie Bessis] de démêler le vrai du faux, la manipulation de la véracité des faits, et l’histoire de la légende. C’est à ce prix que Bourguiba trouvera sa place essentielle, centrale, incontournable mais non exclusive dans l’histoire tunisienne du XXe siècle. » Nous ajouterions : « C’est pour ce pari, que Bourguiba gagnerait à être pris pour “une mémoire d’avenir”, comme tant d’autres noms dans l’Histoire ».

* Le colloque rendra hommage à Bourguiba, à la fin des travaux scientifiques, par la lecture d’extraits de lettres ou d’articles écrits par l’ancien Président de la Tunisie. Pluridisciplinaire, notre colloque sera l’occasion, pour les chercheurs de disciplines différentes, d’apporter leurs contributions à cette thématique.

mercredi 22 mars 2023

Macron face à la nouvelle bronca de Mélenchon ...

Jean-Pierre Ryf

Je me suis amusé à écrire ce que je dirai à la place d'Emmanuel Macron, dans le contexte d'aujourd'hui. Voilà donc ce que je dirai si j’étais, ce qu’à Dieu ne plaise, à la place de Macron.
" On me dit et l’on crie en grand nombre dans le pays, que la reforme des retraites que je propose n’est pas justifiée, qu’elle est injuste. Que mon action et celle de ma majorité sont antidémocratiques et que je méprise le peuple, l’Assemblée Nationale et les syndicats.

Je voudrai donc répondre à ces critiques qui ont été reprises maintenant par les citoyens, les uns avec sincérité et calme; les autres avec mauvaise foi et violence verbale et même, quelques fois, hélas, physique.

Reprenons ces critiques.

Ma méthode serait donc antidémocratique et méprisante.

Ces affirmations sont tout simplement fausses. Dans notre pays il y a, jusqu’à ce que démocratiquement on les reforme, des Institutions et une Constitution. Tout cela s’impose au premier chef, au Président de la République mais également, dans un pays civilisé, à tous les citoyens et à tous les élus.
Qu’arriverait-il dans ce pays si notre Constitution était bafouée et n’était pas appliquée ? C’est cela qui serait antidémocratique et le début soit de la dictature soit de l’anarchie.

Or, j’ai dans toute cette affaire respectée la Constitution et les droits qu’elle donne. Les articles controversés et notamment l’article 49-3 est dans la Constitution. Il est fait pour éviter le blocage dans une Assemblée divisée; ce qui est manifestement le cas aujourd’hui.
Une telle division de la majorité avec des partis qui ne s’entendent sur rien, qui n’ont aucun projet, qui sont incapables de proposer une alternative, doit-elle permettre que le pays soit paralysé ? Les français veulent-ils vraiment avoir à faire à un pouvoir incapable de gouverner ?
Je ne crois pas que ce soit le cas; et si c’était le cas, le déclin de la France et donc des Français, serait au rendez-vous.
Par conséquent, je le dis avec force en respectant la Constitution, je n’ai pas attenté le moins du monde à la démocratie.
Je vais aller plus loin. Je considère que je n’ai pas trompé les Français. Cette réforme était très clairement indiquée dans mon programme. Je n’ai pas caché mes intentions, ce qui n’a pas toujours été le cas dans le passé. Les électeurs m’ont désigné aux termes d’élections parfaitement régulières en connaissance de cause.

On me dit que je n’ai pas été élu pour cette raison et que la raison principale est la volonté des Français de faire échec au Rassemblement National. Cela est vrai sauf que, même dans cette volonté d’écarter le RN, les français savaient quel était mon projet sur les retraites; et pesant le tout, ils m’ont tout de même élu.
Alors il est trop facile de venir maintenant dire : Vous aviez un programme, vous l’avez dit clairement et nous avons voté pour autre chose.

Mes propositions et ma position n’étaient pas à la carte; et c’est avec mauvaise foi et précisément par un mépris des règles de la démocratie représentative, que l’on prétend que je n’étais pas mandaté pour faire ce que je fais.

Vous m’avez élu certes pour vous opposer au RN mais vous voudriez en plus que je fasse maintenant la politique des Insoumis ou du RN. Cela n’est pas envisageable et si, vous estimez que vous vous êtes trompés en me désignant, vous ferez d’autres choix aux prochaines élections.

On me dit aussi que j’ai violenté les syndicats et l’Assemblée.

C’est un très mauvais procès. Avec les syndicats nous avons eu de nombreuses discussions jusqu’au jour où il est clairement apparu que tous mettaient à la discussion un préalable absolu : à savoir la suppression de la mesure d’âge que j’avais proposée dans mon programme.
Dés lors comment peut-on encore discuter avec des syndicats qui vous disent qu’ils ne bougeront jamais sur cette question ? Devais-je plier devant ce diktat et renoncer à cette partie de mon programme ? Drôle de conception du dialogue social !

Quant à l’Assemblée, un certain nombre me reprochent de ne pas avoir permis le débat !
C’est une vaste plaisanterie ! Il y a avait sur une question et un projet déjà connus depuis plusieurs années, 177 heures de débat prévues, c’est-à-dire des jours et des jours qui permettaient d’évoquer tous les problèmes et de donner son point de vue et de faire des contre-propositions. Il n’est pas sérieux de prétendre le contraire.
Or à quoi a-t-on assisté ? La Nupes s’est comportée, je le dis ici clairement, de manière choquante avec des cris, des vociférations et une obstruction jamais vue. Si l’Assemblée n’a pas pu examiner le texte ce n’est pas la faute de la majorité mais bien et clairement de cette obstruction choquante.

Alors s’il n’y a pas eu débat, les français doivent s’en prendre non à moi et à ma majorité mais à ceux qui ont rendu le débat impossible car ils privilégiaient la rue. Or dans notre pays comme dans tous pays démocratiques, ce n’est pas la rue, la foule, les émeutes qui font la politique d’un pays.

J’en termine sur le fond. On me dit que cette réforme est inutile, injuste et brutale.

Je suis bien conscient (qui ne le serait pas) que demander aux personnes de travailler deux ans de plus est difficile et que personne ne peut en être heureux. Ce serait assez méprisant de penser que je ne sais pas cela alors que toutes les précédentes réformes ont suscité de grandes manifestations et de la colère.

Il aurait été beaucoup plus facile et commode pour moi de ne rien faire, de laisser à d’autres le soin de régler la question. Est-ce la conception que l’on peut se faire d’un chef d’Etat ? Bien sûr que non. Il doit, dans certains cas prendre des décisions impopulaires et c’est même à cela que l’on reconnaît un homme d’Etat.

Alors, oui; face à une nécessité absolue, j’ai pris ma responsabilité.

Nécessité absolue car le déficit est déjà là et il ne fera que s’aggraver compte tenu du fait, indiscutable du vieillissement de la population, de l’espérance de vie qui fait que si l’on veut maintenir un régime de répartition avec moins de cotisants pour plus de retraités, il faut travailler un peu plus longtemps.
Tous les pays l’ont fait en Europe avec parfois des âges de départ à 67 ans. Ces pays l’ont-ils fait pour le plaisir de nuire à leurs peuples ?
Sommes-nous différents et avons-nous d’autres ressources ?

Alors certains nous disent : oui, des pays ont repoussé l’âge de départ à la retraite mais ils ont aussi pris d’autres mesures en taxant certains citoyens !
Belle argumentation en vérité !
Cela fait une belle jambe aux Espagnols de savoir que l’on a taxé davantage, alors même qu’ils doivent continuer à travailler jusqu’à 67 ans !

Ce n’est pas sérieux car taxer davantage, c’est à la fois dépasser les limites raisonnables de l’impôt déjà très élevé en France; et cela signifie, diminuer les moyens d’action du gouvernement dans tant d’autres domaines nécessaires; ou aggraver la dette publique déjà à un niveau inacceptable.

Je souhaite donc que tous les Français réfléchissent en dehors de la passion du moment à toutes ces réalités et ils verront que, malheureusement, il me fallait affronter ce problème. C’était mon devoir et je n’ai jamais caché mon projet que je juge nécessaire pour le pays."

jeudi 9 mars 2023

Des féministes qui désesperent les véritables féministes ....

Hier c'était la fête des droits des femmes. Occasion pour Emmanuel Macron de rendre hommage à Gisèle Halimi la Tunisienne, véritable militante des droits des femmes; de célébrer son combat féministe grâce auquel de nouveaux droits ont été accordés aux femmes; et d'annoncer la prochaine constitutionnalisation du droit à l'avortement, pour confirmer aux femmes leur droit sur leur corps !

Gisèle Halimi doit se retourner dans sa tombe de voir les dérives des nouvelles féministes qui font honte à leurs ainées, comme à Mme Badinter ...

Une très belle cérémonie et un discours brillant de la part du chef de l'Etat ... comme d'habitude. Espérons que cette grande dame entrera au Panthéon de la République.

Les Tunisiennes seront-elles dignes de cette native de Radés, pour préserver les acquis que leur avait accordés Habib Bourguiba; et défendre le CSP que les islamistes veulent annuler pour les soumettre à la chariaa et son obscurantisme ? Il faut l'espérer.
Simone de Beauvoir rappelait " Que rien n'est jamais définitivement acquis, il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question." ... ce que tentent de faire les islamistes en Tunisie et les conservateurs américains aux EU !
R.B

Céline Pina

POURQUOI JE NE CÉLÈBRERAI PAS LE 8 MARS

Le 8 mars devient une date qui me met mal à l’aise tant le neo-féminisme puritain et radical qui devient dominant dans la sphère médiatique et politique a détruit la cause qu’il est censé défendre.
Alors que notre pays et l’Europe sont les endroits où les droits des femmes sont les plus forts et les plus respectés, au lieu de le reconnaître et de se battre sur les vrais problèmes (les sanctions pénales très légères même en cas de viol avéré par exemple, le fait de qualifier de passionnel l’assassinat d’une femme par son compagnon, la question de l’égalité salariale ou des perspectives de carrière…), les jeunes féministes se battent en faveur du sexisme qu’elles ont rebaptisé « liberté de porter le voile » et font semblant de croire que l’Europe est au taquet dans l’oppression des femmes.
Elles prônent la haine de leur culture qui pourtant est adossée sur une vision de l’être humain qui a permis l’égalité et la garantie des libertés publiques pour mettre en avant des cultures qui piétinent les femmes.
Au nom d’une vision délirante et condescendante de la femme, elles en font une victime absolue. Sa parole ne souffre aucune contradiction car une femme ne saurait mentir, toute accusation d’une femme envers un homme doit devenir condamnation de celui-ci sans autre forme de procès. La femme est réduite à la faiblesse, créature innocente et incapable de malice, un enfant à protéger en somme. Or c’est au nom de cette vision de la femme qu’elle a été réduite au rang d’éternelle mineure et qu’en échange de la protection du groupe, elle a dû longtemps renoncer à l’égalité.
Une génération de geignardes se sent ainsi persécutée et fait des procès à sa propre société, alors qu’elles contribuent à la représentation de la femme en éternelle mineure et qu’au nom de l’antiracisme, elles promeuvent un signe, le voile, qui est le symbole du refus d’accorder aux femmes l’égalité et qui dit aussi que leur corps est fondamentalement impur.
En revanche les mêmes qualifient de leurre tous les progrès réalisés en Occident, le fait que les femmes aient accès comme les hommes à l’éducation, que l’égalité soit la base de notre contrat social, que les femmes puissent réaliser leurs ambitions… Tout cela ne vaut rien à leurs yeux. Elles sont devenues incapables de voir la différence entre un continent où l’égalité est un droit et un monde où le statut des femmes est inférieur, où elles sont minorisées.
Et pourtant dans le réel, naître ici ou de l’autre côté de la Méditerranée vous réserve un sort très différent si vous êtes une femme, par rapport aux perspectives offertes aux hommes. Ainsi pendant que les iraniennes nous prouvent quelle est la signification du voile et comment les femmes sont traitées dans les pays où règnent l’islam, les jeunes féministes militent en faveur du voile. Alors que la situation ailleurs qu’en Occident témoigne de la dévalorisation des femmes, les neo-féministes n’ont pour ennemi que le mâle blanc occidental.
Elles reprennent la terminologie de tous ceux qui prônent le tribalisme contre la Nation sans voir que la tribu se bâtit sur l’inégalité de ses membres et que la femme est un des derniers barreaux de l’échelle. Elles crachent sur la culture égalitaire de l’Occident en en faisant un leurre, une escroquerie sans voir les différences réelles qu’une affirmation de principe dans une constitution donne dans la réalité. Pourtant il suffit de comparer la condition féminine là où l’égalité est un principe civilisationnel et là où elle ne l’est pas pour constater que les principes agissent sur le réel.
Dans le même temps les neo-féministes choisissent de se coudre les paupières face à l‘influence de l’islamisme qui fait que dans certains quartiers la condition des femmes a régressé dans l’indifférence générale. Elles nient ce qui est sous leurs yeux mais n’hésitent pas à traiter de racistes et de fascistes toutes celles qui refusent leurs mots d’ordre et leur vision biaisée du monde.
Alors en ce 8 mars je ne sais plus quoi faire. Non que le combat féministe me paraisse vain. Je suis persuadée que si l’on cesse de combattre pour les droits des femmes, ils régresseront car les pays où la femme est libre sont rares dans le monde et les droits des femmes sont loin d’être en expansion. Mais je ne sais pas avec qui et pour qui me battre quand je vois toutes ces jeunes femmes, pleines de haine contre les hommes, qui n’ont que le patriarcat à la bouche quand il s’agit de critiquer le mâle blanc et la culture judéo-chrétienne et qui en même temps promeuvent le voile, défilent aux côtés des islamo-gauchistes, se taisent quand Mila se fait attaquer ou quand les imams diffusent sur les réseaux une vision archaïque de la femme.
Aujourd’hui rejoindre le combat des neo-féministes, c’est un peu se joindre au parti des dindes en faveur de Noël ou défiler pour le droit des volailles en compagnie de la milice des renards. Les associations féministes actuelles sont trop nombreuses à abîmer la cause de l’égalité. Elles contribuent plus à détruire effectivement les droits des femmes qu’à les renforcer.

Alors en ce 8 mars, je ne fêterai rien, car voir les jeunes femmes d’aujourd’hui piétiner une égalité fragile parce qu’elle n’est pas parfaite, sans voir qu’elles préparent le terrain de leur future infériorisation me désole. Je ne me joindrai pas au chœur des hypocrites qui se soumettent à un rituel dénué de sens alors même qu’ils constatent qu’une partie du mouvement féministe est pervertie par des idéologies qui sacrifieront les femmes si jamais elles gagnent en influence et en pouvoir.

Le 8 mars est devenu le jour où de plus en plus de femmes marquent contre leur camp en oubliant que la revendication de l’égalité ne passe pas par la haine des hommes et de la société occidentale. Pas de quoi pavoiser.

mercredi 8 mars 2023

LE DILEMME DES INTELLECTUELS TUNISIENS FACE A L'ISLAMISME ET A Kaïs SAÏED ...

Article paru dans : 

Agoravox

Kapitalis

" Le véritable progrès démocratique n'est pas d'abaisser l'élite au niveau de la foule,

mais d'élever la foule vers l'élite."

Gustave Le Bon

Face aux dérives dictatoriales de Kaïs Saïed, les Tunisiens n'auraient-ils d'autres choix entre la peste islamiste et le choléra arabiste, pour sortir du bourbier où ces deux idéologies les avaient mis ? C'est du moins, ce que pensent certains intellectuels Tunisiens à la mémoire courte et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Manif, contre les dérives autoritaires de Kaïs Saïed

Depuis son coup d'Etat du 25 juillet 2021, Kaïs Saïed n'a cessé de créer des problèmes à des Tunisiens qui n'en peuvent plus, depuis leur fumeuse révolution du 14 janvier 2011 !

Populisme oblige, n'ayant aucun programme et navigant à vue; mu par son arabisme désuet et dangereux, comme de ses lubies; il se sert de tout pour installer une nouvelle dictature. Sa dernière saillie fut sa diatribe raciste contre les noirs.

Quelle est la position des intellectuels face à ses dérives dictatoriales, voire fascistes ? Elle est mitigée : les uns désabusés, adoptent le silence; d'autres en appellent à la dictature et soutiennent Kaïs Saïed, persuadés que le peuple Tunisien n'est pas mûr pour la démocratie et encore moins pour la liberté; et enfin, d'autres dénoncent le nouveau apprenti dictateur sans envergure politique réelle et tentent de sauver ce qui peut l'être après le sac du pays en 11 années de pouvoir islamiste, directe ou indirecte quand l'assuraient les oiseaux rares de Ghannouchi !

Je ne pense pas que les Tunisiens voudraient d’un nouveau dictateur. 

Pour les détracteurs de Bourguiba, il faut leur rappeler que cet homme fut une chance pour la Tunisie, et que son autoritarisme éclairé était nécessaire au lendemain de l’indépendance, car disait-il, « Il faut d’abord éduquer un peuple, avant de lui accorder la démocratie pour qu’il en use en citoyen instruit et responsable ». S'il avait joué la carte de la démocratie, il est certain que les conservateurs, réactionnaires et rétrogrades alors nombreux, auraient pris le pouvoir. Où en serait la Tunisie s'ils l'avaient gouvernée ? 

Quant à ceux qui regrettent Ben Ali, en comparant leur situation et celle de la Tunisie d’avant son départ avec celle depuis l’arrivée au pouvoir des islamistes, il n’y a pas photo diraient certains.

Si les Tunisiens avaient admis son « coup d’Etat médical », c’est qu’ils ont cru en sa promesse d’instaurer une démocratie, dans son fameux discours du 7 novembre 1987; et que nous étions des millions à le croire ! Hélas très vite, en bon policier, il a instauré une dictature policière. De cela, les Tunisiens n’en veulent plus. Ils ont fini par le dégager. Car les générations formées par Bourguiba étaient prêtes pour la démocratie.

De même, si les Tunisiens avaient admis le coup d’Etat constitutionnel du 25 juillet 2021 de Kaïs Saïed, c’est parce qu’il leur avait fait croire qu’il mettra fin à l’islam politique et qu’il les débarrassera de Ghannouchi et de ses Frères musulmans. Mais très vite, ils ont compris qu’il n’en était rien !

Le plus inquiétant est de voir et de lire çà et là, des intellectuels qui dénoncent à raison, les dérives dictatoriales de Kaïs Saïed mais admettent le retour aux affaires des islamistes et de leurs collabos, au nom de la démocratie, nous disent-ils !

Je suis sidéré par leur analyse politique du vécu de ce pays depuis l’installation des Frères musulmans au pouvoir par l’émir du Qatar, oublieux qu’ils l’ont mis à genoux ; pour appeler à nouveau au consensus et au dialogue avec les islamistes et leurs collabos. Comme s’ils n’avaient pas tiré de leçons de Béji Caïd Essebsi et de son fameux consensus, quand durant sa campagne électorale, il jurait tous ses dieux qu'il ne pactisera jamais avec Ghannouchi, parce que, rassurait-il ses électrices inquiètes de l'islamisation du pays, " le nationalisme et l'islamisme sont des lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais "; pour les trahir en fin de compte et voir son parti Nidaa Tounes qui a connu un succès fulgurant, devenir une coquille vide ! 

Et qu’invoquent-ils pour justifier ce choix ? Les islamistes sont les conservateurs "Démocrates-musulmans" en terre d’islam, nous disent-ils ; à l’instar des conservateurs "Démocrates-chrétiens" en Occident. Grave erreur ! Seraient-ils tombés dans le panneau des Frères musulmans qui cherchent à brouiller les pistes en se revendiquant " Démocrates-musulmans ", après nous avoir fait le coup de l' "islamisme modéré", compatible avec la démocratie; puis de celui de la " modernité " ? Naïveté ou à dessein ?

Si les Démocrates-chrétiens sont républicains et respectent les règles démocratiques pour arriver au pouvoir; les Frères musulmans, eux ne croient pas en la République et détruisent méthodiquement ses institutions. Pour prendre le pouvoir, ils recourent à l'élimination physique de leurs opposants politiques. Ce fut le cas pour Chokri Belaïd, pour Mohamed Brahmi, pour Lotfi Naghedh et bien d'autres, comme pour Béji Caïd Essebsi dont l'empoisonnement a fini par lui coûter la vie; et la tentative d'assassinat contre Kaïs Saïed, qui l'a fait se rebeller contre Ghannouchi ! 

Ces intellectuels s’émeuvent à raison devant les arrestations arbitraires ordonnées par Kaïs Saïed à l’encontre de personnalités politiques, confirmant son instrumentalisation de la Justice; à raison. Certes, il eut mieux valu que la Justice soit indépendante pour juger ces individus pour leurs crimes contre l’Etat. Mais de là à nous faire croire :

- Que Ali Larayedh est un homme intègre et honnête ! Oublient-ils son accointance avec les terroristes du Mont Chaâmbi pour massacrer nos soldats ? Et celle avec le célèbre Abou Yadh lors de laquelle il avait ridiculisé la police nationale en organisant la fuite de ce terroriste formé au maniement des armes aux côtés du non moins célèbre Oussama Ben Laden, sur demande de Ghannouchi ?

- Que Seifeddine Makhlouf, ce sinistre individu, est un brave type. Un voyou converti par opportunisme à l'islamisme, en créant le parti Al Karama, résurgence de la fameuse Ligue pour la protection de la révolution LPR ) dissoute, milice de Ghannouchi; pour transformer l'Assemblée Nationale en camp retranché pour ce dernier et y faire régner la violence verbale et physique à l'encontre de l'opposition ! 

- Que Néjib Chabbi, est un militant démocrate, lui le looser à la remorque de Ghannouchi qui fait du nomadisme idéologique passant du communisme, à l'arabisme et maintenant à l'islamisme ... 

- Que Le Front du Salut, présidé par Néjib Chabbi et composé d'islamistes et de leurs sympathisants arabistes : Samir Dilou, Dalila Masaddek et son frère Jawhar Ben M'barek ... avec des membres d’Al Karama en son sein ; constitue la véritable force d’opposition face à Kaïs Saïed !

Je suis confondu devant tant de naïveté et tant d'oubli du passé.

Ces gens ne sont pas des conservateurs, ce sont des islamistes ! Pour s'en convaincre, il suffit de voir ce qu'ils font en Iran ! Certes il faut dégager le nouveau dictateur mais ce n'est pas pour le remplacer par les islamistes qui ne sont ni républicains, ni démocrates !

Les complexés de l'Histoires : islamistes, arabistes et communistes ...

Face à la dictature de Kaïs Saïed, se trompent ceux qui admettent les islamistes dans le jeu politique au nom de la démocratie ! Grave erreur, car pour les Frères musulmans, la démocratie est à usage unique, comme dit Erdoğan. Ayatollah Khomeiny, lui aussi se revendiquait démocrate en 1979; avec le résultat que l'on sait : 43 ans de dictature islamiste. 

Les Tunisiens méritent mieux. Il faut en finir avec l'islam politique et interdire l'instrumentalisation de la religion.

Vivement la laïcité en Tunisie !

Rachid Barnat